CHAPITRE XXVII Les conséquences de Servigny
Pertes dos Allemands. — Fortes des Franoais. — Général Manoque tué. — Généraux Osmont, Montamlon et Lafaille blessés. — I^»rtes du 3« corps. — Incendies des villairos par les Allemands. — Blessés ennemis brûlés vifs. — Visite (Pun médecin fiançais à Sainte- Barbe. — Enlèvement dos blessés dos deu.\ armées. — Retour des blessés français dans Metz.— BelW» conduite des aumôniers militaires, les Pères de Damas et de Moïssas.— Demande des officiers ennemis. — Appréciations du général Doligny. — Brillante conduite de notre infanterie. — Belle attitude de notre artillerie. — Bazaine ne voulant pas se porter en avant. — Examen critique des journées du 31 a tût et du 1" septembre. — Bazaine entasse mensonges sur mensonges. — Aucun ordre du jour n'est publié. — Opinion bautomont émise de l'armée. — Le même jour a lieu Sedan. — Une agonie de cinquante-buit-jours.
Comme on vient de le voir, à la suite des engagements du 31 août et du 1" septembre, les troupes françaises reprirent leurs positions autour de la place de Metz ; elles ne devaient plus les quitter que le jour de la capitulation.
Ui FRANÇAIS ET ALLEMANDS
La feinte bataille de Servigny coûta à Tarmée allemande ' d*investissemeht cent vingt officiers et deux mille trois cent cinquante huit soldats tués ou blessés. Le I^' corps (général von Manteuffel) fut le plus éprouvé.
Nos pertes étaient plus cruelles et infiniment regrettables, puisque tant d'hommes étaient morts ou mutilés, parce qu'un ambitieux incapable avait voulu faire une démonstration illusoire et inutib : le général Manèque la paya de sa vie ; trois autres généraux, Montaudon, Osmont et Lafaille furent blessés. La mort du général Manèque causa dans Tarmée une impression profonde; comme le général Decaen blessé mortellement à Borny, le général Manèque avait la confiance de tous; cent quarante-six officiers et trois mille quatre cent un sous-officiers et soldats furent mis hors de combat. Tant de victimes pour mettre en scène une fourberie milijLaire.
Sur ce chiffre, le 3» corps entra pour plus de deux mille, hommes et quatre-vingt-neuf officiers, soit plus des deux tiers, La proportion de ces pertes prouve bien d'ailleurs que du côté des 2<^, 4" et 6* corps, Faction n'avait pas été bien sérieuse.
L'ennemi laissa, en outre, entre nos mains, près de quatre cents blessés. Un docteur français envoyé à Servigny, dans l'après-midi du 1*'*' septembre, pour recueillir les cadavres de deux officiers supérieurs, alla jusqu'à Sainte-Barbe et constata que les Prussiens paraissaient consternés.
Les ennemis, dans la soirée du 31 août, avaient mis le feu à tous les villages qu'ils étaient forcés d*abandonner, sans s'inquiéter de leurs propres blessés, qui avaient été déposés dans les maisons de ces localités et qu'ils ne pouvaient emporter. Beaucoup de ces malheureux furent ainsi brûlés vifs.
— - Dans l'après-midi du !•' septembre, quand la lutte fut arrêtée, on s'occupa alors, de part et d'autre, de relever les morts et les blessés sur le champ de bataille. Français et Prussiens, précédés du drapeau blanc à croix rouge, recueillirent les leurs sur le terrain.
Le soir, des voitures de paysans amenèrent en ville nos blessés, dont beaucoup, trouvés dans les vignes, où ils avaient passé, privés de tout soin, la nuit glaciale et humide du 31 août au !•' septembre. Du reste, nos sommes forcés de déclarer que les ambulances firent complôtenient défaut, pendant ces deux journées de lutte meurtrière.
Signalons toutefois la conduite admirable de deux aumôniers, les pères de Damas et de Meïssas. Le premier, attaché à la première ambulance internationale, se tint incessamment le 31 août et le l®"" septembre, sous le feu de l'ennemi, au milieu
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