‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 18 sur 97 · ÉDIT L'UJSIY£RS. ÉDIT · texte numérisé non relu

ÉDIT L'UJSIY£RS. ÉDIT

Cet Mit causa une agitation univer* selle. I! reconnaissait deux religions dans l'État, et changeait en réalité la constitution de la France. «Les huguenots, dit d'Aubigné^ léleYés de leur droit, cstimoient toutes doutes effacées ; et , tenant au poing i'édit de janvier, Tétendoient oar de là ses borner.

Ce ti*étoient que chansons à la louange du roi. » De sanglantes émeutes éclatèrent dans un grand nombre de villes du royaume; entre autres, à Cahors, à Sens, à Troyes et à Toulouse. Le corps municipal et les confréries des métiers, de Paris supplieront le roi de protéger l'ancienne religion de la monarchie. Le prlemeat refusa pendant deux mois rénreglstrémeot de Tédit , qu'il considérait comme violant toutes les lois d(i royaume. Enfin , pour éviter les malheurs cjuo pouvait entraîner Teffervescence du peu(rfe de ta capitale, il enra* gistra I'édit le 0 mars, « attendu , dit-il , « dans les motifs de son arrêt, attendu «la nécessité urgente, sans auproba- « tîon de la nouvelle religion ; le tout « par manière de provision , et jusqu'à '« ce qu'il on fût autrement ordonné. »

19 mars XhQ^, — Èdit d'Amboise, ou Édli de nutrf. fjs massacre de f^assy (voyez ce mot) avait été le signal d'une' horrible guerre civile; la France entière avait été ravagée; une foule de nobles victimes avaientpéri dans lesdeux partis; le duc de Guise, chef du parti catholique, avait été assassiné le 18 février l.')<i3; Condé,quicommaji(lait les réformes, avait été fait prisonnier a la bataille de Dreux ( voyez ce mot) , et était gardé avec soin par les ^sde la reine; Catherine désirait la {kiix avec une ardeur inexprimable ; a elle caressait le prince, encrassait tendrement Êléonorc, son épouse, et la conjurait de l'aider à fléchir l'opiniâtreté de son oncle et de son mari. On abou( i)a les prisonniers; Coodé demandait i exécution entière de Tédit de Janvier ; Mon^ morency protestait qiK! jamais il ne souscrirait à une loi si préjudiciable à la religion catholique. A force de solli> citations et d'instances, on les engaget à se rel/leher cliacun de leur côté; et, de ces modérations, se forn>a l'èJit d'Amboisc. Celui dejuillet 1^2 permet* tait aux calvinistes die s'assembler, pour

rexerdce de leur nligion, par tout le royaume, pourvu que ce fdt hors drs villes. Celui d'Amboise, donné le 10 mars, leur permellail <le faire cet exercice dans les villes dont ils se seraient trouvés en possession le 7 mars. La pwrnission Générale de faire le prêche dans toutes les campagnes, accordée par I'édit de janvier, était restreinte ms celui-ci, pour les seigneurs hauts*ju8ti- , cîers, à toute l'étendue de lenr spiL'neurie ; pour les nobles, à leur maiiton seulement , pourvu qu'elle de fût eas dans les villes ou bourgs soumis à la haute jtistice de quelque seigneur entholique.

Par compensation de cette restriction dans diaque bailliage ressortissant immédiatement aux parleoMnts, on marqua aux calvinistes une ville dans laquelle ils pratiqueraient en liberté leur religion. Du reste, I'édit ne portait aucune danse d'amnistie flétrissante, mais l'oubli total du passé , et reconnaissance que le prince et ses adhérents étaient de iidèles sujets du roi; qu'ik n'avaient pris les armes qu'à bonne intention , et pour le bien de son service.

" L'amiral fut outré de colère en apprenant que la paix était signée. « Ce « trait de plume , dit-il , ruine plus d*é- « glises que les forces ennemies n'en aH- « roient pu abattre en dix ans. » Il connaissait les siennes, et savait qu'avec une année ilurissante, n'ayant plus en téte le duc de Guise, il était en état de donner la loi ; au lieu qu'avec les co»> ditions d'Amboise, c'était la recevoir.

Il en lit de vifs reproches au prince de CoBdé, ainsi que Calvin, Bèie. et les autres ministres. Tous ensemble lui prédirent qu'il ne tarderait pas à s'en repentir; mais l'affaire était conclue, il n'y avait point à revenir. Ea conséquence, les [)risonniers devinrent libres, et l'amiral fut obligé de sotiffrir, non sans chagrin , la dispersion de son armée. Les Allemands, rekres et lansquenets, fu rent renvoyés diM lesf payt, payés (les deniers du roi , avec un ample sauf -conduit pour traverser le royaume (*). »

4 aoât iSêè»^ÉéUdeLyo?i. A peint l'édij: d'Amboise élait*il signé que ta

(') Anqnelil, Esprit de U Ugné, t. 1, p. 149.

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FRANCE. Èmr nui

reine chercha à regagner sur les réformés ie terrain qne les catholi((^ues avaient per<ki. Peadanc ua voyage que fit Char- If s IX dans son royaume, on vit pn- ,raître successifement plusieurs «lits toujours interprétatifs , ou plutôt destraetifs <to VMïi it'Amboîse. flomme disaient les réformés. Tel rat Tédit donné à Lyon le 24 juin. Par cet édit , il était interdit aux ministres de résider ailleurs que dam le lieu où il leur était |»erm«s de tenir leur préebe. Ils ne povt\ valent ouvrir des écoles, des collécres et des académies, ni diriger l'éducation des jeunes gens dé leur religion. Les geotitebommes protestants nt pou* valent, sous p^^ine d'être puni.« comme rebelles, admettre que leurs vassaux au cuite domestiuue , oui leur avait été gaimtk EafiR, Ics éi^jaea protestantes ne pouvaient avoir de synode, d'.is.senibK'e de délégués. Tous tributs, capitations OU collectes pour former une bourse com- «Mille, étaient formeHemeflt prohibés.

4 aoiU 1563. — L'éditde Roussillo?i, donné quelaue temps après Tédit de XO^on , compléta les restrictions reaferiMiea daM celui^. Le roi y déclarait ^IM ia liberté donnée aux gentilsliommes de faire le proche publiquement dans leurs terres, ne devait s'étendre qu'à leurs domestiaues et à leurs vassaux; il défendaH de faire aucune col- Jecte, même pour la subsistance des mmistres; et il renouvelait l'inionction aux nrétres, religieux et religieuses «adêt, de reiMrendrè leur anden état ou de quitter le royaume.

27 mars 1568. — i:dU cfc 15(58. Une nouvelle paix, dite paix boiteuse ou mai mtÊiêêf ifait été signée à Lonjoineau le 23 mars 1568, entre les protestants et les catholiques. Le roi fit, Reloues jours après ce traité , paraître un édit qui remettait en vigueur l'édit 4i*Ambolse du 19 mars 1663, et qui fut enregistré au parlement de Paris le 27 mars de la inéme année.

Aoât 1670. — ÉUit d'août: Cet édit, ■puiilié à SaiotrOermaio en Laye immédiatement après la conclusion de la paix dite de Saint-Germain ( 8 aoilt 1 570 ) , entre la cour et les réformés, fut aussitôt enregistré dans toutes les cours da royaume. ( Voy. Saint-Gkrmàin [paix de ].} Le massacre de ia Saint- Barthé-

lémy eut lieu peu de jours après cette paix et cet édit. •

Juillet 1573. — Édit de Boulogne.

La guerre civile (jiii avait suivi le niassacre de la Saint-iiarlhélemy durn huit mois , et fut terminée ie 6 juillet 1573, par la paix signée ï la Rochelle et im« posée par les habitants de cette dernière ville , alors assiégée par l'armée royale. Cette paix fut confirmée par un édit donné a Boulogne an mois de laillet, et enregistré au parlement le 11 aoAt; cet édit renfermait quelques clauses restrictives. Des hommes choisis entre les assiégés devaient venir supplier le duc d'Anjou, comme représentant le roi, de leur pardonner tout le passé ; les Rochclluis devaient recevoir un gouverneur i enfln , les trois villes de la Rochelle, de Nîmes et de Montauban devaient avoir à la cour , pendant deux ans , quatre députés comme otages de leur fidélité. Cet édit de pacification , plus large que celui de Saint-Germain, donnait aux protestants amnistie, réintégration dans leurs biens et honneurs, liberté de conscience, enfin liberté du culte dans les trois villes. « Ainsi , dit Tavannes, d^un parti ruiné, dissipé et du tout perdu , Dieu permit mir.ieulpusement et pour nos péchés qu'il AU res- . tauré, à la ruine de ce royaume et pour servir de subjetaux troubles de la ligue.» (Voyez La. Rochelle [ paix de]. )

6 mai XtilîS. — ÈdH de pacification.

Cet édit , oublié immédiatement après \BjMiaD de Monsieur, reproduisit lès pnncipaux articles de ce traité (Voytô MoNsiEiiB f paix de].)

17 septembre 1577. — Èdits de Pot' Uere et de Bergeraè, Les catholiques obtenaient chaque jour de nouveaux su(X^ contre les protestants , dont Tenthousiasme religieux s'était considérablement affaibli. Henri III , voyant alors s'agrandir à la fcris et la ligne ét les Guise, crn!e:nit que les calvinistes, qu'il comptait leur opposer, ne fussent accablés entièrement ; il fit faire, par Biron et Villeroi , des ouvertures au roi de Navarre; et Ces députés, après bien des pourparlers , réussirent à mener bonne fin leur négociation. Il en résulta le fameux édit de pacification donné à Poitiers dans le mois de septembre , édit accompagné d*articles secrets , ac-

EDri[ L'IjJNlVERS.

EUIT

cordés, le même mois, ou roi de Ma- , varre dnns la ville de Bergerac.

Cet edii de pacification assurait aux protestants Texercice public de leur culte et une liberté pins étendue et mieux spécifiée que dans les traités antérieurs. Ainsi, entre autres concessîons , il leur aocordait des juges établis exprès pour eux dans chaque parlement, neuf places de sûreté et des troupes, à condition qu'ils payeraient les dîmes, restitueraient les biens d*église usurpés, et chômeraient extérieurement les jours des fêtes catholiques.

Dans cet édit, il appelle la Saint-Barthélemy des désordres et excès avenus à S071 très-grand regretet déplaisir , et il ajoute, en défendant aux calvinistes toutes pratiques, ligues et intrlligences hors du royaume, « et seront toutes

ligues, associations et confréries, fai- « tes et à faire, sous quelque prétexte « que ce soit, au préjudice de notre pré- « sent édit, cassées etanuulées, comme « nous les cassons et annulons, défen- « dant expressément à tous nos sujets « de faire dorénavant aucunes eotisa- « tions et levées de deniers, fortifica* « tions , enrôlements d*liommes, con- « srégations et assemblées, sous peine « d'être punis rii^oureusement comme « contempteurs et infracteurs de nos « ordonnances. »

Les articles secrets, au nombre de quarante-huit, portaient que Ips prêtres, relii^ieux et religieuses ayant contracté mariage, »e seraient ni reclierchés molestés, mais qu'ils ne pourraient réclamer aucune succession directe ni collatérale , et que leurs enfants ne succéderaient qu'aux meubles et aux acquêts immeubles de leurs père et mère.

JDe plus, les privilèges accordés aux réformés par le traité de la Rochelle étaient garantis, et Saint- Jean d'An^ely était donné comme place de sûreté au prince deCondé. Tels étaient les |)oints principaux de ce traité, le plus clairement rédigé de tous les traités rédigés alors sur la guerre civile. Henri 111 rappelait a?ec complaisance son édU,

26 novembre 1.380. — Édit de Fteîx.

L'edit de Bergerac n'avait pas rétabli la paix; les protestants étaient restés en armes, et, de son eôté, la sainte ligue ^ loin de se dissoudre, devenait

tous les jours plus puissante et plus unie. La guerre recommença bientôt dans le Midi ; mais cette guerre, connue sous le qom de guerre des amoureux, n'était qu'une guerre d'escarmouche et de partisans , à laquelle mit fin , le - 26 septembre 1580 , un traité négocié par la reine mère, et suivi, peu'de temps après, d'un édit daté de Fleîx, lequel devait confirmer celui de Bergerac et en assurer l'exécution. ( Yoy. Flbix £ paix de].)

18 juillet 1585. — RévocaUon des édits de tolérance. Catherine de Méciicis ayant si^né <à Nemours, le 7 juillet 1 785, un traité d'alliance entre Henri 111 et la ligue, il fîit tenu, le 18 juillet suivant, une séance royale au parlement pour révoijucr les édits de tolérance.

Par ses lettres patentes données à cet effet, le roi interdit tout culte hérMque , sous peine de mort et de confiscation de biens. « Pour pti!)lier et enregistrer ces lettres patentes avec plus de solennité, dit M. de Sismondî, tous les conseillers avaient revêtu leurs robes rouges. Parmi les membres du parlement , le plus grand nombre détestaient la tolérance, et désiraient, par attachement à leurs anciens usages, infliger des supplices aux bérétiqties, et cepen- # dant presque tous étaient jaloux de l'influence des prêtres , ennemis de la cour de Rome, et défiants de la ligue, con)me ayant usurpé la puissance royale; ils approuvaient Tédit, mais ils n'auraient voulu, ni l'obtenir comme on venait de le faire par des menaces , lui l'exécuter, comme on devait le faire bientôt par la guerre. Lorsque le roi sortit du palais, il fut accueilli, par la foule, avec des acclamations et des voBuxjwur sa longue vie, dont son oreille était depuis longtemps désaccoutumée., »

7 octobre 1585. — Au moment où éclata la huitième guerre de religion , dite guerre des trois Henri, le roi rendit un nouvel édit qui réduisait à quinze jours le temps accordé aux protestants pour rentrer dans la religion catholique. Entre autres clauses et vexations contenues dans cet édit, on doit mentionner celle qui ordonnait de faire l'inventaire de tous les biens des reformés pour les vendce à rencan.

Le roi de liavarre répoiidit'à cette

émr FAAI

mesure par on édtt daté de Bergerac^

le 30 novembre; édit par lequel il mettait sous le séquestre les biens de tous les bourgeois des villes où Tédit royal aurait été publié . et oonflsqunit, pour subvenir aux dépenses de la guerre* les biens de tous les gentilshommes qui porteraient les armes contre lui.

Juillet 1588. - Édit d'union. Henri III, forcé de quitter Paris après la journée des barricades , entama bientôt après des négociations avec les chefs des ligueurs \ malgré ses projets de vengeance, il se montra facile sur les conditions, et enfin , il signa un traité qui reçut le nom A^édit d'union , et qui tut ^enregistré le IG juillet, au parlement de 'Paris. Les membres de cette dernière compagnie avaient revêtu les robes rouges pour donner plus de solennité à cette cérémonie. Dans un long préamiNile, le roi rendait compte des efforts qu'il avait faits pour abattre Thérésie, « et, ajoutait - il , nous jurons et re- R nouvelons le serment par nous fait « à notre sacre, de vivre et mourir en « la religion caûiolique , apostolique et « romaine , promouvoir rnvnncement « et conservation d'icelle, employer de^ « bonne foi toutes nos forces et moyens, « sans épargner notre propre vie, pour o extirper de notre rov:iutne, pays et « terresde notre obciss.infc, tous scliis- « mes et hérésies condamnés par les

• saints conciles, et principalement par « celui de Trente, sans faire jamais au- « cune paix ou trêve avec les hérétiques, « ou aucun édit en leur laveur. » i.es autres articles , au nombre de dix, n'étaient que promesse-s de défendre' et aider la ligue, et défenses de reconnaître jamais pour roi un prince hérétique.

« Déclarons rebelles et désobéissants , «criminels de lèse-majesté, ceux qui « refuseront de signer la présente « union, ou qui , après avoir icelle si-

* gnée, s*en départiront.... et afin de

• rendre la présente union durable, et « éteindre du tout les étincelles qui « pourroient rallumer le feu de nos « troubles.... disons et déclurons qu'il « ne sera fait aucune recherche de toutes « les intelligences et associations... que « nosdits sujets c;jili<)liques pourroient « avoir fait par ensemble Et seui-

* MaWeineQt tout œ qui est aYenu et

CE. 'àm 106

« s*est passé le douze et treizième de

« mai dernier et depuis, jusqu'à la

« publication des présentes... T. es prises « de nos deniers , en nos recettes géoé- « raies, particulières oo ailleors...,.:

> avons assoupies et dédaiées comme « non avenues. » Outre ces articles publics, il y avait un traité secret eu trente-deux articles, qui stipulait Tadoption du concile de Trente en France, un certain nombre de villes de sûreté accordées pour six années , le payement de leurs garnisons par l'État , lé maintien dans leurs places de certains gouverneurs de provinces, enfin l'établissetnent de nouveaux magistrats de Paris.

Cet édit était^ victoire pour le peu*

pie. Aussi sa promulgation excita à Paris une allégresse universelle, et fut célébrée par de nombreux feux de joie.

( Voyez les Annales , tome I, p. 400.)

Juillet 159t. -^ÉdU de tolérance, Henri IV, toujours en guerre avec la ligue, venait d'obtenir Tnppui des protestants étrangers; il jugea qu*ît était d*une bonne politique d'accorder ati parti lingtienot, son jiltis ferme soutien, une faveur que depuis longtemps ce parti désirait ardemment. En effet, tous les édits de tolérance accordés depuis le commencement des guerres civiles avaient été successivement révoqués, et les réformés se plaignaient

3u*un huguenot, roi de Fraoee depuis eux ans, n'eût pas encore songé à modifier l'édit donné par Henri III c 19 juillet, et qui, comme nous l'avons dit , interdisait le culte réformé daM tout le royaume.

Duplessis-Mornai prépara un mani* feste qu'il ût agréer au conseil du roi, mais que le roi rejeta, parce quUl crai* gnait de se compromettre vis-à-vis des catholifjues par une explication trop franche. Il se borna donc , dans l'édit signé le 24 juillet 1591 , à supprimer les édits qui avaient été arrachés à Henri III , aux mois de juillet 1585 et 1588. « Voulons et nous plaît, dit-il, « que les derniers édits laits par les « rois nos prédécesseurs sur la pacifica- « tion des troubles du royaume , soient « ci-après entretenus, exécutes et ob- « servés inviolablenient. » Ce qui rétablissait implidtemenl les eoneessioiis

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