‹ FragolettaChapitre 143 sur 152 · CHAPITRE XVil · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVil

tait eu mille occasions , et enflQ il m'avoua un beau jour qu'il connaissait ma naissance. Ce nom de bâtard m'avait toujours chagriné. J'avais beau être baron de récente fabrique, je me sentais la faiblesse do vouloir connaître le nom de mon père. Savérelli me montra des paperasses qui avaient appartenu à un certain Lillo, qu'il a connu.

— Qu'il a tué, interrompit d'Hauteville.

— Possible, dit Mastrillo sans s'interrompre. Si bien que le sort d'un enfant embarqué en Sicile pour être perdu en Toscane se rapportait parfaitement au mien. Même âge, même époque de disparition et identité d'un signe gravé par ma dévote mère sur lo pectoral droit. J'avais eu une sœur, ajoutait Savérelli, mais elle était morte depuis un an, et c'est alors qu'il me persuada de faire un voyagea Vienne, où il m'accompagna pour me faire reconnaître des parens de ma mère. Ces parens-là étaient des gentilsborames qui me reçurent d'abord fort mal^ mais ensuite, informés par mon respectable guide ou mon chapelain, si vous l'aimez mieux, de la condition que j'avais ici et dont il exagéra sans doute la splendeur, ils m'admirent à administrer mes preuves. Mais cette sœur vivait; on la disait à Paris, et pendant que j'étais charmé d'en recevoir la nouvelle, Savérelli changea de manières avec moi. Il voulut me persuader qu'il s'était trompé. Oh ! les Allemands et aïoi, nous avions pris goût à la parenté! Je ne fis qu'une courte apparition à Vienne, à cause de la santé de Léona ; mais avant de repartir, il fut convenu que si nous devions attendre cette sœur pour régler les articles d'inlérèt,

is.

210 PIUGOLETTA.

je n'atâls rien de mieut à f^ire, en l'allendatit, que de prendre et de soiitehir le plus noblement que je pourrais le nom d'Adriahi. S. M. Ferdinand lY a ap^rouyé et confirmé le titre nouveau qui m'était échu , et il y a déjà six mois que tout Naples ne ni'appelle pas autrement que le comte Philippe Adriani.

— Eh bien, on vous a évidemment trompé, dit d'Haulevillé. Je connais les deux personnes à qui ce nom d'Adriàni appartient, et leur incroyable ressemblance gafaiilit leur fraternité.

— Tant pis pour qui ne s'eét pas fait reconkiaUre, dit MaslHllo. Mais je me suis mis en mesuré^ et toute autre vérité arriverait itialntehaiit trop fard. És(~ce que VoUs votiléE que moi, leé parenè dé Vienne, Savéi^lli ël le roi des Deux-Siclies^ tious nous soyons si grossièrement fourvoyés?

— Mais vous me disiez tout à l'heure que Savérelli avait changé de sentimens.

— Je ne comprends plus rien à cô scélérat cnfroqué. Dans un voyage que j'ai fait récemment à Yellétri, je fus attaqué à la hauteur de Pipernd par quelques hommes ddht le chef était depuis longtemps dans leé secrètes amitiés de Savéreili. Hier je ihe suis amtlsé A lut en faire quelques ouvertures ^ et il ne kn'a répondu qii'èn revenant aux premières certitudes sur cette qileslioti d'état qu'il avait contestée pour moi âpres l'avoir établie le pi*emiér.

•^ Hier? dit dllauleville. Je pourrai aider à l'eitplibatiort de ces mystères. J'étais Vend ici pour un renseignement que je suis heureux de trouver faux j mais j'y laisserai la vérité, et je crois que je parvien-

Page 1