‹ Fragoletta, Nouv. édChapitre 143 sur 226 · GO FRAGOLETTA · texte numérisé non relu

GO FRAGOLETTA

lalenl. Les partis qui prolongeaient encore nos débats politiques étaient là fidèlement représentés. On y voyait pêle-mêle d'anciens montagnards et des muscadins, des monarchiens du club de Clichy, des directoriaux , des sabreurs et enfin une innombrable volée de ces étourneaux du boulevard de Coblentz , réglant le sort de TEurope et la hauteur d'une cravate du fond des cabinets du limonadier Garchi.

La chasse fut le premier plaisir offert aux trois cents amis du banquier. Un nombre considérable de riantes amazones était arrivé le soir du jour précédent, convaincues sans doute qu'un beau jour commence toujours la veille , et elles s'élancèrent sur des chevaux rapides , courant chercher le cerf ou plutôt l'appétit à travers des taillis dont les branches encore chargées de rosée excitaient le rire et les cris de ces dames aventureuses.

Les plus belles conviées qui arrivèrent après le

déjeuner, telles que M"'" Hing , Tal et celles

de ses filles à qui elle avait donné le nom de Thermidor, apportèrent des toilettes dont la couleur variée donna aux salons où elles se répandirent Taspect d'un véritable sérail. On eût dit encore, aies voir ondoyer à travers ces réduits mystérieux et ces allées à peine éclairées d'un demi-jour, un fleuve de beautés humaines épanché transparent sous vos yeux , car elles n'étaient couvertes que d'étoffes diaphanes. Elles n'avaient osé, comme dans les fêtes nocturnes du directoire, chausser ce cothurne qui laissait briller à chaque doigt de leurs pieds nus des diamans ou des émeraudes \ mais les bras, le sein

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