‹ France-CanadaChapitre 8 sur 30 · I. — Le Comité France-Amérique et l'Aide à la France · texte numérisé non relu

I. — Le Comité France-Amérique et l'Aide à la France

Fondé quelques années avant la guerre, pour resserrer les liens qui unissaient déjà la France et les nations américaines, le Comité France-Amérique n'eut qu'à poursuivre avec plus d'énergie l'œuvre qu'il avait entreprise en temps de paix et dont les conséquences, déjà appréciables, devaient servir heureusement la cause des Alliés. Il participa à plusieurs mouvements, soit eny aidant, soit en-les suscitant lui-même. Son action, qui fut multiple, peut se résumer de la façon suivante :

I. Secours aux familles des mobilisés franç.us. — Au commencement de la guerre, plusieurs Français et Canadiens se préoccupèrent du sort qui serait fait aux familles des soldats partis sous les drapeaux. Une souscription de $ 10.000 fut ouverte par l'Union nationale française, pour venir en aide aux femmes et aux enfants des mobilisés ; mais on ne tarda pas à se rendre compte qu'il fallait faire davantage. Le Comité France- Amérique, par l'entremise de son président, proposa de constituer un

fonds commun pour assister toutes les familles des soldats, sans distinction de nationalité. Cette idée de concentrer les secours fut agréée. Bientôt après, le fonds 'patriotique était constitué officiellement.

n. Secours a la Belgique. — Le malheur qui frappait la Belgique tidèle avait suscité d'universelles sympathies. Le Comité France- Amérique contribua à organiser l'œuvre de secours aux Belges, en priant le Premier Ministre de la Proyince de Québec, Sir Lomer Gouin, d'instituer un fonds spécial auquel contribueraient les dififérentes Provinces du Canada. Ce qui fut fait. En même temps, le président de France-Amérique lançait un appel à la population canailitine, à laquelle il demandait de venir en aide à la Belgique par l'envoi de dons en nature. Aussitôt, le Comité de secours belge se mit à l'œuvre, et le plus beau succès récompensa ses efforts.

Ce Comité vient de noliser un sixième navire, le Golhland, qui a quitté le port de Montréal le 10 juin 1916, pour se diriger vers la Belgique. A cette occasion, le sénateur Dandurand, président du Comité France- Amérique, prononça les paroles suivantes :

MoKsiEUR LB Consul,

Au premier cri de détresse que fit entendre votre pays, vous accouriez à Montréal, afin de former un comité qui viendrait en aide à la Belgique. Nous nous occupions alors de réunir des fonds pour les familles de nos soldats. Vous ne demandiez pas grand'chose : SOO.OOO irancs tout au plus. Le Comité France-Amérique fit tout de suite appel à Sir Lomer Gouin, le priant de prendre la tète du mouvement et de s'adresf er au Gouvernement fédéral et aux chsfs de tous les Gouvernements provinciaux. Le Premier Ministre de la Province n'hésita pas un instant. Il se rendit compte qu'il appartenait à la Province française de Québec d'être la première à porter secours à un peuple qui est en grande partie de la famille française. Les Premiers Ministres répondirent avec enthousiasme à cet appel. Toute la population du pays en fit autant et, m&lf-'ré les charges nombreuses qui pèsent sur tous du fait de la guerre, plus de deux millions de dollars ont été réunis pour venir en aide à la Belgique. Cette somme n'indique pas le total de ce qu'a fait le Canada pour les Bt'lges affligés, car nous avons en outre pu vêtir des milliers de réfugiés belges en France, grâce aux dons réunis dans notre province par le comité féminin de Froîice-Amerique : VAide à la France.

in. Souscription nationale en faveur de la France. — Comme cela s'était fait en 1870, le Comité France-Amérique voulut lancer l'idée d'une souscription nationale canadienne, dont les sommes seraient remises au Comité central de Paris, pour les familles françaises victimes de la guerr»^, notamment celles des départements envahis. Des comités furent constitués à -Montréal, Ottawa et Québec, dans les comtés de la P. Q., ainsi que dans l'Ouest (.Manitoba et Saskatchewam. 475.000 francs furent -envoyés à Paris. C'est un résultat, si l'on tient compte des demandes réitérées qui ont été faites, à maintes repriees, en faveur de toutes les nations alliées.

IV. L'Aide a la France. — Uœ section féminime du Comité France-Amérique fut organisée, qui prit le nom d'Aide à la France. Dirigée avec un zèle admirable par Mme R. Thibaudeau, elle se chargea de réunir des dons en nature. Le succès dépassa ses espérances. De partout les envois affluèrent. Sur chaque objet, la piété canadienne avait attaché un mot de sympathie à l'égard de la France éprouvée et résolue. 2.523 caisses furent expédiées à Paris, contenant 504.600 objets. Le coût du transport de chaque caisse et les frais de manutention, de triage et de classement s'élevèrent à 4 fr. 33. En 1916, l'Aide à la France poursuivit son œuvre de secours. Plus de -200 caisses furent encore expédiées, ce qui porte le nombre total des caisses à 2.723, le nombre des objets à 344.600. La valeur approximative de ces envois est de $ 290.000, soit 1.430.000 francs.

V. Don du Canada a la France. — Pour assurer la distribution des secours dans la France envahie. M. Gabriel Hanotaux avait demandé au comité d'Ontario (constitué par les soins deM.Rochereau de laSablirre'ides auto-camions. M. Rochereau de la Sablière fit part de ce désir au Comité de Montréal et, grâce à l'action immédiate des deux groupements, 24 automobiles furent expédiées en France par l'intermédiaire des représentants de la Compagnie G''' Transatlantique. Sur chacune des voitures, le Comité France- Amériiji'f! de Paris fit inscrire ces mots : « Secours national. Don du Canada à la France. »

VI. Maisons dé.>iontables. — En septembre 1915, M. Gabriel Louis-Jaray, directeur du Comité France-Amérique, nous soumit l'idée de réunir des fonds pour l'expédition en France d'un certain nombre de maisons démontables, qui seraient mises à la disposition des sinistrés des départements envahis. Il semblait que nous pourrions intéresser le commerce de bois à ce mouvement. Le président du Comité de Montréal, après en avoir conféré avec ses collègues, s'adressa au Gouvernement fédéral et aux Gouvernements provinciaux plutôt qu'au public canadien, ce dernier étant appelé à fournir des millions pour de nombreuses œuvres de secours. Les démarches ainsi faites auprès des autorités fédérales et provinciales réussirent. Sir George E. Poster, ministre du Commerce, réunit les représentants des Gouvernements et les principaux marchands de bois du Canada, qui avaient adhéré avec ensemble au projet du Comité. Plus tard. Sir George E Poster se mit en relations avec le Gouvernement français par l'entremise du commissaire général du Canada à Paris, l'Hon. M. Philippe Roy, et du Comité France-Amérique, afin de savoir quel type de maisons on désirerait avoir de préférence. Quelques spécimens furent en même temps expédiés à Paris pour que le Gouvernement français indiquât sa préférence. Plusieurs centaines de ces maisons pourront sans doute être remises à la France, comme don du Canada aux populations en détresse des régions envahies.

VIL Souscription a l'emprunt français. — Dne partie de l'emprunt français de 4915 fut lancée sur le marché canadien. Le Comité /^rance-^men^we, par l'entremise de son président, s'aboucha avec les grandes institutions financières du pays pour les inciter à souscrire à cette émission. Les banques canadiennes achetèrent pour plusieurs millions de titres.

VIII. Recrutement. — Pour assurer le recrutement des armées canadiennes, deux grands comités furent constitués, l'un anglais, l'autre canadien-français. Ce dernier, le Comité de la Défense civile, a pour président M. le sénateur R. Dandurand et a installé ses bureaux au Comité France-Amérique même, d'où rayonne son action.

IX. Initiatives diverses. — a) Constitution de comités régionaux. — Pour accomplir ces œuvres de propagande et de secours, le Comité de Montréal a dû constituer des comités régionaux à Québec, Ottawa, St-Hyaclnthe, Sl-Jérôme, etc. Il a trouvé dans ces divers centres français d'admirables dévouements.

b) Concerts. — Plusieurs concerts furent organisés sous les auspices du Comité France- Amérique , dans le but de grossir les souscriptions du fonds de secours. A Saint-Jérôme, plusieurs soirées françaises eurent lieu, grâce à l'infatigable dévouement de M. Jules Edouard Prévost. A Montréal, nous devons signaler surtout le

concert organisé par Mme Damien Masson, française d'origine, qui a prêté le concours de son beau talent à tant d oeuvres nationales. Cette fôte rapporta plusieurs milliers de francs.

c) Expéditions. — Le Comité France- Amérique s'est chargé d'expédier en France les dons de diverses autres sociétés et de particuliers. La maison Génin, Trudeau et C" se chargea gracieusement de ces envois.

d) Denrées. — Les denrées qui parvenaient au Comité ne pouvaient pas être expédiées en France. Elles furent remises à {'Union nationale française, par les soins du Comité.

II. — Le Fonds patriotique canadien et le Comité franco-belge.

Pour subvenir aux besoins des familles des mobilisés et soldats, un Fonds patriotique canadien fut consiitué par l'autorité législative fédérale. Les souscriptions volontaires, recueillies dans tout le pays, s'élevèrent à neuf millions de dollars, soit quarante-cinq millions de francs. Sur cette somme totale, $ 166.061 ont été versés aux familles des soldats français soms la forme d'allocations mensuelles.

Un comité spécial : le Comité franco-belge, fut chargé de distribuer les allocations, d'organiser les visites faites mensuellement aux familles, la distribution des secours et dons en nature, fasaistance médicale aux femmes et aux enfants, les rapatriements, les bureaux de placement. Il fut jaidé dans sa tâche par un sous-comité dit des Dames visiteuses. On trouvera plus loin le rapport, arrêté au 1" mars 1916, de la section française de ce comité, qui a pour présidente Mme B.-C. Bonin, femme du consul général de France, qui a consacré à ses compatriotes un dévouement infatigable.

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