CHAPITRE VIII
pêches ? Il y a , je crois , un papier au fond de l'eau?
— Laisse , il est bien là. C'est un monument de
honte qu'il faudrait fouler aux pieds. C'est leur
capitulation.
— Je n'en avais pas entendu parler Qu'est-ce
que c'est, mon amour, qu'une capitulation ?
— Ne ris pas, petite. C'est ici un acte de lâcheté de ce misérable cardinal et de nos prétendus alliés. Ces délégués subalternes, ces minces commandans d'une poignée de Russes et d'Albanais ne se sont-ils pas crus, ma chère, autorisés à transiger au nom de notre puissance, à disposer de notre volonté dans mon propre royaume.^ Ils ont avili le trône jusqu'à le faire composer avec des sujets. Sais-tu ce qui se passe, en un mot? Les révoltés des forts ont la vie sauve ^ ils peuvent quitter ou habiter Naples à leur gré. Si nous rentrons chez nous, ce sera de leur consentement, ce sera de leur agrément Cela ne te
paraît-il pas bien royal ? O Emma ! j'aimerais mieux perdre dix fois la couronne que d'accepter un traité si révoltant !
— Mais s'il est fait, madame, s'il est signé, si ce sont là les chances de la guerre ?
— Et toi aussi, parjure, tu méconnais les droits de la couronne ? Tu mets donc quelque chose en balance avec l'imprescriptible pouvoir légitime ? Écoute , Emma, mon espoir, ma providence ! Cet insupportable affront, nous ne le subirons pas si tu veux.
— Moi! Comment .î^
— Toi-même ; oui, tu peux nous l'épargner. Mais, I. ' 16
liens, nous en parlerons plus lard. Rapproche-loi , réchauffe un peu noire bain • occupons-nous d'abord de tout ce qui t'inléresse. Eh bien ! cet iiluslre et cher amiral, il est donc parti depuis cinq jours !
— Oui, madame, quelques heures seulement avant le roi. Le Foudroyant, que Ferdinand monte, avait ordre de suivre les eaux du Roy al- Georges. Mais, tenez, je ne puis être ici qu'à ce qui vous touche^ achevez de m'ouvrir votre cœur et davoir confiance en moi. Comment moi, chélive, je puis rendre quelque bon office à voire majesté?
— Le plus grand que je devrai jamais à personne sur celle terre. Et envers quel autre que loi voudrais-je prendre une reconnaissance dont je serai toute la vie chargée? Le roi, je le sais, réserve à lord Nelson le titre, les honneurs, les revenus du duché de Bronté : c'est bien peu pour ce digne guerrier-, mais loi, ma belle Emma, ne pourrai-je donc jamais essayer de récompenser tant de dévouement, tant de grâces dans ton amitié ?
— Tous me donnerez la vôtre.
— Ingrate I est-ce que je donne deux fois la même chose? Vous humiliez la munificence royale. Mais je prétends, madame Tambassadricc, que vous portiez, pour l'amour de moi et à cause de vos services envers notre Etat, ce vilain diadème d'émeraudes et de diamans , qui m'est venu, je crois, de la cour de Yienne.
— Le présent de Marie-Thérè&e ! y pensez-vous I
— Eh 1 mon Dieu, je n ordonne pas que tu le portes tel qu'il est, assez maladroitement monlé à la mode