‹ Français et russes: Moscou et Sévastopol, 1812-1854Chapitre 48 sur 51 · c!„:i. -D.'i — 1 ^ j'^j entendu parler de · texte numérisé non relu

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iages. On dirait que c'est | L qu'on m'a mis dans cet me voilà étendu, depuis

SÉVASïOPOL ET LA GHERSONÈSE. 389

vingt ans, sur le rivage de ma rade déserte, aussi brisé qu'au soir de la dernière bataille, criblé de blessures dont personne n'a souci.

Si la sainte Eussie a encore besoin de mon dévouement , sans doute je suis prêt à tout braver ; mais alors qu'on me rende mes bastions, mes hauts vaisseaux de ligne, qu'on me rende mes vieux bups de mer, mes amiraux, qui se promenaient sous la mitraille en lorgnant les Anglais. Qu'on voie encore s'accumuler ici les milliers d'hommes et de canons, qu'on espère sur le Danube, que Ton tremble sur le Bosphore. Si ce n'est point de cela qu'il s'agit, pourquoi ne pas me donner, comme à un vieux brave, mon congé définitif? Voyez :

mes marins et mes soldats de 1854 ont trouvé à quoi s'occuper, la guerre finie. L'un a sa barque, l'autre son fiacre, le troisième son débit de liqueurs. Moi aussi, je me fais fort de gagner ma vie. Je ferais le commerce, et j'accueillerais bien, sans rancune, les négociants de Londres et ceux de Marseille. Seulement je suis las d'étaler mes plaies comme un soldat qui mendierait; cela m'ennuie de faire pitié. »

390 MOSCOU ET SÉVASTOPOL.

Ainsi semble parler le a. héros Sévastopol î. De SOQ ancleODe armure de bastions, il pourrait conserver, ainsi qu'un retraité conserve son sabre rouillé, accroché à un clou de la muraille, les forteresses que la guerre a épargnées. Les forts Constantin et Michel auraient bon air dans son nouveau blason, semblables àces portes crénelées qui figurent dans les armoiries de nos villes. Bans le développement nouveau du port de commerce, ils raconteraient le passé glorieux, comme cette tour de François I", qui fut longtemps l'orgueil du Havre. J'ai déjà raconté la légende du factionnaire au puits de la Quarantaine et des trois cavaliers. Le cavalier rouge annonçait que Sévastopol serait incendié, le noir qu'il n'en resterait pas pierre sur pierre, le blanc que la cité renaîtrait plus belle de ses ruines. Les deux premières prophéties se sont assez bien réalisées : i'actroisième se fait attendre.

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