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écrivait Pomponius Mêla. L'empereur Constantin le Grand la releva et y bâ*
tit un château auquel il donna ie nom de sa mère Ilelena. Le village de la Tour - bas - Elne occupe aujourd hui l'emplacement de ce château. Les Normands détruisirent Elne au huitième siècle. Philippe le Hardi ayant déclaré la guerre au roi d'Aragon, la prit d'as^ saut, en. 1985, et fit fiasser toute la populntion au (il de Tépée. (Voy. l'art, suivant.) Elne fut prise de nouveau par Louis XI, en 1474, et par le prince deCondé, en 1841. La translation de son évéché et de son chapitre à Perpignan cx)mpléta ensuite sa décadence.
Leduc d'Ossuna s'en empara en 1793, mais. elle lui fut reprise par Dugommier, peu de temps après.
C'est dans cette ville que l'empereur Constance fut assassiné ; on y voyait encore son tombeau il y a une soixantaine d'années.
Elîve (siège d').— Philippe le tïardi, conduit par don Jayme , roi de Mayor- (}ue, venait de s emparer en peu de jours du Roussilion. Vers la fin de mai 1285, il s'avança jusqu'à Elne, que l'on pouvait regarder comme la porte de la Catalogne. Les habitants s'exposèrent vaillanoment à tous les dangers d'un siège pour défendre l'indépendance de leur pays. Avant le dernier assaut, le légat du pape avait , selon le récit de Guillaume de Nangis , donné son absolution aux soldats français, les avertissant de n'épargner aucun Ses habitants , de massacrer tous ces ennemis de la foi chrétienne ; ces excummuniés maudits. Cette recommandation ne fut que trop bien suivie; les murailles escaladées, on égorgea sans miséricorde femmes, hommes, enfants, vieillards.
Un seul écuyer , nommé le bâtard de Roussilion, étant monté avec quelques autres dans la tour d'un monastère, obtint la grâce de vivre en se rendant au roi de France (*).
Éloi (saint). Cet homme, qu'on peut ranger parmi les bienfaiteurs de 1 humanité les plus justement célèbres, était né à Limoges, de parents humblet
O Voy. Guill. deNangis, Gesta Phil, jiud., p. 545 ; Chron. de Saiat«Denyt, f xxa YilUni, VU, xo(-3o7.
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ét obscurs. £ntré, dès sa première jeu- nous a transmis qu'un très-petit nomnesse, dans Pàtdier monétaire de sa i>re de monoments d*éloquenoe reli- ▼ille natale , il s'attacha ensuite au tré- gieuse. La foi de ces temps était vive ; sorierde Clotaire II, et eut bientôt oc- beaucoup d'âmes étaient capables de casion de montrer son grand savoir transmettre ou de ressentir i'entboU' ^ans l'art de l*orfévrerie. Le rot dési- siasme religieux; de grandes oocasioni rait une chaise d'or; saint Éloi, avec le s'offraient à l'orateur chrétien chargé métal qu'on lui donna pour en faire de consoler les peuples de leurs misères, une, en fit deux également magniû- d'humilier l'orgueil des puissances tyques. Grand fut Tétonnement du roi , rannîques, ou (renvoyer les nations à la et, dès ce moment, il admit l'habile ar- défense du tombeau du Christ. Cepentiste à sa cour. Mais Itloi ne se dant , c'est à peine si dans tout le bornait pas à travailler avec un art moyen âge on trouve un ou deux prémerveilleux des meubles, des joyaux et dicateurs éloquents. La faute en était à des châsses pour les reliques de saint la rudesse des esprits , à la grossièreté Denis, de sainte Getieviève , de saint des mœurs, à la barbarie et à l'igno- Martin de Tours , de sainte Colombe, rance dont les ténèbres s'étaient ré- « Sa grande dévotion , dit son biogra- pandue^ sur le monde après la chute phe, saint Ouen, c'était de racheter des de l'ancienne civilisation , et que la su* captifs; il en délivrait à In fois vingt, blimité d'une religion aussi capable trente, cinquante, quelquefois cent, d'éieverrintelligencede l'honmieque de Tout ce qu'il gagnait par son admirable purifier son cœur, ne pouvait parvenir industrie, ii l'employait à oe pieux a dissiper. Quand la société romaine et usage. Il se dépouillait de tout, même la société grecque existaient encore et de ses souliers; il se volait lui-même- pouvaient communiquer leur politesse, pour donner aux pauvres; et, s'il avait leurs lumières et leur goût aux apôtres un bracelet déjà vendu , et qu'il sur- du christianisme naissant, et prêter un vînt des captifs à délivrer, il donnait le charme et une séduction de plus à la bracelet, et se faisait lui-même débiteur charité et à la vertu conjurées contre de ses créanciers. » On trouve dans sa elles, alors des accents élevés partaient vie une foule de traits qui afmoncent de la diaire chrétienne , et la vérité ainsi l'âme la plus tendre, la plus pore, était annoncée dans un langage noble la plus noble, la ^lus chrétienne. et pur. Mais, au moyen âge, si les
Le crédit d'Éloi ne lit qu'augmenter vertus des Chrysostôme , des Basile ,
auprès du bon rt4 Dagobert,oui le des Ambroise, trouvèrent de nombreux
nomma son argentier, lui donna l'évê- imitateurs, leur éloquence fut un
ché de Noyon , et le choisit pour son exemple perdu , et les éclats touchants
conseiller ét son directeur dans les af- ou terribles de leur voix puissante
faires de TÉtat, comme dans les dévo. éveillèrent à peine qudques faibles
tions somptueuses pr lesquelles ils*ef- échos. Quand on a nommé saint Ber-
forrnit de racheter ses crimes. Le pieux nard , et indiqué quelques-uns de ses
évèque consacra le reste de ses jours à sermons mystiques aux religieux dont
la prédication de rÉvangile et h la con* il dirigeait les âmes; quand on a cité
version des nations germaniques, aux Gerson et remarqué quelques grands
frontières desquelles était situé son traits dans ses homélies , on a constaté
diocèse. Il mourut âgé de 70 ans, le tout ce que ces temps fournissent, à
1*' décembre 8^. riiistoiie de l*éloquence de la chaire en
Éloqubugb. — 1. ÈhqmMe reH' France. Après cela , il. n'y a plus qu*à
aieuse. — Le moyen âge , ce temps où s'étonner, qu'à gémir de là grossièreté,
l'homme vécut sous l'empire de la re<^ de la sécheresse, du pédantisme,(k i'in-
ligion, où la parole sainte exerçait une décence même répandus dans un si
action plus impérieuse et plus étendue grand nombre de sermons dont les au-
que toute autre puissance, où les gé- teurs sont tombés dans le plus profond
nérations apprenaient, de la bouche du et le plus juste oubli. Quelques-uns de
prêtre , ce qu'elles devaient espérer, ces prédicateurs barbares n'ont laissé
craindre et pratiquer, le moyen âge ne un souvenir que par l'excès même de