CHAPITRE XIÏ
de Tètre; mm Us onl des manteaax rotiges, monsieur, brodés de noir. Cinq cents Démosthënés dans le palais Bourbon 1 Et puis vous ayez yu la comédie d'habits laissés sur une chaise et couyerts d'un crêpe à la place où siégeaient les citoyens Bonnier, les citoyens Roberjeot?... illustres malheureux!... afin que dans rappel nominal leur président puisse toujours répondre : a Assassinés au congrès de Rastadt ! )> et les petits secrétaires, comme des enfans de chœur : « Que leur sang retombe sur les auteurs du massacre! » Ainsi soit-il, messieurs, car chacun sait fort bien que c^est le directoire lui-même qui, pour éyiter la paix ayec TAutriche, a fait faire cette gentillesse révolutionnaire.
— Monsieur n'est pas Français ? dit un homme graye et yêtu simplement.
— Pardonnez-moi , citoyen , dit le royaliste d'un ton moqueur.
— Eh ! qu'ayez-yous donc fait de la charité patriotique? Au lieu d'attribuer cette lâcheté à yos compatriotes, monsieur, on soupçonne ayec plus de raison comme auteur d'une pareille yengeance la reine Caroline de Naples.
— La reine de Naples ! Et pourquoi pas Gargantua, monsieur, ou Croque-Mitaine?
— Caroline, monsieur, était alors à la cour de Vienne, et le colonel de ces hussards de Szeklers qui ont fait l'expédition était beaucoup dans les intimités de la reine. Enfin l'archiduc Charles son frère ayait écrit àMasséna qu'il ferait poursuivre les meurtriers, ii'où vient donc qu'il n'a pq lenir sa parole ? Je n'af-
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firme rien : je aoubaîte que ce crime de plos ne pèie pas sur la tète de la reine de Naples ; mais il est malheureux pour sa mémoire que sa haine pour la France et la certitude publique qu'elle était fort digne d'une telle action Ten aient rendue responsable aux yeux de beaucoup de gens. Quant à vos conci*
toyens
<— Mes concitoyens ! monsieur, qui m'ont yolé mes ch&teaux ! Mes véritables concitoyens, à moi, ce sent les gentilshommes de tous les pays, ce sont les per^ sonnes de notre caste, les êtres dont le sang est épuré par la vraie noblesse. Yoilà mes concitoyens! voilà mes compatriotes !
— Ah ! si Ton parle politique, dit un Jeune tniroy^* ble qui se trouvait là, moi, je me sauve d'abord.
— Moi, je m'approche, répliqua une femme d'une taille assez élevée, coiffée d'un turban de couleur éclatante et qui, les lèvres un peu grosses, le bras nu, l'œil plein d'assurance et de feu, s'avança en faisant rouler continuellement dans ses doigts une branche de chèvrefeuille qu'elle venait de cueillir.
•— Oui, oui, madame, — poursuivit le ci-devani grand seigneur, qui crut voir s'avancer en die une auxiliaire, — si l'on avait voulu nous en croire, il j a longtemps qu'on eût rassemblé toutes les maréchaussées de l'Europe pour mettre à la raison ce royaume mutiné et faire rentrer sous terre toute la canaille nationale.
Un peu inquiétée de l'étourderiedu gentilhomme, la dame lui fit signe d'être prudent et tourna en même temps les yeux avec quelque défiance vers son inter-
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ICMmtwr, gii'^6 Mvait en possenimi ifnm dM pn^ miëres pld6e« de l'Etat. Mais celawci souriait déjà avec affabilité.
— Il fallait tenter cette expédition, dit^, qpand 09 n'eftt été qw pour restaurer ici les balles manières at niêipa la modération, un peu oubliée depuis quel* ques années,
— Et vous avez raison, monsieur, que vous parliei ou noB sérieusement : et le beau langage, voyez-vous, et la tradition de ces airs aussi difficiles à obtenir qu« pos prérogatives, ee quelque chose enfin qui mettait la France à la tête des nations bien élevées et faisait distinguer au premier coup d*mil les véritables gens comme il faut*
•^ Appelons^Qou» encore les bons airs parler plus haut que tous, railler ses créanciers au lieu de les payer, insulter les mœurs et la pudeur par les dis« (5Qurs?
— Du tout , monsieur.
*^ £b bien ! monsieur, la constitution de l'an III ne défend ni de s'enfariner la tête , ni de porter un chapeau inutile sur la hanche, ni de s'habiller en gour* goarand. Gela rend peut-être peu propre à agir, à se mouiller, à nager, à combattre. Les soldats de Valmy et d'Arcole n'avaient pas d'habits à paillettes, quand Us avaient des habits; mais Tégalité ne s'offense pas 4e cela , mais la liberté s'étend à toutes choses , mai» la patrie n'a même pas fait de lois contre les ailes de pigeon, lesquelles pourtant semblant n'avoir servi qu'à fuira une assez bonne quantité de ses enfonsre» belles, transfuges pommadés, cobue odoriférante!
On peut reprendre quand on voudra de telles habitudes : seulement il n'est peut-tèlre pas jugé nécessaire de recréer tout exprés pour cela des classes et des catégories.
— Tous aviez bien les vôtres, riposta le ci-devant. Et qu'est-ce que c'était donc que les déportés, les mis hors la loi et même les suspects ? Catégories pour catégories
— J'aime encore mieux les comtes et les barons, dit le républicain.
— Et monsieur préfére^tril aussi les carmagnoles, les jours de l'abominable terreur?
— A quoi? dit Tinterlocuteur d'un Ion calme, mais en appuyant sur ces deux mots avec une telle fermeté d'intonation, en donnant, si Ton peut s'exprimer ainsi, au point d'interrogation qui terminait sa phrase une forme si exigeante et si crochue que le royaliste demeura un moment interdit. Est-ce au temps des abominables persécutions? Est-ce à l'abominable régne des Anglais dans nos villes ?Estp-ce aux jours de l'abominable Saint-Barthé]emy,des abominables dragonades, des abominables bûchers des Céveanés? Ma foi, monsieur, il y a de quoi réfléchir un moment sur le choix. .Mais si c'est à plusieurs époques de la puissance royale, à l'abus même de tant de faveurs échangées contre celles des courtisanes et au régime du bmplaisir, c'est autre chose. Je.préfére franchement les lettres de cachet au tribunal révolutionnaire et la Bastille aux échafauds. D'ailleurs, monsieur , la mort du roi. . •
—Oh ! ma foi,mon»eur, int^rompitleceurttsaD,