‹ Français & AllemandsChapitre 26 sur 37 · INACTION DE LA GARDE 3M · texte numérisé non relu

INACTION DE LA GARDE 3M

tent en avant et s'étagent sur les glacis du fort Sainl^Julien, De là, on domine \oute la vallée comprise entre la route de Bouzonville et celle de Sarrebrtick; mais le brouillard, encore très épais, s'étend comme un voile impénétrable et empêche de distinguer Tensemble de la bataille.

L'action s'est engagée très vivement au 3« corps, à Noisseville, et à l'extrême droite, à Flanville et à Montoy.

Sept heures dix, La fusillade redouble dans ces diverses directions.

S^t heures et demie. Le canon gronde, les mitrailleuses commencent à se faire entendre. A peu près au même instant, le général Blanchard, commandant du grand quartier général, et les chevaux de main du maréchal Beizaine, passent à hauteur du parc du château de Grimont, à quelques centaines de mètres, au sud de la route de Sainte-Barbe, se dirigeant vers Saint- Julien, alors que trois quarts d'heure auparavant, ils cheminaient sur la route de Sainte-Barbe, dans la direction de l'ennemi.

On ne sait comment s'expliquer ce fait étrange. On suppose que le maréchal Bazaine s'étant trouvé embarrassé par sa nombreuse suite, en renvoie une partie. Les dispositions prises plus tard par le maréchal, ont prouvé que, dès le matin, il était décidé à battre en retraite. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir ordonné la retraite pendant la nuit ou dès le matin? C'est inexplicable.

Le brouillard se dissipant peu à peu,-la chaleur augmente dans une proportion sensible.

Sept heures trois quarts. Une partie de nos troupes venant à se replier, ordre est donné à la brigade Brincourt de s'établir dans l'espace abrité par les remblais, près desquels le général Bourbaki et son état-major ont passé la nuit, de gamh» de tiretilleurs la crête de ces remblais et de tenir le reste de ses troupes au pied de ces levées do terre.

Suit heures cinq. Le maréchal Bazaine prescrit lui-même au général Bourbaki d'envoyer lé !•» bataillon du i" voltigeur» s'établir vers l'extrême droite de la ligne de la garde, occuper le villfiige de Mey de manière à plonger dans les vallons, qui descendent de Nouilly et de Lauvallier, et de le faire appuyer par la 1" batterie du régiment monté d'artillerie de la garde, qui vient se mettre en batterie dans une tranchée, à droite de la route de Sainte-Barbe, aycoit pour mission de balayer le thcdweg avoisinant le village de Mey. En même temps, il fait disposer une autre batterie avec épaulements en terre, en avant des remblais occupés par la brigade Brincourt.

Les deux autres bataillons du !•' voltigeurs restent derrière

les fortifications naturelles, dans lesquelles le génie, sous la direction du général Durand de Villers et par ordre du général Bourbaki, exécute, à droite de la route qui mène à Sainte-Barbe, un épaulement pour deux batteries de 12.

Des travaux de même nature sont également entrepris à gauche de la route de Sainte-Barbe, pour abriter deux autres batteries de 12, dont les feux concourent, avec ceux des deux autres batteries placées à droite de la route, à battre tout le terrain en avant.

Les sapeurs du génie, aidés par les voltigeurs du 2« bataillon du 1«' régiment, élèvent rapidement une suite de tranchéesabris, en avant du point où a bivouaqué ce régiment, sur un terrain où se trouvent quelques fours à chaux et qui termine la plaine. Le 2« bataillon prend position dans ces retranchements, dont les défenseurs peuvent donner des feux en avant et sur les pentes du village de Mey.

Enfin, le 3" bataillon du !•' voltigeurs se place en colonne, en arrière de cet épaulement, où il appuyait sa gauche la veille.

La 6« compagnie du 3« bataillon du !•' voltigeurs s'abrite des projectiles derrière une tranchée.

Le maréchal Bazaine, qui, à* ce moment, parait vouloir sortir de son inertie, décide une vigoureuse offensive et prescrit au général Bourbaki de tenir la réserve générale de cavalerie du général Desvaux prête à protéger la retraite, en prenemt position sur le versant gauche du ra\dn de Mey et attendant l'occasion de charger obliquement, par rapport à la route de Sainte- Barbe, les troupes ennemies, dès qu'elles apparaîtraient sur la crête que Ton rencontre, en suivant la route se rendant du parc de Grimont à Sainte-Barbe. Une maison isolée, située sur le bord de la route, dont être choisie comme point de direction.

On ne s'expUque pas cette résolution tardive de prononcer l'offensive, en poussant en avant dix régiments de cavalerie soutenus par la garde, alors que notre artillerie de réserve est maintenue en arrière, que Tordre ou Pautorisation de battre en retraite, si Ton rencontre une résistance trop sérieuse, a été expédié le matin, enfin que la garde reste inactive, alors qu'il suffirait à Ja seule division de voltigeurs du général Deligny, de marcher pour arrêter l'ennemi. Si le maréchal Bazaine ne veut pas engager prématurément ses réserves, il lui suffirait de prescrire à la division de^Castagny de s'acquitter plus sérieusement de sa mission, en attirant à elle une partie des forces adverses en avant de Colombey.

Au moment où l'on se dispose à faire quelques tranchées pour abriter les défenseurs des remblais,on constate que la compagnie

Page 1