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lui montrant la possibilité d'en lînir un jour av la guerre et ses maux innombrables.
En 1849, Victor Hugo préside le premier Con grès de la Paix et c'est alors que le poète formul le programme qui devient le mot de rallicmen entre peuples :
Substituer les arbitrages aux batailles!
Dans la même année, M. Bouvet va même jusqu'à présenter à l'Assemblée nationale un proje de désarmement général. Dans sa pensée, un Con grès, convoqué dans ce but, devrait en outre élu dier la question de l'arbitrage et des moyens pra tiques pour le faire accepter par les puissances L'Assemblée se montra toute acquise aux idée humanitaires développées par l'orateur. Une corn mission élue dans son sein accepta en principe b idées de Bouvet, mais, pour des raisons faciles comprendre, elle ne crut pas utile que la Franc prît l'initiative de tes soumettre à l'approbatio de l'Europe.
Sous la poussée de l'opinion, l'idée de la pa négligée sinon méprisée par les gouvernement fait infime son entrée triomphale au Conf/rès t
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Parts (1856). Les puissances qui y étaient représentées adoptèrent, bien avant le Congrès de La Haye, le principe de l'arbitrage. En cas de conflit, proclama le Congrès, les puissances seraient tenues d'avoir recours à des médiations préalables. Cette obligation, comme tant d'autres, dont dépendent l'honneur et le bonheur des humains, ne fut pourtant jamais exécutée !
On a le vertige en pensant combien l'humanité aurait gagné, si les nations s'étaient souvenues, en 1870, do la porte de salut que leur offrait le fameux Congrès qui suivit la guerre de Crimée !
Mais hélas ! les peuples comme les individus se donnent habituellement plus de mal pour gagner l'Enfer qu'il n'en faudrait pour conquérir le Ciel.
Sept ans plus tard (1863), le gouvernement français propose aux puissances la convocation d'un congrès européen devant à la fois poser des bases pour le désarmement général et élaborer le projet d'entente entre les peuples, afin de rendre la guerre impossible.
L'Empire, né dans le sang, nourri par les guerres, et qui devait disparaître dans les larmes, parut peu indiqué pour présider au royaume de la
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paix. Son appel retentit en Europe, sans y provoquer If! moindre écho !
Les malheurs de l'Année terrible n'ont puin détruit les aspirations humanitaires de la France. La nation si profondément humiliée ne pouvait pourtant pas s'adresser au monde civilisé, à qui la paix de Francfort venait d'infliger un défi aussi cruel. Mais les sentiments altruistes, refoulés au fond de la conscience française, n'ont cessé d'y grandir et mûrir. Et à mesure que les forces de la nation se rétablissent et qu'elle reconquiert s situation par sa sagesse et par sou travail de relèvement persévérant qui, tous deux, suscitent l'admiration du monde entier, la soif de justic nationale qui l'anime, se manifeste d'une façon de plus en plus éclatante.
C'est la France qui appelle à la vie et organisi les premières associations pacifiques ; c'est ell enlin qui convie tous les peuples, grands et peti à la défense de leurs intéréls sacrés qui s ment dans la paix.
En 1S78, lors du centenaire de Voltaire, Vicl Hugo, aux applaudissements de la France entièrf donne la formule de salut des peuples : la fédén tion.
ANGLAIS DKVAN'
Déshonorons la guerre, s'écria-t-il, dans son discours enflammé, prononcé au Chalelet. Non, la gloire sanglante n'existe pas. »
Il suffit i!e rappeler, à côté du grand poète, les noms de Frédéric Passy ', Jules Simon et tant d'autres glorieux initiateurs de la renaissance des peuples par la paix, pour comprendre toute l'étendue de la dette que l'humanité pacifiée devra un jour a la France.
Indépendamment de ces efforts inoubliables, dus a l'initiative privée et consistant surtout dans l'appel direct aux peuples, la France ne craint pas
» se poser officiellement en champion des idées de la paix et de l'arbitrage. Sans parler de la pétition d'un graiid nombre d'habitants du département du Rhône, demandant à la Chambre, en 188S, de prendre l'initiative de l'établissement d'un tri-
fondation de la Lii/ui Inplus lard la Société jYanson initiative, éloquente,
du pays et substl-
1. C'est à Frédéric Passy qu'on •ernaliouale de la Paix (1867) d< {■aise t/'arbîtrai/e entre nations. Grâce a s infatigable et désintéressée, la Fiance fui pour la Pain qui ont pou à peu transformé >on féconde aux rancunes stériles.
i'hui a côté de tous ces groupcnn'iils miniln'cus, les pacifiques français disposent é^iilemenl d'un journal lieiiduiii:idain', l'Européen, admirablcniriit rédigé ut ilonl l'inllui'nce ne cesse de ■, et de revues, comme la Paix pur le lirait, qui combattent iliamment le bon combat.
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Ininal international, nous voyons F. Passy déposer, on 18S7, un projet de résolution, invitant le gouvernement à saisir toutes les occasions favorables pour développer, préciser, généraliser et assurer le retour à la médiation et à l'arbitrage. Une année après, l'infatigable chef du mouvement pacifique soumet à la Chambre une nouvelle proposition, appuyée de 77 signatures. On y précO' nise tout simplement un projet d'arbitrage francoaméricain !
Plus tard, c'est à Paris également qu'on organise la Conférence inter parlementaire, dont l'intervention en faveur de la paix devait être tellement féconde. C'est ainsi que partout à travers le monde, le génie français se met à la disposition de la justice entre peuples.
Et lorsque, grâce à l'initiative du Tsar Nicolas II fut organisée la Conférence de La Haye et la Cour d'arbitrage, c'est également à l'intervention bienfaisante de la France, aidée par celle des États- Unis, que l'humanité devra le sauvetage de ce bâtiment rudimentaire de l'arbitrage qui a failli crouler à la suite des agissements des forces hostiles.
FRANÇAIS ET i
■ L'Influence anglaise.
Cl* sera non motus le mérite inoubliable de l'Angleterre d'avoir de tout temps travaillé au triomphe de l'idée pacifique et de la justice entre
uples. Si ses gouvernants et ses diplomates montrèrent souvent un certain mépris pour le droit des gens, ses penseurs de même que le peuple anglais et ses représentants au Parlement ne lui ménagèrent jamais leurs encouragements. Les hommes d'Ftat anglais, entraînés dans l'engrenage des sympathies populaires, se sont vus fréquemment forcés de se rallier aux partisans du mouvement vers la paix.
Rappelons que, dès 1047. c'est-à-dire dés la fondation par Georges Fox de la secte des Quakers, la plante pacifique a commencé à pousser sur le sol anglais. La condamnation par Fox de la guerre sous toutes ses formes, impressionna vivement les intellectuels anglais. Dans les livres du temps, nous en trouvons des échos chaleureux, et lorsque William Penn, subissant du reste l'inlluence du fameux projet français de Henri IV, publie, on 1693. son ouvrage sur « la paix présente et fu-
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ture i>, le génie pratique dos Anglais s'étant rendu compte de ce qu'il y avait de salutaire pour l'humanité dans le nouvel Evangile du droit des gens, sa sympathie pour cette nouvelle religion, avec les siècles, ira toujours grandissante.
Dans ce domaine, comme dans d'autres de la formation de la pensée franco-anglaise, nous assistons aux résultats admirables que produis! de tout lenips le choc de leur influence réciproque'. Et si la France travailla surtout au point de vue théorique l'âme de l'Europe, en lui faisant comprendre et aimer les idées nouvelles, l'Angleterre, en les transportant sur le terrain pratique facilite singulièrement leur triomphe.
Vouloir énumérer ici tout ce que le droit des gens doit h l'initiative anglaise équivaudrait peutêtre à ta hardiesse naïve de Propertia de s'efforçant de sculpter toute la Passion du Christ sur un noyau de pêche. Bornons-nous plutôt à mentionner les faits les plus significatifs qui montreront l'action parallèle des deux grand; pays au profit de l'humanité.
C'est en 1849, (tans la séance de la Chambre de Communes du 12 juin, que Cobden proclame 1