‹ Français & Allemands (volume 2)Chapitre 43 sur 59 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Défeusa de la division Nayral.

La division Nayral prend les armes. — Tentative infructueuse d'incendier Je boia des GcMiivaux. -^ Positions de combat de 4a division Navrai. — La 2^ brigade se porte en premit^re ligne. — Le 69« entre dans le bois des Génivaux — Le !«' bataillon du 69« contourne le bois. — Premier engagement. — Le 90» de ligne entre dans le bois. — Li Ir* l»rigade en seconde. ligne dans les tranchéesabris. — Le 5© escadron du 10' oliasseurs à cheval. — La batterie prussienne de 11 Malmaison bombarbe le bois des Génivaux. — Patrouilles allemandes détruites dans le bois. — Attaque ennemie repousséc. —Belle coniuite et mort du capitaine Drapier, dii 90^ — Le sous-lieutena it de Mauduit et le sergent Aley, du 69*. — Pertes du 41» de ligne. -«- Retiaite des butte.ies de la division Nayral. — 9«, !!• et 12« batteries <u 4» d'artilleiîe. — Les obus prussiens n'éclatent pas dans les t?rres détrempées. — La ii« batterie attelle ses chevaux de selle pouv sauver ses pièces. — Les mitrailleuses refoulent l'infanterie ennemie. — Les !*• et 2« batteries du !/• d'artillerie arrivent en renfort. — Marche en arrière de la crête de Chàtel. — L*i <«■« batterie du 17* surveille los attaques de l'ennemi sur Saiut-Hubert. — Retraite de ces deux batteries. — La division 'de Clérambault. •— Sa position pendant la bataille. — Son rôle inactif.

Dans la nuit du 17 au 18, une alerte, aussitôt apaisée, a mis en émoi les Ijlvouacs de la division Nayral.

Aussitôt après le révciL les tentes sont roulées, le café pris et les troupes, l'arme au pied, attendent un ordre de mouvement.

Dès huit heures du matin, de nombreuses colonnes prussienne.^ défilent impunément à trois ou quatre mille mètres de nos positions; un peu plus tard, les sapeurs de la lO'' compagnie du 1" régiment du génie e.^saient, mais inutilement, de mettre le feu au bois des Génivaux.

Vers onze heures et demie, une violente canonnade se fait entendre du côté de Verneville et d'Amanvillers; la division Nayral prend ses dispositions de combat, en avant de ses bivouacs, sur le terrain com-

S.aint-Prival {18 août). — Sur le plateau de Moscou

pris entre la ferme de Leipsick à droite et celle de Moscou à gauche, faisant face à la route de Conflans à Metz.

Le général Nayral, secondé par son chef d'état-major, le colonel Bonneau du Martray, l'ancien sous-chef d'état-major du maréchal Forey, au Mexique, dispose sa division sur deux lignes.

La 2* brigade, qui a pour mission d'occuper une partie du bois des Génivaux, est portée en première ligne.

Le commandant Crémieux envoie les 3* et 4* compagnies du 1" bataillon du G9" de ligne occuper la ferme de Leipsick et la mettre en état de défense; les quatre autres compagnies essaient d'occuper la pointe nord du bois des Génivaux; mais cette partie du bois étant

**♦ Garmeii Frèkes, éditeurs 78

impénétrable, même à rinfanterie, le bataillon contourne la lisière pour trouver un endroit accessible.

Arrivés ti la pointe extrême du liois, en vue du village de Verneville, les soldats du commandant Crémieux se trouvent à Timproviste en face d une grosse colonne ennemie. La 1" compagnie, lancée en avant, est obligée de se replier devant ces forces trop supérieures.

La 2" compagnie arrête l'ennemi par trois feux de peloton exécutés avec le plus grand sang-froid. Le colonel Le Tourneur, qui a accompagné le 3* bataillon, donne alors Tordre d'abandonner cette position intenable et les quatre compagnies viennent s'établir dans un petit ))ois à louest de la ferme de Leipsicl<.

Le 2* bataillon du 69' (commandant Carcanade) creuse une tranchéeabri .sur la lisière sud-ouest du petit bois de Leipsick et s y établit.

Dès huit heures du matin, le 3* bataillon (capitaine Quivy de TÉtang) est allé occuper le bois des Génivaux.

— A gauche de ce bataillon se trouve le 90" de ligne tout entier avec son colonel, le vaillant de Ck)urcy, qui a pris le commandement de la 2* brigade depuis la blessure du général Duplessis à Borny.

Le 1" bataillon est à droite, le 3* à gauche, le 2" au centre.

Les compagnies de ces bataillons sont réparties dans ce bois et forment une longue chaîne : les compagnies Lacassin et Guilbert sont en tirailleurs dans le bois à droite de la clairière, avec le 69" à droite et en soutien du 7* bataillon de chasseurs à pied (division Metman). Le bois de droite est occupé par le 81* et le 95* de ligne (division Montaudon).

— La 1" brigade de la division Nayral se trouve encore en seconde ligne. Dès huit heures du matin, des travailleurs pris dans les régiments d'infanterie ont creusé, sous la direction des sapeurs du génie, quelques tranchées-abris, un peu en avant du front de bandière du camp de la veille.

Le 19* et le 41* de ligne et le 15* bataillon de chasseurs (colonels de Launay, Saussier et commandant Lafouge), presque entièrement couverts par les petites tranchées que viennent de pratiquer les hommes, sont déployés en ligne de bataillons en colonne, à distance de peloton, et servent de soutien à Tartillerie divisionnaire, qui est établie entre les fermes de Leipsick et de Moscou.

Le 5° escadron du 10« chasseurs à cheval, qui sert de cavalerie divisionnaire, se forme en bataille, en arrière de la droite de la seconde ligne et en avant, à Test, de la ferme de Leipsick.

— Ainsi donc, à la division Nayral, tout était prêt quand les

premiers coups de canon se sont fait entendre vers onze lieures et demie du matin.

A midi, la bataille devient générale; c'est surtout une canonnade très intense.

Pendant toute la journée, le 69" et le 90* conservent leurs emplacements dans le bois des Génivaux. Les soldats supportent avec fermeté le violent feu de la puissante batterie prussienne du VHP corps, qui couronne la hauteur de la Malmaison. Ce feu, heureusement, n'a d'effet que sur les arbres qui abritent ces deux régiments.

L'ennemi envoie d'abord, à chaque instant, de nombreuses patrouilles, qui cherchent à pénétrer dans la partie du bois où se trouve le 3' bataillon du 69* de ligne ; là, elles sont accueillies presque à bout portant par une vive fusillade partant des embuscades de ce bataillon : aucune de ces patrouilles ne peut retourner pour rendre compte de sa mission, car tous les ennemis qui les composent, sont tombés morts ou blessés : aussi, pendant les premières heures de l'engagement, l'ennemi se garde-t-il bien d'attaquer cette partie du bois.

Cependant, dans l'après-midi, le feu violent de l'artillerie du Vni* corps allemand redouble; le bois des Génivaux est criblé d'obus: de tous côtés les arbres sont brisés et tombent avec fracas.

Croyant notre infanterie ébranlée, les colonnes prussiennes s'élancent à l'attaque du bois, en poussant de formidables hourras; mais, malgré son énorme supériorité numérique, l'ennemi est repoussé avec une extrême vigueur, sur tous les points.

Dans une de ces attaques, une section du 2* bataillon du OO* de ligne, placée dans un endroit qu'elle ne peut défendre à elle seule, parait faiblir. La compagnie du capitaine Drapier est portée aussitôt sur ce point pour la renforcer dans ce mouvement ; ce brave officier est d'abord blessé : il continue néanmoins à combattre et à encourager les siens, quand deux balles le renversent sans vie.

Sur un autre point, le sous-lieutenant de Mauduit, du 3« bataillon du69« de ligne, envoyé en tirailleurs avec sa section, essuie, presque à bout portant, plusieurs décharges de mousqueterie et réussit, par son attitude énergique, à mettre l'ennemi en fuite.

Auprès de lui se distingue également un brave sergent du 69% nommé Aley. Ce vaillant sous-officier, doué d'une intelligence et d'une énergie peu communes, fut décoré pour sa belle conduite et ses anciens services de guerre, comme sergent au 1" zouaves, en Baltique, Crimée, Afrique, Mexique et armée de Metz.

— La 1" brigade de la division Nayral (19* et 41« de ligne), ainsi

que le 15* bataillon de chasseurs à pied, qui sont déployés derrière Fartillerie divisionnaire, ne prennent que peu de part à la journée du 18. Mais, tandis que le canon tonne sur toute la ligne, ces corps sont excités par Tespérance de marcher en avant. Ils s'attendent en effet à de grandes manœuvres, comme beaucoup d'autres du reste. Ces manœuvres manquèrent et, à la nuit close, ils reçurent Tordre de suivre le mouvement de retraite, qui fut imposé à toute notre armée.

Pendant toute la journée du 18, le 15* bataillon de chasseurs, le 19* et le 41* de ligne sont en butte à tous les obus, qui prennent nos pièces de campagne comme objectifs et qui, dépassant souvent leur but, viennent semer la mort dans les rangs de notre infanterie. Aussi ces troupes prennent-elles la position à genou pour laisser passer cette pluie de projectiles.

Le 41* perd ainsi plusieurs hommes tués ou blessés par les éclats d'obus. Le sous-lieutenant Sanguinetti est à ce moment fortement contusionné.

Vers deux heures, le tir très juste de rartillerie prussienne force les batteries de la division Nayral à changer d'emplacement. Celles-ci se retirent donc à environ cinq cents mèlresen arrière, et la 1" brigade, qui suit le mouvement, s'établit en arrière de la crête, à la hauteur de « TArbre mort » (situé entre les fermes de Leipsick et de Moscou). Les obus ennemis vont tomber jusqu'au grand parc de l'armée, dans le bois de Châtel-Saint- Germain, en arrière de notre ligne de bataille.

Le 5« escadron du 10* chasseurs à cheval, devenu lui-même, pendant un instant, l'objectif du tir de l'artillerie ennemie établie sur la route d'Étain, est forcé d'exécuter un mouvement sur son flanc droit, pour s'abriter derrière la ferme de Leipsick.

— Les trois batteries de la division Nayral, 9* batterie (mitrailleuses), 11* etl2* batteries (4 rayé) du 4« d'artillerie) ont fait preuve dans cette journée d'un courage et d'un sang-froid remarquables, malgré les mauvaises conditions où elles se trouvent placées.

Ces batteries, pendant toute la journée, sont inondées de feux par huit formidables battei'ies prussiennes, établies à trois mille deux cents mètres de notre ligne de bataille. Nos artilleurs ne peuvent riposter efficacement à cette distance. Il est impossible d'avancer, à cause du ravin encaissé de la Mance, qui sépare les combattants. Néanmoins nos batteries ne reculent pas; toutefois, elles ralentissant leurs feux, en attendant les colonnes d'attaque.

Ce qui fut, pour notre artillerie, d'un grand secours en cette circonstance, et la sauva d'une complète destruction, c'est que la plus grande

partie des projectiles ennemis, tombant sur des terres légères et détrempées par les pluies des jours précédents, s'enfonçaient profondément et n'éclataient pas. De plus, on avait mis de grands intervalles entre nos pièces, intervalles qu'on faisait varier, au fur et à mesure que les pointeurs ennemis rectifiaient leur tir.

Dès onze heures et demie du matin, la !!• batterie du 4« d'artillerie a ouvert son feu sur de profondes colonnes venant de Gravelotte et leur fait éprouver de grandes pertes. La batterie garde cette position jusqu'à trois* heures et demie du soir, moment, où elle doit se porter en avant, avec ses pièces seulement, pour aller occuper, derrière un épaulement de peu d'importance, une position que vient de quitter une batterie de 4.

Elle opère son mouvement sous une grêle de projectiles, qui lui font perdre quelques hommes et beaucoup de chevaux. Arrivée à. son poste, elle ne doit pas tirer et, à la nuit tombante, il ne lui est possible de se retirer qu'après un feu très vif des batteries de réserve du 3* corps, qui forcent les batteries de l'ennemi à cesser leur feu.

La 11* batterie doit atteler ses chevaux de selle pour pouvoir ramener ses pièces et vient bivouaquer en arrière de « TArbre mort » sur les hauteurs de Châtel-Saint-Germain.

De son côté, la 12* batterie du même régiment est d*abord allée remplacer une batterie de 12 de la réserve du 3* corps, établie derrière un épaulement construit à la hâte, et dirige son feu sur les batteries ennemies de la Malmaison.

La 12* batterie reste deux heures en position, revient à sa première, envoie encore quelques projectiles sur les batteries ennemies, puis va bivouaquer sur les hauteurs de Châtel. .

Cette dernière batterie a perdu, ce jour-là : un artificier tué; cinq hommes blessés; huit chevaux tués ou blessés.

Vers deux heures environ de l'après-midi, les Prussiens, voyant notre immobilité et nous croyant démoralisés, montrent leurs têtes de colonnes d'infanterie, jusque-là cachées dans les bois situés au delà du ravin profond de la Mance, qui sépare les deux armées.

La batterie de mitrailleuses du 4* régiment d'artillerie (9«) fait alors un mouvement en avant et à gauche, pour mieux voir les assaillants de face et commence un feu à balles, par salves, de la plus grande efficacité, sous les yeux du maréchal Lebœuf, commandant ie 3» corps.

Les colonnes d'attaque ennemies sont, comme on Ta vu, rejetées en désordre dans les bois et ne tentent plus de franchir le ravin.

tai9 batterie perd le 18 : un sous-officier contusionné; deux che-

vaux tués et trois blessés. Elle a tiré près de deux cents coups par pièce.

Vers trois heures de raprès-midi, le général de Berckheim, commandant la réserve d artillerie du S"* corps, voyant que les trois batteries delà division Nayral ne peuvent tenir tète à elles seules à la puissante artillerie prussienne établie en avant de la Malmaison, — le général de Berckheim, disons-nous, donne Tordre aux 1" et 2» batteries à cheval du 17* (réserve du 3* corps) de se porter à gauche de la ferme de Moscou pour appuyer un mouvement offensif de la division Nayral. Les deux batteries s'y rendent au trot. La V° batterie (capitaine de Maillier) est en tête dans cette marche de flanc, qu on dissimule de son mieux aux vues de Tennemi, en restant au-dessous de la crête du plateau et en longeant la lisière du bois de Châtel.

Les projectiles ennemis, passant par-dessus cette crête, viennent pourtant éclater le long de la colonne; un fragment d'obus blesse môme à la nuque un conducteur de la 2* batterie et tue un cheval de trait.

La r* batterie, arrivée à hauteur de l'emplacement qui lui est désigné, y trouve des batteries fort éprouvées et est accueillie par un feu d'obus des plus intenses.

C'est ici le lieu de remarquer, nous le répétons, combien, dans les terres molles, les fusées percutantes prussiennes produisaient peu d'effet : le projectile s'enfonce et n'éclate pas. Sans cette heureuse circonstance, on ne peut s'imaginer les pertes qu'eût subies la !'• batterie: la position que celle-ci vient d'occuper se trouve être à peu près le centre d'un arc de batteries prussiennes, de deux mille mètres à peu près de rayon, et établi sur les pentes à l'ouest du bois des Génivaux et à la lisière du bois de Vaux.

La 2* batterie (capitaine Gebhart) a été laissée en réserve en arrière, et, pour ne pas recevoir les projectiles qui manquent la 1" et viennent tomber entre le derrière de ses avant-trains et le bois, elle a eu soin, tout en restant en dessous de la crête, d'appuyer à gauche vers la Voie romaine.

Nos pièces de 4, ne pouvant produire beaucoup d'effet dans cette situation, le colonel de la Jaille pense que la 1" batterie ne peut lutter et qu'elle se compromet inutilement ; il s'agit, en effet, de surveiller surtout les tentatives d'attaque de la ferme de Saint-Hubert et d'être prêt à recevoir les colonnes prussiennes, qui, si elles parviennent à s'en emparer, viendront déboucher sur Moscou et le Point-du-Jour^ Aussi la 1" batterie, se repliant de quelques mètres en arrière, se

couvre-t-elle de la crête du plateau, en se rapprochant du bois do Chàtel.

Dans cette position, quoique exposée au feu, la batterie ne lattlre plus spécialement. Ses officiers, toutefois, ont le soin d'aller reconnaître le terrain en avant et de se tenir, de leur personne, en vue de la forme de Saint-IIubert, afin que la batterie soit immédiatement portée en avant, si cette ferme est enlevée par l'ennemi.

Disons tout de suite que les fermes de Moscou et du Point-du- Jour ne furent évacuées que le 19 au matin, par suite de la retraite de larmée.

Pour en revenir à la 1^' batterie du 17* d'artillerie, celle-ci reçoit l'ordre, Vers cinq heures du soir, de se reporter dans sa première position, près de Leipsick. Aussitôt elle cesse son feu, remet ses avanttrains et revient à cette position, par une marche de flanc inverse de la précédente.

La 2" batterie du !?• prend Tordre de la suite ; dans cette nouvelle marche en colonne, deux chevaux de trait sont tués.

Revenues à leur position première, ces deux batteries se remettent en bataille, face au ravin de la Mance, la l""' batterie à la droite, la â» batterie à la gauche.

Mais ces mouvements ont attiré l'attention de l'artillerie ennemie, qui est établie «au-dessus du bois des Génivaux, à deux mille cinq cents mètres de distance.

Elle ouvre aussitôt un feu des plus violents et, pendant une demiheure et plus, accable d'une grêle d'obus les deux batteries du 17% qui reçoivent Tordre de ne pas bouger; ce serait, en effet, dénoncer à l'ennemi que celui-ci leur fait du mal, et il est probable que, dans ce cas, il augmenterait alors ses feux.

Les projectiles allemands ne cessent de tomber, soit en avant, soit en arrière, soit dans l'intérieur des deux batteries du 17% qui restent longtemps sous ce feu terrible.

Il faut noter le calme avec lequel cette épreuve est supportée par les hommes.

La i" batterie a ainsi au repos: un homme tué, six blessés et quatre chevaux tués.

La 2* batterie, au contraire, grâce aux grands intervalles ménagés entre les pièces et à la distance à laquelle on a relégué les caissons à la lisière du bois, n'éprouve aucun dommage.

Comme nous le verrons plus loin, le combat d'artillerie continua jusqu'à la nuit, et le 3* corps coucha sur le champ de bataille.

— A sept heures du matin, la cavalerie du 3* corps a levé son bivouac et s'est tenue prête à nnonter à cheval.

Elle se compose de la division de dragons du général de Clérambault : chef d'état-major, lieutenant-colonel de Jouffroy d'Abbans ; 1'" brigade, général de Maubranches, comprenant le 2" dragons, colonel du Paty de Clam, et le 4* dragons, colonel Cornât ; 2* brigade, général de Juniac, comprenant le 5" dragons, colonel Duchêne, et le 8« dragons, colonel de Boyer de Fonscolombe.

La brigade légère de ce corps d'armée est complètement disloquée.

Les 2" et 3« chasseurs à cheval sont allés, sous les ordres du général de Bruchard, se mettre à la disposition du maréchal Canrobert.

Sur les cinq escadrons du !()• régiment de la môme arme, quatre sont attachés aux quatre divisions d'infanterie du 3* corps.

Le 1" escadron seulement, avec le lieutenant-colonel d'Hauteforf, qui commando provisoirement le régiment, ainsi que Tétat-major, restent seuls avec la division de dragons.

Vers onze heures et demie du matin, le canon commence à tonner sur la droite et reprend avec intensité sur la gauche.

La division de Clérambàult monte à cheval et tâtonne pendant quelque temps en avant de son front de bandière. Une batterie est établie sur la gauche de la division, en avant du 1'' escadron du 10* chasseurs.

Vers deux heures, la division de Clérambàult change de position et se porte au trot sur la droite, en longeant le bois de Châtel-Saint- Gcrmain. On passe près d'ouvrages en terre où est disposé de Tlnfanterie (7f de ligne et chasseurs à pied).

Après avoir fait un kilomètre dans cette direction, la division se forme en bataille, à deux kilomètres au sud de Montigny-la-Grange, en arrière d'un mamelon qui la défile et adossée au ravin boisé de Châtel-Saint-Germain, au fond duquel se trouve le chemin de fer en construction de Metz à Verdun et à la route de Saint-Privat-la-Montagne à Chàtel-Saint-Germain.

On fait reconnaître le ravin, et on constate qu'en cas de retraite la cavalerie ne pourrait le traverser.

La batterie qui protégeait le 1" escadron du 10« chasseurs a suivi ce mouvement et s'est remise en batterie devant cet escadron. Elle ouvre aussitôt son feu, mais une demi-heure après, vers trois heures, elle est obligée de suspendre son tir.

« A bras, «a avant I »

Par bonheur, les nombreux obus prussiens destinés à cette cavalerie tombent tous sur sa droite ou dans le ravin de Châtel-Saint- Germain.

Un instant, le général de Clérambault dispose les 5* et 6« dragqjis do la brigade de Juniac pour charger des régiments prussiens que l'on voit s'avancer, mais ne les lance pas.

Toute la journée, la division de dragons assiste à cheval, sans y prendre part, à l'action qui se voit si bien de la hauteur où elle est placée. Tous les villages environnants sont en flammes.

Garhiir Fr&res. éditeurs.

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