‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 29 sur 97 · II- j i__^ __î^î.. ^fifg igg journées de septembre, les · texte numérisé non relu

II- j i__^ __î^î.. ^fifg igg journées de septembre, les

« celle de citoyen ; alors tout principe

« d'énergie , tout principe de respect « pour les droits de l'homme et du ci- « toyen est anéanti chez un pareil peu- « pie, et les idées dominantes sont cel-

« les de supériorité, de distinction , de « vanité et d'orgueil. Ainsi, sous ce

prenaient . dans la Convt'ntion , pour texte de toutes leurs accusations contre la Montagne.

« On assure, dit Robespierre , ^u'un

« innocent a péri : on s'est plu a en « exagérer le nombre ; mais un seul

« rapport, la jpiupositiou des comités « c'est beaucoup trop sans doute! Ci- « avilit la nation , et il n'est pas vrai « toyens, pleurez cette méprise cruelle! « qu'elle honore le trône; le trône ne « nous l'avons pleurée dès lon^ïtemps : a nent pas avoir une gloire, un éelat « c'était un bon citoyen; c'était donc « londé sur les uréjugés, mais sur la na- « un de nos amis. Pleurez même les « ture même des choses ; son éclat, « victimes coupables réservées à la ven- « c'est la puissance légale et constitu- « geance des lois , qui ont tombé sous « tionnelle dont il est investi ; c'est le « le glaive de la justice populaire ; mais « devoir imposé au monarque de faire « que votre douleur ait un terme,coimne « respecter les lois ; c'est ensuite, et se> < toutes les choses humaines, «[condairement, les vertus et les talents « Gardons quelques larmes pour des « du monarque : toute autre illustra- calamités plus touchantes : pleurez

«cent mille patriotes immoles parla « tyrannie; pleurez nos citoyens ex- « pirant sous leurs toifs embrasés , et « les fils des citoyens massacrés au ber- « ceau ou dans les bras de leurs mères ! Après tons ces discours, M. Robes- « N'avez-vous pas aussi des frères, des

« tion est fondée sur les pr^ugés ; elle « est indigne d'occuper TAssembléie na-

dans le public, s'exprima le lendemain, an sujet de ce discours :

« pierre en a prononcé un (]\\\ a produit dans > toute l'assemblée, à droite et à gauche, de « ces dlSpls qu'on ne produit pas sans un vrai • talent , mais que le plus l>eau talent ne « produit jamais, que lorsqti'ii sert d'organe «aux vérités qui élèvent ia raisou, et au\ pan, iséaéreux «t nobbs fai

« enfants, des épouses à venger? La « famille des législateurs français c'est « la patrie , c'est le genre numain , « moins les^rans et lenrs complices I « Pleurez donc , pleurez l'humanité « abattue sous leur joug odieux ; mais « consolez-vous, si , imposant silence à « toutes les viles passions, vous voulez « tout ée que Botre^ifeùiîie i^urni en eontêl * assurer le bonheur de notre pays et ' ■' ' " ----- - t: préparer celui du monde; consolez-

« vous , si vous voulez rappeler sur la « terre l'égalité et la justice exilées , et « tarir , piar des lois justes , la source « des crimes et des malheun de noi « semblables.

« élèvent i'Anic "Vous renvoyons tout le

« reste , pour rapporter de ce discours

• nir; il honore l'esprit de IL ^

« il honore son talent , il honore son'carac- '

• tère, il établit uue graude unité daus tous « les principes qu'il a professés dans sa car- « rière |)oIiliqiie, il en garantit la sincérité»

• Le vrai démocrate, le vodà J »

204 ELOQUENCE LUNIVERS. BLOQUENGE

« La sensibilité qui gémit [nesque

« exclusivement pour les ennemis de « la liberté in*e8t suspecte : cessez « d'agiter sous mes yeux la robe san- « glante du tyran , ou je croirai que « vous, voulez remettre Rome dans les « fers. >»

Terminons la série de ces extraits, fKirune citation du discours du 7 prairial : « Si voulez , dit-il , étouffer les « factions, elles vous assassineront. J'en « conviens, et nous n'avons pas fait en- « trer dans nos calculs ^l'avantage de « vivre lon^nement. Ce n'est point pour « vieillir que l'on déclare la guerre à « tous les tyrans, et, ce qui est bien plus « dangereux encore, à tous les crimes.

m Quel homme sur hi terre a jamais dé- « fendu impunément les droits de l'hu- « manité?... Je trouve au reste , pour « mon compte , que la situation ou les « ennemis de la république m'ont placé, « n'est pas sans avantage ; plus la vie « des défenseurs de la liberté est incer- « taine et précaire , plus ils sont indé- « pendants de la méchanceté des hom- « mes. Entouré de leurs complots et « de leurs assassins , je vis d'avance « dans le nouvel ordre de choses où ils « veulent m'envoyer; Je ne tiens plus ■ à mon existence passagère qtie par « Tamour de la patrie et la soif de la «justice. Plus ils sont empressés de m terminer ma carrière ici-bas , plus je « sens le besoin de !;i remplir d'actions « utiles au bonheur de mes semblables, « et de laisser au moins au genre hu* « main un testament dont la lecture « fera pâlir les tyrans. » — «11 faut avouer , dit M. Chnries Nodier, après avoir cité ce morceau , que nous aurions peu d'objections contre une pareille éloquence , si elle était scellée du timbre de l'antiquité et honorée de l'approbation banale des rhéteurs. «

Après Robespierre, nous ne trouvons phjs dans la république française un nom célèbre d'orateur; la fatigue qui succéda à tant de secousses, le découragement et la lassitude qui s'emparèrent des âmes à la vue des misères sociales sans cesse renaissantes, malgré tant de sacrifices et d'efforts, enfin ce scepticisme politique qu'engendrent souvent les révolutions , ralentirent et

glacèrent l'essor de réIoq[uence : bien*

tôt après le despotisme vint l'étouffer. Un seul homme s'empara du droit de parler, comme il prit pour lui toute la puissance politique. De même qu'il n'y eut plus dans la France d'autre volonté que celle du nouveau Cronnvell , il n'y eut plus d'autre éloquence que la sieni\e. C'était, du reste, un homme dont la voix était aussi propre à gagner et à enivrer les hommes par la parole , que son génie politique était liabile à les conduire. On admire avec raison ces harangues qu'il adressait à ses soldats la veille des batailles, pour échauffer leur courage, ou le lendemain des victoires, pour exalter leur orgueil et leur enthousiasme; ces proclamations où il faisait à la nation elle-même la confidence des héroïques projets qu'il formait pour sa puissance et sa gloire. Et, tou* tefois , on regrette que cette simplicité dont les anciens ne se départaient jamais en parlant des grandes choses qoMIs avaient fiiites, ne règne pas constamment dans ses discours. Des méta« phores qui sentent la rhétorique , des niouvementsquelque peu déclamatoires, dne poésie damages un peu banale, y seraient plus généralement aperçus et affaibliraient nmpression qu'ils produisent, si l'admiration causée par la grandeur des événements qui les entourent permettait de les juger littérairement, si les paroles de 1 orateur n'étaient pas comme consacrées pour nous par Tim-

{)osant. commentaire que leur donnait 'épéedu conquérant. Mais si la critique peut s'appliquer à de tels monuments, nous avouons que les proclamations de l'empereur nous paraissent moins dignes d'éioses, comme éloquence politique, que les lettres qu'il adressait aux souverains ou à ses généraux, et que ces immortelles dictées par lesquelles il occupait ses Iristes loisirs de Sainte-Hélène. Là , son langage est grand sans jamais cesser d'être simple ; là, on trouvera des modèles d'habileté oratoire et de verve naturelle et vigoureuse. On peut citer comme des chefs-d'œuvre sa lettre au roi d'Angleterre sur la paix européenne , et celle où il donnait des conseils à Murât sur la conduite à tenir en Espagne.

La restauration vint relever la tribune

BLOQtfElfCB FRANCE. évùQOÉacE SOft

politique. Le gouvernement constitulionnel, moins favorable à l'éloquence qu'une république régulièrement constituée, lui ouvre cependant une carrière où elle peut se développer. Des luttes du parti royaliste contre l'opposition libérale naquit une génération d'orateurs, à la tête desquels se placèrent le savant de Serre , l'habile et passionné Camille Jordan, le tioaiilant Manuel, le brillant et énergique généra! Foy, hommes éininents, dont les noms resteront inscrits , avec ceux dont nous avons déjà parlé, dans nos fastes parlementaires, mais parmi lesquels il ne s'est pas trouvé un génie comparable à celui de Mirabeau. Apprécier les talents divers de ces illustres organes du parti libéral, grouper autour d'eux ceux qui brillèrent au second rang, serait un travail du plus haut intérêt , mais que les bornes de cet article nous forcent de nous interdire. Tout ce que nous oe disons pas est, du reste, présent au souvenir de la plupart des contemporains; et pour ceoi dont les soavenirs seraient incomplets 00 efiaoés, nous pouvons les renvoyer au livre où M. de Cormenin a tracé avec un pinceau si ingénieux et si brillant les portraita de la plupart -des orateurs qui ont illostré la tribune depuis vingt années.

Le lendemain de la révolution de juillet fut un beau moment pour Télo- ^noe. L'explosion de passions que ce glorieux événement avait produite, les

grandes questions qu'il mettait à l'ordre u jour , les vives contestations qu'il ouvrait entre les patriotes, qui brûlaient de répondre à l'appel de l'Europe , et les conservateurs , a qui la gloii c et la liberté faisaient peur , tout alors était

{»ropre à faire naître au milieu du parement de beaux drames oratoires. Ces occasions ne furent pas perdues. Au milieu des débats qui surgirent alors, se révélèrent d'admirables talents. Les rangs de l'opposition nouvelle s'enorgueillirent à juste litre d'être représentés , dans la lutte, par le général Lamarque, à l'imagination enthousisste, à la parole militaire et fleurie tout ensemble ; par M. Maii^uin, cet avocat si remarquable par sa riche abondance et sa belle rbétorique ; par H. Odilon^ Barrot, rue modâe d'éelat aratoire et

de dignité parlementaire ; par ce Garnier-Pagès, habile et sérieux défenseur des libertés publiques, dont la perte récente est pleurée par l'extrême gauche comme un malheur irréparable. Dans le camp des conservateurs et des hommes du pouvoir, on admira l'orageuse fermeté de Casimir Perler, la verve mordante de M. Dupin, la facilité spirituelle et par moments éloquente de M. Thiers, la richesse poétique de I\ï. de Lamartine. Un seul homme représentait la cause de la monarchie vaincue , et suffisait, par son immense talent, à ce rôle difficile : c'étnit !\T. Berryer, le premier, sans contredit, de tous nos improvisateurs.

Depuis quelques années, bien que les mêmes hommes soient toujours sur la scène, les beaux discours sont plus rares. Les orateurs se pressent a la tribune et en font tomber des Ilots de paroles, mais il en est peu dont la voix prodjiise une impression forte, un durable souvenir. Dans un gouvernement qui résout, par un s}'stème négatif, par un parti pris de neutralité pacifique, toute question un peu dangereuse de politique extérieure; qui, à hntérieur, s'attache à calmer et même à endormir les esprits pour conserver l'ordre existant et pour rendre les innovations impossibles; qui parvient, en effet, à faire prévaloir parmi les représentants de la nation cette politique froide, obscure, monotone; dans un tel gouvernement, le champ de l'éloquence devient à peu près stérile. Des sessions entières se passent sans offrir aucun débat inspirateur : des talents faits pour briller s'occupent à dis<!uter le budiiet.

Un autre malheur pour Teloquence politique, c'est que depuis que le parti conservateur est devenu maître de la majorité dans la chambre, et a pu procla lier sa victoire, aussitôt, comme il arrive toujours toutes les fois qu'une bataille politique est ga^'née, Tannée qui se ralliait sous ses drapeaux s'est débandée et s'est divisée en une foule de petits groupes représentant chacun une nuance, quelquefois même une demi-nuance d opinion. Il s'est formé dans la chambre vingt partis différents : . la gauche dynastique elle-même, gaçnée par cette éârange manie de disperaiOD»

908 BUW L*UiaV£AS. umAML

a rompu ses rangs. Cette déplorable Élusates , peuple de TAquitaine «

confusion a élargi le cliamp de l'intri- placé par Pline entre les ./w5ct et les

gue et resserré celui de Téloquence. On tiates, avait pour capitale Elasa ou Ci-

se donne beaucoup de mal pour expri- vitas Llu&alium* qui avait le rang de

mer deinuancesd'idéetsouvent insaisis- métropole de la Novempopulanie. Cette

sables; on s'acharne sur des distinctions ville, détruite vers Pan 910, fut depuis

subtiles. Souvent, fjour déjouer à la rebâtie tout près et un peu à l'ouest de

fois plusieurs ennemis , ou s'attache à son ancien emplacement, dans Teadroit

parler longtemps pour ne rien dire , et où est anjourdliui Eaose, gui en a tiré

l'on n'y réussit que trop bien. Si la son nom. (Voyez Eause.) question des fortifications n'était venue Elven , bourg du département du

l'an dernier faire trêve à ces vaines et Morbihan , à 16 kil. de Vannes, sur la

puériles esearmouches , nous n'aurions route de Rennes. Le territoire de cette

a enregistrer depuis longtemps aucun commune renferme plusieurs antiqui-

succèsde tribune. Espérons que cet af- tés celtiques; on y voit un cromlech,

. faiblissement de l'éloquence n'est que deux dolmens et plusieurs menhirs,

momentané, et que la chambre sortira Mais le monument le plus remarquaBle

bientdt de cet barardages stériles dont est sans contredit le ehAteau d'Ëlven,

la France s'ennuie pour plus d'une rai- l'une des plus belles ruines que possède

son. Mais pour que ce vœu puisse se la Bretagne. On en attribue la cons-

réaliser, il faut que la situation politique truction à Eudes de Malestroit , qui le

se modifie, et qu*il s'opère dans les af* fit ériger , en 1256 , sur le mémt plan

faires un changement capable de don- qu'un chûteau fortqu*il avait pris d'a^

ner aux partis une attitude plus fran- saut en Palestine, che, plus simple et plus décidée. Elves ou Elbes , ancienne seigneu-

Elpidius ou HELPiDiua (Rustleus), rie, avec titre de v icomté, dans le Rouer-

dinrre de l'église de Lyon, se livra a gue, aujourdhui département de. TA?

l'etiide de la médecine, et acquit la ré- veyron.

putation d'un habile praticien. Théodo- Émail (peinture sur). Cet art a jeté

rie , roi des Ostro^oths « l'appela auprès en France un tel éclat, que nous croyons

de lui , et on croit qu'il lui conlia la pouvoir le placer parmi les choses dont

charge de questeur de la ville d'Arles, notre pays a le droit de se glorifier. JNé

Elpidius mourut vers Tan 533 à Spo- en Francie, il s'est développé en France,

lette, ville dont il avait relevé les édi* Il y a produit d'admirables œuvres , et

fices renversés pendant les guerres. On parce qu'il se transforme aujourd'hui ,

a de lui deux ouvrages qui ont été insé< on ne peut pas dire qu'il est en déea-

rés dans le Poetarutn ecclesiasticorum dence. Après avoir été négligés, comme

^AeMwmf deG.Fabricias, Bile, iset, toutes les vieilles productions de Tart

in-^"; dans \di MfM^ca patrum , t\ franc^ais pendant les dernières années

dans le Camùnum specinien de A. Ri» du dix-huitième siècle, les émaux de Li-

vinus, Leipzig, I6ô2, in-8°. moges sont aujourd'hui très-recber-

EisaAU, Pagus Alsgaugentit , petit cbés ; et si la vogue dont ils Jouissent

pays des confins de l'Alsace et de la leur donne un prix exorbitant, elle a du

Suisse, et dont les localités principales moins l'avantage d'assurer leur conser-

sont Porentrui et Deile (arrondissement vation , et de les préserver du creuset

de Béfort , iiaut-Rhin). des chaudronniers limousins.

ÊLua. On appelait ainsi , sous l'an- La France n'est pas d'ailleurs le seul clenne monarchie, des officiers d'une^ pays où l'on sache apprécier les chefsélection dont la principale fonction était d'œuvre de la peinture sur émail; au de juger en première instance des con- musée du Vatican , qui ne possède qu'un testanons sur le fait des tailles, ^ides, seul émail de Limoges, cet émail est et autres impositions (voyez EjlsC' pincé en évidence sur un pupitre mobile» TiONS, p. 173). La femme d'un élu avec des inscriptions où sont prodi» était appelée madame l'élue {*), guées les épithetes mii ijico, magni*

Q ▼<nuintviriter««HlMw/b MffiMei ne9, Qnaat an musée du Louvre , il

mmAmc CMkK Meuft«B. . nofBfoM «Dft magniflfiMoottaotioo d*ét

maux ; mais cette collection n'est point cataloguée, rien n'avertit le publie d'y prêter attention; on ne sait où trouv( r des renseignements pour l'étudier. Kspérons que Tadministratioa du musée lera enfin pour cette galerie ce qu'elle a £lit pour les autres, et qu'elle ne négligera pas plus longtemps ce devoir.

La peinture sur émnil a reçu diverses applications ; ou l'a surtbdt employée comme ornement de l'orfèvrerie.

Au moyen 3ge on en décorait les vases sacrés, les crosses d'évOqiies, les tombeaux, les reliures de livres, les armes et les armures, les bijoux, les ustensiles domestiques ; on revêtait de briques ou de carreaux émaillés les pavés etlesiaçades des monuments.

Plus tard on se contenta d*en fàire des portraits, et finalement on restreignit la peinture sur émail au genre mesquin des portraits de niédaillons. Telle n'est pas cependant la plus utile application que 1 on peut faire de cet art. La peinture sur émail , qui a l'avantage inappréciable d'être inaltérable, devrait être surtout employée 1 conserver, en les reproduisant , les chefs-d'œuvre de la peinture à l'hiiilo; elle devrait surtout venir en aide à la mosaïque, ou même en tenir lieu, dans la décoration de nos monuments : il suffirait pour cela de peindre avec l'émail de grandes plaques de lave. [Voyez Moa-

TKLEyUE (*).]

Philostrate, dans ses Images (*^),dit

?ue les barbares qui liabitcnt près de Océan coulent des couleurs sur de l'airain chauffé, et qu'elles s'unissent au métal ; puis que, devenant aussi dûtes que la pierre, elles conservent les

(*) Il est question de décorer de peiiUures monumentales sur lave émaillée , l'église de Saiiil-Yincrnt de Paul. Nous ne pouvons qu'aj>plaudir à ce projet , dont la réalisalioa serait de nature à développer en France la grande peinture noaunieotale» impossible avec la fresque, à cause de son peu de durée, et avec la mosaïque , à cause de la cherté de la main-d'œuvre. Nous examinerons à Parlij clc Mosaïque les raiscns qui nous font préférer à cet art la peinture sur lave émaillée; MUS nous oonlenlcnHM d'affirmer ici aue la mosaïque devra saut nul doule eèder le pas i l'émail.

("j Lib. I, c 28.

dessins qu'on y a tracés. Ce passage, im texte de Pline (*) , et des ûèo&ùm^ tes récentes de bromes émalllés trouvés

dans des tombeaux gallo-romains (**), ne laissent aucun doute sur ce fait, que les Gaulois connaissaient l'émail.

Jusqu'au tèmpsde saint Éloi, il n'est plus question d'éntnux dnns les Gaules, A cette époque, des traditions respectables attestent l'existence d'orfèvresémailleurs à Limoges. On peot difficilement mettre en doute ces traditions, lorsque l'on sait que toute Torfévrerie de ces siècles reculés était couverte de

f»ierreries et d*émaox , et que saint Éloi ui-méme , orfèvre célèbre , comme on sait, est quelquefois désigné comme éinailleur. Il est incontestable d'ailleurs

S[u'au dixième siède il y avait des émaileries célèbres dans les Gaules; et comme au douzième siècle nous les trouvons établies à Limoges, rien ne s'oppose à ce que l'on admette, avec les traditions du pays , que , dès le septième siècle , cette ville possédait des émailleries, qui sans doute v avaient été fondées dès la période gauloise. Quoi qu'il en soit, dès la fin du douzième siècle, Limoges avait une grande célébrité pour la fabrication des émaux , que Ton connaissait alors sous le nom de opus de LÀmogia, labor UmogisBi opus LemooUUium.

Appelés byzantins par d'ignorants antiquaires , qui ont confondu le style gothique et le style byzantin , malgré leurs différences, les émaux de Limoges ont été trop souvent , par une simple confusion de nom , attribués aux artistes de Constantinopie, qui ont eu aussi dans ce genre une certaine célébrité pendant le moyen âge, surtout vers le dixième si^le.

JSous ne connaissons d'autres noms d*artistes émailleurs do moyen âge que celui de fFilelmus, qui décora la crosse de l'évoque de Cli.irtres Rafïenfroi, mort vers 960, et celui de Claudius Alpals de Limoges , du treizième siècle. Mais l'époque la plus brillante pour la ma« nufacture de Limoges fut le seizième siècle. Ce fut surtout à la protection de

(•)Lib. xxxitf, c. 17 , S 48, 1>« b*eoeH-

Ubus.

(**) A Maraal, Meuilbe, ia3S; à Uval,

imàSL L'UNIVERS. ÉMAII.

François I** qoe cet établisMincnt national dut sa prospérité. Il serait difCeile de décrire ici les œuvres iiinombrnbles des artistes limousins ; nous prêterons nnvoyer nos leeteurs aui collections du Louvre , et à celles de plusieurs amateurs de Paris et dp province , ainsi

au'aux planches de l'excellent ouvrage e H. Dusonmierard , les jirte au moffenàge.

Nous devons citer les noms des artistes qui ont produit ces chefs-d'œuvre.

tJstê d«i immSUnn d$ Umoges depuis te uigième uieU,

W. Brrnard , i-* sit'irlr

Jelinn Courtois ou Court, dit Vi;;i«;, t556

l'ieriv Cmirtnis ou Cort<-\ i;, i .'i;!!! ■ i SCS.

Sazaonc Courtois , ou Corlejs, oo Court oa <ie Court,

Joaeph Liodin , fia dn xj* aUd» tt WMMWWiBt dai8*tfMe.

Nicolas I^udin.

Valérie Laadin.

Lauri'nt.

Léonard . 1610.

Léonard Liinosin , i532-i&8lw

Jahaa LinuMia* 16* aiéde.

Itaoe lUrtiB.

Éticnne Mcrsier, sous Henif IV*

Bernard Nouniikier. id.

J -1). Nouailhier, fin dm tf* liAcItL

Joscj)}» IVouaillier.

Pierre Nouailhier, iCBiî-iyty,

Moaaitbicr, fia du iS' siècle.

Von M., mi M. D. Tape . i6« Mê,

j^i^uillon.

N. Péiiicaut , fin du 16* siècle.

Poillcvet, i<)f)4-

U. Poncet, 17' siècle.

KonRayflMndtOvBmMMi, «aStiiMn» sS3S-

On ne peut se dispenser non plus dMndiquer les émaux sur faïence ou sur poterie de Bernard de Palissy, ne serait-ce que pour avoir l'occasion de renvoyer à l'article de cet homme célèbre.

Au diK* septième siècle, outre les

émailleurs de Limoges, il faut citer les orfèvres émailleurs de Blois, Jean ïoutin, Isaac Grisblin, Dubié, Morlière, Robert Vauquer, Louis Hance, Louis du Guernîer, Henri Toutin, Henri Ché* ron , célèbres par leurs bijoux émaillés ; et les Genevois Petitot et Bordier, qui excellèrent dans le portraiL

On pourrait mentionner, parmi les œuvres les plus remarquables de l'époque, les belles pièces d'orfèvrerie émailfte, oooservéM dans la salle de Henri IV au Louvre.

« Petitot avait donné au portrait en

émail une perfection extrême ; mais en même temps il avait porté à la peinture sur émail un coup funeste. £q effet, en se livrant exclusivement au genre du portrait , il entraînait avec lui tous les autres émailleurs à ne plus faire que des portraits ; c'est peut-être là une des causes réelles de la chute de la grande peinture sur émail et de la manufacture de Limoges (*). »

Il est à remarquer qu'après Petitot, on ne fit plus que des portraits en émail. Hubin, Louis de Châtillon, Guerrier, Souhaitrond, Touron , Ch. Boit, J. Leblanc, Jacques-Philippe Ferrand, Bouquet , soutenaient cependant Tart de rémailieur en décadence, pendant Qu'à Limoges il se perdait avec les ébauches grossières des Nouailhier.

Vers 1777, la peinture sur émail se releva avec Pierre Pasquier et Weiler, qui furent tous deux membres de l'Académie de peinture (voyez ces noms).

£n 178â , le gouvernement chargea Weiler , dont le talent était fort distin* gué, de faire sur émail les portraits des nommes célèbres , afin de transmettre leurs traits à la postérité. Weiler exposa un assez grand nombre de ces por* trnits ; mais sa mort (1791) interrompit ses travaux. Sa veuve et son élève, madame Louise Kugler, continua son œuvre malgré la révolution , et , en l'an ' xn, elle exposait encore de beaux portraits , et se louait de la protection que lui accordait le pouvoir.

Il faut citer parmi les artistes qui ont fleuri depuis 1800 : madame Cadet, Kanz, Soiron, Augustin, mademoiselle Cliavassieu d'Audebert , Constantin , Counis , Fouquet , madame Bouillet , etc. Nous avons dit de quels développements étnit susceptible l'art de Témailleur, nous nous contentons de rappeler ce que nous avorn» dit en coininenoant

(*) Recherches sur l'histoire de la peinture sur email dans les temps anciens modernes, et spécialement en France , par L» Dussiciix, r vol. in-S», Paris, rhez I ehMix , ouvrage auquel l'Académie des iiiscriutioos et belTei4eltres a donné une mention Honorable en 184t. Nous noii.s sommes servi Ac. ret ouvrage pour la rtJaclion de ret arlirle. Nous y renvoyons nos lecleurs, pour les détails que noire cèdre ne conporUut pe».

EMBABUf FAAKGË. BMlAtEtt 100

oet article; et noaa espérons avec Tau- formait la gauche , et a'appuyait aa

leur du livre que nous citions tout à Nil

l'heure , « que la Frafice , qui a tant Avant que les ordres pour l'attaque fait pour le perfectionneineot de cet art fussent parvenus aux cinq coros fran- ' précieux , qui le compte comme une de çais , les mameluks sortirent oe leurs ses gloires nationales, non-seulement retranchements, et s^élancèrent sur Desaura le conserver, mais lui donnera saix et Reynier. Nos troupes, formées des développements plus considérables en carrés, les attendirent avec un calme que ceux quMl a déjà reçus. » et un courage qu'aucune expression ne Embabeh (bataille et prise d*). Le peut rendre, et quand ils arrivèrent k 20 juillet 1798, Bonaparte, poursuivant portée de fusil, firent un feu si bien sa marche victorieuse sur le Caire, ap- nourri, si bien dirigé, que ie sol fut en prît à Omedfnar que les mameluks, un instant couvert B*hommes et de che» qu*il avait battus et dispersés dans la vaux tués ou blessés. Vainement revin* journée du 16 à Chebreïss, s'étaient ral- rent-ils huit ou dix fois a la charge, liés au nombre de 7 à 8,000 , et l'atten- tous leurs efforts pour percer les carrés daient à une demf-lieue en avant d*Em- demeurèrent inutiles, babeh, village situé sur la rive gauche Cependant Bonaparte avait envoyé du Nil, en face de celui de Boulaq, qui aux généraux Bon, Menou et Kléher sert de faubourg et de port au Caire, l'ordre de faire former en colonnes d'atsur la rive droite. taque les premières et troisièmes divi- Les bevs s'attendant à être atta- sions de chaque bataillon, tandis que qués par ïes deux rives, avaient divisé les deuxièmes et quatrièmes, toujours leurs forces en deux armées que liait en carrés , resteraient à leurs places entre elles une nombreuseflottille. Mou- respectives , et de les diriger au pas de rad à la droite do fleuve avait renfermé charge contre les retranchements et le dans Embabeh 20,000 fantassins, cou- village d'Kinhabeh. Ot ordre s'exécuta verts de quelques retraiiclieinents et sans retard. Les retranchements étaient défendus par 40 pièces de grosse arlil- défendus par trente-sept bouches à feu; lerie; 3,000 Arabes gardaient Giseh, et en outre, deux chébecs tiraient sur le 6,000 mameluks avec leurs fellahs flanc cnuche des colonnes et des carrés, (suivants) rangés le long du Nil établis- Ni la mitraille, ni les boulets ne ralensaient la communication. Cette armée tirent l'impétuosité des troupes fraude Tooest était forte d^environ 40,000 çaisea ; elles eurent bientôt pénétré jushommes; Ibrahim et le pacha, à la qu^au milieu du village, et l'ennemi, tête de quelques mameluks, des spa- ne pouvant résister a tant d'ardeur, bis, des janissaires formant l'armée chercha son salut dans la fuite. Mais orientale (15 à 20,000 combattants), Bonaparte Gt obliquer les troupes rescouvraient les remparts du Caire. tées en carrés , et Tempécha ainsi de Le lendemain 21, les troupes fran- s'embarquer pour atteindre Boulaq sur çaises se mirent en mouvement à deux la rive droite. La masse des fuyards , fieures du matin ; elles arrivèrent avant culbutée, et un grand nombre furent ie jour en présence de la ligne ennemie , tués ou noyés dans le Nil. Voyant Tatet, quand parut le soleil, aperçurent taque et l'occupation d'Eniba'beh, les pour la première fois les pyramides de mameluks , qui cherchaient toujours à Gizeh. Ce fut alors que Bonaparte , en entamer les divisions Desaix etReynier, les leur montrant, prononça les paroles vers la droite, filèrent eux-mêmes le devenues historiques : a Soldats, son- long du Nil, et se retirèrent vers la ge% qve^ du haut de ces monuments , haute figypte.

nwiUe siècles vous contemplent ! » Chose qui paraîtra incroyable, mais

. it ensuite pour ie combat les dis- qui n'en est p^s moins de la' plus exacte

positions suivantes : la division Desaix vérité, cette mémorable bataille d'Em-

tenait la droite vers Gizeh ; après elle babeh , communément dite des Pyra-

venait la division Reynier^ la division mides, à cause des gigantesques mo-

Kléber occopait le centre ; suivait la di- numentsquifurenttémoinsdes prodiges

vision Menou; enfin la division Bon de valeur que les Français accomplirent

T. Tii. 14* Lkfraism. (Dict. bncycmk, btg.) t4

BWmiT» L'UHIVERS. EHISRIAU

dàns la joornée du 31 juillet 1708 ; cette

bataille , qui ouvrait à Bonaparte les portes du Caire, où il entra 1p lendemain, ne lui coilta que 40 morts et 127 blessés. L'ennemi, outre plus de 10,000 morts, perdit 40 pièces de canon, 400 chamenux rh.'u'gés, toutes ses tentes, vt nombre de chevaux richement émiipcs.

I^os soldats (ireut un immense Lutin, car les mameluks étaient magnifiquenient vêtus, portaient leurs plus belles armes , et avaient sur eux tout ce qu'ils possédaient d'or et d'argent.

Embaumbhbiit. Voyez FmtiBAiL-

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