CHAPITRE XXX
Premier engagement du 4« corps.
Le premier coup de canon prussien. — Le premier blessé français. — Le carap de la division de cavalerie du 4« corps est bombardé. —Frayeur et(léb«àcle des chevaux.— Les tentes et les bagages sont incendiés. — Mouvements do lacavalerie. — Obus enterrés. — L*infanterie du 4« corps se porteen avant.— Leschasseurs à pied en tirailleurs. — Les bois de la Cusse et des Génivaux; — Positions de la division Grenier avant la bataille.— L'ennemi est signalé. — Le commandant Commerçon, du 13« de ligne, aux avant-postes. — L'artillerie de la division Grenier se porte en avant — La fusillade. — Le village d'Amanvillers est bombardé. — Déploiement de la brigade Pradier. — Formation de la brigade Véron de Bellecourt. — La division de Cissey s'avance au pas gymnistique. — Positions des brigades de cette division. — L'artillerie divisionnaire. — Le 20« bataillon de chasseurs en soutien. — Les recommandations. — Le brisquard et le conscrit. — Belle conduite des batteries du 15* d artillerie. — La division de Lorencez se porte en réserve. — Les brigades Pajol et Berger. — L'artillerie divisionnaire. — La réserve d'artillerie du 4» corps. — Violent combat dartillerie entre le 1X« corps allemand et le 4* corps français. — L'artillerie allemande, prise en flanc par nos obus, est décimée. — La batterie de mitrailleuses du capitaine Saint-Germain décime une batterie allemande. — Les Hessois dans le bois de la Cusse. — Prise d'une batterie par le clairon Murât, du 13« de ligne,
et le chasseur Hamoniaux, du 5* bataillon. — Mort du sergent-ma]or Bobant^da i3« de ligne. — Deux pièces allemandes sont enlevées par les attelages de notre artillerie. — Belle conduite du 5« bataillon de chasseurs. — « I^ halaUlon Canrobert. » — Violence du feu ennemi. — Les batteries du 4« corps français sont écrasées. -- Le commandant Putz est démonté. — Retraite des batteries d3 la division de Gissey. — Retraite des batteries du général Grenier. — Leurs pertes. — Retraite et pertes des batteries de la division de Lorencez. — Mort du commandant d'artillerie Heurtevent-Prenier. — Retraite des batteries de la réserve. — Belle conduite de la batterie Albenque (6« du 17« d'artillerie). — La batterie Cahous (7« du !/• d'artillerie) est décimée. —Sauvetage par Tinfanterie du canon le Philtre. — Premières pertes du 54* de ligne. — L'infanterie du général de Ladmirault soutient seule la lutte contre l'artillerie ennemie.
Vers onze heures et demie du matin, le premier coup de canon de la formidable bataille des lignes d'Amanvillers ou de Saint-Privat-la- Montagne (Gravelotte pour les Allemands) est tiré par le IX* corps prussien.
Le lieutenant-général baron von Wrangel a, on se le rappelle, occupé Verneville avec la 18* division d'infanterie et a porté aussitôt deux bataillons dans le bois de la Cusse qui se trouve sur le front des positions occupées par le général de Ladmirault. En même temps son artillerie prend position devant Verneville, entre les bois de la Cusse et des Génivaux, sur la hauteur où est bâtie la ferme de Champenois.
Pendant que Tennemi prend ainsi ses dispositions de combat, la plus grande tranquillité ne cesse de régner dans les campements du 4'' corps français.
Tout à coup un petit nuage blanc apparaît au niveau de la crête du bois de la Cusse, qui se trouve en face du camp de la division de cavalerie du 4* corps, que commande le général de Gondrecourt. C'est une batterie ennemie qui, avec une rare audace, est venue s'établir à quinze cents mètres environ d'Amanvillers, sur la lisière du bois de la Cusse.
Une détonation se fait entendre, (ît, en même temps, un obus éclate, au beau milieu des tentes du 2* hussards, atteint en pleine poitrine le brigadier sellier Têtu et le blesse grièvement. Grand désarroi parmi les trois ou quatre ouvriers selliers, qui, groupés autour du brigadier, assis sur leurs talons, travaillaient à raccommoder les selles endommagées du combat de Tavant-veille au plateau d'Yron.
Après co premier obus, un second, puis un troisième, puis une véritable grêle de projectiles. Le clocher d'Amanvillers prend feu. Plusieurs de ces obus tombent dans la ferme de Montigny-la-Grange, où est installée Tambulance du 4' corps. On n'a que le temps de détacher les chevaux, de sauter en selle et de se former en bataille en avant du front de bandière.
Les hommes à pied, sous une pluie de projectiles, essayent d'enlever les tentes et les bagages. Malheureusement Tabsence des voitures régimentaires, envoyées à Metz, ne permet de rien enlever, toutes les tentes ainsi que les bagages des officiers sont laissés au bivouac.
La grêle d'obus redouble. Des chevaux de main, restés à la corde, sont éventrés; d'autres, fous de terreur, brisent leurs entraves; s'échappent et se mettent à galoper à l'aventure dans la plaine.
Le camp de la division de cavalerie est incendié et brûlé, pour
POSITIONS OCCUPÉES PAR LE 4« CORPS (général db Ladjhraolt) (18 août 1870).
1. Division de CUsey. — 5. Division Grenier. — 3. Division de Lorencez.