‹ Français et russes: Moscou et Sévastopol, 1812-1854Chapitre 16 sur 51 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

cour et dans la société. Ce n'est donc point par hasard, c'est par choix qu'on a fini par lui donner la préférence.

Il y a sans doute aussi quelque bonne raison pour que nos œuvres sérieuses ou légères, pour que nos romans, nos drames, nos come'dies soient presque plus goûtés dans ce pays que dans tout autre. Même ceux qui ne savent pas notre langue nous lisent : on ne peut imaginer tout ce qui se traduit en Eussie de livres français (^). Il faut donc que les produc-

(*) Pour s'en faire une idée, il suffît de consulter le bulletin périodique de la censure ( Oukazatel po dielam petchatt),'LeB romans de Gustave Droz, Emile Gaboriau, Emile Zola, Amédée Achard, Adolphe Belot, Hector Malot, etc., ont un succès de traduction et de librairie ëgal à celui de Geerges Sand {Contes d'une grand' mère)^ Victor Hugo {Quatre-vingt-treize)^ Erckmann-Chatriaii (tous les i?oman« nationaux)^ Jules Verne, etc. Le succès d'Alexandre Dumas, de Montépin, Paul de Kock se soutient. On attend là-bas avec autant d'anxiété que chez nous les dernières nouvelles sur l'immortel et impérissable Rocambole, tandis que Thiers, Guizot, Littré, les oeuvres les plus sérieuses de notre littérature trouvent une classe nombreuse de lecteurs. Je ne parle pas du succès de nos pièces de théâtre, les opéras comme les opérettes, les vaudevilles comme les drames.

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