PHRASÉOLOGIE
Une même pensée n'est pas exprimée delà même manière en des langues di-.
verses, ni, dans la même langue, par des écrivains divers. La raison en est que chaque peuple a, comme chaque écrivain, sa forme intellectuelle, que le premier empreint dans sa langue, le second dans son style.
Lamennais.
La i)hraséologie est la science de la phrase comme la lexiologie est la science du mot.
Elle a pour objet 1° la syntaxe ou l'arrangement des mots entre eux pour faire une proposition; 2° la syntaxe des propositions entre elles.
La proposition est un jugement exprime.
Juger, c'est aftirmer mentalement qu'un être individuel fait ou subit une action quelconque. Le jugement est donc l'union de deux idées dont
la première, celle de substance, individualise la seconde, celle d'action.
Déjà nous avons vu cette affirmation sous une forme purement lexiologique dans l'organisme du nom (p. 131). Là, en effet, l'idée d'action exprimée par un verbe est particularisée par ridée d'un être individuel représenté par un pronom : CJliV-TO-r contient un verbe CAN, chanter, un pronom to(-ta démonstr.) celui, et un signe de rapport d'activité r, qui fait l'action de. Celui qui le premier affirma CAN de TO ou TA, en même temps qu'il créait un nom, émettait un jugement, et il est vrai de dire que tout substantif est une proposition, une phrase.
Mais c'est uniquement de la proposition syntaxique qu'il s'agit ici. Nous verrons comment elle peut présenter pour élément principal l'idée d'action, sous les formes les plus diverses, l'élément secondaire de la pensée étant toujours soit un pronom, soit un nom substantif, exprimé ou sous-entendu.
Cette syntaxe des mots sera l'objet d'un premier chapitre. Un second chapitre traitera de l'union et de la dépendance des propositions dans les langues franco-wallonnes.