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celles de la République (^)^ demanda Masséna^ le vainqueur de Zurich, pour commander les forces russes et françaises qu'on enverrait en Asie. Ce rapprochement, s'il avait subsisté, eût rétabli peut-être la paix du monde : Bonaparte, passionné alors pour la gloire du législateur et du réformateur, en échange de la sécurité que lui assurait Falliance russe, eût pu lui faire le sacrifice de ses projets de conquête. Paul P' pouvait à la fois le rassurer et le contenir : l'ambition de Napoléon ne déborda sur le monde que lorsque, abandonné par la Russie, il se vit condamné à vaincre et à conquérir sans cesse pour assurer ses conquêtes.
Alexandre, à Tilsitt, revint à la politique de son père ; il était bien tard déjà. Napoléon était déjà trop engagé dans les affaires d'Allemagne et dans le blocus continental. Il ne s'agissait plus en 1807 de pacifier le monde, mais de se le partager.
Sous Nicolas P'^. il y eut un nouveau rap-
{») Voir (dans les Archives Voromof, t. VIII, Moscou, 1875) la correspondance de Rostopchîne et mon article "•- '- ""-«c de9 Deux-Mondes, 15 avril 1876.
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prochement entre les deux pays : la marine française et la marine russe, unies à celle de TAngleterre, combattirent pour raflFranchissement de la Grèce. De leurs efforts naquit un peuple libre. Peut-on citer beaucoup d'alliances qui aient eu ce glorieux résultat? Alors laFrance etlaEussie pouvaient s'abandonner sans crainte à leurs sympathies pour les chrétiens d'Orient; l'Europe n'était pas courbée sous une influence funeste qui menace de tourner à sa ruine tous ses essais de transformation et qui lui fait de toute pensée généreuse UQ danger.
En 1829, l'appui de la France permit à Tempereur russe de poursuivre ses succès sur le Danube. 11 nous suffit de rester immobiles pour contenir l'Angleterre et l'Autriche. Cette alliance ne devait pas être sans compensation pour la France : il fut alors sérieusement question pour elle d'un dédommagement de nos pertes de 1815, d'un accroissement de territoire vers le nord et comme d'une revanche des traités de Vienne. Comme l'a dit un récent historien de la Eestauration, les
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deux puissances furent alors en étroite union, m la France contre le statu quo européen, la Russie contre le sfatu quo oriental (*) ».
La France et la Russie sont donc si peu des ennemis naturels que six fois en deux siècles, dans des circonstances générales assez défavorables, elles contractèrent des alliances plus ou moins durables.
Même quand la rivalité d'influence a dégénéré en lutte ouverte, même lorsque par l'invasion des deux pays la guerre des cabinets et des armées est devenue la guerre nationale, même lorsque les Russes sont entrés à Paris et que les Français sont allés à Moscou et en Crimée, ils se sont combattus comme deux peuples que les hasards de la politique ont momentanément mis en conflit, et non comme deux peuples que divise une antipathie de race, une haine séculaire. L'un pour l'autre ils ont été à certains moments l'adversaire; jamais ils ne furent F ennemi héréditaire.
Les Français et les Russes appartiennent à
(*) Alfred Nettement, Histoire de la Beatauration, t. Vm, pages 304 et 747.