LA LANGUE FRANÇAISE A TORONTO
imiter aucune, et qui fût en même temps une méthode de conversation ; grâce à cet ouvrage, remarquable de patience et d'érudition, publié en dill'érentes éditions (1891, 1901, 1913) au Canada, aux Etats-Unis, en Angleterre, les jeunes Américains de l'Atlantique au Paciûque ont pu se familiariser avec toutes les finesses de notre langue. Des professeurs, élèves de M. Squair et gradués de TUniversité, ont continué à enseigner le français d'après ce système, qui leur avait permis de s'en assimiler toutes les difficultés.
M. Squair a d'autres titres à la reconnaissance de notre pays; il n'aime pas que notre langue et la France; il aime aussi, ce qui est plus rare, les Français, qu'il aide en toute circonstance lorsque le besoin s'en fait sentir. Notre art a en lui un admirateur sincère et actif; ses cours sur la peinture et la sculpture françaises sont trèssuivis de ceux que les questions d'art intéressent. Quelques professeurs français se sont associés à son œuvre de propagation de notre influence, mais c'est, dans la plupart des cas, à lui qu'ils ont dû de pouvoir se faire une place et ils n'ont fait que suivre l'impulsion donnée par sa sage, tranquille et persévérante intelligence.
Partout maintenant l'étude du français a une place prépondérante. Deux langues se disputent les préférences des étudiants des écoles, des universités, des pensions libres, etc. : le français et l'allemand. Le français tient la corde et compte infiniment plus d'adeptes que n'en possède la langue de nos voisins teutons.
Le terrain pour le développement de notre influence est un des mieux préparés qui soient. Toute la société riche aime notre langue, notre pays, notre industrie, notre art, notre âme. Paris est pour tous le centre de l'élégance artistique, intellectuelle, féminine, c'est là que, suivant l'expression de Bernard Shaw, on trouve le plus d'adorateurs de « l'art pour l'amour de l'art ».
Il faudrait, pour grouper toutes les énergies éparpillées et sans direction, amies de l'expansion française, qu'une association comme a France-Amérique n donnât son patronage à une société d'amis de la France bien organisée, qui, peu àpeu, attirerait vers elle toutes les sociétés semblables et formerait ainsi une réunion puissante composée des Canadiens francophiles, dont l'influence, bien dirigée, serait d'une valeur réelle pour aider et pousser nos nationaux, désireux de venir chercher une existence plus largi; Jaus un pays plein de ressources pour ceux qui sont capables de les découvrir.
Un grand Canadien, Sir William Mullock, a accepté de présider un cercle de ce genre. Sir William a une vraie affection pour notre langue qu'il possède déjà fort bien et qu'il ne cesse d'éludier. Il y joint une grande admiration pour le génie français. Il possède une influence considérable à Toronto, et une àmo de leader qui a fait de lui, pendant dix ans, un des ministres qui ont le plus aidé Sir Wilfrid Laurier dans sa grande œuvre d'expansion canadienne. Nous aurons en lui le vrai président d'une puissante Société d'amis de la France.
Je ne doute pas que le Comité France-Amérique ne nous soutienne dans cette œuvre de groupement poursuivie depuis des années. Il donnera, espérons-nous, une direction aux efforts de tous ceux qui cherchent à faire partager, aux Canadiens des deux langues, l'amour tenace que la France sait inspirer à ceux qui la connaissent telle qu'elle est.
Pail Balbaud, Profetieur à l'Université de Ttronlo.
Vie ècofiomiqae.
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