‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 19 sur 97 · EDIT · texte numérisé non relu

EDIT

LUNIYERS.

BDIT

h\tes par la paix de Bergerac et par le traité de Fleix. Sur la demande de plusieurs catholiques, il fut ajouté dans cet èàk , « que le roi s'en^ra^eott à ne '« souffrir nncune innovation introdaîte « d^lns le tait ou exe rHce de la relrc^ion «catholique, apostolique et romaine, « laquelle il voulott maintenir , et ceux « qm fiiifloieiit profession d'iceHe , en « toiitf's irnrs autorités, fraoeliiees et « libertés. »

Avril 1598. — Édit de Nantes. Cet Mit , puMié dens la wl^ àùwt fl porte le nom , ppnd.mt Un f9f»fffi (|ue Henri IV fît en Bret.if;ne en 1iW8 , était l'ouvrage de quatre houunes habiles, Schomfterg, Jëannin, de Thou et Colignon, qui y trevaitlaient depui<t deux ans, soit ensembîe , soit sépnn'MUfnt. « T e rni qui, suivant Rosnv , dv.siroit ardemment pouvoir aiicaiiLir, non la religion réformé , mais ta faction Inta^enote , que MM. de Bouillon et de I.t Trémoiiille essaient de rallumer et retidre plus mutine et tumidtnense que jamais, » avait ▼ti, après la prise d^Amiens, les hw^ruenots parler de conditions avAnt de |)renfîre It-s nrrnes pour le service de l'Etat ; " des violences individuelles étaient exercées contre eux iwr les catholiques , et la guerre «semblait prête à se rallumer entre les deux fartions. L'édit de Nantes vint mettre un terme à Cft étal d'hostilité; cepeiulaut il ne fut publié qu'après le départ du légat auquel on avnit de grandes oWi^alions, et ne fut enregistre que i'annpe suivante. Il était com|K)sé de 92 articles publics et .de 56 articles secrets. Ces derniers ne furent Jamais enre;;istrés.

T. es édits de Poitiers, de Borî»erac et de Flei.\ avaient servi de Ijase au nouvel édIt. « Le roi v accorde aux réformés un exercice public, mais seulement dans (If s lieux marqués, et à condition que, dans ces lieux mêmes, les catholiques y exerceront aussi leur religion , avantage qui ntst pas réciproque poinr les calvinistes. Il est aussi prescrit à ceux-ci de s'assujeliir à la police de l'Église romaine , de ne point travailler les Jours de fiStes, de payer les dîmes, de remplir les devoirs extérieurs de paroissicfis. Il leur est défendu, sous de gneves ueines , de troubler les cérémonies ecclésiastiques par aucune irrévé-

rence, soit de paroles, soit d'actions.

D'ailleurs le roi veut que ses sujets de la religion preteiidue relormée jouissent de tous les droits <le citojrens ; qiie leurs pauvres, sains et malades, soient reçus dans les hôpitaux cwnme les catholiques ; que les riches puissent être admis a totis les emplois et à toutes les charlies ; qu'il f ait dans dwiqite parlement !ine chnmbre , qu'on appela depuis la chambre de l'édit [ voyez ces mots) , composée d'un égal nombre de juges cnhioliopMB et calvinistes , pour leur rendre Justice. Enfin le roi accorde des privilèges , fixe des appointements à leurs ministres , donne a leurs églises la tiberté d*élire des députés qui formeront des assemlHées générales en temps et lienx marqués, sous son bon plaisir, et sous les yeux de ses commissaires.

Il leur permet aussi de lever tous les ans une somme sur eux-mêmes pour les besoins du parti. Enfin, par des brevets secrets qui ne furent relatés ni dans l'édU, ni dans les articles particuliers, Henri IV permit aux reformés die garder, pour huit ans, quelques places de srtrete , et d'en nommer eux-mêmes les gouverneurs. Il s'engagea de dIus à leur compter tous les ans 80,000 écus pour l'entretien des çarnisons.

n Quelque som qu'eussent apporté les rédacteurs de l'édit à prévenir tous les inconvénients, les intérêts étaient trop compliqtiés pour qu'il ne se rencontré pas line irifinité de difficultés dans l exécution. Le roi fut obligé d'envoyer dans les provinces des commissaires qu'il Chargea de terminer les différends (Tautorité et à l'amiable. Il leur fallut un fonds de patience inépuisable pour adoucir l'aigreur des partis , démêler les chicanes, aplanir les obstacles. Par tous ces moyens , employés adroitement , on apprivoisa les catholiques avec les réformes, lîs commencèrent à se supporter; et, a quelques éclats près de part et d*autre, fruits d*un zèle in* considéré toujours sévèrement réprimé, on .s'accoutuma à vivre en.semble sous la protection des lois (*). (Voyez les Animales, tom. I, pag. 480 et sulv.)

Quoi qu*il en soit, cet édit n'en coq-

(*) Anc]wAil^ Esprit de la ligue, liv. vui,

EDIT ^Fjy

tenait fuifl moins de nombreux germes de division. On eût dit d'une trêve conclue entre deux enuemis, prêts à re- 'oommeiicer la guerre h la première oo- 'casiôfi. Cétail, comme on Ta dit, un rapprochement entre deux peuples plutôt que ta fusion de deux nartis. Aussi les catholioues firent-ils écinter les pro* testations les plus vives , tandis que les réformés, en faveur desquels on avait consenti à soustraire une partie du territoire à Tautorité royale , et qui formaient dans leurs places de sûreté autant de petites républiques au milieu (le la monarchie, s'apprêtaient à conquérir de nouveaux avuiitages, et songeaient à devenir dominateurs à leur tour.

3 mai 1616. — Édit de /uirification^ ou éUU de Loudun. La mort de Henri IV ayait été bientôt après suivie d'une guerre civile , où les réformés avaient pris parti, avec les princes, contre la . régente. Cette guerre fut terminée par réditde|kaclfleation signé à Loudun, le - 3 mai 1616, lequel, en ce qui coneernnit les religionnaires, était purement et simplement confirmatif de Tédit de Nantes et des autres édits de pacification et de tolérance.

Les princes avaient tous obtenu des avantages; Marie de Médicis avait cru devoir, pour mettre fin à lei^r hostilité, leur distribuer les trésors de l'État et les i^rii'cîpnux gouvernements. Les huguenots étaient les seuls auxquels l'édit de Loudun ifcilt rien accordé ; aussi firent-ils ouvertement éclater leur mécontentement. Les concessions que leur assurait Tédit de Nantes ne leur suffisaient plus ; ils étaient entrés dans la lid^ue des princes pour en obtenir de pliis considérables. I^'ils ne oontinuèrent point à guerroyer, ils intriguèrent; ime vaiite conspiration s'organisa, et^ dans une assemblée tenue à la RocbeUe en I62t , leurs députés tracèrent pour la France le plan li'nii'' répnhliqiic féderative divisée en huit cercles , à la téte desquels ils devaient mettre les principaux d'entre eux.

20 octobre 1G22. — É(W de Montpellier. Ces tentatives furent le .signal d'une nouvelle guerre civile , dont les principaux événements furent le siège derMontaobao , que tè r6l llit obligé de

ICE. KmT ^ , . lOT

lever, et celui de Montpellier , qui se termina par une capitulation et un nouvel édit de pacification. Les anciens édits d« paeiiei^ forent 4»iiflrmés ; l'exerdcB des deux religions Ait rétabli dons les lieux où il avait été interrompu. Mais les huguenots durent renoncer à toute autre assemblée ^'à celles de leurs synodes et consistoires ecclésiastiques; toutes leurs fortifications durent être démolies, et ils ne purent conserver comme places de sûreté que Montauban et la Rwhelle.

Février 1626. — Le traité de Montpellier diminuait considérablement la force politique des huguenots. Ils essayèrent birâtdt de ref^iiner le terrainqu'ils avaient perdu. Leurs chefs, les ducs de Rohan et de Soubise , croyant, en 1626, le gouvernement engagé dans une lutte hasardensn enttM Ta BNfisoa d'Autriche, crurent le moment favorable pour faire recouvrer à leur parti ses assemblées politifques , ses villes de sâreté, son organisation militairs,et tous les avantages qu'il avait perdus à la pacification de Montpellier (*).

Soubise conunença les hostilités en s'emparant de Ule de Ré , et en allant attaquer a l'improviste, dans le port da Blavet , la Hotte française, dont il se rendit maître. Rohan l'imita bientôt après , en se taisant noimner généralissime dans une assemblée convoqués à Castres , et en levant aussitôt une armée dans le Midi. Un traite, sifjnc le 5 février 1626, mit lin à la guerre. Ce traité laissa les lni||USAsls à peu près dans l'état oii ils étaient au connnenccment des hostilités ; seulement , on leur permit de conserver leurs nouvelles fortifications, et iSs roé ^AmgMsrre garantit le* eonaUiam» qtii kurfiÊirmi accnrdéps.

lu novembre 162». — Édit de la Rochelle. Lorsque éclatèrent, en 14lt7, des démêlés entre la France et l'Angleterre, î\ l'ocA-asioti des querelles de Henriette de France tt de Ciiaries V\ sou époai, Buckingham, favori et premier ministre de ce prises, envoya aux huguenots des émissaires pour les exciter à se soulever, et promit au duc de Soubise, qui

(*) Siimondi, 0iUÊk^ étt-Emfakp tsm. •

Page 1