‹ Français & AllemandsChapitre 33 sur 37 · p. Bédarrides, Chronique de la campugm de · texte numérisé non relu

p. Bédarrides, Chronique de la campugm de

Les troupes campées en permanence sur la rive droite de la Moselle reprennent leurs bivouacs ordinaires et celles qui ont à se porter sur la rive gauche, s'écoulent lentement et péniblement le long des flancs du fort Saint-Julien. Il est onze heures et demie du soir, lorsque les derniers régiments arrivent sur leurs emplacements respectifs.

Depuis ce jour, l'armée de Metz ne franchit plus en armes les lignes du camp retranché.

Voici, du reste, comment s'effectua la retraite dans chaque corps d'armée.

Garde impériale. — A une heure de l'après-midi, le corps de la garde reçoit l'ordre d'aller rejoindre ses anciens campements de la rive gauche. Aussitôt, le général d'Auvergne, chef d'état-major du général Bourbaki, dicte à tous les officiers de l'état-major de la garde, réunis sur le bord de la route de Sainte- Barbe, près du fort Saint-Julien, les ordres du maréchal Bazaine relatifs au retour des troupes. Ces ordres sont à peu près les suivants :

« Les corps d'armée reprendront exactement les positions qu'ils occupaient hier avant leur départ. Le corps de cavalerie du général Desvaux franchira immédiatement les ponts de Chambière ; il sera suivi par l'infantQrie de ligne, qui s'y engagera, au fur et à mesure de l'arrivée des fractions constituées, sans s'astreindre à un ordre de marche particulier ; on s'attachera surtout à profiter des trois ponts à la fois, en les rejoignant par toutes les routes ou chemins disponibles.

« La garde passera la dernière, mais elle sera suivie par la réserve générale d'artillerie de l'armée (général Canu). Les troupes, composant la garde, observeront entre elles l'ordre suivant : le parc d*artiUerie, les batteries de réserve, la division Picard (zouaves et grenadiers), le quartier général, la division Deligny (ch£isseurs à pieds et voltigeurs).

« Chacune de ces troupes gagnera les ponts, par les chemins les plus courts.

« Il est expressément interdit aux colonnes de se couper et surtout de marcher côte à côte, sur une même route, qui se trouverait, par suite, entièrement encombrée; quand deux colonnes se rencontreront, ceUe désignée pour marcher la dernière devra s'arrêter pour laisser passer l'autre.

« Le maréchal, commandant en chef l'armée, accorde une ration extraordinaire d'eau-de-vie à toutes les troupes. Les corps de la garde et ceux de la réserve générale d'artillerie de l'armée (général Canu), pourront, dès à présent, toucher cette eau-de-vie au château de Grimont ; elles peuvent également y

percevoir une ration de pain. Les troupes n'ayant reçu ni eaude-vle> ni pain au cliâteau de Grimont, recevront ces denrées à leur arrivée au bivouac. »

Ces ordres dictés pour être communiqués, Jes officiers de l'état-major général du corps de la garde vont rejoindre le général Bourbaki, près des ouvrages en terre, choisis par lui pour établir depuis hier soir son quartier général.

L'infanterie de la garde reste en position, pour couvrir la retraite. Les 1^* et 2« batteries du régiment monté d'artillerie de la garde traversent le ravin de Vallières et vont prendre position en arrière de la ferme de Bellecroix, la droite appuyée à la route de Sarrelouis, pour protéger la retraite du 3« corps.

Les divisions de cavalerie Desvaux et de Forton se mettent les premières en mouvement et se retirent tranquillement, sans recevoir un seul coup de canon. L'ennemi doit être encore plus étonné que nos soldats de notre retraite. A six heures du s;oir, les escadrons établissent de nouveau leui-s bivouacs dans l'île Ghambière. Le régiment de carabiniers, qui forme la tète de colonne, prend position le long de la route des Morts, en face de la lunette de Cliambière, où on a creusé la fosse commune de l'armée.

Depuis le 31 août, les distributions de fourrage ont cessé. Les pauvres chevaux de notre cavalerie sont déjà maigres à faire pitié.

Pendant que l'armée s'écoule lentement vers Metz et les ponts de nie Cliambière, le général Bourbaki et ses officiers examinent, avec leurs jumelles, le terrain placé en avant d'eux et constatent l'incendie de maisons situées sur la route de Sarrebrûçk, à hauteur du village de Montoy.

On aperçoit, dans des vignes situées non loin de Noisseville, sur le versant gauche du thalweg, qui descend de Sainte- Barbe à Nouilly, des troupes assez nombreuses, dont on ne soupçonnerait guère la présence, si les armes ne brillaient pas au soleil.

L'ennemi reste en position, sans chercher à nous poursuivre, mais prêt à accepter le combat, comme à réoccuper, après notre départ, les points desquels il a été chassé hier. 11 parait posséder des forces considérables, surtout à droite de Sainte-Barbe. La ligne de bataille sembla parfaitement tracée par le chemin de Pange à Vigy, qui passe par Sainte-Barbe et dont la direction générale est du sud au nord.

En examinant la figure du terrain et les cotes, on constat4? facilement que ce chemin correspond à une bonne position militaire dominante, dont Sainte-Barbe est le point culininaiit.

En marchant du sud au nord on trouve les cotes 269 (à l'ouest de Pange), 272 (à l'est do Flanville), 260 (à 1 est de Retonfev), 300 (au nord de Sainte-Barbe), 270 (à l'est d'Avancy), 252 (à l'ouest de Vigy), alors que les cotes les plus élevées du terrain situé inunédiatenient en avant du fort Bellecroix et du fort Saint-Julien, sont les suivantes : 225 (à l'est de Borny), 231 (près de la bifurcation des routes de Sarrelouis et de Sarrebrûck), 261 (sur la route de Sainte-Barbe au sud-ouest de VillersrOnne), 211 (à l'est de Vany), 188 (entre Vany et Chieulles) et 200 [à l'ouest de Chieulles). .

Des batteries sont établies de distance en distance. La route de Sarrelouis est occupée par une forte colonne. Une maison isolée, sur la route de Sarrelouis, paraissant se trouver à la hauteur du vilhii^e de Servigny, ou plus éloignée encore, doit avoir été disposée pour la défendre; avec une jumelle, il est facile de constater, dans le pignon qui regarde du cùtè de Metz, de nombreux trous devant servir de crénaux.

Des nuages de poussière, soulevés par d'assez fortes colonnes, indiquent les mouvements exécutés par une partie des forces ennemies, pour n^gagner les positions de la rive gauche de la Moselle.

De nombreux cacolets i*eviennent à vide. Tout porte à croire que, si Taffaire a été peu fructueuse, elle nous a du moins coûté des pertes peu sensibles.

Le maréchal Bazaine s'est porté, avec les officiers attachés à sa personne, à l'épauleii^ent exécuté, dans la matinée, pour une batterie de 12 contre la division Deligny ; là, il examine un instant les positions et les forces ennemies, puis il se retire.

Rien n'est moins imposant que ce cortège marchant dans l'ordre suivant :

Deux ou trois sous-offîciers ou cavaliers, qui semblent se promener pour leur propre agrément et avoir pour mission de soulever un nuage de poussière, en avant du maréchal; à dix ou quinze pas en arrière, vient Bazaine, dont la tournure n'est rien moins que distinguée; à ses côtés marche le capitaine des guides, Mornay-Soult de Dalmatie, fumant son éternelle pipe; puis viennent les deux neveux du maréchal, ses officiers d'ordonnance, l'un lieutenant d'artillerie, l'autre lieutenant de chasseurs à pied, etc., etc.. On remarque l'absence à peu près permanente de ses deux aides de camp : l'invalide (le colonel Boyerj et le conservateur du matériel (le conmiandant Villette).

Le maréchal Bazaine se promenant presque toujours en compagnie de son état-major particulier seulement, on se demande

ce que fait, pendant un engagement avec Tennemi, Tétat-major général de l'arniée.

Toutes les dispositions étant prises pour assurer la retraite et empêcher qu'elle soit inquiétée par Tennemi, si celui-ci venait à avoir cette faotaisie, le général Bourbaki, après avoir donné ses dernières instructions, se met en route, avec son état-major, pour regagner son quartier général de la Ronde et se trouve descendre la route de Saint-Julien, en même temps que le 93» de ligne (6« corps).

Le commandant en chef de la garde s'entretient, un instant, avec le docteur Noguès de ce régiment, qui lui dit que le 6« corps a été très peu engagé et que, d'après les dires de ses collègues et d'après Texamen fait par lui personnellement de certaines ambulances, il y a tout lieu de penser, que le nombre des blessés est peu considérable.

Le commandant en chef de Tarmée, assure-t-on, est fort irrité contre le général Fauvart-Bastoul, qui, le premier, a battu en retraite, avec sa division écrasée par le feu de Tartillerie ennemie, à Montoy et à Flan ville. Il aurait, para! t-il, Tintention de le traduire devant un conseil de guerre. Tout le monde est convaincu que cette résolution ne sera suivie d'aucun effet.

D'ailleurs, si quoiqu'un a, sous ce rapport, à rendre à la justice un compte sévère de sa conduite, c'est assurément le maréchal Bazaine lui-môme.

N'a-t-il pas été le premier à ordonner la retraite sans le moindre motif?

Le général Bourbaki n'arrive que vers huit heures du soir, à son quartier général de la Ronde. Les batteries divisionnaires du régiment d'artillerie montée de la garde rentrent à leurs anciens "campements, vers quatre heures du soir, par la porte des Allemands.

A six heures, chacun se retrouve installé à la place qu'il occupait l'avant-veille.

Quant à l'infanterie de la garde, elle ne peut commencer son mouvement de retour, qu'après l'achèvement de celui des 3« et 6« corps.

Enfin, le 3« corps ayant repris sa position en arrière, à droite du fort Saint-Julien et le 6» ayant regagné son campement de la rive gauche de la Moselle, les divisions Picard et Deligny reçoivent, vers cinq heures, l'ordre d'aller reprendre leurs positions au camp de Devant-les-Ponts. Parti vers sept heures et demie du soir, le 1" voltigeurs, qui forme l'extrême arrière-garde, arrive au camp de la Ronde, à onze heures et demie du soir.

Cette nuit du 1«' au 2 septembre est froide et pluvieuse : partout les échalas des vignes servent à faire du feu. On marche sans bruit, sans proférer une parole. On n'entend que le. bruit sourd et continu de cette multitude en marche, ainsi que le cliquetis des bidons et des quarts contre les fourreaux des sabresbaïonnettes.

Les troupes sont tristes et silencieuses : personne n'ose parler de cette bataille bizarre, où il n'y a eu ni vainqueurs, ni vaincus, mais où les morts se comptent par milliers.

Au loin, on entend des clartieurs étranges : d'immenses feux sont allumés sur les montagnes couvertes de forêts; des hourras traversent l'espace et se répercutent dans les ravins, du côté de Saulny, en glaçant le cœur de nos soldats .. (La nouvelle de la catastrophe de Sedan vient de parvenir à Frédéric-Charles, et l'armée prussienne est folle de joie.)

Les régiments de la garde rentrent à leur campement du Sansonnet, dans la boue liquide, harassés de fatigue et mourant de faim; il va falloir tout remettre debout; c'est vite fait avec ces soldats d'élite, que l'inaction effraye plus que l ennemi. Braves gens! Comme on se prend à les aimer et quelles attentions délicates pour leurs officiers! Ils forcent ceux-ci de rester sur la route sèche et ils flambent le terrain, sur lequel les tentes de leurs chefs vont être dressées; jusqu'aux genoux dans la boue, ils plaisantent, pendant que les officiers assis sur des sacs, au bord de la route, considèrent, avec émotion, ces admirables soldats, qui ont la vraie noblesse, empreinte sux leurs mâles visages, celle du dévouement et du sacrifice».

— Les batteries de la réserve générale d artillerie de Vannée se sont remises également en route, avec l'infanterie de la garde et reviennent, vers minuit, réoccuper leur campement du Ban- Saint-Martin, d'où elles ne doivent plus sortir que le jour de la capitulation.

L'affaire si mal engagée le 31 août, si mal terminée le !•' septembre, nous amène à exprimer le regret que les commandants de corps d'armée, les généraux commandants d'arme et les généraux de division, n'aient pas de fanion. Quehiues-uns en possèdent, il est vrai, mais d'autres n'en ont pas et aucune convention n'existe à l'endroit des couleurs distinctives de ces fanions.

On pourrait admettre pour le commandant en chef de l'armée, un fanion tricolore à franges d'or; pour les commandants de corps d'armée, un fanion tricolore sans franges et avec

1. LieatcDftnt-colonel Meyret, Carnet d'un. prisonnier de guerre.

le numéro du corps au centre du fanion tricolore. Le fanion de chaque général de division se composerait de deux couleurs. . Les fanions servent non seulement pendant le combat, mais encore dans les camps. Planté près de la tente de Tofficier général, auquel il appartient, le fanion constitue une indication précieuse pour les militaires de tous grades, qui ont besoin de s'adresser à lui; il évite sûrement des retards dans la transmission des ordres. Il est si essentiel à tous les points de vue, que les quartiers généraux soient désignés d'une façon apparente, qu'on devrait, pour la nuit, organiser un système d'éclairage spécial. Chaque chef de corps de troupe ou chef d'état-major de division, devrait avoir, près de sa tente, une lanterne à verres ordinaires, etc., comme les couleurs des fanions.

L'emploi des fanions n'a été réglementé qu'en Crimée, où il était le moins nécessaire; il ne l'a été ni en Italie, ni dans la campagne de 1870-71, où il a souvent fait défaut. On ne saurait trop en reconnaître l'utilité. Il convient bien entendu de les placer, autant que possible, sur un point relativement élevé, de façon qu'ils soient très apparents.

2® CORPS. — A trois heures de l'après-midi, la i'* brigade (Valazé) d3 la division Vergé (!''") s'est portée en avant, pour protéger la retraite de son corps d'armée et envoie quelques bataillons en tirailleurs. La 2* brigade (Jolivet) s'avance, à son tour, pour appuyer ce mouvement.

Les 5" et 12* batteries, du 5* d'artillerie, s'arrêtent en arrière en bataille , à quelque distance de la crête, en avant de la ferme de Bellecroix, sous les ordres du commandant Rey; elles sont suivies par quelques chasseurs du 3* bataillon. Plus en arrière, surveillant les pentes qui descendent vers le ravin de Vantoux, se place la 6° batterie du 5® d'artillerie, sous les ordres du colonel Chavaudret. L'infanterie est déployée et couchée à quelque distance, en arrière des batteries.

L'ordre de retraite ayant été donné, les troupes de la première ligne commencent à se retirer; elles viennent se reformer derrière la division Vergé et prennent la route de leurs campements.

. A six heures du soir, cette division ayant elle-même reçu l'ordre d'abandonner ses positions et de regagner Montigny, se replie et, en suivant comme la 2« division et la réserve d'artillerie, le même terrain que la veille, sans être inquiété, elle arrive à dix heures du soir dans ses anciens campements, la brigade Valazé formant l'arrière-garde.

Toutes les batt;^ries reprennent leur emplacement antérieur, à l'exception des 5® et 12* batteries du 5« d'artillerie, qui se placent,

-k trois ou quatre cents mètres du remblai du chemin de fer, derrière les nmisons du village de Montigny.

Le l*^^ septembre, la 7° batterie a perdu un homme blessé et la 8« un homme tué.

— La division Fativart-Bastoul (2«) s*est retirée la première, les bataillons déployés, et est venue s'établir en avant de la ferme de Bellecroix, contre la bifurcation des routes de Sarrebrûck et de Sarrelouis. Là, comme elle ne reçoit plus d'obus, on place les régiments en colonne, et la division suit la môme route que la veille jus^^ju a Montigny, où elle arrive à sept heures du soir, et dresse ses tentes sur le terrain, où elle campait encore la veille au matin.

— La brigade-mixte du général Lapasset protège la retraite du 2° corps sur le fort Queuleu. Cette brigade se retire en très bon ordre, avec un ensemble parfait. Le 1"' bataillon du 84® de ligne est resté seul, derrière le bois de Colombey, jusqu'à cinq heures du soir. Déjà, les batteries prussiennes accompagnant la retraite de nos troupes, ont dépassé la Planchette, quand ce bataillon reçoit l'ordre de se replier, à son tour, par les bois de Colombey et de Borny, mouvement qui s'opère très heureusement, les compagnies se retirant par la droite, par un chemin parallèle à la route de Sarrebrûck et en longeant un bois, où un bataillon du 97c ^ pris position.

Le 3* bataillon du Si*' se retire par la gauche, descend dans le ravin de Colombey, longe le bois de ce nom, qu'occupe le 1" bataillon de ce régiment, et se place derrière lui.

La 3® compagnie du 2^ bataillon du môme corps, se retire pai' un mouvement semblable. La 4*» (juitte Colombey et se porte, ainsi que les 5« et 6® d'une part, et la 2* de l'autre, à droite du chemin parcouru par leur 3« bataillon. Le 2* bataillon du 84* forme ainsi un échelon avec le 3" bataillon du 07°, qui s'est posté en bataille, face à l'ennemi et prêt à arrêter les efforts de celui-ci.

Le 3« lanciers forme l'extrême arrière-garde et se retire, par échelons successifs, flanquant la batterie Dulong (7* du 2« d'artillerie) attaché à la brigade-mixte. Cette batterie et son soutien se retirent par section : une ligne de tirailleurs fournis par la 2« compagnie du li" bataillon de chasseurs, se tient en arrière, à six cents mètres de la dernière section.

En présence de cette attitude et du sang-froid qui préside à ce mouvement de retraite, l'ennemi n'ose l'inquiéter, ni par ses feux, ni par sa poursuite. A huit heures du soir, la brigademixte et le 3« lanciers, après avoir accompli complètement leur mission, rentrent dans leur campement du Sablon, près de

Montigny, avec grand'gardes à la Grange-aux-Ormes et à la ferme Blory.

Pendant les deux journées du 31 août et du 1" septembre, les positions de Montigny ont été gardées par le 1«» bataillon du 8« de ligne (2« division), un bataillon de la 1^ division, un bataillon de la brigade-mixte, et le 5" chasseurs à cheval, le tout sous les ordres du chef de ce régiment, le colonel de Séréville.

3« CORPS. — La division Montaudon (1") rentre vers six heures du soir et revient au camp de Belletange qu'elle occupait depuis le 26 août dernier. La !'• brigade se place contre la ferme de ce nom, le 51<» à gauche, le 62« à droite, le 3« bataillon de ce dernier régiment en avant des deux autres, à cinq cents mètres de Tautre côté de cette ferme.

• Le 18* bataillon de chasseurs à pied établit son campement près de l'artillerie divisionnaire. Le sergent Capmas, les chasseurs André, Ragot et Masson de ce bataillon sont décorés de la médaille militaire.

Le 81« reprend ses positions de la veille près des Bordes : les !•' et 2* bataillons campés en avant des Bordes, le 3* dans le village de Borny.

Les 1" et 2« bataillons du 95« vont reprendre leur ancien campement près du fort Bellecroix. Lo 3° bataillon de ce régiment reste à côté et contre la ferme des Bordes.

— Vers six heures du soir, la division de Castagny (2«) rentre dans les positions à gauche et près du fort de Queuleu, où elle était établie Tavant-veille et où elle devait rester jusqu'au moment de la capitulation de Metz.

Le 90« de ligne occupe le terrain entre le fort de Queuleu et la Seille; les 2* et 3* bataillons sont en première ligne, sur la hauteur, le l^'dans un bas-fond en arrière. Chaque bataillon fournit une compagnie de grand'garde.

Le 15« bataillon de chasseurs à pied est chargé d'occuper les avant-postes, à la ferme de la'Haute-Bévoye.

— La division Metman (3«) rentre à la nuit et se replie de Mey au-dessus du village de Vallières.

— La division Aymard (4«) revient à son ancien camp, sous le fort Saint-Julien, où elle arrive à deux heures de l'aprèsmidi.

— La division de dragons de ClérambauU rentre, vers trois heures de l'après-midi, dans ses anciens campements de Plantières, qu'elle ne doit plus quitter que pour aller prisonnière de guerre, en Prusse. Hommes et chevaux n'ont pas mangé depuis vingt-quatre heures.

— La réserve d'artillerie du 3« corps a reçu l'ordre de se replier

à midi efrentre, vers trois heures de Taprès-midi, à son camp, à Saint-Julien.

4« CORPS. — La division de Cissey (1") revient occuper, vers quatre heures du soir, sur la rive gauche de la Moselle, son campement de Longeville :

Le 1" de ligne, disposé entre ce village et le Saint-Quentin, le 6" de ligne à gauche, le 20« bataillon, de chasseurs à pied dans le village même, et la brigade de Goldberg contre Sey, le 57" en avant du 73« de ligne.

— La division Grenier (2°) est restée la dernière du 4" corps en position. Enfin, après une courte halte sous le fort Saint-Julien, au milieu des voltigeurs de la garde, qui forment la réserve, après un essai de café interrompu par un contre-ordre, cette division, vers quatre heures de l'après-midi, reprend, en sens contraire, le chemin suivi la veille, et, deux heures après, arrive à son camp sous Plappeville. Là, la 3® compagnie du 5« bataillon de chasseurs à pied, relevée de la garde du trésor, attend depuis quelque temps son bataillon, dont le capitaine Chéde ville prend aussitôt le commandement.

Les chevaux de Tartillerie divisionnaire, constamment harnachés et attelés, n'ont pas bu depuis quarante-huit heures.

— La division de Lorencez (3«), après s'être ralliée autour du château de Grimont, revient occuper ses campements de la crête de Plappeville et du col de Lessy, où elle arrive vers sept heures du soir.

— La réserve d'artillerie du 4* corps reçoit, à trois heures du soir, lt)rdre de rentrer à Metz et va camper sur le côté droit de la route de Plappeville, en face du Ban-Saint-Martin.

— La division de cavalerie de Gondrecourt reprend également son campement près de la gare de Devant-les-Ponts. Seul, le 7« hussards, laissé à Tarrière-garde, rentre le dernier entre six et sept heures.

6« CORPS. — La division TLvier (1^*) reste, de midi à quatre heures du soir, au nord-est du château de Grimont et rentre ensuite, vers six heures, dans ses anciens campements sur la route de Thion ville, près de la maison du camp. Cette fois, le retour est beaucoup mieux ordonné que le 26 août dernier et la rentrée a lieu sans à-coups sensibles. Les batteries de cette division regagnent également leur ancien bivouac de la route de Thionville.

— La division Lafont de Villiers (3«) se met, vers trois heures, en route pour le camp de Woippy, qu'elle a quitté la veille et qu'elle atteint trois heures après.

— La division Levas sor-Sorvaî (4«) opère sa retraite, à cinq

heures et denne da soir, sur l'ile Chambière et son ancien campement de Woippy, où elle arrive à neuf heures du soir.

La réserve d'artillerie du 6« corps rentre, elle aussi, à neuf heures et demie du soir, à son bivouac de Devant-les-Ponts. Les chevaux n'ont pas bu depuis deux jours.

-- La division de cavalerie du Barail revient s'établir, avec son corps d'armée, sur les glacis de l'enceinte de Metz.

Knsevelissement des victimes des journées des 31 août et \" septembre 1870, près da village de Mey.

Page 1