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INACTION DE LA GARI^E

du génie de la division Deligny a laissé dans l'île Chambière, avec les bagages, la prolonge renfermant ses outils. C'est un soin qu'un chef d' état-major devrait toujours prendre en marche, que de s'assurer que chacune des fractions de la colonne possède tous les éléments nécessaires, poiir remplir les missions qui lui incombent. On ne comprend guère ime troupe du génie sans outils.

Fort heureusement, d'autres compagnies du génie n'ont pas opéré de la sorte et il devient possible, en arrêtant une compagnie de cette arme, qui est en marche, de se procurer des outils et des bras. Des voltigeurs se mettent à l'œuvre.

En quelques instants et comme par enchantement, on construit sur la partie du remblai parallèle à la route, en regardant le village de Mey, une ligne à crémaillères, en ne s'enfonçant que de la profondeur nécessaire pour que l'homme, se trouvant debout au fond de la tranchée, puisse tirer par-dessus le parapet. Il est recommandé aux travailleurs de commencer par approfondir le plus possible la tranchée, sauf à gagner ultérieu rement en largeur.

L'épaulement perpendiculaire à la route à l'extrémité du remblai est exécuté simultanément. En attendant la batterie de 12 demandée à la réserve générale de l'artillerie, on y envoie, comme nous l'avons déjà dit, la 1" batterie du réginjent monté d'artillerie de la garde; mais cette batterie, avant d'avoir ouvert le feu, est presque aussitôt remplacée par la batterie de 12 demandée à la réserve.

Pendant que le général de Villers fait exécuter, sous sa direction, à droite de la route de Sainte-Barbe, l'épaulement de la batterie et les tranchées nécessaires à la division Deligny, le général Picard fait exécuter, à gauche de cette même route, des travaux analogues, sous le feu de l'ennemi, par la lO* compagnie de sapeurs du 3° régiment du génie, sous les ordres du capitaine Olier, aidée par les grenadiers de sa division. Dans cette circonstance, le sergent de sapeurs Labaurie se fait remarquer par son courageux sang-froid. Pendant ce travail, un clairon et un soldat du 3« régiment de grenadiers sont blessés. Ce sont du reste les seules pertes subies par le corps entier de la garde, dans les deux journées du 31 août et du !•' septembre 1870.

Vers huit heures et demies le 4« corps ayant commencé à se replier, les divisions Desvaux et de Forton reçoivent l'ordre de se tenir prêtes à monter à cheval.

Huit heures trois quarts. Le général Desvaux arrive de sa personne près du général Bourbaki, afin de recevoir ses instructions et de prendre connaissance des terrains de charge. Jl est

convenu qu'il ne s'occupera que de la protection de son flanc droit par rartillerie, la batterie de 12, avec épaulement, devant suffire pour son flanc gauche, que la cavalerie de la garde sera formée sur trois lignes, avec une réserve bien défilée sur le versant gauche du ravin de' Mey, à droite des remblais occupés par la brigade Brincourt (!«' et 2« voltigeurs), que la division de cavalerie du général de Forton sera disposée dans le même ordre, en arrière de ces mêmes remblais, défilée par eux et par l'inclinaison du terrain.

Le but de cette charge est de tourner les défenses ennemies. Pour cela, le maréchal Bazaine a décidé de réunir devant Servigny, près de la route de Sainte-Barbe et du fort Saint-Julien, la réserve de cavalerie du général Desvaux et la garde en entier. Au signal donné, ces dix régiments de cavalerie, protégés par le feu du fort Saint-Julien, celui de toutes les batteries de la réserve générale d'artillerie et de la garde et soutenus par l'infanterie de la garde, devront dépasser Servigny et, faisant ensuite tm à droite, écraser les masses d'infanterie ennemie qu'abrite ce village.

Après avoir quitté le commandant en chef de la garde, lo général Desvaux rejoint ses escadrons et fait appeler auprès de lui les colonels, auxquels il transmet les ordres suivants du maréchal Bazaine :

« Le corps de réserve de cavalerie se composant de la division de Forton et de la division de la garde, prendra de suite ses dispositions pour charger sur le terrain découvert, qui est en avant de Servigny. A l'abri de cette charge gigantesque, rinfanterie de la garde devra prononcer un retoiu» offensif sur Sainte-Barbe, pour tâcher d'enlever cette position. »

Le régiment de chasseurs à cheval de la garde, que commande le brave colonel de Montarby, doit avoir un double rôle à jouer dans cette opération. Deux de ses escadrons, sous les ordres du chef d'escadrons de Cherisey, doivent soutenir d'abord l'artillerie, puis venir rejoindre les trois autres, laissés à la disposition du colonel de Montarby. Celui-ci, profitant du moment où l'attention et les efforts de l'ennemi seront absorbés par cette attaque, se propose de tourner la position par la droite, en dissimulant la marche du régiment, à la faveur du ravin, qui court au-dessous du village de Mey et du bois qui couvre le coteau de Servigny, terrain qu'il a fait reconnaître quelques neures avant ; de se montrer sur le flanc de l'ennemi, au plus ort de la lutte avec l'attaque de gauche, de lui faire croire à une attaque sérieuse et de servir de lien entre Ifi garde et le d« corps placé à sa droite.

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