‹ Français et wallon; parallèle linguistiqueChapitre 8 sur 18 · PRONOMS ET ARTICLE · texte numérisé non relu

PRONOMS ET ARTICLE

Le pronom montre à la fois deux choses : l'être individuel et la place (ju'il occupe. S'il montre un objet rapproché, un objet que

la voix puisse en quelque sorle ajteindre, il sonne TA ou SA.

Il sonne, au contraire, NA, quand l'objet est éloigné : l'air sonore est refoulé dans l'intérieur (le l'appareil vocal.

Donc deux démonstratifs opposé l'un à l'autre, TAetNA.

Quand il s'agit de déterminer entre deux objets démontrables par TA ou par NA , l'Arien (Indo-Européen) dit I et A, ceci, cela, celui-ci, celui-là.

La conjonction de ces deux types déterminatifs forme le pronom relatif YA, souvent remplacé par une forme dérivée de l'interrogatif KA?

Le démonstratif en sanskrit se décline aux deux cas principaux : nomin. SA^ ou SA, fém. SA, neut. TAD.

Accus. TAm, TÂm, TAT ou TAD.

C'est un vrai pronom, une syllabe démonstrative avec sa double signification logique.

En grec, le même pronom devient un demipronom, car perdant la moitié de sa valeur significative , il ne sert plus qu'à attirer l'attention sur le point de l'espace où se trouve l'objet dont le nom suit. C'est un article, un pronom dégénéré : ho (pour so), hê ou ha (pour sa), to ; accus, ton, tên, to.

Cette dégénérescence créatrice d'un article se

retrouve aussi dans les langues germani(|ues : le T se sifflant en TH, donne THE pour TA, comme il donna THAT pour TAD ou TAT. Le th devint D dans le haut et le bas-allemand; de là: der, die, das, de, den.

Le latin, le vrai latin, le latin des beaux siècles, ne vit pas s'opérer en son organisme cet étrange dédoublement du pronom : il n'eut point d'article.

Ses démonstratifs sont des combinaisons, des dérivés. Le plus important, au point de vue du français et du wallon, est/^/e, ista, istud, dérivés du type détermina tif I (7^, ea, id), par la terminaison de superlatif 5^e, la même que STA du sanskrit, le stos des Grecs (ariSTOs, le meilleur, dans aristocrate). Cette montre exagérée , réunissant les deux démonstratifs SA et TA (STA), explique toute l'importance de cet I-ste. C'est lui qui, combiné avec ecce ou eccum, voici, dans eccuiste ou ecciste, a donné l'espagnol aquesle; l'italien questo, cosiui; le provençal aiceste; le vieux français /ce5^ ces t, ces te ; le français moderne cet, ce (1), et le wallon ait, ci. Quelle triste déchéance dans ces dernières formes des deux langues du Nord! ce ou ci pour ecc' iste!

(1) Le FraiiPciis du peuiilo dil encore este femme et non celte femme.

L'opposé (le CIST, cest, cet (ecciste) osl CIL, icel, cel, wall. cia {ia pour e/, p. 54) ; provençal aicel, pour cccille; ital. quello, colui; espagn. aqud ; poi'tui;'. aquelle pour cccu'ille (le latin dit ecce et eccum). Maisqu'est-donc que cet ille, illa^ illud ?

Ille est pour inle ou inule , comme ullus est pour unlus ou unulus, une sorte de diminutif iYinus, inusité en latin, mais dont le correspondant sanskrit ANA , celui-là, peut nous expliquer le vrai sens et l'origine. Le dérivé ANA, d'où ANYA et ANYATARA, alius et aller (pour anius et anter), est un combiné du déterminatif A et de la syllabe pronominale démonstrative NA, l'antithèse de TA, comme nous l'avons vu. Le dérivé ANA indique donc Vautre, pas cestuyci. Quant à la variation i pour a dans inus pour xVNAS, il est utile de rappeler in, en, pour ANÎ et inter, entre, pour ANTAR, dérivés du même ANA.

Cet ille = inle = inule se reproduit dans les langues néo -latines sous les formes les plus variées. C'est lui qui est devenu le pronom de la troisième personne, franc, et wall. il (ille) et elle [illa). C'est lui qui, par ses cas obliques et notamment par l'accusatif illum, illam, est devenu lui, wallon li, pour le masculin, et leïe (il al. tei), pour îe féminin. C'est lui qui. par son

génitif pluriel illorum, a donné leur, wali. leû (ital. toro), signifiant d'eux, d'elles : leur père, illorum pater, wall. leû père, le père d'eux ou d'elles. C'est lui qui, par son dérivé adverbial illacy a donné là, wall. là. C'est enfin lui qui, perdant la moitié de sa valeur, s'est fait article : ille, îlla,illum, illam, illos, «7/a5 devinrent le, la, les, wall. H, li, les, comme nous avons vu le pronom TA devenir et le TO des Grecs et le THE ou DE des Germains.

Au pluriel, l'article wallon ne diffère en rien de l'article français ; mais, au singulier, la forme li (vieux français //), des deux genres et commune au nominatif et à l'accusatif (1), disparaît au génitif, au datif et à l'ablatif, pour faire place à el, l'autre moitié de ille. Quand le français dit du pour (/eM=(/e/=de+el=DE+iLLo, le wallon, avec un son plus clair, dit (/o au lieu de du. C'est, on le voit, la préposition latine DE marquant départ, origine, dépendance, qui forme le substitut du génitif. C'était pourtant bien beau ces terminaisons ou cas marquant les rapports syntaxiques des mots entre eux ! Enlin !

Une autre préposition, le préfixe AD, franc.

(J) J'entends par eau, en français et en wallon, les formes françaises et wallonnes qui en tiennent lieu.

et wall. à, s'unit à el et forma le datif al, devenu au d'après la loi exposée, pag. 54. Au pour al équivaut donc à acî-\-illum.

Le wallon possède un cas locatif, marquant le point occupé par l'objet dont il s'agit : licia (pour cel) dau fond ou d'au fond, celui du fond, celui qui habite au fond. Ce dau ou d'au est composé du datif au pour al et de la préposition de; il équivaut donc à de+ad+illum. La forme féminine est daW ou d'à V : li cia d' à /' copette , celui qui habite au sommet.

Dans les deux langues l'ablatif est semblable au génitif. Peut-être serait-il plus exact de dire que c'est le génitif qui est semblable à l'ablatif.

Le génitif féminin de l'article wallon, deU\ rappelle le délia des Italiens et leur datif du même genre, aU\ rappelle fort bien leur alla. On rencontre aussi d' V pour di li et à r pour à li : li père deW pîtite bôcheUe, le père de la petite fille; lidoch'î d' r église, le clocher de Téglise; coÛGh'i air siponde [sponda), coucher au bord du lit, s'écrirait fort bien coûch'i à l' siponde.

C'est ici qu'il faut parler d'un rôle assez important joué par l'article wallon li dans la composition de certains pronoms démonstratifs. Quand le français dit ce/w/, il reproduit h\en usé, mais enfin il reproduit eccillum ou eccillo {o changé en «y, pag. 38), et il nous rend eccillum.

ecc'illa, quand il dit celle. Le wallon, lui, prend le cel reste (ïecc'ille, qu'il a converti en cia (martel, maurtia, etc., pag. 54), et il le fait précéder de l'article : // cia pour // cel {ille ecc'ille), et au lieu de // celle, il dit au féminin H cenne, avec deux n pour deux /. Le pluriel est les aias et les cennes.

Le wallon dit parfois // cinque au lieu de // cia et les ciîiques au lieu de les cias.

Par un autre procédé, il introduit les pronoms il et elle enlve cist ou cit (cest , cet), et l'adverbe de lieu ci [ecchic) ou là {illac) , pour construire ses pronoms complexes : citil-ci (le / ne se prononce pas plus que dans il du français populaire et du wallon), cilelle-ci, celui-ci, celleci; cilil-lù, citelle-là, celui-là, celle-là. Les pluriels sont : ccllils-ci [\iO\\v ceslils-ci), cetlelles-ci ; cettils-là, cettelles-là. En français, celui-ci rend eccillum ecc'hic , comme ceux-ci pour cels-ci reproduit eccillos ecchic.

Enfin, cels, celles existent encore dans le wallon pour remplacer eux et elles du français ; seulement le c s'est adouci en z, et l'on dit cest zelles, ce sont elles ; cest zels, ce sont eux. .

Les démonstratifs ceci, cela, ça (cest ici, cest là), ça sont représentés en wallon par çoci, cola. La langue wallonne abuse des adverbes ci et là (|u'elle sépare toujours du pronom : ci pomme-ci

est hein bonne, celte pomme est bien bonne ; ci pommi-là est giwul, ce [iomm'iev \k est grand ; iamais il ne dira : ci pomme est bonne, ci pommi, etc.

Ci \)ouv ici, en vieux français iqui, provençal aiciy est comme je l'ai indiqué , après F. Diez, pour eccic ou ecce lue. Or, ce hic adverbe est une variété du pronom Itic, hœc, hoc, ce, celui-ci, ceci, composé de HI pour GHI et de que ou ce. GHI a j)our correspondant sanskrit GHA, un déterminatir suppléant de I et de A. Il perd souvent son G initial, môme en sanskrit, comme nous allons le voir dans AHAm pour MAGHA/w, latin ego, je ou moi.

Mais avant de parler des pronoms personnels, il nous reste à dire quelques mots des pronoms interrogatifs d'où sont nés en latin les pronoms conjonclils ou relatifs.

L'interrogatif indo-européen est KAou Kl, et, avec renforcement par le W intercalaire, KVVA ou KWI. Les langues germaniques sifflant le K en H, selon leur vieille habitude (elles sifflent bien le T en TH et le P en F !) en ont fait //^m^, hwat, hioes, hiver; aWem. iver, was; angl. icho, tvhat.

Le latin disait quis^ quœ, giiid, et quod avec un nom, ce qui devint en français quj^ quoi, wallon qui, quoei. L'interrogatif simple donne bieiïïol un dérivé çwfl//^, franc, quel; wall. quel

(H que, auquel on répondit par talis, franc, tel ; wall. tel et té. La terminaison lis pour Acw^, nous occupera plus tard lorsque nous parlerons des adjectifs.

Le relatif sujet qui, quœ, quod avec son pluriel, est représenté en français et en wallon par l'unique qui. Le cas régime quem, quam, quod, aussi bien que son pluriel, a donné Tinvariable que , dont Ve se change en i dans le wallon qui : les fleurs Q\]\fcous, les fleurs QUE je cueille.

Le wallon qui emploie très-bien lequel, laquelle interrogalifs , reproduits dans son liquénne? et son liquéque? ne s'en sert pas volontiers comme relatif. Nous verrons cela dans la syntaxe.

Deux ablatifs-génitifs doivent trouver ici leur place. Le premier reproduisant de iinde, d'où, est dont (ital. et espagn. donde) , wall. dont, de quoi, de qui, desquels. Le second représentant inde, de là, est en, vieux franc int; ent; ital. ne; wall. è, de ceci, de cela, de lui, d'elle, d'eux, d'elles.

Les pronoms démonstratifs et déterminatifs étant tous des pronoms de la troisième personne, il ne nous reste plus à étudier, dans la classe des pronoms personnels, que ceux qui marquent le premier et le second rôle dans la conversation, dans le discours.

MA esl le pronom de la première personne.

L'articulation M de la syllabe MA, en fermant la hoiicho externe, refoule la voix dans la cavité buccale et dans les narines; elle la replie et la retourne pour ainsi dire vers la personne qui parle : le personnage parlant ne pouvait donc trouver, dans les ressources de l'appareil vocal, de geste sonore plus propre à indiquer sa personnalité. Ce geste, d'ailleurs, doit être compris dans sa parfaite concordance avec le geste visible des mains qui se j)ortent naturellement sur la poitrine.

Ce MA originel , reproduit dans tous les cas obliques me, mei, miU, me, ou med; franc, me, moi, wall. mi, moei (le Namuroisneditque mî), a pris au nominatif une désinence pronominale GHA, ce qui en fit xMAGH.'^,, comme qui dirait moi-ci, moi-même; mais cet allongement fut fatal à un mot d'une trituration aussi fréquente, car le M initial tomba pour ne nous laisser, même avant la séparation des familles ariennes pour la colonisation de la Perse, de l'Inde et de l'Europe, qu'un AGHxl reproduit dans le sanskrit AEAn, dans le grec cgô, dans le latin ego , etc. C'est cet ego qui, par suite delà chute du ^f entre deux voyelles {leal pour legalis, p. 51) devint eo, io (ital.), ou yo (espagn.), ieu, yen ou jeu (vieux franc.), y c ffranç.), et// (wall.), car le i monte

— 7:i — à y par y, j). 20, et le wallon enforcey en /'(dj. Nous aurons donc .

Je vvall. J'i,

de mor, di mi, d' mi,

à moi, à mi, d'à mi,

me, moi, mi,

de moi, di mi.

Les langues germaniques reproduisent le pluriel arien WA, waya, dans leur wir (ail.), we (angl.), etc. C'est le type NA (sanskrit NA^ et NAU, deux accusatifs) , que le latin a conservé dans son nos, qu'il décline, comme on sait, nostrum ou nostri, nobis, nos, nohis. Le français le représente dans nous et le wallon dans nos. Seulement, ce dernier, d'accord en cela avec l'espagnol, ajoute souvent îtres (otros) , autres à nos, nous, et il dit nos ôtres, nous , comme il dira vos otres, vous. En fermant la bouche interne , la naso-dentale N produit ici un effet semblable à celui causé dans MA par la naso-labiale M (1).

TU, TWA est le pronom arien de la seconde personne.

(I) Ce même M tombe fréquemment dans la conjugaison du verbe où l'on trouve A pour MA, I pour Ml, etc. Voyez Lexiolugie indu -européenne, pag. îJ3.

Chez les Germains, le T sillïé en ÏH donne thu et thou (angl.), d'où du (ail.).

Le latin qui a tu au nominatif, laissa tomber un V (W) à Taceusatif , car il dit te pour tve (sanskr. TWAm ou TVVA). Le français reproduit tu avec un léger changement de prononciation (p. 38), et de te latin, il fait toi et te. Le wallon représente tu et te parle seul ti, et dans plusieurs localités, il dit toei pour toi, ce que ne fait jamais le parler de Namur.

Dans la déclinaison du pronom sanskrit correspondant, nous voyons le T de TWA disparaître à l'accusatif du pluriel et du duel, et laisser ainsi un WAs que le latin reproduit dans son vos, franc, vous, wall. vos. C'est ce même WA, contracté régulièrement en U , qui a donné au bas-allemand son u, à lallemand son eu-ch , à l'anglais son you, au sanskrit son YUyan, vous, et son YUîvân, vous deux.

A côté des pronoms personnels, on a toujours placé le pronom SWA, même, employé le plus souvent comme pronom réfléchi, mais souvent aussi comme simple déterminatif, confirmant la personnalité et s'attachant indifféremment aux pronoms des trois personnes. Le sanskrit décline SWAYAw. Comme il dit le pour tve (TWA) ; le latin dit se pour sve (SWA), mais il contracte SWA en 5m dans sui; dat. sibi, ace. se, abl se.

Le français a se, soi, comme il a le, toi, me, moi et le wallon a si comme il a ti et mi.

A la manière du sanskrit qui emploie souvent SWa, SWAyam dans le sens purement déterminatif, les langues romanes (néo-latines) se servent souvent après les pronoms personnels du déterminatif d'insistance même (mesme), wall. même, esp. mismo, portug. mesmo, itaL medesimo, pour le latin semetipsimus qu'on trouve pour semetipsissimus superlatif de semetipse. Là, à côté du se déterminatif et du met (egomet, memet, etc.) marquant ensemble, unité (gr. meta, zend, mat, ail. mit, flam. et holl. met), vous trouvez un nouveau déterminatif ipse, ipsa, ipsum.

Quel est donc cet ipse? Mettons à part la terminaison j)se évidemment composée de pe (PX substitut arien du démonstratif TA) et de se (SA autre substitut de TA). A lui seul, le pe = PA forme déjà une terminaison latine bien connue : nempe, quippe pour quidpe, sœpe, etc. Uni à se dans la finale complexe j9se, i^our pesé, que pourrait-il signifier si non ce que signifie sic dans iste, c'est-à-dire tout-à-fait, entièrement, auplus haut point? Et comme VI de ipse ne diffère pomt de ri de iste et qu'il est identique au déterminatif arien I, en latin \s Ea pour Eîa, \d, Ipse équivaut à lui, lui, bien lui.

le lermineriH ce chapitre par (juelques lignes sur les pronoms indéterminés ou indélinis.

Le plus important de ces pronoms dans les langues française et wallonne n'est pas d'origine pronominale : on, en vieux français horriy n'est autre que le nominatif Aomo, comme home^ aujourd'hui homme, n'est que l'accusatif homnem pour hominem. Pourquoi n'a-t-on pas conservé cette belle orthographe étymologique liom dîst, hom chante, pour homo dicit, homo cantat? Au demeurant homo pour bhomo, comme humanus est pour bhumanus, est un dérivé du verbe BHU, exister, être, et signifie l'être créé par excellence (1/

Le dérivé pronominal t^/zws, una, unum, sansk. AIWANA, AINA, un, seul, goth. ainas, allem. eins, a donné plusieurs pronoms indéfinis : l'un, (opposé à l'autre) vy^all. onque; — fr. et wall. chacun pour quiscunus ou quisque unus; fr. et wall. aucun pour alcun, pour alicunus ou aliquïs unus; — quelqu'un pour qualisc'unus ou qualisque unus, ce que le Wallon rend par one

(1) Aucune racine arienne organique no commence par un H. Ici le latin s'est distingué, non-seulement par la facilité avec laquelle il laisse tomber les B, les D et les G des groupes BH, DH, GH, mais encore par son penchant à convertir la sifflante du gosier H en la sifflante des lèvres F : foemina pour hoemina, etc.

saqui pour unus non sapio quem^ un (\q) ne sais qui, dont le neutre est one saquoei, un (]q) ne sais quoi : one saqui m'a donné one saquoeiy quelqu'un m'a donné quelque chose.

Unus 3iun dérivé, une sorte de diminutif, ullus \)Our unlus ou unulus (Cfr. ille pour inleou. inule), d'où nullus, nulla, ïv. nul. nulle, wall. weuZ, neule.

ANYA5 (lat. alius pour anius) autre, ANYA- TARAet ANTARA, l'autre, lat, aller, altéra, pour anter, (Cfr. goth. anthar, ail. ander) sont des dérivés de ANA que nous connaissons déjà comme démonstratif des objets éloignés. Ces dérivés sont des comparatifs qui impliquent tous l'idée de contraste dans la position des objets et signifient ; non pas celui-ci, mais celui-là, celui qui est plus loin, le second, celui qui vient derrière ou après. Le français a fait autre de alter; le wallon avec son o fermé dit ôtre. L'opposition avec un produisit les formules Vun et l'autre, wall. onque et rôlre; — l'un ou Vautre; wall. onqiie ou l'ôtre.

Comme on pour hom (homo), personne, wall. persane et rien,ivalL rein, sont d'origine verbale. Les particules négatives qui les accompagnent dans le discours n'ont pas empêché les Français et les Wallons de regarder ces deux noms comme des négations indépendamment des ne, des ne point, ou des ne pas. Persona, en latin, désigna

(l'abord le masque, le personnage {per sonare), puis tout être raisonnable considéré dans son individualité : personne affirme donc une existence de la manière la plus positive. Il en est de même de rien, rein, reproduisant rem, l'accusatif de res, rei, chose, bien.

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