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LES CONSEQUENCES DE SERVIGNY

de l'ennemi, relevant et secourant les blessés et donnant ainsi un bel exemple.

Le second, aumônier militaire de la 3* division du 3® corps, sur la demande du général Metman, s'aventura, tout seul, jusqu'à Nouilly, une fois l'engagement terminé ; là, réquisitionnant quelques paysans, il fit atteler unft prolonge abandonnée à rentrée du village par les ennemis, lors de la bataille de Borhy. Puis, il parcourut le cbamp de bataille avec ses aides improvisés, portant les blessés jusqu'à sa voiture, en les couchant sur une toile de tente. En accomplissant sa pieuse besogne, le digne prêtre rencontre des officiers prussiens, qui ne lui cachent pas la situation, critique où se trouvaient les troupes ennemies dans la soirée du 31 août, et qui lui demandent si la veille au soir on n'a pas illuminé à Metz?

— Après avoir raconté l'affaire du 31 août et du l«' septembre, le général Deligny, commandant la division des voltigeurs de la garde ajoute, dans son intéressante brochure, V Année de Metz, les observations suivantes :

« Il ressort de ce récit, très véridi(iue dans son ensemble, que la bataille de Noisseville n'avait été ni préparée avec soin, ni bien conduite et que le général en chef ne s'était proposé aucun but sérieux, car celui qu'il a laissé entrevoir eût été obtenu, s'il l'avait^ poursuivi avec la volonté de l'atteindre. Il lui eût suffi de commencer l'action deux heures plus tôt le 31, de ne pas laisser les contingents ennemis défiler, pendant toute la nuit suivante, à un kilomètre de son flanc droit, et môme ces fautes ayant été commises, de donner des ordres dans la matinée du !•' septembre, pour que l'offensive fût vigoureusement reprise. »

Cette double journée de Servigny-Noisseville fut, de toute la campagne, la bataille la plus sérieuse, par ce fait que la lutte ne se borna pas, comme le 16 et le 18 août, à une immense canonnade. L'infanterie se montra autrement que maintenue dans des tranchées-abris et, s'il y a une preuve éclatante de la valeur de l'armée de Metz, même après la réussite du plan de l'ennemi et notre rejet sous la place, ce fut sa conduite dans ces deux journées.

Les positions de Noisseville et de Servigny avaient été enlevées avec la plus grande bravoure et aux prix des plus grands efforts.

Notre artillerie avait, en outre, tenu tête à l'artillerie ennemie si vantée. On s'était servi davantage de nos batteries de 12 et il est hors de doute, que lorsque notre artillerie avait été dans de bonnes conditions, c'est-à-dire bien commandée et par suite,

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établie dans des positions judicieusement choisies, elle s'était parfaitement comportée.

Comment donc tout cela n'aboutit-il qu'à des pertes sensibles pour notre armée et sans aucun résultat utile? Pourquoi la bravoure et la solidité de nos troupes ne conduisirent-elles qu'à une démonstration bi^Uante, mais sanglante ?

Cest que l'homme du Mexique ne voulait pas se poiHer en avant. Au reste, il n'y eut ipiune voix dans l'armée française tout entière, pour affirmer (|ue si Bazaine avait poursuivi, le l®"" septembre, les avantages remportés la veille, au lieu de' laisser aux Prussiens le temps d'appeler à eux des forces considérables, il perçait facilement les lignes ennemies et sauvait la ville et l'armée.

Mais telle n'était pas son intention secrète. Ne pouvant rester immobile en présence des nouvelles qu'il avait reçues du dehors, il fit semblant de vouloir donner la main à Mac-Mahon, mais il ne le voulut certainement pas un instant.

Comme de ce [)arti piis du général en chef est résulté le sort ultérieur de l'armée de Metz, et, connue il est impossible de prévoir ce qui serait advenu, s'il eût eu les projets qu'il prétendait avoir, c'est-à-dire de quitter Metz pour gagner Thionville, il nous semble utile de résumer les faits principaux de ces deux journées.

C'est le 31, à trois heures du soir, que l'on annonce à l'armée qu'on vient de recevoir un message de l'Empereur.

Et, en effet, on ne pourrait expUquer autrement l'immobilité de l'armée, qui attend depuis le matin et qui, par ce temps perdu, permet à l'ennemi de concentrer ses forces en avant de nos positions. Or, si l'on consulte le rapport sommaire publié par le maréchal Bazaine sur les opérations de l'armée de Metz, on y verra que le message de l'Empereur avait été reçu le

30 août, c'est-à-dire la veille de la bataille.

Dès lors, il devient absolument inexplicable que, deux corps d'armée étant déjà sur la rive droite et n ayant à faire qu'un kilomètre et demi en avant, les deux autres corps et la garde .impériale pouvant traverser la Moselle, soit sur les ponts de Metz, soit sur les deux ponts de bateaux établis en aval, il est inexplicable, disons-nous, qu'on ait attendu ([ue la journée fût fort avancée pour engag(»r l'action.

En second lieu, il est fort étrange que dans la journée du

31 août, et dans la matinée du 1" septembre on n'ait aperçu le maréclial commandant en chef, qu'un instant, sur la route de Sainte-Barbe, en avant du château de Grimont. Que le 2« et le 6« corps, placés aux ailes, aient été un peu laissés à eux-mêmes.

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