‹ Français et russes: Moscou et Sévastopol, 1812-1854Chapitre 35 sur 51 · MC^OC IT SÉVASTOPOL · texte numérisé non relu

MC^OC IT SÉVASTOPOL

-•r *-%*.. r^iiî de Korjénevski, sans

;^.-- ;îi:rir. .^ . $;ic;j cUoroforme , il pratique >;ir XI ;:;ir.«iîiî r;izipiiiatioii d'un doigt. Le ^•»>^ :rt.- « Tiis-RH, interrompt rhomme i^- . iT^. il > T^ îe couper le bras. » Mais :■ 4 l ■";* cr4rj;a ejï îîiiîe, et le pansage com- T*' rîv.'tr. V r;:;ier5ki demande à un aide quel >r>c c^f rr-iciciea $i habile et si original. % ^' \r:îc r.r-ze c! rercad son interlocuteur avec j. I i-r ivT itictvî. — Dieu me garde de faire ^iui:v A.tï\%te .vc::;iLssiaceaTec lui ! > reprend ^a i j^rr^v V:£c:er- Quelquefois, à la simple ::>:'cvc;:i ixjie cÎTière. un médecin disait ix\ \vrcv!j:r^: * A la maison Gonchine!..

r.ti.r-: :L,i liT^îr arportê ici? « La maison Ovc::i.::e. cVcaiî FasiLe des incurables^ au $eau i.L\: xev u SiIIaît laissw Tespérance, la cv?rt:LTe ctiivt? T^rs le cîmenère.

Ccjrî:::;:iaî ^^a exploration, Korjénerski arrb>* i la grau^ie salîe d\>peration. Cette fois cVst au maria qu^il faut amputer de la jambe. On Teudort arec le cbloroforme, et le Toilà à délirer, à < cbanter des chansons », à dire c des mots rouges », qui ne font pas perdre

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contenance à la brave sœur de charité qui l'assiste. La chose faite, on le réveille^ et la scène change. Le malheureux pleure sur le pain de sa famille qui est perdu, sur sa jambe qui est déjà jetée dans un coin de la salle parmi des débris informes.

Sur un lit, on voit côte à côte un marin et une femme du peuple, deux amputés. Ils causent fraternellement, ce Où as-tu été blessée, ma tante ? demande le marin. — Dans ma maison, mon petit père ^ par une bombe, et, — montrant un enfant malingre couché à côté d'elle, — voilà le petit qui est blessé aussi et qui est bien malade. »

Ce spectacle était fait pour refroidir les plus bouillants courages, mais on ne pouvait s'y dérober ; on le retrouvait partout. Souvent 1 officier qui entrait dans un restaurant à demi ruiné pour y réparer ses forces y coudoyait d'étranges compagnons de table, ce Les chirurgiens et médecins, raconte Zaroubaef, y accouraient de l'ambulance principale avec leur tablier de toile cirée, tout couvert de sang caillé et de fragments de chair desséchés, les

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mains luisantes et comme gantées de sang^ y déjeunaient à la hâte et coaraient de nouveau à leur terrible besogne. »

Ordinairement à la guerre^ quand deux armées se poursuivent^ elles séjournent peu sur le champ de carnage. Celle qui est vaincue abandonne ses morts et ses blessés ; la victorieuse ne laisse qu'une de ses divisions chargée de faire le sinistre ménage de la bataille. Toutes deux se dérobent ainsi au spectacle de cette terre qu'elles ont ensanglantée, et dont elles n'ont fait qu'entrevoir les épouvantes à travers les fumées de la bataille et les ardeurs de l'action. Ici, on resta onze mois sur le terrain disputé. Le soldat revoyait sans cesse les lieux où étaient tombés ses camarades. Longtemps il avait le spectacle de ses morts ; il pouvait assistei* à l'agonie de ses blessés, qui expiraient sans secours.

Pendant les nuits de bombardement, les Eusses n'avaient guère le temps d'enlever les cadavres qui encombraient leurs batteries.

« A l'angle de chaque bastion, il y avait des images devant lesquelles brûlaient nuit et jour

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quantité de cierges. C'est là qu'on apportait tous ceux qui avaient été tués pendant la nuit ; on les couchait à terre en un rang; et à chaque mort les soldats plaçaient un cierge allumé entre les mains. Les corps restaient là jusqu'au matin, où arrivaient les fourgons pour les prendre ; mais souvent les voitures funèbres étaient é ventrées par un projectile et répandaient leur chargement sur le pavé. Un sous-oflScier, — on Tavait surnommé Cha- ToUy — venait les recevoir au rivage et leur faisait passer la rade en barcasse. Sur l'autre bord, les attendaient les charrettes tatares, les arabas aux essieux non graissés, qui avec un grincement plaintif et lugubre les conduisaient au cimetière. Au commencement, on faisait les enterrements des officiers en musique. Les sons de la marche funèbre s'entendaient du matin jusqu'à la nuit noire. On ne tarda pas à supprimer cette musique, qui nous arrachait Tâme. Chaque samedi et dimanche, un prêtre venait célébrer au bastion messe et vêpres. On nettoyait, on sablait la place où les morts avaient été couchés ; mais

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