SCENE DANS UN PARC
(Galerie de M. Rodolphe Kann, Paris.)
FRAGON A KD.
quî trouva sa place toute naturelle dans le grand salon de la maison Maubert, où Fragonard peignit aussi, en grisailles dans l’escalier, sans doute pour se faire bien venir en ces époques troublées, des attributs révolutionnaires.
On peut encore mentionner dans l’œuvre décorative de Frago les Quatre Religions du monde exécutées pour Courtin de Saint-Vincent en son château près de Roanne, où Voltaire fit plusieurs séjours. Ce sont des compositions allégoriques finement décoratives, mais dont l’intérêt est comparativement secondaire. L’ingéniosité extrême de l’arrangement ne suffit pas à faire retrouver là Frago, qui n’était guère fait pour la peinture philosophico-religieusc. Pourtant il y a une certaine beauté dans le panneau de la Religion africaine , où se trouve un nu féminin admirable, et dont tout le style fait penser invinciblement à une « turquerie » des contes de Voltaire. Et on voit une piquante audace dans le panneau de la Religion chrétienne où le pape est glorifié sur la sedia , mais où s’inscrit, dans un bas-relief, une scène de torture d’inquisition. Ces compositions sont encadrées de guirlandes et de moulures en trompe-l’œil. On a enfin à faire mention de trumeaux dans la façon de Boucher (collections de Polignac, Wallace, South Ixensington), mais les attributions n’en sont pas toujours certaines. Nous ne pouvons plus juger aujourd’hui de la valeur et de l’effet des travaux commencés pour la Guimard, et malheureusement la série de Grasse est définitivement dissociée, dispersée
en Amérique. C’est un grand malheur artistique que l’Etat