‹ FragolettaChapitre 47 sur 152 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm

Où tOfnmeè^nouft ? Que Tair Ht pat «t léger ! Qae là tie e«t ici facUe ! Ce splendide «oleil qui coiAtneiKto A tomber derrière la colline^ il Jette des lauieê de Mi ei de pourpre à travers une tner bleu&tre, et les tagues yienneut murmurer sur celte côte oomme des paroles secrètes à TorelHe d'une Jeune fllle alors qu'elle relète ses blonds cheveux pour les mieux entendrev Elles se succèdent comme des aveux. Ces lointains horizons sont veloutés comme les grappes du raisin noir« Ces palais qui moiHent en amphithéâtre le long de la rive escarpée sont encore dominés par des pins gigantesques et quelques palmiers africains» Ecoutez la brise : comme elle soupire mollement aa* tour des blanches statues de ces Jardins et entre les pilastres de brique qui soutiennent toutes ces treilles avec tant d'élégance ! Terre de douceur et de caresses, de mélodie et de soleil, est-ce toi dont le proverbe a dit : c( Il faut Yoir Naples et puis mourir ? »

Oui, j'entends des cris de mort du côté du pont de la Madeleine; voici venir des hommes qui ont les mains rouges et les cheveux dressés : c'est bien Naples ! Les soldats de RufTo se sont rués sur cette ville de* puis bier comme les flots de la lave imprévue^ ou

m FRAGOLETTA.

plutôt les bandits n'ont plus de chers que ceux qui inventent des tortures ou allument des bûchers devant leurs pas. Deux bannières parlhénopéennes, lisérées de rouge, de jaune et de blanc, flottent seules encore sur le château de rO£uf et le môle , et du haut des créneaux de Saint-Elme se déploie, comme un emblème de détresse, un dernier drapeau tricolore, honneur de la France républicaine.

La voilà cette population qui s'émeut à toute heure, . et qui n'a peut-être pas permis qu'qi^ moment de silence s'élablît dans cette vaste cité depuis plusieurs siècles. Elle semble moins appartenir à la civilisation de l'Europe qu'aux mœurs de Tripoli et d'Alger. Ces mendians sur un sol riche, ces nomades au miliea de tant de palais , ce sont eux qui doivent le nom qui les désigne à Lazare , représenté sous des haillons. Ne dirait-on pas que quelque chose du bitume et du nitre, dont les émanations les enveloppent, prête à leur sang une véhémence désordonnée ?

— Yiens-lu voir défiler nos troupes, Momo? Les habits bleus sont époussetés.

.*-- Ahl tu as donc retiré le tien du lombard, mon voisin ? Tu étais pour les nouveaux ces Jours-ci !

^— Si tu répètes ça , je te dénonce. On m'a ouv^t les yeux. Pourquoi les Français nous empèchaient-ils de passer la nuit dehors , de chanter, d'aller manger nos fruits-de-mer au clair de la lune et nous forçaient-ils de vivre le jour, comme des chiens? D'ailleurs ils sont partis et ont laissé les dindons dans l'embarras. Abrial n'a pas voulu les prendre avec lui ; c'est Juste et honnête ji tu Yeux* . ,

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