‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 11 sur 97 · ÉCOSSAIS · texte numérisé non relu

ÉCOSSAIS

FRANGE. ÉCOSSAIS tS

On désigne encore spécialement sons le nom A'écorclieurs , les écorchcurs de bétes , les plus exaltés de la faction des bouchers , pendant le règne de Charles VI.

ÉcoRCHEURS, escorchpura et tueurs' de hc'tes. — La corporation de ces artisajis , aujourd'iiui appelés équarrisseurSy jouit à quelques époques de priviléges anéantis depuis , et auxquels succédèrent des règlements sévères. Ses hideux chantiers étaient Jadis situés à Paris , du moins dans Tenceinte même, ou à très-peu de distance des murailles. PeiT importaient à nos pères les intérêts de la salubrité publique. En 1404, il y avait une escorcherie aux chevaux sur le bord de la Seine, derrière le castel du Louvre; une autre tronvnit établie en f4IG, près du Grand-Pont, actuellement le pont au Change. A mesure que la science est venae éclairer l'industrie et lui apprendre à utiliser toutes les mntières , les produits de Péquarrissage ont acquis une plus grande importance. Toutefois Tétat actuel des enclos où ils s'élaborent appelle encore une organisation meilleure.

ÉCOSSAIS ( gens d armes et gardes du corps ). — L'Angleterre ne déclara pas une fois la guerre à la France

Sendant les règnes désastreux des rois ean, Ch:irles V, Charles VI et Charles VII, sans que la nation écossaise nous envoyOt sur le continent des secours nombreux contre un ennemi commun. On prétend même que Louis IX , quelque tt nips après sa délivrance, réunit autour de lui vingt-quatre Écos- ' sais qui Pavaient suivi dans son expédition. Ce fut Charles VII qui, par reconnaissance pour les sorvioes que les . soldats de cette nation lui avaient rendus sous les ordres des comtes de Bu* chan et de Douglas, institua, vers 1445, la compagnie des gendarmes écossais.

D.ins l:i suite (1453), il leur donna une nouvelle preuve de son estime , en choisissant parmi eux une centaine d'archers «pour en former, dit févêque Lesley dnns son Histoire dli'cosse (*), une garde qui serait la plus proche de sa personne. » Cent autres de leurs compatriotes formaient une compagnie

O Imprimée en iSjS,

d'ordonnance que Ton avait placée à la tête des quinze compagnies ae gendarmerie, comme un modèle de courage et de dévouement. Longtemps commandé par des seigneun d*Éoo8se de la plus il uite distinction , ce dernier corps eut enfin pour chefs des fils de rois euxmêmes. Jacques VI , sur la demande de IVlarie Stuart, sa mère, en fut nommé capitaine en 1584. Henri, son fîls et frère de Charles P", fut également pourvu de cette cliarge par Henri IV. Après sa mort , Charles lui-même lui succéda dans son emploi. Leduc d'York, depuis Jacques lî , fut aussi capitaine de cette compagnie. Louis XIV voulut qu'elle eût toujours la préférence sur toutes les autres, et mime, en certaines occosions, sur les mousquetaires de ta

garde.

La compagnie des gardes du corps écossais était, comme nous l'avons dit,

composée de cent hommes; mais, en outre, elle avnit à sa tête vingt-quatre gardes de la même nation, appelés archers du corps ou gardes cte la manche, « parce que, dit le Père Daniel, pen« dnnt que le roi est à la messe, il y a deux de (•e«^ ^nrdes qui sont debout avec leur pertuisane à coté de lui , l'un à droite, l*autre à gauche. » Ces archers, qui jusqu'à la révolution gardèrent leur hoqueton blanc brodé d'or, leur pertuisane à clous d'or et à frange, avaient encore le privilège de se tenir à côté du cénotaphe le jour des funérailles du roi, de déposer le corps dans le cercueil, et le cercueil dans le caveau.

La compagnie écossaise était d'abord entièrement composée d'honimes écossais de nation ; mais peu à peu on dé^ rogea à cet nsn^ie, et François I**" lui donna pour capitaine Jacques de Lorge, comte de Montgommery. Cette nomination ne déplut pas trop à la compagnie, parce que Montgommery se prétendait issu d'une maison d'Écosse; mais , aux termes d'une plainte des gardes écossaises, adressée au roy J.ouis xui en 1612 (*), quand Gabriel de Montgommery, successeur de Jac- (jues, son père, eut été dépossède après la mort malheureuse de Henri II, « on donna sa charge à des Français, lesquels

(*) A la biblioth. royale, oiss.de JBricnne.

T6 iCMMMIATS L'UNIVERS. fcoSSE

oavrircnt la porte à d'autres, et empêchèrent les^ Écossais d'avoir des places dans sa eompagnie , encore qu'eux* mêmes n'y exerçassent pas leurs fonctions. Le privilège de garder les clefs du logis du roy et de toutes les villes où 11 filit aon entrée, la garde du chœur de l'église, celle des bateaux

auand le roy passe des rivières, le rang e la compagnie aux cérémonies , tous ses privilèges enlin furent rognés et pervertis. Les places et l'aYaneement ne 8*y obtinrent qu'à prix d'argent, etc.»

L'nistoire justifie d'ailleurs entièrement les plaintes' des Écossais, tant des gendarmes que des gardes do corps , aa sujet des innovations introduites

J)rîncipalement sous François II, Chares IX, Henri III et Henri TV, pinintes souvent appuyées ou précédées de négodations diplomatiques entre les deiix cours d*Écosse et de France.

Les opinions religieuses des Écossais, puis leur réunion à l'Angleterre, furent sans doute les causes qui oontrmuèrênt le plus à amener ce refroidissement.

Henri IV ne partageant pas l'hostilité de ses prédécesseurs contre l'héresie, 8*était empressé de donner une nouvelle sanction aux prérogatives de cette garde, dans une espèce de règlement publié après la paix de Vervins. Cependant, sous son règne même, le capitaine était Francis, et le lieutenant seul, Écossais.

Cette coutume se maintint sous Louis XIII et Louis XIV ; mais ce dernier ayant, par une ordonnance du l*'jaln 1656, institué deux lieutenants

dans chaque compagnie des gardes du corps, il fut décidé que, dons la compagnie écossaise , l'un des deux seVait toujours Français. En 1661 , cette décision fut même étendue à tous les officiers. Bientôt les simples gardes furent aussi pris dans les rangs de l'armée.

Depuis, la l** compagnie des gardes du corps ne fut plus écossaise que de nom; seulement, elle conserva jusqu'en 1789 l'usage de répondre à l'appel du guet : HamivJ mot corrompu , pour l'écossais hhay hatnier, correspondant à l'anglais / am kere , me voilà.

Une ordonnance royale du 23 mai 1814, qui rétablissait' les gardes du corps, rendait À la l'* compagnie son

ancienne dénomination de compagnie écossaise ; une autre du 9 octobre lui donnait encore le blanc comme couleur distinctive, de même que jadis elle por* tait sur ses armes « la frange et crépine d'argent et soie blanche , qui représentait le blason royal et marque de TÉtat, en signe d'honneur et mémoire 'perpétnelle de l'union des deux royaumes (*). » (Voyez Garde du cobps bx

MAISON MILITAIBE.)

ÉcossB (relations de la France avec V)»

— Les premiers siècles de Phistoire d'Écosse sont si obscurs, qu'on ignore complètement les rapports qui ont existé entre ce pays et le notre jusqu'au dou* zième siècle. Cependant il faut qu'il ait été de bonne heure ouvert à l'influence française , puisque , dans son Essai sur iorigine de la poésie écossaise, Waitland affirme que Malcolm I*', roi d'Écosse on 045, avait, depuis sa jeunesse, adopté la langue ppriée en France; langue dans laquelle il devait faire hommaee au roi d'Angleterre pour le Gumberland.

Les relations entre la France et l'Écosse ne prirent quelque activité que lorsque ces deux puissances commencèrent à être menacées par Tambition des rois d'Angleterre. Toutes deux, dès lors, sentirent le besoin de s'unir étroitement. Ainsi, Malcolm IV ayant été forcé, en 1 159, d'accompagner Henri n dans une expédition contre la France, le roi d'Angleterre s'en prit à lui du mauvais succès de son entreprise, et l'accusa d'avoir fovorisé seciètement son ennemi ; et le roi d'Écosse, à son retour dans son royaume, vit se soulever contre lui toute la noblesse indignée d'une guerre injuste faite sans leur consentement contre l'allié naturel de leur patrie.

Lorsqu'en 1216, Louis, fils de Philippe-Auguste, fut élu roi d'Angleterre par les barons révoltés contre la tyrannie de Jean sans Terre, le roi d'Écosse, Alexandre II, se joignit au prince français, malgré l'excomtnunication lancée contre lui par le pape. Il avait épousé en secondes noces Marie de Coucy, fllle d*£nguerrand IV, sire de Gouoy.' ^

r*) R^lement de Henri lY, cité dans

ɫXW8B

FAAI^GE.

En 1390, un projet de mariaee entre le fils d'édouard et la petite-fille d*Âlexandre III, Marguerite, seule héritière du trône d'Écosse , fut sur le point d'enlever pour toujours à la France une fidèle alliée, en opérant la rtuinion de rÉcosseetde l'Angleterre. Malgré tous les efforts de Philippe le Bel , le trnité fut signé le 28 août'1290; mais, iteureuaement pour lui, la jeune princesse mourut aTsnt la célébration du mariage.

Cette mort , qui causa un grand deuil à la cour d*Angleterre, ne tit qu'alfër* mjr Édouard dans ses projets d^asservir

l'Écosse; et ces vues nmbitieuses lui firent de plus en plus négliger ses affaires de France. Baillol ayant été placé sur le trône d'Écosse en 1292, sous la condition de reconnaître le roi d'Angleterre pour son suzerain , Philippe le Hel s'émut fortement de cet événement qui menaçait de lui enlever toute influence en Êcosse , et de rompre une alliance que, suivant Buchannn, les Écossais et les Français prétendaient avoir déjà subsistée entre eux depuis cinq cents ans. Il sut profiter habilement du mécontentement qui régnait partout contre les Anglais, et finit par décider Bnillol à s'auraqchirde la domination d hdouard.

En effet, le 33 octobre 1S95, un traité d*alliance fut signé à Paris entre les royaumes de France et d'Écosse. Le roi d'Ecosse s'engageait à attaquer avec toutes ses forces le roi d'Angleterre, surtout dans le cas oh celui-ci chercherait à passer sur le continent. Philippe , de son côté, oromettait d'envoyer des secours a Baillol dans le cas d'une inyasion d'Édouard en Écosse, et en même temps d'opérer une puissante diversion dans les possessions de ce prince sur le continent. Tous deux , en outre , juraient de ne point traiter séparément avec leur ennemi ; et , pour resserrer cette alliance , le roi de France promit à Édouard Baillol , héritier présomptif du trône d'Écosse, sa nièce Isabelle de Valois, alors à peine âgée de deux ans , et à lacjuclle il donnait en dot vingt-cinq mille livres tournois.

Malheureusement Philippe ne tint aucune de ses promesses; Baillol , écrasé à la sanglante bataille de Dunbar, perdit en peu de mois son royaume, et fut

obligé de serendre prisonnier d'Édouard,

le 12 juillet 1297. Quelque temps détenu à la tour de Londres , il dut enfin la liberté à Tune des clauses du traité qu'Édouard , rappelé en Écosse par le soulèvement à la tête duquel s'était mis Guillaume Wallace, fut forcé de faire, en 1298 , avec Philippe-Auguste. Baillol se retira alors en France, et, suivant l'opinion la plus commune, il se fixa en Normandie , dans le pays de Caux. Cest de lui que prétendait descendre la famille des Bailleul.

Dans ce traité de 1998, Philippe se conduisit avec la plus insigne mauvaise foi à l'égard de l'Écosse. Des nobles écossais résidaient alors à Paris pour représenter auprès du roi Jean Comyn, régent d'Écosse. Philippe dissimula avec eux jusqu'au dernier moment. Cinq jours après la signature du traité, ces ambassadeurs, trompés par lui, écrivirent à Comyn qu'un armistice avait été atinulé pour l'Écosse; tandis que, le même jour, 26 mai, Édouard pénétrait en Écosse à la téte d'une armée. Jusqu'à sa mort, Philippe continua cette conduite impolitique, et nul secours de France n'arriva aux Écossais pour les aider à reconquérir leur indépendance, et les arracher au joug affreux qu'Édouaid faisait peser sur eux.

Mais un de ses successeurs, Vfâ* lippe VI , renonça à cette politique aussi inhabile que peu généreuse.

Il soutint vigoureusement le parti opposé à Jean Baillol , placé sur le todne d Écosse par le roi d'Angleterre. Le compétiteur de ce prince , David Bruce, était avec sa femme à la cour de France, et on envoyait en son nom des secours d'armes et d'argent à ses partisans en Écosse. Chaque jour, on voyait les chevaliers français partir pour aller combattre les Anglais. Au mllien d'avril 1333, Édouard m assiégea Berwick* Philippe, bien qu'il fût en paix avec Édouard , voulut venir en aide aux as-' siégés; il leur destina dix vaisseaux qu'il fit charger d'armes et de vivres; mais les chets de l'expédition , forcés de relâcher au port de l'Écluse, vendirent leur cargaison , et ne firent passer à Berwiek qu'une Atible partie du produit de la vente; de nouveaux secours furent encore envoyés, et une a^

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mée fut rassemblée en grande partie pincé sous l'invocation de saint Fiaavec l'argent de la France; mais cette cre(*), parce que ce saint était, suiwuit armée fui vaincue à Halidon, et Ber- la tradition, nls d'Eugène IV, roi U É- "wick capitula. cosse au septième sièele. Aussitôt après PcrKf.'int tout le temps de la lutte de qu'il eut donné cet ordre, disent les David lU'iire contre l'Angleterre, les se- Iiistorienscontemporait)s , il futattaqué cours et la protection de la France ne de ce mal qu on appelait mal de saint lui manquèrent pas; et cette obstina- Fiacre C*) ti dont il mmirat à Vintion d'Édouard a rendre l'Ecosse un fief cennes en 1422 ; aussi ce prince disaitde sa couronne, fut une des causes qui il quelques instants avant de mourir : firent éclater entre la France et l'An- « ^oo-seiilement les Écossais qui sont gif terre cette longue guerre ojk manqua « sur la terre favorisent les Français , périr notre nationalité. « mais encore ceux qui sont dans le Charles V, qui chercha, pendant toute « ciel. » En 1423, des députés envoyés la durée de son règne, à susciter des par Charles Vil au roi d'Ecosse en ôbennemis à l'Angleterre, renouvela Tan- tinrent un secours de cinq mille homtique alliance de la France avec rÉGOSse, mes, qui, sous le commandement Le 28 octobre 1371 , il signa , avec Ro- d'Archambauld , comte de Douiilas, bert II, un traité pnr lequel les deux vinrent la même année aborder à princes promirent de se soutenir mu- la Rochelle , et causèrent une vive intuellement contre leur ennemi commun; ouiètude au duc de Glocester, régent et en effet, vers 1376, lorsque, sous (l'Angleterre. Ce prince, dans l'espé- Charles VI , les hostilités eurent éclaté rance de détacher les flcossais de la de nouveau entre la France et l'Angle- France, douna la liberté à Jacques I'', terre, l'amiralJean de Vienne fut chargé héritier du trdne d'Éoôase, aiort vade conduire en Écosse une armée des- cant, sous la condition expresse quMl tinée à envahir les comtés septentrio- rappellerait les troupes écossaises qui naux de l'Angleterre, il débarqua hed* étaient au service de la France ; mais reuaement à Leîth au mois de mal Jacques éluda cette promesse pendant 1886; mais la pauvreté et la barbarie tout le cours de son règne. Du reste, la du pays rendirent bientôt ce séjour in- fatalité qui semblait s'attacher aux Écossupportable aux Français. Tous leurs sais dans leurs luttes contre l'Angleexploits se bornèrent a la dévastation terre les suivit en France. Ce fut sur du Northumberland et à la prise de quel- eux surtout que portèrent les désastres ques châteaux. A l'approche de l'armée de Crevant et de Verneuil. Dans la pre* anglaise, ils se jetèrent dans !e Cum- mière de ces batailles, douze cents berlaod, laissant à découvert la basse d'entre eux périrent, et Jean Uuart, Écosae et Édimbourg , qui fut livrée au connétable d'Écosse, fut foit prisonnier, pillage. Dans la seconde, ils laissèrent parmi Cette expédition , oii la conduite des les morts le comte de Ruehan , à qui Français souleva contre eux le peuple Charles VII avait confère la plus haute qu'ils étaient venus secourir , opéra dignité militaire du royaume , celle de néanmoins en notre faveur une utile connétable; et le comte de Douglas, diversion. Le l""^ décembre 1390, Ro- qui avait été créé duc de Touraine. Ces ben III , fils et successeur de Robert II, défaites , du reste , ne ralentirent pas signa un nouveau traité d'alliance avec le zèle de nos fidèles alliés. « D'autres CnarlesVI. Lorsque, trente ans plus Écossais, dit Jean Lesley, résolus d'avoir tard , la France se vit à deux doigts de leur revanche de la défaite de leurs sa ruine, les secours étrangers lui vin- cou)j)atriotes, passèrent la mer et vinrent de tous les côtés de l'Europe, et rent joindre le roi Charles, sous la conles Écossais remplirent presqu^ eux duite de Robert PatiUoc, natif de DoiH

seuls les rangs des faibles armées du (*) situé à huit kilomèires de

dauphm. Henri V d'An-leterre, ayant (••) Fisuiles à l'anus on dvss. nterie. Dans

été vaincu a la journée de Baugé (1421^, réglise du monastère de Salnt-Fiacre , on

où se signalèrent les auxiliaires écossais voyait une pierre creusée où s'aMeyaient les

dAChaurut VU» fit pUJer le monastèro pUerins alfectéi de ce gton de maladiai.

ÉGOSSE FRANGE. ioosSB 79

dee. Ce capitaine , par sa sagesse et par son courage , rendit Charles maître de la Gascogne, alors au pouvoir des Anglais. Ce prinoa fat si satisfiitt du ser* vice que les Aooisais lui rendirent dans cette expédition, qu'il voulut laisser dans sa propre cour un monument éternel de sa reconnaissance envers eux. C'est pourquoi il éhoisit un nombre de soldats écossais pour en former une garde qui serait la plus proche de sa personne. > (Voyez Écossais.) ' Plus tard (1436) , le mariage de Mar* guérite , fille de Jacques , avec le dauphin (depuis Louis XI), -vint resserrer encore une alliance dont Charles VI avait senti tout le prix. Ce ma« riai^e causa une vive inquiétude aux Anglais , qui s'attendaient à le voir immédiatement suivi d une rupture entre rÉoosse et eux. Nul doute, en effet, qu\ine diversion au nord de l'Angleterre n'eût bientôt forcé Henri VI à demander la paix à la France , si l'assassinat de Jacques P', en 14S7, ne fût venu changer le cours des événements.

Ce fut , à ce qu'il paraît, sur les instances de Louis XI que Jacques III fit , en 14S1 , une irruption en Angleterre ; mais cette irruption n'eut d'autre résultat que quelques dévastations.

Peu de temps après , le frère de ce rince , Alexandre , duc d'Albany , se rouilla avec lui , et vint se réfugier à la cour de France. Louis XI lui accorda une généreuse hospitalité, mais ne lui permit pas de tenter une expédition contre son frère.

Une ligue offensive et défensive fut conclue, en 1512, entre Louis XII et Jacques IV. Cependant , quoique celuici se fillt toujours montré le ffdèle allié de la France, et que, depuis le commencement de la guerre (jui avait suivi lali(|uede Cambrai, il eilt , à plusieurs reprises , offert sa médiation pour réconcilier Loub XII avec le pape , il bésita encore quelque temps avant d'attaquer les Anglais. Mais, en 1513, lorsque Henri VIII fit une invasion en France, Louis XII réclama les secours de son allié; Anne de Bretaîîne lui envoya son anneau et le désigna ainsi pour son chevalier. Jacques aurait cru manquer à toutes les lois de la cbeva* kne s'il ii*eût secouru une reine qui se

plaçait ainsi sous sa protection. Tous les lords , tous les barons d'Écosse le suivirent dans cette expédition romanesque; mais, malgré sa valeur, il fut vainco près de Ftovvden , et toute la wh blesse se fit tuer avec lui. La mort de douze comtes , de treize lords , de cinq fils atnés de pairs , d'une fouie de barons et de dix mille soldats, ouvrit pour loHîïtemps, dans l'Écosse épuisée , un vaste champ aux intrigues des deux puissances rivales , la France et l'Angleterre.

En effet, quelques années plus tard, François 1" pressentant le mauvais vouloir de Henri VIII , chercha à fortifier en Éoosse rinflnenoe francise, Il s'efforça d'enlever la régence du rojraume à la mère de Jacques V , Marguerite , sœur du roi d'Angleterre. Sur ses instances , Jean , due d*Alban^ , fils du

f rince auquel Louis XI avait accordé hospitalité, retourna dans sa patrie, et y fut, en 1521 , nommé corégent du royaume. Jean d*Att>any, né en France, était Français de cœur et de manières ; mais , maigre tous ses efforts , il ne put réussir à engager TÉcosse dans une guerre contre l'Angleterre.

Jacques V étant devenu majeur,:

François P', Charles-Quint et Henri VIII se disputèrent sou alliance , et firent tous leurs efforts pour se l'atta- * cher par un mariage. Les sympatMet nationales firent pencher la balance en fâveur de la France, et après avoir refusé Marie de Bourbon , iilie du duc de Venddme gui lui avait d'abord été ùi^ ferte, le roi d'Écosse épousa. Ici*' janvier 1537 , la tille aînée de François I*"*, Madeleine , qui , quelques mois après son arrivée en Ecosse , succomba à une maladie de poitrine. Jacques épousa,, l'année suivante, Marie de Guise, veuve du duc de Lougueville. Il mourut en 1543 , ne laissant qu'une fille , âgée seulement de quelques jours ; ce nn kl célèbre Marie Stuart.

Henri VIII s'efforça vainement de la faire épouser à son fils Édouard. La reine mère , Marie de Guise , et le cardinal Beatoun, son [innripal ministre, cherchèrent dans la France un appui contre l'ambition de ce prince. James Hamilton , comte d'Arran , HfgBai da Toyanine, avait d'abotd eomaiiti au nuh

80 ECOSSE L'UiSI

riage de Marie avec Édouard , mais à peine eût-il ratiflé ce traité , le 25 aoilt 1543, qu'effrayé de ses Conséquences, il se rétracta le 3 septembre , et se jeta ainsi dans les bras des partisans d^ la France. Il s'ensuivit une réaction violente , qui fut accompagnée de persécutioDS contra tes protestants. La Brosse, et ensuite Jacques Montgommery , sei-

fieur de Lorges , furent envoyés par rançois I"^ avec une petite armée pour appuyer le parti de la reine mère. Ils aDordérent en Écosse au mois de juillet 1545 , et après avoir exposé au conseil de régence les lettres et demandes du roi de France « ils obtinrent un ordre d*aS8enibler Tarmée écossaise , qui , forte d'environ quinze mille hommes , s'avança jusqu'aux frontières d'Angleterre; mais on ne put engager les Écossait a franchir la Tweed , et tout se borna à quelques escarmouches.

La grande lutte du catholicisme contre la réforme, lutte qui embrasait alors TEurope entière , s'agitait aussi en Eeosse o^ le catholicisme ét iit , comme en France , représenté par les Guises.

La reine mère, Marie, sœur des princes lorrains, ne songeait gu'à augmenter la puissance de sa famille, et forma le projet d*unir TÉcosse à la France , par le mariage de sa fille Marie avec François , fils de Henri 11, lequel, en 1547, fui avait expédié , contre ses sujets réiFOltés , un corps de troupes françaises avec d'habiles ingénieurs. De nouveaux ambassadeurs furent ensuite envoyés a ce prince pour lui proposer une plus intime afliance. En effet , tandis que les réformés écossais , oubliant leur haine nationale , se rapprochaient de l'Anglelerre, les catholiques sentaient le besoin de ee tooraer du côté de la France. « Le régent , dit M. de Sismondi , avait été gagné au parti de la France par la concession du duché de ChâtellerauU que lui fit Henri II. La reine mère ne gonhaitait rien moins aue de mettre à la cour de France , sa fille sous la protection des Guises , ses frères. Ceux-ci voyaient leur ambition couronnée par le crédit que leur donnerait leur nièce , femme de l'héritier du trône ; les prélats écossais résolurent, de concert avec eux , de faire passer la jeune reine en Ftance , pour que la naition elle-même

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