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PRISE DE COINCY PAR LES DRAGONS

Le capitaine Qiomel, commandant le 4« escadron, qui dirige ses honmies avec beaucoup de sang-froid.

Les lieutenants de Saint-Hilaire et Ray, les sous-lieutenants de Montmarin et de Saint-Geniès, qui conduisent leurs pelotons au feu avec énergie.

Le capitaine de Marguerye, le sous-lieutenant d'état-major Falcon, le sous-lieutenant Prévôt, l'adjudant Toulmonde, qui restent à cheval, portant partout les ordres du colonel Cornât, au milieu du feu le plus meurtrier, car pendant toute la durée de Tattaque de Coincy, une grêle de balles ne cesse de s'abattre en avant et sur la droite de la division.

Le capitaine adjudant-major Dumoutier, qui se distingue par son dévouement.

Les maréchaux des logis Hastroffer et Munsch, armés de fusils, qui se tiennent constamment au premier rang.

Le dragon Jarry, qui se bat d'une façon remarquable et tue plusieurs Prussiens.

Cependant les gibernes se vident (quatre paquets de cartouches par homme ont été tirés); bientôt les. munitions font totalement défaut, les dernières cartouches ont été brûlées. En môme temps, une forte colonne d'infanterie prussienne se présente sur les hauteurs, qui dominent le village de Coincy. Les 3° et 8« compagnies du 18* bataillon de chasseurs à pied sont envoyées, au pas de course, pour repousser cette attaque sur notre flanc droit et, après une vive fusillade, suivie d'une attaque à la baïonnette de la6« compagnie, délogent l'ennemi de sa position rendue plus forte encore par une tranchée-abri et s'installent dans le» jardins de Coincy.

Les dragons du 4«, qui .viennent de recevoir de nouvelles munitions, appuient fortement à gauche et continuent leur feu de concert avec l'infanterie. Les Prussiens abandonnent enfin Coincy, qu'occupent aussitôt les deux compagnies du 18* bataillon de chasseurs, et le 4« dragons remonte alors à cheval.

A ce moment, un bataillon prussien est détaché pour déloger nos troupes de Coincy. Le 5« dragong reçoit Tordre de se porter à sa rencontre et de le charger. Les escadrons, enlevés au galop, s'avancent sous une pluie de balles, quand des chasseurs à pied du 18» bataillon, sortant des vergers qui entourent Coincy, se portent à la rencontre de l'ennemi et le repoussent dans les bois, à l'ouest du village.

Le 5* dragons, ne pouvant le suivre et s'engager sur ce terrain, s'arrête et revient reprendre sa place dans la division. Le capitaine Sichler et le sous-lieutenant Desrozières ont leurs chevaux blessés et sont démontés.

11 est six heures du soir ; les Prussiens battent en retraite sur Retonfey, Gras, Servigny, dernières localités en avant de Bainte- Barbe ; une batterie de mitrailleuses leur envoie deux décharges, qui d<'»ciment leurs rangs.

Un bataillon de la brigade-mixte du général Lapasset a puissamment coo[)éré, avec les dragons, à la prise de Coincy. Ce bataillon, 1«' du 84«, sous les ordres du commandant Dufourc d'Antist, s'étant un instant arrêté dans le petit bois, au nord de Colombey, en a remonté la pente opposée et s'est trouvé bientôt sur le terrain découvert, en avant de Coincy . Le commandant, ayant poussé son cheval, pour reconnaître la ix)sition, envoie deux compagnies en tirailleurs, pour attaquer à di*oite les jardins et les haies, puis, après avoir adressé à ses hommes -quelcjnes paroles énergiques, il les porte vigoureusement contre Coincy. Les balles commencent alors à siffler, plusieurs hommes sont mis hors de combat. Le bataillon s'arrête un moment ; la troupe se couche à plat ventre. Les dragons, qui sont sur la gauche, ont envoyé quelques pelotons à pied, pour coopérer à l'attaque du village. On repart bientôt et l'on entre dans Coincy. La 3° compagnie de ce bataillon est portée en première ligne; les autres restent avec le drapeau. Le capitaine Lagarde a été blessé mortellement d'une balle à la tète.

L'ennemi, une fois repoussé, le 18^ bataillon de chasseurs laisse le village de Coincy h la garde du bataillon du 84" de ligne et se rallie, au commencement de la nuit, sur la route de Sarrebriick, au moment où la l'embrigade de la division Montaudon attaque Retonfey et Flanville.

Il* est sept heures du soir. Le i" bataillon du Si" est venu relever la division de dragons, qui §e dirige, à travers champs, tsur Flanville. Cependant la nuit est venue; le bruit du combat va en diminuant. Entre Flanville et Montoy, la division de Clérambault met pied à terre et attend. On croit ne faire qu'une halte d'une heure seulement. On croit que tout va bien et qu'on va filer sur la route de Thionville, mais la nuit se passe tout -entière, la bride au bras, sans que l'ordre de marcher en avant arrive au bivouac.

A dix heures du soir, le bataillon du 84* de ligne reçoit, de son côté, l'ordre de revenir bivouaquer, à deux kilomètres en -arrière du petit bois, en arrière de Coincy. Le feu a cessé; il reprend un moment avec violence à gauche, puis il s'éteint à son tour. La terre est humide et légèrement détrempée, la température froide. La nuit est pénible...

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