CHAPITRE XII
Le Raincy est une terre presque royale. Elle a perdu aujourd'hui ses châteaux, ses ménageries, ses cours de marbre et tout ce faste extérieur des anciens fiefs de Livry et de Penthièvre. Mais ses parcs immenses, enfermant des hameaux, des lacs et des forêts, dominent encore de toute la richesse de leurs ombrages cette plaine crayeuse qui s'étend, à l'est de Paris , entre les coteaux de Yillemonble et de Montfermeil. L'aridité d'une route de quelques lieues fait valoir la fraîcheur de ceîte solitude , et les horizons plats qui l'environnent augmentent le charme de ces verdoyantes prairies, animées du chant de mille oiseaux. Du haut de cette enceinte, dont les plans naturels se disposent en amphithéâtre, l'œil descend avec complaisance dans quelques vallons qui se creusent à Tentour comme pour l'environner de défenses féodales. Là c'est Rosny, ici le tranquille bassin où languit la Marne. Entre les hauteurs les plus reculées , cette colline du Mont-Louis qui porte les sépultures qui nous sont chères est un des rideaux qui défendent à l'œil de retrouver les monumens de la cité vivante. A quelques pas d'une tumultueuse