‹ Fragoletta, Nouv. édChapitre 71 sur 226 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

\il que cet objet inspirait de la curiosité aux uns et de l'horreur aux autres :

— Ceci est la moitié d'un crâne de jacobin, dit-il; c'est là où j'ai coutume de me rafraîchir. Mais voilà l'affaire.

El il déploya enfin une lettre enveloppée de deux ou trois papiers gris. Maslrillo en parcourut des yeux les premiers et les derniers caractères et la laissa tomber avec dégoût après avoir reconnu que les derniers mots formaient bien authentiquement : <( Ferdinand de Sicile , )> et les premiers : « Mon général et mon ami I •»

— Je ne reconnais point cette écriture : le titre est falsifié.

— Il est vrai comme le duc de Calabre n'est pas ici.

— Je ne m'abaisserai point à répondre aux soupçons d'un rustre, ditMastrillo, qui cherchait les yeux du cardinal et s'apercevait avec dépit que depuis un quart d'heure il le laissait dans l'embarras. Mais comme ces doutes pourraient passer en d'autres esprits, exercer ailleurs une funeste influence, et que je ne puis pourtant pas être juge dans ma propre cause, voici notre cousin le cardinal Fabrice Ruffo. En sa qualité de prince et de soutien de TEgiise romaine, il va déclarer solennellement si je ne suis pas celui pour lequel il me lient.

Le généralissime fît un mouvement singulier et comme s'il voulait s'en défendre.

— Allez chercher le livre des saints Evangiles 5 qu'il soit déposé ici, sur Tautel même , et devienne le ga-« rant du serment qui va être fait en ma faveur.

iVi FRAGOLETTÀ.

— Je ne dis pas interrompit Mammonè, interdit, on a vu des ressemblances il se peut que ton

altesse

— Allez , répéta encore le prince , et apportez devant son éminence le livre de foi et de vérité.

Page 1