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CANADA

REVUE MENSUELLE DU COMITE PRANCE-AMERIQUB

En l'honneur

du Canada

La guerre actuelle aura efficacement contribué à resserrer les liens qui unissent la France au Canada. Il y a un quart de siècle seulement, les rapports entre les deux pays en étaient à peu près au même point qu'au lendemain de la séparation. On peut dire que la conclusion du traité commercial direct de 1895, négocié par M. Gabriel Hanotaux avec Sir Tupper, a marqué la reprise des relations normales entre le Dominion et la France, et Ventrée en ligne diplomatique du Canada dans les grandes affaires internationales .

Le Comité France-Amérique, pour sa part, a travaillé activement, depuis sa fondation, au rapprochement des deux nations. La tâche, du reste, était rendue particulièrement aisée par la fidélité au souvenir français qui subsiste dans une partie importante de la population canadienne, et par l'entente franco-anglaise qui eut pour effet d'accroître les sympathies des Canadiens anglais envers la France.

Nous souffrions, avant 1914, d'un malentendu : les Canadiens français, notamment, jugeaient souvent mal le « vieux pays », terre de frivolité et de scepticisme. La lecture des journaux canadiens montre que la guerre a heureusement ruiné ce préjugé. En effet, la presse, tant de l'Est que de l'Ouest, a été unanime à rendre hommage aux vertus de fierté, de générosité et de force d'âme que la France, une fois de plus, a manifestées dans l'épreuve ; la vaillance de ses fils, la grandeur de son sacrifice ont profondément touché le peuple canadien. Suivant la parole de l'IIon. Juge Brodeur : « Ils ont eu

la satisfaction de voir dans tout son épanouissement le caractère véritable, désintéressé et héroïque, de la France. »

Le Dominion a voulu participer à la guerre : il l'a fait avec une belle décision. Nos lecteurs trouveront dans le présent numéro un article sur l'effort militaire canadien, qui rend pleinement justice à la valeur et au courage des volontaires qui sont venus, sur noire sol, lutter pour une cause de justice et de liberté.

On connaît tout le dévouement des Canadiens anglaise à la cause des A/ liés. On sait également la part active prise par M. le sénateur Dandurand, président du Com?7e France-Amérique de Montréal, et par le colonel Mignault dans l'œuvre du recrutement des volontaires canadiens français. Grâce à leurs efforts combinés, le chiffre des engagements, dans la province de Québec, s'est rapidement élevé, et une nouvelle brigade de Canadiens français, déjà nombreu.T sur notre front, sera bientôt prête à venir combattre.

On n'ignore pas, d'autre part, les services rendus à nos blessés par le corps médical de l'armée canadienne, qui a créé, pour les recevoir, et qui entretient plusieurs vastes hôpitaux admirablement aménagés. Et c'est par milliers que les caisses de matériel sanitaire ont été expédiées à nos hôpitaux par la Croix-Rouge canadienne.

Le Comité France-Amérique a tenu à rendre un public hommage\à tous ces généreux bienfaiteurs, en offrant, en leur honneur, il y a quelque temps, un diner dont on lira le compte rendu in extenso dans le prochain numéro de France-Canada.

Au Canada même, un magnifique élan de générosité en faveur de nos populations éprouvées s'est propagé, depuis le début de la guerre, à travers tout le pays. Ce mouvement , comme il était naturel, a pris naissance dans la province de Québec, où. vivent près de deux millions de Canadiens français. Dès le mois de septembre 1914, répondant à un appel de M. Gabriel Hanotaux, M. le sénateur Dandurand demandait aux Canadiens de venir en aide à la France envahie et, bientôt, TAide à la France, section féminine de France- Amérique, se créait à Montréal et à Québec.

Des comités se formèrent également dans divers centres de la Province, sous la présidence d'hommes actifs et dévoués : M. J. E. Prévost, à Saint-Jérôme; M. Samuel Casavant, à Saint-Hyacinthe ; l'Hon. Juge Robidoux, dans le comté des Deux-Montagnes ; M. H. A. Portier, député, dans les comtés de Wright et Labelle; le regretté D' Charles A. Dubé, dans les comtés de Ville-Marie et de Féaviscamingue, etc. etc.

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