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EN L'HONNEUR DU CANADA

On trouvera exposés, dans les articles de M, Elouard Montpetit, secrétaire oénéral du Comité France-Amérique de Montréal, et de M. Ferdinand Roy, président du Comité de Québec, que nous publions dans ce numéro, l'œuvre accomplie et les magnifiques résultats obtenus par ces diverses organisations et, notamment, par Z'Aide à la France. On verra qu elles ont recueilli, au cours des deux premières années de guerre, près fZe 300.000 /}'a«c5 et expédié 3.000 caisses contenant près de 600.000 pièces de vêtements, pour la plupart neufs. Ces sommes et ces dons en nature ont été transmis au Comité France- Amérique de Paris, qui a chargé le Secours national de leur distribution.

Mais ces chiffres, si imposants soient-ils, ne peuvent pas rendre la spontanéité et l'unanimité qui donnèrent à cette manifestation de la charité canadienne un caractère particulièrement émouvant. Il faut avoir eu sous les yeux les listes des donateurs pour se rendre compte à quel point fut populaire la souscription ouverte par France-Amérique dans la province de Québec. On sent alors nettement qu'au récit des souffrances endurées par tant de familles françaises, que l'invasion a chassées de leur pays ou que le départ de leur chef a laissées dans le besoin, les cœurs se sont émus et chacun, dans la mesure de ses ressources, a voulu apporter sa contribution au soulagement de tant de misères.

A côté de sommes importantes, c'est par milliers que l'on compte les petites souscriptions des bourses modestes. Ce fut entre tous une rivalité du meilleur alûi, et bien rares sont les conseils municipaux, les paroisses, les écoles, les associations diverses qui n'' apportèrent pas leur concours à cette œuvre charitable, en instituant des collectes, en donnant des concerts ou des conférences, en organisant des ventes, et de tant d'autres façons.

Nous publierons, dans le prochain numéro de France-Amérique, les noms de tous les souscripteurs. La longueur de ces listes ne saurait, en effet, lasser la patience du lecteur : il sera touché, au contraire, de voir, à côté de noms éminents, tant d'humbles bienfaiteurs de notre pays. Pour pouvoir donner davantage, leur bonté a revêtu mille formes ingénieuses, et, s'il est vrai que « la façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne », celle des Canadiens est particulièrement délicate. Ils n^ont pas voulu que leur charité fût froide et impersonnelle, et ils ont su trouver mille petits traits charmants qui nous inspirent une gratitude attendrie. C'est ainsi que, sur chaque paquet destiné à une famille française, étaient inscrits, avec quelques mots de sympathie, le nom et l'adresse de la famille canadienne qui l'avait préparc. De nombreuses lettres de remerciement ont montré combien l'on avait été touché de cette attention.

Le Consul général de France à Montréal, M. B.C. Bonin, n''a, du reste, pas

manqué de faire connaître en France, avec son autorité, les services rendus par les œuvres canadiennes de secours en faveur de notre pays. « On ne saurait prétendre, a-t-il dit, à signaler tous les concours qui nous ont été assurés ou offerts. Il faudrait rapporter aussi toutes les paroles prononcées, toutes les lettres envoyées, par lesquelles les Canadiens ont exprimé, en nous présentant leurs dons, leur désir de venir en aide à la France aimée et leurs sentiments pour elle. La presse, et spécialement les grands journaux de langue française de Montréal, a apporté à ce mouvement un concours aussi large que désintéressé, — et il y a tant de détails touchants que Von voudrait pouvoir citer ! Si Von considère que, pendant la guerre delSlO-iHli, la souscription ouverte au Canada pour nos compatriotes avait produit en tout g 12.000, ce qui était alors considéré comme un très beau résultat, on peut Juger, par ce qui a été fait depuis le début des hostilités actuelles, de la place aujourd'hui si grande que la France occupe encore au cœur des Canadiens. »

Dans la capitale du Dominion, à Ottawa, ce mouvement charitable ne fut ni moins spontané, ni moins efficace. Ln Comité s'y est, en effet, aussitôt formé, sous le haut patronage de S. A. R. le duc de Connaught, Gouverneur général du Canada, et la présidence de VHon. Juge Brodeur, de la Cour Suprême, et on verra, par Ve.vposé que nous publions dans le présent numéro, avec quelle générosité la société d'Ottawa répondit à Vappel qui lui était adressé.

On se tromperait gravement, toutefois, si on pouvait penser que cet admirable élan de charité s'est borné aux Canadiens français. En réalité, il s'étendit bientôt au.v populations des provinces anglaises. A mesure que le caractère de cette guerre et le rôle joué par la France s'affirmaient plus clairement, les sympathies pour notre pays, défenseur delà civilisation contre la barbarie renaissante, sont devenues plus vives et plus agissantes. C'est dans ce sentiment d'admiration et de gratitude qu'il faut chercher V origine des œuvres admirables qui se sont créées chez les Canadiens anglais pour venir en aide à la France. A Toronto et à Ilamilton, notamment, les institutions charitables ont trouvé des concours particulièrement dévoués et se sont développées très rapidement. Entre autres initiatives, signalons dès maintenant que, dans la première de ces villes, a été organisée, le M juillet dernier, une « Journée du Drapeau français », qui eut le plus grand succès.

Afin de donnera l'exposé des résultats considérables obtenus par les Comités de Toronto et de Harailton, ainsi que par ceux, plus récemment fondés, de Winnipeg, St-Catherine, Halifax, etc., toute l'ampleur qu'ils méritent, nous consacre-

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