ECLAIRAGE
tortifont ptos librement, que les rues
en seront bien plus fréquentées de nuit (ce (jui contribuera beaucoup à exempter la ville de Paris de voleursj , et que Von pourra fort- souvent rencontrer des occasions d'estre esclairé sans qu'il en conste rien, en suivant lesdits porteflambeaux et porte-lanternes , lorsqu'ils éclaireront d'autres personnes.
« Outre les commoditez que cet es* tablisseiiiont apporte à ceux qui se feront esclairer, il eu (ionne d'autres à ceux qui seront employez à cet exercice,
Sar exemple à quantité de manœuvres, e beaucoup de sortes de mestiers, qui, dans la saison de l'hyver, ne peuvent trouver aucun travail pour gaigner leur vié, et à quantité de pauvres gens , d'y faire occuper leurs entants de guinze à seize ans, qui bien souvent ne rontrîen
et leur sont à charité
« Le bureau est establv rue Saint- Honoré, près les piliers des halles; il sera ouvert le quatorzième oetobre
Malgré tant de commodités, il ne parait pas que Tentreprise des porte-lanternes ait prospéré.
Enfin, en 10f»7, la Reynie, le premier licutcuant de police, conçut le projet d'éclairer Paris avec quelque régularité. On suspendit d'abord une lanterne garnie d'une chandelle allumée, h chaque extrémité de rue , et une autre au milieu, innovation si importante que pour en éterniser le souveniron frappa une médaille avec cette légende: Urbis securiias etîiUor. Mais cet éclairage n'eut lieu d'abord que depuis le 1"'' novembre jus-
2a*an demierjour de février. On sentit ientùt la nécessité de prolonger cet espace de temps, et un arrêt du 23 mai 1671 ordonna qu'à l'avenir on alimnerait les lanternes depuis le 20 octobre jusqu'au dernier jour de mars (*). Un édit de juin 1G97 étendit l'éclainige à toutes les villes du royaume.
On trouve, dans les lettres de madame de Sévigné , quelques lignes relati ves au nouveau mode d'éclairage. «Nous trouvâmes plaisant, écrit-elle a sa fille, ie 4 décembre 1673, d'aller ramener madame Scarron à minuit , au fin fond du faubourg Saint-Germain, fort au delà
(*) Félibien, Hist. de Paris t. V, p. ai ;.
de madame de la Fayette, quasi auprès
de Vaugirard. dans la campagne
Nous revînmes gaiement à la faveur des lanternes, et dans la sûreté des volenrs. »
Plus tard, les lanternes furent allumées pendant neuf mois, dont on exceptait encore les huit jours de lune.
En 1729, la capitale compta 5,772 fanaux. M. de Sartine proposa une récompense à celui qui perfectionnerait ce service public, et alors furent inventés les réverbères. Bourgeois de Châteaublane et Tabbé Matherot de Preigncy, auteurs de ce Système, obtinrent par lettres patentes , enregistrées le 28 décembre i745, le privilège de l'entreprise. Les réverbères eurent un succès d'enthousiasme. Un M. Valois d*Orville publia à leur louange, en 1746, un petit poëme assez curieux, intitulé: JLeshfoU' velles Lanternes.
Après avoir peint la lutte de Pbébus et de la Nuit, le poète fait parler ainsi Jupiter, en réponse au dieu du jour :
Le rè^ne da Ui nuit éiawtmai* va finir; Dst neitola Nnomnct par kor mm indoitrio^ Oe leurs elimtu sont prêta à la HUinir.
Vois les elTr!'; de Iriir ;j''nie i Pour [liiioT la luinii!!!; i» un corps transparent, Avec un verre épais, une lampe r^t fcrinte. JDaoa ton antre une mécbc . avec art eidetmée.
Frappe un réverbéra relatant.
Qui , d'abord la réflêchîaiailt.
Porte contre la nuit m splendeor enflanm^
Globes brillants, ;iitits nouveaux, Que tout Paris admire au iniliiu des tcucbrcs(*)f
Dissipez leurs horreurs funèbres
Par la clarté de toi flambeau.
Déjà , pour lever tow obetadae, Du monarque français ou implore l'appui. IS'ous ne farorisons les humains que par toi.
Des dieux les rois sont les ui aclee.
Poor ne rien hasarder , enfin , n diarge de Tliéniis les ministres fidèfa» (**) D'examiner les machine» BOUfelIcs:
Quel avantage on leur trooTe soadaltt I Chaiem yieconnait l'uiiliic publique.
En 1769, Châteaublanc fut de nouveau charge pour vingt ans de l'éclairage des rues de Paris. Le nombre des réverbères augmenta successivement On comptait alors 7,000 becs, alimentés par 3,500 réverbères ; il y en avait 11,060 en 1809, 12,672 en 1821.
Dès Tannée 1811, Lebon, ingénieur
(') Les lanternes qui sont aii Louvre (iV'o/« du poète).
(•*) Le privilôge enregistré au parlemflntf le 28 déceiulire 1745 {I\lot« du poète).
T. Vil. 2* lÀvraUon, (Dicz. sngycl., btg.)
français, avait imaginé le prooédéd'édairage'par le {;az ; cette découverte qui attira aussitôt l'attention des Aiifilnis. Mais ce ne fut que sous radministratiori de M. Chabrol de Volvic, préfet de la Seine , ^ue les premiers appareils à gaz furent établis à Paris.
L'éclairage domestique ne fit guère de progrès rapides que depuis Tintroooctioiit en 1785 . du procédé qni a gardé le nom de Quinquet, Tun de ses inventeurs. Vint ensuite le système d'Ami-Argant ; enfin des inventions récentes ont doté cette industrie de perfectionnements qui laissent maintenant peu de chose à désirer.
ÉCLAiREUBS. On désigne par ce nom des troupes d'infanterie ou de cavalerie, spécialement chargées d*explorer le pays, ann de reconnaître la position de Ten* Demi et d'éviter les embuscades. Jusqu'à la fin du dix-septième siècle, le service d'éclaireurs fut rempli par des compagnies spéciales appelées, dans la cavalerie, carabins, et. dans l'îrif interie, enfants perdus. Os derniers ont pris, plus tard, le nom de découvreurs. Pendant la eara pagne d'Italie, le général Bonaparte avait créé un corps de guides destinés à marcher à la téte des colonnes, à suivre le général en chef dans ses reconnaissances , et à lui tenir lieu de garde. De nos jours, les fonctions d'éclaireurs à pied sont remplies par les compagnies de voltigeurs. I.es éclaireurs à cheval sont pris dans les r^iments de cavalerie légère. Les dix bataillons de chasseurs d'Afrique, indépendamment des services qu*i!s sont appelés à rendre contre les Arabes, seront , pour l'armée , une pépinière d'excellents éclaireurs. Leur armement, la variété de leurs manœuvres , la couietir même de leur costume, sont combinés pour ce genre de service. Quant à la ca- ▼alerie, une ordonnance du 8 septembre 1941 porte qu'en cas de guerre » il sera formé, pour le service des étals-majors, deux régiments de chasseurs à cheval ffuides f de six es|ca4roos chacun.
ÉCLUSE (H, villa^ situé sur la frontière d'Espagne, département des Pyrénées-Orientales, arrondissement de Céret. C'était, sous Tadministratioii romaine, un poste militaire assez important, que I on désignait par le nom de
Clausurœ: il était défendu par deux châteaux oont on voit encore quelques restes. "Waniba, roi des Wisigotlis, s'en
empara vers l'an G73.
Ecluse (fort 1') ou de la Cluse, ancienne forteresse du département de l'Ain, arrondissement de Gex, située
dans le défilé qui commence nu sortir de Bellegarde. C'était un des plus an- ' Ciens boulevards de la Savoie. Les Autrichiens l'ont détruit lors de Tinvasion de 1814 ; il n'n pas été relevé depuis.
Écluse fl)ataille navale de 1' (*)).— Au mois de juin 1340, Édouard 111 avait mis à la voile vers la Flandre, à la téte d'une flotte montée par ses meilleurs soldats. Nos vaisseaux se tenaient prêts à lui disputer le passage. Ils étaient au nombre de plus de cent quarante, et portaient plus de quarante mille hommes. Mais les commandants français, Hniiiies Qiiiérel, le prand amiral', et Pierre Bahuchet, le trésorier de la couronne, avaient peu d'expérience de la mer, et se refusaient à écouter les avis de leur collègue, Barba vara de Porto- Venere, qui n'était, selon eux, qu'un corsaire peu digne d'élever la voix de* vant tant de chevaliers. Ils s'étaient obstinés à rester prés de la terre, resserrés dans une anse voisine derÉrIuse, où ils ne pouvaient pas manœuvrer. Le roi d'Angleterre prit l'avantage du vent et du soleil, et disposa habilement sa flotte, tandis que les FraiM\'!is iniînobiles s'émerveillaient de ces nianœuvres, disant : « lis ressoignent et îeettlent, «car ils ne sont pas gens pour com- « battre à nous. » Cependant les ennemis vinrent tout à coup les attaquer à pleines voiles. Des crochets de ter rapprochèrent les vaisseaux des deux flottes, et alors coniinença une bnfaille acharnée qui dura depuis six heures du matin jusqu'à midi (24 juin). Les Français furent défaits et presque entièrement anéantis. La perte totale fut évaluée à trente mille hommes, dont l« uart seulement appartenait à l'armée Édouard. Barbavara , qui avait pris le large, échappa seul avec sa division; Quiéret fut fait prisonnier, puis tué de (*) L'Ecluse (S/usa) dont il saisit dans cet article, est unejx'lite ville de la Flandre bollaodaiw , à 4 kil. de la luer, entre Anknhowtfi et Brugei.
ÉGOLATRE ' FRA
sang-froid ; on pendit Bahuchet au mât de son navire; Édouard lui-même fut légèrement blessé à la cuisse. Malgré cette grande victoire, le roi d'Angleterre échoua dans sn seconde expédition comme il avait échoué dans la première, et conclut bientôt une trêve qui suspendit les hostilités poor deux ans , * jusqu'à ce que les querelles des ducs de ISIontfort et de Blois lui donnassent en Bretagne « plus belle entrée au royaume et pliis profitable {*). »
Ecluse (sièges de V). L'armée françnise s'était emparée de PÉcluse , en 1647 ; Louis XIV la rendit aux Hollandais, en 1649, à la paix d'Aix-la-Chapelle.
Cette ville tomba de nouveau en notre pouvoir en 1794. Ladivision deMoreau, qui s'était déjà couverte de gloire à l'attaque de Itle deCasséndria, déploya encore, dans cette circonstance , une rare intrépidité. Lue seule diizuc , couverte deux fois par jour à la iiaute mer » permettait d'approcher de la plaee , encore sous le feu croisé de l'ennemi. Ces dangers ne rebutèrent point le soldat, La sape fut conduite avec de simples fascines jusqu'à portée du pistolet des batteries. Les troupes, souvent dans l'eau et dans la boue jusqu'à la ceinture, au lieu d'aller aux balteries par des tranchées, n'y marcliaicnl jamais qu'à découvert, a?êc une bravoure sans exemple.
I/Ériuse se rendit enfin le vinj^t-deuxième jour du siège (26 août 1794). Il s'y trouvait encore cent cinquante bouches à feu , huit mille fusils et cent milliers de poudre. 2,000 hommes, formant la g<->rnison, déposèrent leurs armeset iiuit drai)eaux sur les glacis. .
ECOLATBI {scohaHcus). — On désignait sous cette dénomination un ecclésiastique pourvu d'ime prébende, à laquelle était atrache le droit d'institution et de juridiction sur ceux qui étaient chargés d'instruire la jeunesse. Dans, quelques églises, la charge d'écolâtre' était une dignité; dans d'autres, ce n'était qu'un simple office. L'établissement des écolâtres est aussi ancien que cdui des écoles, qui se tenaient dans la
(*) Vo^ez Froissard. Uv. i,ch. oô, 121 .et-taa.€oatiDaat. de Naogb, p. 103, 104. TiUaiii, liT. xi, éh. 107.
(CE. ÉCOLES l§
maison même de l'évêque, dans les principales églises, et dans les abbayes et monastères. Il est question de ces dignitaires dans les actes des deuxième et quatrième conciles de Tolède , et dans celui de Mérida, en 666; mais ils ne furent connus que plus tard sous le nom d*écolâtres. Le concile de Tours, en 1583, contient plusieurs rè^'Iements relatifs aux écolAtres. et les charge, ainsi
Sue les chanceliers des églises cathérales , d'instruire oeox qui doivent Mré et chanter dans les offices divirià. Le conv'-il Bourses, en 1584, ordonna que les écolâtres fussent choisis parmi les docteurs et les licenciés èn théologie ou en droit canon.
Écoles. — Lorsque les Romains eurent achevé la conquête de la Gaule, ils cherchèrent à y atfermir leur domination piir des. institutions durables, et l'ancienne capitale des É luens, Autun, vit s'élever dans son sein une école où furent enseignées la langue latine, la législation (t les sciencès romainesi, Bientôt de {tareilles institutions furent fondées à Marseille, à Lyon, à Toulouse, à Arles, à Vienne, et les lettres grecques et latines y brillèrent d'Un vif éelat. De plus, dans la maison de tout riche particulier romain, il y avait une école où les jeunes esclaves étaient instruits par des pédagogues esclaves euxmêmes. Durant les guerres civiles qui d^olèrent la Gaule au premier et au second siècle de notre ère. la plupart de ces établissements furent détruits; mais ils reparurent sous les règnes de Constance Chlore et de Constantin.
Constance, en faisant rebdtir la ville d'Autun, ruinée lors de la crémière révolte des Bagaudes , y rétaolit les académies qui rayaient fait surnommer r ifhênes des Gaules. Il y appela les professeurs les plus renommés de la Grèce et de l'Italie, et en confia la direction an rhéteur Eumène, auquel il écrivit une lettre curieuse qui nous a été conservée, et qu'il termine ainsi : « Pour a te témoigner la considération particu- « euliêre que nous avons de ton mérite, « nous t'assignons une somme annuelle « de trois cent mille sesterces. » Mais les nouvelles écoles, appelées d'abord municipales, et plus tard impériales , ne purent résister à rinfluenoe toqjouis
ificOLES L*UNIVERS. écoiM
croissante du christianisme et à la décadence intérfeore de l*einpire. « Les clas-
■es ffupérieures, dit M. Guizot, étaient
en pleine dissolution; les écoles tombaient avec elles; les institutions subsistaient encore , mais vides : Pâme avait quitté le corps. » Vers -la Gn du cinquième siècle, les grandes écoles municipales de Bordeaux, de Trêves, de Poitiers, de Vienne, etc., avaient disparu, et à leur place s*élevèrent les écoles dites cathédrales ou épUcopaks,
f)arce que chaque siège épiscopal avait a sienne. Quelques diocèses en possé- ' datent encore d'autres dont H serait difficile de faire connaître Torigine: telle fut l'école de INIouzon, qui devint trèscélèbre , quoique Reims , dans le diocèse duauel elle était située, eilt aussi une école épiscopale. Bientôt des écoles furent annexées à la plupart des monastères, et l'on vit le clergé créer dans les campagnes ces écoles ecclésiastiques, dont le concile de Vaison; en 599, recommandait instamment la propagation : « D'après la coutume d'Italie, estce il dit dans les actes de cette assemblée, « tous les prêtres de la campagne rece- « vrontches eux les jeunes lecteurs non « mariés, pour les élever ainsi que de « bons pères, pour leur apprendre à lire « et à écrire, et pour les instruire dans « la loi de Dieu. »
Les écoles épiscopales paraissent avoir eu un but et un emploi très-restreints; elles étaient destinées à fournir aux besoins de réglise et de l*évéque ; on 8*at» . tachait surtout à y former des lecteurs et des chanteurs pour l'office divin.
C'étaient plutôt des séminaires que des écoles proprement dites. Il n'en était pas de même des écoles monastiques, où les lettres profanes faisaient souvent partie des études. La régie prescrivait aussi de copier les manuscrits , de s'exercét au chant, etc. On y donnait en outre les notions astronomiques et mathématiques nécessaires pour déterminer les fêtes mobiles et composer les cycles qui en fixaient l'époque. Cependant, dans tous ces établissements, la théologie était la base de renseignement. Les autres sciences n'y étaient étudiées que sous ie point de vue de leurs rapports avec celle-là.
Les écoles épiscopales les plus floris-
santes du sixième au huitième siècle Airent celles de Poitiers, de Paris, du Mans, de Bourges, de Vienne, de Châ-
lon-sur-Saône, d'Artes et de Gap. A Clerinont eu Au\eri;tie, il y avait, outre l'école épiscopale, une ecoie où Ion enseignait le opde théodosien. Parmi les écoles monastiques les plus remarqua- .
bles , nous citerons celles de Luxeuil, de Fontenelle ou Saint-Vandrille, de Sithin en Normandie, de Saint-Médard à Soissons , et enfin celle de Lérins dans les îles d'Hières.
Mais sous les derniers rois mérovingiens , ces écoles étaient tombées dans une complète décadence, par suite de l'usurpation de la plupart des possessions ecclésiastiques par les seigneurs laïques. Charles-Martel et Pépin cherchèrent à les faire revivre ; mais c'était à Charlemagne qu'était réservée la gloire d'une entière restauration. Ce prince, secondant le mouvement littéraire qui se manifestait partout, fonda dans les évéchés et les monastères des écoles où les laïques eux-mêmes devaient être admis. « Que votre dévotion agréable à « Dieu, écrit-il à l'abbé Bauguif, sache « que, de concert avec nos fidèles , nous « avons jugé utile que, dans les épisco- « pats et dans les monastères confiés « par la faveur du Christ à notre gou- « vernement, on prît soin, non-seole- « ment de vivre régulièrement et selon « notre sainte religion , mais encore «> d'instruire dans la science des lettres « et selon la capacité de chacun ceux qui « peuventapprend re avecraidedeDieu...
o Car quoiqu'il soit mieux de bien faire « que lie savoir, il faut savoir avant de a faire... Or, plusieurs monastères nous «ayant, dans ces dernières années, n adressé des écrits dans lesquels on « nous annonçait que les frères priaient « pour nous dans les saintes cérémonies « et leurs pieuses oraisons, nous avons « remarqué que dans la plupart de ces « écrits, les sentiments étaient- bons et « les paroles grossièrement incultes, car «ce qu'une pieuse dévotion inspirait « bien au dedans, une langue malhabile « et qu'on avait nçL^liizé d'instruire ne ft pouvait l'exprimer sans faute. IVous « avons dès lors commencé à craindre « que, de même qu'il y avait peu d'ha- « Dileté à écrire, de même rintelUgenoe
ECOLES
FRANCE
lécOLES
« des saintes Ecritures ne fût beaucoup « moindre qu'elle ne devait être. Nous « vous exhortons donc non-seulement à «ne pas négliger l'étude des lettres, « mais à travailler d'un cœur humble et « agréable à DIpu, pour être en état de « pénétrer facilement et sûrement les « mystères des saintes Écritures. Or, il « est certain que., comme II y a dans les «saintes Écritures des allégories, des «figures et autres choses semblables, « celui-là les comprendra plus facile- « ment , et dans leur vrai sens spirituel, « qui sera bien instruit dans la science « des lettres. Qu'on choisisse donc pour « cet œuvre des hommes qui aient la « volonté et la possibilité d'apprendre et • « Tart d'instruire les autres... Ne man- «que pas, si tu veux obtenir notre fa- « veur, d'envoyer un exemplaire de cette « lettre à tous les évêques suffragants et « h tons les monastères. »
Cette recommandation de Charlemagne et les efforts des évêques ne restèrent pas vains : partout des écoles s'élevèrent d'où devaient sortir les hommes les plus illustres du siècle suivant; par exemple, celles de Ferrières en Gatinais; de Fulde, dans le diocèse de Mayeuce; de Keiciienau, dans celui de Constance; d'Aniane, en Lançiedoc; de Fontenelle ou Saint- Wandrille, en Normandie.
Les laïques furent admis dans ces éeoles, car II n*y avait plus de séparation entre les deux sociétés civile et religîeiise: !e clergé avait repris son véritable rôle de promoteur du développement intellectuel. On lit dans un capitulaire de Théoduif , évéque d*0rléan8, les deux articles suivants :
« Si quelqu'un des |)r(Hres veut en- « voyerà l'école sou neveu ou tout autre « de ses parents, nous lui permettons de « renvoyer à l'église de la Sainte-Çroix, « DU au monastère de Saint- Aignan , ou «de Saint-Benoit, ou de Saint-Lazare, « ou à tout autre des monastères confiés « à notre gouvernement.
« Que les prêtres tiennent des écoles « dans les bourgs et les campagnes ; et si « quelqu'un des fidèles veut leur confier « ses petits enfants pour leur faire étu- « dier les lettres , qu ils ne refusent point « de les recevoir et de les instruire, mais • c|u'au contraire ils les enseignent avec
« une parfaite charité, se souvenant quMI « a été écrit : Ceux gui auront été 5a- « vants brilleront comme les feux du « firmament, et ceux qui en auront « instruit plusieurs dans la voie de la « justice, luimn t comme des étoiles dans « toute l'éternité. Etqu'en instruisant les « enfants , ils n'exigent pour cela aucun « prix et ne reçoivent nen, excepté ce « que les parents leur offriront volontai* « rement et par affection. »
Le moine de Saint-Gall parle aussi d'une école d*enfants que Charlemagne aurait instituée et coimée à l'Écossais Clément, et il raconte h. ce sujet une de ces anecdotes tres-peu authentiques dont il est fort prodigue, mais qui peignent si bien la cour du monarque frann.
Pour mieux encourager les efforts du clergé, Charlemagne donna lui-même l'exemple, en fondant l'école palatine qui le suivait partout dans ses expéditions , et à la tête de laquelle il avait placé Alcuiu. Parmi ceux qui assistaient aux leçons d'Alcuin se trouvaient les trois fils de Charlemagne, Charles, Pep^n et Louis, sa sœur, et sa fille Gisia; les conseillers ordinaires Adalhard, Angiibert, Flavius Damœtas, Éginhard, l'archevêque de Mayence Ricolf , et Ricbod , archevêque de Trêves. Le maître parlait là de toutes choses. Il nous reste une dispiUaiio ou conversation entra Alcuin et Pépin, qui donne une singulière idée de ces leçons. On peut en juger par l'extrait suivant.
Pépin. Qu'est-ce que l'écriture?
Jlcuin. La gardienne de l'histoire.
P. Qu'est-ce que la parole?
A. L'interprète de râme.
P. Qu'est-ce qui donne naissance à la parole.
A,'\jbl langue.
P. Qu'est-ce que la langue?
A. Le fouet de l'air.
P. Qu'est-ce que l'air?
A» Le conservateur de la vie.
P, Qu'est-ce que la vie?
À. Une jouissance pour les heureux, une douleur pour les misérables, l'attente de la mort.
P. Qu'est-ce que la mort?
A. Un événement inévitable, un voyage incertain, un S(ij(;t de pleurs pour les vivants, la conlirmation des
ÉCOLES
L'UNIVERS
ÉCOLES
testaments , le larron des hommes.
P. Qu'est-ce que l'homme?
y/. L'esclave de la mort, un voyageur
passager, bdte dans sa demeure...
P. Comment l'homme est-il placé?
A. Comme une lanterne exposée aux vents.
Nommé abbé de Saint-Martin de
Tours , et chargé par l'empereur de réformer ce célèbre monastère, Alcuin s'occupa surtout de l'école qui y était annexée, et qui brilla dans le siècle suivant du plus vif éclat. Voici en quels termes, dans une de ses lettres, il rend compte de ses travaux à Cbarlemagne :
« Aux uns, dit-il ,*j'ofrre le miel de TÉ- «eritiire; je m'efforce de nourrir les « autres des fruits de la subtilité gramv« maticale. I) eo est que j enivre du vin « des sciences antiques ; il en est un « petit nombre que j'éclaire de la splen* « deur et de l'ordre des astres. » Cette organisation de l'enseignement nous offre le premier exemple du système d'instruction suivi dans tout le moyen âpe, et qui avait pour base le friviùm, comprenant la grammaire , la rhétorique et la dialectique, et le guadrivium, comprenant Tarithmétique , la géomé* trie, la musique et l'astronomie; divisions déjà adoptées dans les écoles antiques. ÏNous ne devons pas oublier de dire que dans l'école de Tours il y avait une salle spécialement destinée aax copistes de manuscrits; on y voyait une inscription en vers composée par Alcoin, ^ui enjoignait aux copistes la plus minutieuse «exactitude, et leur recommandait expressément de ne pas mettre un mot pour un autre et de ponctuer avec soin.
Ce serait une erreur de croire que la mort de Charlemagne ait entraîné immédiatement In décadence des établissements d'instruetion qu'il avait fondés.
Ses successeurs, et en particulier Louis le Débonnaire et Gliarles le Chauve, continuèrent son œuvre sous ce point de vue. Dans le concile de Paris, tenu en S29, les évê^ues demandèrent au roi Louis que, suivant la tradition paternelle , il fondât trois écoles pooli* ^es dans les trois villes les plus considérables de son royaume. Ces éroies publiques ressemblaient assez à celles
qui plus tard prirent le nom d'universités. Un autre fait assez curieux est la fondation, eo 834, d'une école gratuite à Tabbaye de Saint-Martin de Tours ,^ par Adalard , parent de Charlemagne.
Charles le cfiauve, comme on le sait, avait hérité de l'amour de Charlemagne pour les lettres. « Il philosophe bien , dit un auteur oontempor;iin , et il tient les rênes des philosophes de son empire... Son [)alais est une école des arts libéraux. On contemple avec admiration , dans la cour de la dignité royale, le fiymnase de toutes les seiences. M Ce [irince releva l'école palatine, en y appelant des savants étrangers , et elle prospéra tellement « que , suivant le même chroniqueur contemporain . la Grèce aurait envié le sort de la France, et que la France n'avait rien à envier à rauliuuité. » i.es esprits furent si frappés de i*éclat que jeta la culture des lettres sur la cour de ce prince , qu'au lieu de dire Vécole du paiaiSj on disait le palais de l'école. Ajoutons encore que, dans deux conciles tenus l'un en 855, et l'autre en 859, des dispositions furent prises pour relever l'enseignement des lettres divines et humaines.
Malgré les terribles désastres qui signalèrent la chute de la dynastie carlovingienne, on ne peut {)as dire que, dans la série des travaux intellectuels , il y ait eu solution de continuité du neuvième au onzième siècle. Les écoles de Paris, de Reims, de Flenry-sur- Loire, de Lyon et de Tours, qui ne cesaèrent de prospérer, unissent, sous ce rapport, la France carlovingienne à la France capétienne. Plusieijrs autres écoles, qui étaient toinbees en décadence, se relevèrent même pendant cette période; telles furent celles de Marmoutier etdeSaint-Kiquier. Seulement, tandis que le Midi semblait oublier de plus en plus la tradition gréco-romaine, qui s*était longtemps perpétuée dans ses antiques écoles, les Normands, nouvellement convertis, en bâtissant une mulMtude d'églises et de monastères , multiplièrent les écoles dans la partie du territoire où ils s'étaient établis , de telle sorte qu'au milieu du dixième siècle la Normandie se trouva le p^s de France oii il y avait le plus de vie in* *
icou» FRÀHGE. àcùU» 99
tellectueile. Parmi les écoles les plus Illustres de cette contrée, nous citerons : Técole catlinlrale de Rouen , celles de Saint-Ouen, de la Trinité, de .Tiimiége, de Fontanelle , de Fécamp, de Lisieux, de Caent du M ont-Saint-Michel, et surtout celle de Tabltaye du Bec.
Mais toutes ces écoles furent bientôt felipsées par celle de Paris. Cette ville, par Tavénement des Capétiens , était devenue réellement la capitale du royaume.
Dès l'an 900, on avait vu Renii^ moine de Saint-Germain d'Anxprre, venir y enseigner la pliilosophie scolastique. 11 fut remplacé par son disciple Odon, auquel succédèrent d'illustres docteurs, comme Roscelin , Guillaume Cbam-
Çeaux, et son élève et rival Abailard.
•es écoles les plus célèbres étaient sur la montagne Sainte-Genevjère « qu*ua poète contemporain appelle mons amoUionis.
De toutes les parties de TEgrope on venait étudier à Paris. Sous le règne de
Louis VII, ou au plus tard nu commenceiiieiit du règne suivant , les Anglais et les Danois y avaient des collèges fondés pour eux. Bientôt le nombre toujours croissant des maîtres et des élèves, la diversité des nations auxquelles appartenaient ceux-ci , entiii la variété des études, firent sentir le besoin d'une organisation. On vit alors les maîtres des différentes écoles de Paris se réunir en corporation et reconnaître un chef. Les élèves se partagèrent en même temps en quatre grandes nations, sous les noms de France, JugleferrCf Normandie et Picardie. Telle fut l'origine de l'université de Paris, qui absorba toutes les écoles dé la capitale, et à l'exemple de laquelle les autres grandes villes du royaume eurent bientôt aussi leurs universités, dans lesquelles se fondirent également presque tous les autres établissements d'instruction publique. Nous traiterons de ces grandes corporations dans un article à part (voyez Universités). JNous nous Dornerons ici à donner, dans l'ordre alphabétique , rbistoriqiic de quelques ét iblissements, dont le^ uns n'eurent jamais que des rapports indirects avec les anciennes universités, ou ont été fondés depuis leur destruction , et dont les autres , bien que dépendant de
ces grandes institutions, ont eu une telle importance, qu'ils méritent des
articles spéciaux.
, École de cavalerie. Voyez »plus loin, Ecoles militaires.
'École de Marê, Pour résister è l'Europe coalisée, la Convention fit des soldats de tous les Français en état de porter les armes. Mais où trouver des nommes capables d'instruire, d'organiser et de commander ces réquisitionnaires rassemblés à la hâte ? La noblesse et les écoles militaires, ces deux pépinières d'officiers sous TancieD régime , n'existaient plus. Par un décret da 18 prairial an ii, la Convention établit, sous le nom d'école de Mars , un vaste ynmase militaire , ou plutôt un camp ans lequel des jeunes gens de selEeli dix-sept ans et demi , choisis sur tous les points de la république , devaient être formés, par une éducation révolU' tionnaire, aux connaissances et aux mœurs du soldat républicain. Chaque district devait fournir six élèves de Mars ; la moitié devait être prise parmi les citoyens peu fortunés des campagnes , l'autre moitié dans les villes , et de préférence parmi les enfants des volontaires blessés dans les combats ou
Îui servaient la république. L'école de lars était i^lacée a la plaine des Sablons ; les élèves, habillés, armés, campés et nourris aux frais delà république, étaient exercés aux manœuvres de rinfanterie, de la cavalerie et de l'artillerie; ils apprenaient les principes de l'art de la guerre, la fortification de campagne, et l'administration militaire. Les élèves devaient rester sous la tente tant que la saison le permettait. Après la levée du camp, et en attendant qu'ils fussent appelés aux armées, ils étaient renvoyés dans leurs familles. L'école de Mars fut placée sons la surveillanee immédiate du comité de salut public, et le commandement en fut confié à un Jeune représentant du peuple déjà connu par son activité et par son dévouement , le député Le Bas. L'école de Mars fut dissoute presque aussitôt que formée.
L'imminence du péril appela les élèves à la frontière, et soldats, officiers et généraux apprirent la guerreen la ûdsant.
École de eanti, Voyes Éea^ de médecine.
UUNIVKRS.
iSoOLBS
École des chartes. Le but de cette éeole est, comme son nom Tindique , de former des jeunes gens pour le déchiffrement des écritures employées durant le moyen âge , et [jour l'ettide des jiionuments de notre histoire nationale.
La preniière idée de cet établissement est due à Napoléon , qui avait conçu la pensée de créer des bénédictine civils dans une espèce de Port-Royal nouveau, M. de Gérando, secrétaire du ministère de l'intérieur en 1806 , proposa, pour réaliser cette pensée, la création d'un grand établissement national , où des savants âgés devaient former à la connaissance des chartes et des ninniiscrits du moyen âge de jeunes pensionnaires qui auraient fait avec distinction leurs humanités, et qui seraient portés par on goût spécial vers les études historiques. Le duc de Cadore, alors ministre de l'intérieur, soumit ce projet à Tenipereur dans un Rapport sur les moyens d'encourager la culture des ietfyres. Napoléon approuva Tidée, mais demanda un projet f)Ius développé. Sa réponse est datée du camp impérial d'Oslerode, Je 7 mars 1807.
Les événements en empêchèrent la réalisation. Ce fat seulement douze ans après, encore sur la proposition de M.
de Gérando, que le comte Siméon , alors ministre de Tintérieur, fit, au mois de février 1831 , un rapport q^'i fut suivi d'une ordonnnnce dont voici les principales dispositions :
« Il y aura à Paris une école des char- « tes dont les élèves recevront un trai- « tement.
« Les élèves ne pourront excéder le « nombre de douze. Ils seront nommes « par le ministre de l'intérieur parmi « des jeunes gens de vingt à vingt-cinq « ans, sur une liste double qui sera pré- « sentée par F Académiedes inscriptions « et belles-lettres.
« On apprendra anx élèves de l'école « des chartes à lire les divers manus* « crits, à expliquer les différents dinlec- « tes français du moyen ilge. Ils seront « dirigés dans cette étude par deux pro- « iesseurs choisis par le ministre de « rintérieur, l'un au dépôt des manus- «• crits de la bibliothèque royale , l'au- « tre au dépôt des archives du royau- « me. »
Cette première tentative eut peu de succès. M. Corbière s*^it contenté
d'autoriser deux professeurs pris parmi
les employés de la bibliothèque et des archives a admettre les élevés qui voudraient se présenter, et auxquels aucun traitement n'était alloué. Il ne se présenta pns d'élèves , les cours restèrent déserts , et l'on vit bientôt tomber l'institution en désuétude. Elle avait eu d'ailleurs , dès son origine , l'honneur d'être chansonnée par Béranger, qui, comme bien d':uitrt*s .ilors , n'avait vu, dans cette création d'un pouvoir rétrograde, (^uune école de généalogistes destinés a être mis aux gages de l'ancienne aristocratie, pour aller exhumer de la poussière des dépots publics les titres souvent équivoques des services rendus par elle au pays , ou plutôt ï la monarchie.
Quoi qu'il en soit , l'école des chartes fut, eu 1829, sur le rapport de M. de Labourdonnaie, ministre de l'intérieur, reconstituée d*après un nouveau plan et sur des bases plus larges. Les intentions du gouvernement étaient sans doute les mêmes que celles qui avaient dicté l'ordonnance de 1816 ; mais ici , comme en beaucoup de choses, les prévisions de la restauration ont été singulièrement trompées. Aujourd'hui , la pluoart des élèves de l'école des chartes, au lieu de pâlir sur les généalogies des coryphées ae l'ancien régime, sont occupes , sous la direction de l'illustre auteur des Lettres sur Vhisfoire de fiance, et d'autres membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, à recueillir les titres du tiers état , et à composer l'histoire si longtemps négligée de la bourgeoisie et du peuple.
Cette ordonnance régit encore aujourd'hui l'école ; les cours sont au nombre de deux; ils ont lieu à la bibliothèque royale. Le premier ne se fait que tous les deux ans ; il dure une année. Il a pour objet d'exercer les élèves dans Pnrt de déchiffrer et de lire les chnrtt s des divf rses époques, et de les préparer au concours ouvert à la fin de rannée pour les places d'élèves pensionnaires. Ce cours est professé par M. Guérard,avec le zele, le savoir et l'érudition qui distinguent ce savant académicien.
ÉC0U8 FlUlVCE.
écOLES u
Le second cours, spécialement destiné au élèves pensionnaires , dure
deux ans; il doit, aux ternies de l'ordonnaiice constitutive de l'école, avoir pour but d'enseigner 'aux élèves les oivers dialectes usités en France an moyen âge , les moyens de vérifier Pauthenticité des actes , leur origine, etc. Mais malheureusement, il est loin d'étrè fait suivant les prescrtp^ns de cette ordonnance; et la plupart du temps, les ( lèves arrivent à la fm de leur seconde année, et se présentent à l'examen de sortie , où ils doivent être interrogés sur les anciens dialectes du midi de la France , après avoir à peine re<*u une ou deux leçons du professeur, et expliqué sous ses yeux un ou deux actes écrits en langue romane.
Pour être admis à l'école des chartes, il faut avoir pins de dix-huit ans et moins de vingt-cinq, et être bachelier ès lettres. Â Texpiration du premier coars, les élèves concourent pour les places d'élèvfs pensionnaires , devant une commission composée du secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, de deux mem* bres de cotte académie, de trois conservateurs de la bibliothètjue royale, ot du
farde général des archives du royaume, le nombre des élèves admis comme pensionnaires varie entre six et huit ; ils reçoivent pendant deux ans un traitement de 800 fr. , puis ils sont de nouveau exariiînés par les juges du premier concours , et le ministre de Tin»- Iruction publique délivre à ceux qui en sont reconnus dignes, un brevet d'archiviste-paléographe, brevet qui, aux termes de l'article 10 de Tordonnance, leur donne droit, de préférence à tous autres candidats , à la moitié des emplois vacants dans les bibliothèques publiques, les archives du royaume, et les divers dépôts littéraires. Mais, en ce point, comme en bien d'autres, cette ordonnance est peu fidèlement exécutée, et son inexécution arrête les développements que pourrait prendre une institution dont on a déjn , en plusieurs occasions , reconnu l'utilité.
Les anciens élèves de l'école des chartes se sont réunis en société , et ont fondé depuis deux ans une revue périodique iutitulée MibUothéque de l'école
des chartes. Ils ont déjà publié^dans oe
recueil , auquel plusieurs membres de riiistitut ont d'ailleurs fourni des articles, un assez grand nombre de mémoires et de pièces curieuses et inédites, soit en grec, soit en latin, soit dans les dialectes vulgaires du moyen t'igp. Enfin, la plupart des élèves de l'école des chartes sont employés aux travaux des grandes collections publiées par l'Académie des inscriptions etbelleslettres et prir le ministère de l'instruction publitjue. Chaque année, quelquesuns parcourent les départements, où ils rendent de véritables services à la science , soit en i^lassant et catilogiinnt les archives locales, soit en exliuiDant et en publiant des pièces intéressantes pour l'histoire nationale {*).
École des jeunes de langues. Voyez Jeunes dk langues.
École des langues orie?Uales vivantes, d*une utilité reeonme pour la politique et pour le commerce. Le titre de cette école indique assez son but et sa destination. Elle a été etaMie près de la bibliothèque nationale, par décret de la Convention du 10 germinal ad m (30 mars 1795). Trois chaires la composaient dans l'origine, et l'un des titulaires auxquels elles étaient conûées avait le titre de président, qui depuis a été changé en celui d*administrateur. Le nombre des chairês , augmenté à mesure que nos relations extérieures s'étendaient, ou plutôt à mesure aue le gouvernement pouvait disposer de ressources financières plus abondantes, est aujourd'hui de sept. Nous croyons devoir donner ici la liste des titulaires qui les ont successivement occupées.
i" Chaire de persan et de nud«d$,
iSaS. Le m'orne cmnine tilulaÎM.
iSJs. Étîenue Quatretnèrc.
s« Chaire d'aroAe Ultà^ et étaraèe vulgaire
t'jqS. Silvr>trp «l»- Sacy.
•kiob. La chaire est dédoublée; de Sacy reste jira»
feueur d'arabe litténl.
2839. Reinaud.
3*> Clutire de tui'C et tatar de Krimée,
179S. Brheaian, préM dialiUcn, comme wippMaat
(?<■ Wnture, alors en mission dans1el<«-vanl.
(*) Tuyez pour plus de délails la uotica pnblîée par M. Martial Del oit, dans le premier niimcro de la BâUioUièqm de reeda des Charles.
^ ÉGOLBs L'UNIVERS. icoun
Votiiiire.
1801. Ameiiée Jaubert.
4* Chabv de gree modem»,
'797- ^'■■'s^'" Villaison. Il nMUl fltt xtoS, •! !■
chaire reste vacante.
iBiS. Haee.
5" Chaire d'arabe 'vulgaire.
i8o5. aaphael de Manadiis* religieui inaroDtta, ■djelnt I SlNeatre de Sacy pour l'arabe
viit>î;nr('.
aSiç. L'I'pypiifn Kllious Bochtor.
iSai* Gaa^^Mii de Prrceval. >
6* Chaire d^arme'rtien.
lit». L'Arménien Chaban de Ctrbicdî il uuitta sa
chaire en iSzf), pour «Itar ^taUir une
imprimerie en Géonie.
xS3o. Levailtant d« FkwiTal.
70 Chaire ithindomtatd,
1839. Garrin de Taatj.
Admuiistratfwrs de HécoU, 179$. Lan^èi.
ï8ï4. Silvp trr rlr Sacy.
J83g. Aunétlée JiiuhtTt.
Le décret d'institutioo de l école des langiies orientales vivantes avait im« pose aux professeurs, entre autres obii.
f;ations, celle de composer en frnnrnis es grammaires des laniîues qu'ils étaient chargés d'enseigner. Cinq professeurs, MM. Siivestre de Sacy , Jaubert , Cîrbied, Cnussin de Perceval et Garcin de Tassy, ont satisfait à cette obligation , en composant des grammaires pour l'arabe, le turc, Tarménien, l*arabe vulgaire et rhindoustani.
Ajoutons que cette école , qui est presque ignorée chez nous , est rejîardée à l'étranger comme une des gloires de la France , et que plusieurs des plus habiles orientalistes des Fj;its du Nord et de l'Angleterre sont venus y puiser les connaissances gui , depuis ,* les ont rendus célèbres. Citons entre autres les Freytag , les Fleicher , les Vullers , les Hauçhton, les F'alconer, etc. Aujourd'hui encore , la moitié au moins des élèves de réeole des langues orientales vivantes sont étrangers.
École des mines. Voyez Mines.
Ecole des petits et chaussées. Voyez Ponts et chaussées.
Beote état-major, Ycyn Écouis
MILITAIBES. ,
École du génie maritime, Voyes
GÉNIE HABITIME.
École foresUere, Voyez Eaux bt