‹ France-Canada (volume 2)Chapitre 29 sur 31 · LE PRIX DES TERRAINS AU CANADA · texte numérisé non relu

LE PRIX DES TERRAINS AU CANADA

constructions pour lesquelles ont été demandés des permis. Voici la liste des villes où ce montant a diminué de plus de S 300.000 en 19i.3 par rapport à 1912: Sydney, Toronto, Niagara Falls, Hamilton, Sault Sainte-Marie, Port- Arthur, Winnipeg, Brandon, Regina, Moose Jaw, Saskatoon, Yorkton, Weyburn, Edmonton, Calgary, Lellibridge, Vancouver, Victoria, New Westminster, Point <îrey, South-Vancouver, Oak-Bay, North Vancouver. Une augmentation dépassant S 300.000 s'est au contraire produite, en 1!M3, dans chacune des villes suivantes: Saint-John (New-Brunswick), Ouébec, Shawinigan, Falls, Sherbrooke, Montréal, Lachine, Outremont, Ottawa, London (Ontario), Medicine Hat. Pour l'ensemble du Canada, la diminution des constructions nouvelles l'emporte par un solde de S 4.5.667.000 ; encore n'est-il pas tenu compte, dans ce chiffre, de 12 localités de l'Alberta qui n'ont pas communiqué de statistique. Toutefois, ce ralentissement des entreprises n'a pas été de longue durée: les constructions avaient déjà recommencé activement au mois de mai dernier, notamment à Ottawa, Fort William, Winnipeg, Victoria et surtout Edmonton. Quant aux propriétés rurales si, dans certains cas, leur valeur a diminué (fait qui n'est pas général, à beaucoup près), la principale cause paraît en avoir été l'attraction exercée par les villes sur les nouveaux colons. Ils ne se présentent plus en masse, comme vers 1910, pour acheter toute terre arable déjà défrichée que l'ancien propriétaire met en vente à un prix abordable. Si une très mauvaise récolte (que rien ne donne à prévoir d'ailleurs) venait faire perdre les bénéfices dus aux heureuses moissons de 1913, il pourrait en résulter une désaffectation temporaire et partielle pour les champs du Canada. Mais l'ensemble de la population rurale reste, pour le moment, très attachée à ses fermes et à ses vergers, et l'on peut considérer comme probable que ces grandes plaines naturellement fertiles recommenceront à séduire par leurs promesses solides les travailleurs sérieux venus de l'étranger. 11 est impossible de prévoir à longue échéance quelle intluence pourra être exercée sur les prix des produits agricoles, et, en conséquence, sur le prix des terres arables par les variations du régime douanier, le percement de l'isthme de Panama, ou d'au" très circonstances artificielles. Elles ne sont nullement négligeables. Un facteur plus important, toutefois, et dont dépend dune manière durable la valeur des domaines ruraux, est l'abondance et la qualité de la main d'œuvre. déterminée elle-même en grande partie par l'immigration. Que celle-ci apporte une majorité d'agriculteurs ou d'aspirants agriculteurs vraiment aptes au travail manuel plutôt que des citadins difficiles à utiliser, et la mise en valeur des terres canadiennes continuera, selon toute vraisemblance, fournissant aux ouvriers de l'industrie, une nourriture à meilleur marché.

Quant à 1 exploitation des mines et des puits de pétrole, elle a provoqué une

hausse récente et parfois exagérée du prix du sol sur plusieurs points du Canada, mais son influence est encore trop localisée pour qu'il convienne de s'y arrêter dans un examen d'ensemble. L'activité réelle des 227 sociétés adonnées à cette industrie est d'ailleurs fort inférieure à ce que pourrait faire croire le capital de 200 millions de dollars représenté par leurs actions.

Ce qui tend à prouver que la plupart des propriétaires ne manquent pas de ressources, c'est que le loyer des prêts hypothécaires, après avoir monte dans l'Ouest, même dans les plus grandes villes, telles que Winnipeg, en 1913, a légèrement fléchi, il y a quelques mois, et reste maintenant stationnairc. Il est vrai que ces taux, — très rémunérateurs, — dépassent encore d'un ou deux points, selon les cas, ceux de 1912. En réalité, il ne se traite guère d'aS"aires tant que le Canada reste livré à lui-même. Comme, d'autre part, le resserrement financier qui s'était manifesté dans l'ensemble du monde commence, semble-t-il, à diminuer, il est probable que les personnes désireuses de se livrer à des opérations foncières sérieuses, trouveront par la suite un plus large crédit et que le marché des terrains qui reste encore déprimé au Canada reprendra, sauf événements impossibles à prévoir, l'animation qui le caractérisait depuis le commencement du siècle. En attendant, la liquidation de quelques spéculateurs sur immeubles et le réajustemnt des prix de la terre auront sans doute préparé la voie à des progrès normaux.

EUG. B. DUBERN.

V^ie sociale.

Lettre du Canada.

La langac française à Toronto.

Toi'onto, juin I9ti.

A Toronto, seconde ville du Canada comme population mais différant de Montréal par sa composition presque entièrement anglaise, l'influence française s'est développée, chose étrange, par trente années de travail acharné, méthodique et intelligent d'un Canadien anglais, M. le professeur John Squair, directeur de la section française à l'Université de Toronto. Cette influence ne s'est pas arrêtée aux limites de la ville, mais s'est étendue dans tout le Canada, aux Etats-Unis, voire même en Angleterre.

M. Fraser, directeur des sections italienne et espagnole à cette même université, et M. Squair ont entrepris, il y a trente ans, décrire une grammaire française complète, qui fût presque un ensemble de toutes les grammaires françaises, sans en

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