CHA PITRE \MI
tait en mille occasions, et enfin il mavoua un beau jour qu'il.connaissait ma naissance. Ce nom de bâtard m'avait toujours chagriné. J'avais beau être baron de récente fabrique, je me sentais la faiblesse de vouloir connaître le nom de mon père. Savérelli me montra des paperasses qui avaient appartenu à un certain Lillo, qu'il a connu.
— Qu'il a tué, interrompit dUauteville.
— Possible, dit Mastrillo sans s'interrompre. Si bien que le sort d'un enfant embarqué en Sicile pour êlre perdu en Toscane se rapportait parfaitcnient au mien. Même âge, môme époque de disparition et identité d'un signe gravé par ma dévote mère sur le pectoral droit. J'avais eu une sœur, ajoutait Savérelli, mais elle était morte depuis un an, et c'est alors qu'il me persuada de faire un voyage à Tienne, où il m'accompagna pour me faire reconnaître des parens de ma mère. Ces parens-là étaient des gentilshommes qui me reçurent d'abord fort mal^ mais ensuite, informés par mon respectable guide ou mon chapelain, si vous l'aimez mieux, de la condition que j'avais ici et dont il exagéra sans doute la splendeur, ils m'admirent à administrer mes preuves. Mais cette sœur vivait; on la disait à Paris, et pendant que j'étais charmé d'en recevoir la nouvelle, Savérelli changea de manières avec moi. Il voulut me persuader qu'il s'était trompé. Oh I les Allemands et moi, nous avions pris goùl à la parenté ! Je ne fis qu'une courte apparition à Tienne, à cause de la santé de Léona ; mais avant de repartir, il fut convenu que si nous devions attendre cette sœur pour régler les articles d'intérêt,
je n'avais rien de mieux à faire, en lattendanl, que de prendre et de soutenir le plus noblement que je pourrais le nom d'Adriani. S. M. Ferdinand IV a approuvé et confirmé le titre nouveau qui m'était échu , et il y a déjà six mois que tout Naples ne m'appelle pas autrement que le comte Philippe Adriani.
— Eh bien, on vous a évidemment trompé, dit d'Hauteville. Je connais les deux personnes à qui ce nom d'Adriani appartient, et leur incroyable ressemblance garantit leur fraternité.
— Tant pis pour qui ne s'est pas fait reconnaître, dit 3Iastrillo. Mais je me suis mis en mesure, et toute autre vérité arriverait maintenant trop tard. Est-ce que vous voulez que moi, les parens de Avenue, Savérelli et le roi des Deux-Siciles, nous nous soyons si grossièrement fourvoyés?
— Mais vous me disiez tout à Theure que Savérelli avait changé de sentimcns.
— Je ne comprends plus rien à ce scélérat enfroqué. Dans un voyage que j'ai fait récemment à Yellétri, je fus attaqué à la hauteur de Piperno par quelques hommes dont le clief était depuis longtemps dans les secrètes amitiés de Savérelli. Hier je me suis amusé à lui en faire quelques ouvertures, et il ne m'a répondu qu'en revenant aux premières certitudes sur cette question d'état qu'il avait contestée pour moi après l'avoir établie le premier.
— nier? dit dîlauleville. Je pourrai aider à l'explication de ces mystères. J'étais venu ici pour un renseignement que je suis heureux de trouver faux ^ mais j'y laisserai la vérilc, et je crois que je parvien-