PUA GO N A RD
En 1806, le dernier lien de Fragonard à son passé fnt brisé. Un décret de I Empereur ordonna l’évacuation des logis du Louvre. Définitivement une nouvelle vie chassait jusqu’au dernier vestige de l’ancienne. La famille alla habiter rue de Grenelle-Saint-Honoré, à deux pas de son cher Louvre, dans la maison du restaurateur Véry.
Fragonard, malgré l’âge, faisait encore de grandes promenades. Un jour, en revenant du Champ-de-Mars, ayant chaud, il prit une glace dans un café. Une congestion cérébrale s’ensuivit, et il mourut à soixante-quatorze ans et neuf mois, le 22 août 1806. Moralement, il ne faisait plus, depuis quinze années, que le simulacre de vivre.
Il ne sera pas inutile de dire quelques mots de ceux qui l’entourèrent. Mme Fragonard mourut à soixante-dixsept ans, en 1824. Marguerite Gérard exposa pour la première fois en 1790 à la Société des Arts, puis donna, dans les années suivantes, une série de toiles, de médiocres dessins pour les Liaisons dangereuses gravés par Monnet en 1796 ; sa facture correcte, son sentimentalisme plurent. La critique la couvrit de Heurs. L’année de la mort de Frago, on l’encensa, et on acheta très cher ses toiles alors que les chefs-d’œuvre de son heau-frère ne tentaient plus personne. Elle eut une carrière d’artiste très heureuse sous l’Empire et la Restauration. Napoléon lui fit remettre une médaille d’or par Denon. Elle ne se maria pas, et mourut en 1837 à soixante-seize ans, comblée de louanges et fort à l’aise. On peut dire de sa peinture qu’elle a des qualités de second