FORÊTS
École navale. Voyez Mabine.
École normale, — L'Assemblée confl"
tituanta, par la loi du t-14 septembre 1791 f avait prescrit d*oi|;anfsër
«ne instruction publique commune à tous les citoyens. La fondation d'une école normale, destinée à « répandre d'une manière uniforme, dans tente In république, l'instruction nécessaire h des citoyens français , » fut la première conséquence de ce principe. Le décret de ta Convention, en date do 9 brumaire nn m , contenait à cet égard les dispositions suivantes :
Art, I. Il sera établi à Paris nne école normale, 011 seront appelés de toutes les parties de la république , des citoyens déj.\ instruits dans les sciences utiles , pour apprendre, sous les professeurs les plus habiles dans tOlU les genres , l'art d'enseigner.
a. Les adininistratiom des districts eqTst. roui à l'école normale un nombre d'élèves proj>ortionné a la population : la base pro-
EorUonnelie sera dun pour vingt mille abiianls: à Paris, les éh-ves seront désigùcs par l'administrafion d[i (Ié|)nrffrncnf .
3. Los administrateurs n^ pourront fixer leur clioix que sur des citoyens qui hhmiss< Ht a d< s mcpurs pures un patriotisme éprouvé, et le-, dispositions nécessaires pour recevoir et poui répandre l'instruction.
4. Les élèves de Técole normale ne pourront être âgés de moins de vingt et un ans.
5. Ils se rendront à Paris avant la fin de frimaire prochain ; ib feeevront pour ce voyage, et pendant la durée du cours normal, le traitement accordé aux élevés de l'école ccu» ti'ale des travaux pnblics (laoo livres).
6. Le comité dWtmction publique désignera les citoyens qu'il croira les plus propres à remplir les fonctions de [>rof« s5eurs dans l'école normale, et en sounicUra la Uste i Tapprobation de la Convention; il fixera leur salaire de conwrt avec le comité dm finances.
Kn conséquence , 1 ,500 élèves se rendirent dans la capitale de toutes les parties de la république , et Touverture de l'école eut lieu le 19 janvier 1795, dans l'amphithéâtre du Muséum d'histoire naturelle ; la Convention y avait délégué deuz de ses membres , pour régler reo8el|;nement et correspondre avec le comité d'instruction publique , sur tous les objets qui pouvaient intéresser l'établissement.
liC comité avait choisi comme professeurs les savants et littérateurs les plus célèbres de l'époque ; en voici la
ioOLES FRANCE, ÉCOLES 37
liste , avec l'indication des matières élèves quittèrent Paris pour retourner
quMls devaient enseigner : dans leurs districts. Quelques^ins des
M-thématiquos UK»«ii»«tUpiM*. professeurs qui n'avaient pas aciievé
j Physique ïiaûy. leiifs cours , publièrent leurs dernières
' Géographie descriptire Monge. ICCOUS duUS IC jOUmal de Técole , qui
'SSÏT."^::::*::::: ST«- parut encore pendant quelques jour».
Apricnhan Thouin. Quant sux éleves, lis trouvèrent , pour
0*»swpW« Boache et Mentdi*. Ja plupart, à se placer dans les écoles
SI'.'!!":;.'.*:;.*;:;;::::::: B^rn^iad»Si.Vimn centrales qui furent organisées à la fin
Grammaire Sicard. dC la même anuée.
Analyse de rcatoMbomit. . Carat gsof i^g chAiigeinents opérés IWQ
Éi^l^r^wï^:.':::::: t:ïïïi«de. dansl'oi]gan1satlon duprytanée, et la w . . ... , !• • . . suppression des écoles centrales qui fu-
Le87i«i««*5 les professeurs avaient, ^n 1802, remplacées par les ly-
en presencedes élevés des savants, des aucune grailidie mesure relative
gcnsdelettrpsetdesar istes esp usd,.- ^ l'instruction publique ne fut prise
tiuii.ies, invites à cette solennité une ^ ^^^^^ époque jusqu'en 1808.
conférence dont 1 obiet était la lecture ^,^,5 .^ut le décret organique de
et la discussion des ivres élémentaire^ l'université. L un des titres ies ullis im-
à 1 usage de la république. ^ ^ j^^^ 3^3^
T. école vaquait les decadis , et les ^ renouvellement des fonc-
élevés, mucNs^deHîartes qin leur étaient fi^nnaires et professeurs composant le
délivrées par les représentants du peu- ^ universitaire ; en voici les prin-
ple près de I école, se répandaient dans ^,^3 dispositions î ^
les (hfterents dépôts scientifif|ues et 1 ». .
littéraires de la capitale, dont toutes . II étaWi * P*w un pen-
les ressonrees étaient, ce jour-là, mi- '^"^""^ '
R8 a leur aisposilion. ^ d easeigner les leUres et les sciences.
T,es séances étaient alterna ivenient iSapecteurs d'académies choisi-
employée^ au développement des pnn- roni , chaq.to ann.V , dans les lycées, d'après
Cipes de 1 art d enseigner, exposés par des exameus et des concours, un nombre
les professeurs , et a des conférences détenniiié d'élèves , k^às de dix-sept ans an
sur ces principes entre les professeurs moim, parmi ceux dont les progrès et la
et les élèves. Lrs li rons et les conte- })onnp conduite auront été les plus constants
rences étaient recueillies dans un Jour- et qui annonceront le plus d'aptitude à l'ad-
Bal qui était distribué aux membres de minisiratlon et à renseignement.
la Convention nationale, aux profes- i^'- Les élèves qui .se présenteront k ce
Seurs et aux élèves des écoles norma- concours dcvronl éu e autorisés par leur père
les (*), aux adiiiitiistrnteurs des dis- l>a>' ^"l*'"'' « carrière de
tricts, enfln, aux ministres, consuls et l'"'"*«wité. Il» pourront être reçua att
agents de la république en pavs étran- P«"^'0""«t "o»'™?' q»' «" « en^aReant a rester
g^r. r.es h rons de l'école nbrmale , ex^ anueesau moin» dans le oorj«euseig.»ant.
traites de ce journal ont été publiées ^ ^-Crl'?^^'"
louu, Clic» iurilltOK Q„ du muséum d'histoire naturelle, suivant
. . . . , qu'ils se destineront à enseiguêr les ielU-es OU
L'école normale amsi constituée k» divers genres de sdencw.
n'eut pas une longue existence. Le 114. Entre ces leçons, ils auront dans leur
30 floréal an in i 18 mai 1795 ) , pensionnat des répétiteurs choisis parmi les
quatre rtiois après qu'elle eut été ou- plus anciens et les ])lu> habiles de leurs con-
verte , leseoors furent terminés, et les disciples, soit pour revoir les objets qui leur
seront enseignés dans les écoles spéciales ci-
(*) Les élèves formés à la grande école uor* dessus désignées , soit pour s'ej^ercer aux ex-
maie de Plans 'devaient ensuite former dans périences de physique et de chimie, et pour
Iran dislrielsd*attn*es (ktUes nwTiuiUs secon» se former à l'art d'enseigner.
dains, ]Minr les personnes de Tun et de Tau- xx5. Ils ne pourront rester pins de dem Ire sexe qui voulaient se vouer à l'inslrue-
tionpuUiqiM^ («)
lêcoLES L'UNIY£RS. ÉCOLES
ans au pensionnat normal. Ils y seront entretenus aux frais de l'université el astrrints a une vie commune, d'après un règlement que le grand maître fera discuter au conseil de l'universilé.
1x6. Le pensioanat normai sera sous la surteillance immédiate de Tun dea oonsdl- 1ers à vie, qui y résidera et aura aoat lui un directeur des études.
117. Le nombre des aspirants à recevoir chaque année dans les Ivcées , et i envoyer au pensionnat normal de Paris, sera réglé par le grand maître , d'après l'état et le besoin des collèges et des lycées.
xt8. Los aspirants, dans le cours de leurs detix années d'études au pensioimat normal, ou à leur tenue , devront prendre leurs grades è Paris, dans la facidié' des lettres ou dans celle des sciences. Ils seront ensuite appelés )var le grand maître pour remplir des places dans les académies.
tfo. U sera feit un fonds annuel de trois cent mille francs pour les dépenses de l'école.
LVcole normale instituée par le décret de 1808 ne fut ouverte qu'en 1810. Deux règlemenls du 30 mars et du 29 mai de la même année avaient complété son organisation {)rimitive. Le tableau des fonctionnaires se composait :
D*ua conseiller titulaire, chef de Técole;
D*un ilirecteur des études;
D*un aumônier;
Des répétiteurs;
Des maîtres surveillants.
Les inspecteurs généraux avaient choisi cent quarante aspirants parmi les meilleurs élèves des lycées; mais quarante-cinq seulement furent admis {*) , plaoés d'al>ord dans une partie des bâtiments du lycée impérial (aujourd'hui collège Louis-le-Grand), puis transférés dans une maison particulière de la rue des Postes (•*). L année suivante , ils forent exemptés du service militaire par un décret impérial , dont les dispositions furent depuis ronfirmées par les lois rendues sur le recrutement de Tarmée, le 10 mars 1918 et le 21 mars 183S..
(*) Depuis 18 10 jusqu'en i9aa , époque de la suppression de l'école, OU n'y OOmpla jamais plus de 58 élèves.
(**) Un décret du ai mars 1 8 la prescrivit la construction, sur la rive gauche de la Seine, d'un vaste hâliment pour le srrvicc de l'école; mais ce décret ne fut point exécuté.
La restauration fit d*abord peu de changements dans l'organisation de l'école normale. Un reniement du 14 décembre 1815 reproduisit en partie celui du 30 mars 1810; seijlement, aux deux années d'études prescrites par le décret de 1808, on en ajouta une troisième; et les fonctionnaires échangèrent leurs noms contre ceux-ci :
Chef de l'école ;
Préfet des études; • Aumônier ;
Maîtres de conférences;
Maîtres surveillants.
Déjà, avant cette époque, on avait renoncé à choisir les répétiteurs ou maîtres de conférences parmi les élèves les plus anciens. Ces fonctions importantes avaient été confiées à des maîtres spéciaux , auxquels on donna un rang égal à celui des professeurs de premier ordre dans les lycées (collèges royaux) , et dont l'enseignement devint la base principale des études de l'école.
L'école normale prospérait; chaque année, elle fournissait à Puniversité son contingent de professeurs habiles ; à la littérature et aux sciences, des travailleurs qui , dès leurs premiers pas dans la carrière, se faisaient remarquer par d'éclatants succès. Mais les traditions nationales s'étaient maintenues dans ce sanctuaire des sciences et des lettres; le gouvernement imposé a la irauce par rétranger en fut jaloux; et uneordon»
nance du 6 septembre 1832 supprima tout à coup l'école normale. Cette ordonnance fut rendue à l'insu même du .
conseil royal.
Quelques années après, en 1826, une autre ordonnance prétendit combler la lacune ainsi faite , en formant près du collège Louis-le-Grand , sous le titre équivoque École préparatoire ^ un établissement obscur, dont les études ne duraient que deux années , et qui , cepend'int, fournit des sujets distingués, et compta d'honorables professeurs.
Sous le ministère Marticnac, qui fut comme un temps de relâche, dans cette période rétrograde où tout en France semblait entraîné vers les épouues les plus désastreuses du passé, M. de Vatimesnil, qui a laissé dans Tuniversité tant de traces de son rapide passage, voulut rendre à l'école normale son vé?
écOLKS
FRANCE
ritable nom^ une organisation ipil lui fût propret un 'oc^^ ^ part^ un chef spécial. Il ne put rien obtenir, et eut m^.nie beaucoup de peine à sauver d'une destitution le savant directeur, auquel la congrégation ne pouvait pardonner d'avoir mis à la portée des lecteurs français un ouvrage dont l'auteur envisage le paganisme d'un point de vue qui semblait trop philosophique.
Enfin la révolution de juillet arriva', et l'un des premiers actes du gouvernement nouveau fut de rétablir l'école normale. Ce fut l'objet d*un arrêté du lieutenant général du royaume , en date du 6 août 1830, contre-signé par M. Bignon , commissaire provisoire nu département de l'instruction publique , et qui se compose des deux articles suivants :
r.'t'colt» (I( -,tinéeà fournir des professeurs, et dé.siguée depuis queUjucs années sous le nom d' école préparatoire , rcpi eadia le litre d\'e(?Ie Mfrmaie.
Il nous sera incessamment proposé des mesures pour compléter l'orgauisaliou de eellc école, d*ane naiii^ conforme à toas les besoins de renseignement.
Le 30 octobre de la même année, M. Cousin, membre du conseil royal de . rinstruction publique, et chargé spécialement, en cette qualité , de la surveillance de récole normale, dont il fut depuis nommé directeur titulaire , adressa au ministre, au sujet de la réorganisation de récole normale, un rapport où Ton remarque les passages suivants:
« I.a première drs mesuros relatives à l'école normale, celle qui domine toutes les autres, consiste aans ua nouveau règlement d'études, qui offre aux élèves destinés à devenir professeurs, tous les moyens de se perfectionner dans les diverses branches des connaissances humaines, en même temps qu'ils apprendront l'art de les transmettre... Le point fondanuntal sur lequel repose ce rèniement est la fixation du cours normal à trois ans. Non-seulement toutes les connaissances, dont raoquisition est nécessaire aux élèves pour répondre aux besoins divers de l'enseignement , ne sauraient trouver place en deux années;... non-seulement Tobtention des grades et la préparation aux épreuves du concours de l'agrégation exigent une
troisième année, mais la destination de
rétablissement , qui doit être à la fois une école de théorie et une école d'application , la réclame plus impérieusement encore. »
Le conseil royal sanctionna le règlement d'études proposé par M. Cousin ; l'année suivante, un nouveau règlement fut également adopté pour le concours d'admission des élèves. Ces actes ont encore été revus et modifiés depuis; enfin, le» conseil royal les a de nouveau sanctionnés en 1834 et en 1836. Les limites qui sont tracées h cet article ne nous permettent pas d'entreprendre Tanalyse de ces divers règlements; mais nous y suppléerons, et nous croyons donner une idée suffisante de l'organisation de récole normale, en donnant ici Ha liste des conférences suivies par les élèves des différentes sections de ce grand établissement national.
SKCTION DES LETTRES.
i** AVirli.
Langue «t littérature gMC^H.
Litiérntui-e française.
Il i st (1 1 1 c ;i n cienna et «nilqoiiét.
Philosophie.
a* âiraCs.
HjMnÎM de In littératoro grecque.
— - <Ie la Hltérnturc Kiline.
~ lie l.i liiicr.itiin- frnnfaise.
— du moyen àgc et histoire moderne.
— deb idkihwophi*.
DtVùiM dê grammatre.
Confijreiicc de f nannain.
Litiéralatv ffreeque.
— Mtine.
— ftançaiie.
DMtùm d'kUloirt, Cenfércnee «Tblttoire.
Di'i ion de fj/iilauffhif, Coofrreace de philosophie.
SfiCTIOX DES SCIEnCES.
1** ânaie.
Complôinfnt (h- t'analyse algébrique et epplîcelioa
de l'alg<tbre à la géométrie.
Gcomc'irie dascriptive.
Chimie. t
Astronomie.
Calcul des probabilités*
Botanique.
a* Aa><a.
Analy&e iu&nitésiinale.
Physique.
Minétâlofte et pb^aiologic vZ-gitate.
Mécanique.
Manipulation et eoMinieliea dm instrauMits de physique.
MnipoletieM ^niqHt «t aaÊipm <
9» icoLlss ï/m
<Mologl« al eempUiiMiit in étadv mfiitnlogîe
et de botanique.
Zoologie, aaatpinie comparée et physiolog^ie.
Outre les professeurs chargés de présider à ces différentes eoDfnenceSt te
personnel de l'érole se compose :
T)\m conseiller directeur ;
D'un directeur des études;
0*uD sous-directeur ebargé de la sorveillnnce générale;
Et de deux maîtres surveillants.
Malheureusement l'école normale a toujours occupé, jusqu'à présent, la partie des bâtiments du collège Louisle-Grand où la restauration , dans son mauvais vouloir pour le corps enseignant, avait relégué rétablissement destiné à former les professeurs. Placée ainsi , en quelque sorte , sous la tutelle d'un établissement d'un ordre inférieur dans la hiérarchie universitaire, et resserrée dans un loeal étroit et malsain , récole normale n*a pu prendre encore qu'une partie du développement auquel elle est destinée; mais cet état de choses ▼a finir, et les chambres, dans leur dernière session, ont voté l<s fonds nécessaires à la construction d'un édifice convenable.
Il nous resterait encore à énoncer un jugemeni sur ce grand établissement , à dire en quoi il est .supérieur aux établissements du même genre qui existent à l'étranger ; enfin , a indiquer les améliorations dont il est encore susceptible. Sur ce ^oint nous nous contenterons de présenter à nos lecteurs le résultat des recherches d'un juge dont i*expérience ne peut être révoquée en doute. « Je ne crois pas céder, dit M. Cousin (*) , à un sentiment patriotique, en affirmant ici que la constitution de l'école normale de Paris est meilleure que celle du séminaire de Berlin.... Qu'il me soit permis de projiosnr, conjme exemple de la i;raflation de l'enseignement dans un établissement destiné à former des professeurs, la répartition des études de notre école en trois degrés distincts, correspondant à trois années : la première, oîj les jeunes maîtres sont encore considérés comme des élèves dont on révise et dont on
(*) Éeole normal* , règlements^ program' mes et rappwts, Paril, i837, iiirS% utroduciiiMi, p,
améliore Tinstrijction ; la seconde, où leurs premières études ayant été réformées et améliorées, on les considère
comme de jpunc; savants dont on pousse les coiinaissanc(^s assez loin en chaque i;enre , selon la vocation uiie chacun d'eux a montrée , et comme s^ils dpvaiertt être un jour des savants de profession aussi bien que des professeurs ; la troisième, où on les considère comme de futurs maîtres destinés à enseigner telle ou telle branche d'études , et qui alors y sont préparés spécialement. .
« Mats le séminaire de Berlin se recommande par un mérite (]ue je neveux point affaiblir, et qui lui donne un singulier avantage sur fécole de Paris; je veux dire le paraclère pratique, et, comme on dit en Allemagne, l'esprit pédnq;ogique. On s'occupe surtout à Berlin de former des professeurs ; et, par professeur , on n'entend pas seulement un maître chargé d*enseigner telle ou telle branche des connaissances humaines, mais chargé surtout de conduire et de développer Tàme et l'esprit des jeunes gens confiés à ses soms.
Voilà pourquoi les jeunes séminaristes sont aussi bien exen es à l'art de la pédagOLiie {d/e Pa'ddtj'Kjik) qu'à reloi de .renseigncjiieiiL \Llit Didaclik) \ et pour cela , ils sont etnplo} és tour à tour , et pendant assez longtemps , dans les gymnases de Berlin. Là, ils font des leçons dans les différentes classes ; la encore, on tes forme à la discipline en les employant comme maîtres surveillants; et même on les exerce plus particulièrement au gouvernement moral de la jeunesse , en confiant à leurs soins , pendant quelque t( inps , les élèves les plus négligents et les plus indociles, pour qu'ils apprennent à les dompter et a les ramener à l'ordre et a 1 étude. J'ai exposé ailleurs tous les détails de cette forte et habile préparation; elle se rattache à la grande idre de riiarmonie de Téducation et de l'instruction. »
Cette différence entre le séminaire de 'Berlin et Técole normale de Paris a disparu presque entièrement. De[)iiis quelques années les élevés, trois mois avant d'achever leurs cours et de subir les épreuves de l'agrégation , sont envoyés dans les classes des collèges royaux de
ÉCOLES FAAUCB. icoLBa %i
là oapit&le poor y professer, (fabord
sous les yeux des titulaires, puis enfin abandonnés à eux-mêmes. Cette innovalion a jusqu'ici produit les meilleurs fésoltatf.
AjoutoiiB encore aux réClexioDS de M. Cousin , que la Prusse a trois séjnioaires destinés à former des proleneura, tandis que la France n*a qu'une école normale où les jeunes gens, appelés de toutes les parties du territoire, viennent puiser dans un enseignement un el fort, ces idées d'unité et de grandeur nationales, qui se reflètent ensuite dans leurs leçons lorsque, après leur cours d'études, ils sont envoyés dans les collèges des département , et qm contribuent si putesamment à développer sur tous les points de Tempire le sentiment de la nationalité française.
. École polytechnique. — Cette institution, dont la France 8*honore à si
juste titre, a pour but de verser des sujets instruits dans de nombreuses branches du service public, telles que les mines, leS' constructions maritimes , les ponts et chaussées , la marine, Tartillerie, rétat-major, le ^^énie militaire, les tabacs, et les poudres et salpêtres. Elle fut fondée sous le nom d'École des travaux pubUcSy par une loi de la Gonvenvenlion du 28 septembre 1794 , loi proposée à l'instigation de Lamblardie, directeur de l'école des ponts et cliaussées d'alors , du savant Monge , et de deux membres du comité de salut public, Carnot et Prieur de la Côte-d'Or, et rendue sur un rapport de Fourcroy.
Lors de sa fondation, la nouvelle école ne devait alimenter que le corps des ingénieurs civils et celui des ingénieurs militaires. Le gouvernement confia à Lamblardie le soin de la diriger, et le Palais-Bourbon fut le premier local ou*elle occupa. Dès Torigine, les élèves aurent être âgés de seize ans au moins, de vingt ans au plus; depuis, cependant, on a étendu le maximum de l'âge jusqu'à vingt-cinq ans pour les militaires de tout grade , mais ils ne concourent que pour les services de l'armée. Le nombre des élèves allait d'abord jusqu'à quatre cents. Ils touchaient une indemnité annuelle, et étaient, séparément ou par petites escouades, mis en pension
chez de bons dtovens, chargés 4e8|u^
veiller leur conduite et d*en rendre compte à l'administration de Técole,
âui, de son côté, réglait les prix et conitions des pensions et logements. Pour leur voyage des départements à Paris , les élèves avaient la solde des canonniers de première classe : quinze sous par jour en assignats; et, a partir de leur arrivée, leur traitement eourait sur le pied de 1,200 livres par an.
Le nombre des élèves admis a la suite des premiers examens fut de trois cent quarante^neuf. Tous reçurent un enseignement commun, dont les mathématiques et la physique formèrent la base. Cette instruction comprenait une période de trois années, pendant lesquelles il y avait neuf heures de travail par Jour. Le choix des premiers professeurs de recelé rassembla l'élite des savants que la France possédait alors : Lagrange et Prony pour l'analyse et la mManti|ue; Monge et Hachette, pour la géométrie descriptive et la stéréotomie; Delorme etBaltard) pour rarchitecture; Dobenhefm et Martin de Campredon , p<u's Catoire et Say, pour I archite( tui c ; Hassenfratz et Barruel , pour la physique; Fourcroy, Vauquelin , Berthoilet , Chaptal, Guyton-Morveau et Pelletier, pour la chimie; enfin Neveu , Mérimée, Lemire jeune et Rosio pour le dessin. ■ Une loi du septembre 1795 chan-
§ea le nom de l'Kcole des travaux pulics en celui d*ÉeoIe polytechnique.
Une autre loi du IS octoore, même année, régla les rapports qui devaient exister entre les écoles spéciales ou d'application, et l'école préparatoire, plaça celle-ci dans les attributions du ministre de l'intérienr, ajouta aux services pour lesquels elle formait des élèves, < e!ui de l'artillerie , réduisit leur nombre a trois eents, proportionna la durée de leur séjour à l'étude ou à la profession à laquelle ils se destinaient, enfin prescrivit qu'aucun eleve ne serait admis aux écoles particulières du génie, des ponts et duiussées, des mines, ete., qu'aprèt avoir passé par l'Kcole polytechtiiqne.
De 1795 à 1797, la dotation annuelle de l'école fut réduite à 300,000 fr., et le nombre des élèves à trois eents. Le 16 octobre 179S, une nouvelle loi, rédigée 80U8 les auspices de Laplaoe, alors mi-
32 ÉCOLES
L'UiaV£RS
ECOLBS
nistre de rintérieur, ajouta aux services de l'école rarlillerie de la marine, et retrancha Y aérostation. Elle accordait aux élèves le titré de sergent d'artillerie et le traitement de ce grade. De 1798 à 1799, le Conseil des Cinq -Cents décréta que le nombre des élèves serait encore diminué d'un tiers, au'ils ne resteraient plus que deux ans a l*école , et qu^ils porteraient un uniforme. Vers cette époque se préparait l'audacieuse expédition d'Ki:v|)to : l'École polytechnique ne voulul pas demeurer étrangère à une entreprise qui intéressait tant les sciences et les arts. l>es professeurs Fourrier, Bertholiet, INIonge, et trenteneuf élèves, allèrent partager les périls et la gloire de Tarmee d*Orient. Huit d'entre eux y périrent victimes de la fiuerre ou du climat; dix-sept furent les coopérateùrs de cette commission scientifique et artistique qui s'efforça de reconquérir l'I^^gypte ancienne sur Tignorance et l'oubli , et eurent l'honneur dMnscrire leur nom dans ce beau monument que la voix publique a coutume d'appeler le grand ouvrage d'Êgypte.
Sous le consulat, un conseil de perfectionnement, institué près l'école, ajouta au programme de l'examen d'admission « que les candidats seraient tenus d'écrire, sous 'la dictée de l'examinateur, quelques phrases françaises, pour constater qu'ils savaient correctement leur langue. » Pendant le court intervalle de paix qui succéda au traité de Lunéville, d'illustres étrangers, entre jiutres Volta, Brugnatelli , Rumford, Humboldt, visitèrent l'école; mais un fait à noter, c'est qu'elle ne reçut jamais qu*une fois (ce fut pendant les cent jours) la visite deNnpioléon, qui, pourtant, mieux que personne, appréciait toute Tutilite de l'institution. Etaitce, comme on l'a dit, parce qu'il n'ignorait pas que les idées républicaines comptaient de nombreux partisans dans l'école.^ Quoi qu'il en soit, les élèves ne laissèrent pas de lui donner plusieurs fois des preuves de leur dévouement patriotique : ainsi, en mai 1803, après la rupture de la paix d'Amiens et la notilicatioii du reiiouvcllemeiit des liuslilités entre la France et l'Anglelerre, ils versèrent au trésor public une somme de 4,000 francs pour les frais d'équipement
de ces Immenses flottilles qui devaient
porter une armée française au sein de la Grande-Bretagne. De plus, ils construisirent eux-mêmes, sous les murs de l'école, un bateau-canonnier de premier ordre; enfin trente d'entre eux présidèrent à la construction des embarcations-modèles mises sur le chantier devant l'hôtel des Invalides, pour être envoyées et copiées dans les départements de l'intérieur.
Par un décret du 16 juillet 1804, Napoléon, devenu empereur, chanfiea radicalement l'organisation de l'école : les élèves seraient formés en corps militaire et casernes. Le général T.acuée en devint gouverneur , et les cours furent transférés du Palat8*Bourbon à Pancien collège de Navarre. Pendant qu*on adap»
tait las bâtiments du collège à leur nouvelle destination, l'empereur modifia son décret en deux points capitaux : l'un fut la réunion de la caserne et de l'école dans le même emplneement ; l'autre, l'obligation imposée aux élevés dû payer une pension à l'État. Elle fut portée à 800 francs; l'élève devait, en outre, se pourvoir d'un trousseau, et se fournir les livres et les instruments nécessaires. « INous nous réservons, disait le dernier article, de créer des bourses et des demi-bourses en faveur des sujets distingués à qui la modicité de leur fortune ne permettrait pas d'acquitter la pension intégralement ou en partie.»
La translation de l'école dans les bfttiments du collège de Navarre eut lieu le 11 novembre 1805. On y ouvrit les cours de la douzième année , et tout présenta dès lors un appareil militaiiie. Chaque élève reçut avec l'uniforme un fusil d'ordonnance et une giberne, et tous firent l'exercice sous un drapeau portant cette inscription : Pour la paiHe, les sciences et les arts. \ Pendant les neuf années qui suivirent, l'histoire de l'école n'offre rien d'important à consigner ici*; mais, dès les premiers jours de 1814, les élèves offirireiit« pour leur part du tribut volontaire que la France s'imposa, huit chevaux d'cs- CM-uiron tout équipés pour l'artillerie à cheval. Cette offre fut bientôt suivie de • la demande , faite au nom des élèves , d'aller immédiatement combattre dans les rangs de l'armée. La réponse de X<ta-
àemJÊB FRÀifCE* àooM as
fit dire au gouverneur de l'école q^u'il fut encore envahi par un million de soldésirait placer des élèves dans Tinlan- dats élrangfrs, les élèves furent de nou
terie de sa garde. Le gouverneur lui veau formés en compagnies d'artillerie,
exposa que les trois cents élèves secon- exeroés à la manœuvre et au tir des
deraient plus utilcnient la carde natio- bouches à feu, et enfin obligés à un ser* nale de Paris, surtout si Ton voulait vice militaire sous les murs de Paris, leur confier quelques bouches à feu, et jusqu'au 3 juillet, jour où Louis XVIII l'empereur se rendit à ce conseil. Un y rentra. Les études reprirent, et décret impérial ordonna la formation soixante-dix élèves furent admis aux d'un corps d'artillerie de la garde natio- croies spéciales. On supprima dons le nale , et trois des douze compagnies de programme d'admission l'article relatif ce corps furent composées des élèves aux qualités physiques exigées des cande liÉcole polytechnique* L'entrée de didats, et renectîf de TécoTe fut porté à douze canons dans l'école fut saluée par deux cent vingt sujets, les acclamations de tous, et chaque Le 13 avril 1816, elle fut licenciée jour, dès lors, ceux ^ui n'étaient pas de pour fait d'insubordination , puis réorservice aux batteries défendant les ganlséele4 septembre 1817, et les élèves abords de la capitale , s*exercèrent sans qui se trouvaient à l*éoole lors du licenrelâche à la manœuvre des pièces. cienient purent concourir pour les écoles Ainsi s'écoulèrent février et presque d'a[)pliration. L'ordonnance réorganisato ut mars. Cependant, le 28 de ce mois, trice plaçait l'école sous la protection les maréchaux Marmont et Mortier, du duc (TAngouléme, supprimait tout poussés par des forces supérieures, n'é- appareil guerrier, portait la pension à taîent plus qu'à une ou deux marches 1,000 f., et créait vingt-quatre bourses, de Paris , et tout annonçait qu'une ac- £n 1822, on revint, après avoir longuetlon aurait lieu sous ses' murs. On se ment débattu la mesure, au caserne* hâta de créer une réserve de vingt'huit ment et aux formes rigoureuses du bouches à feu , qui fut servie par les régime militaire. Depuis, l'école n'a inélèves, et le 29, cette reserve fut placée terrompu le calme de ses fortes études
à la barrière du Trône. Le 30, pendant que pendant trois jours On devine
que les deux maréchaux, avec une poi- que nous voulons parler de la révolu-
gnée de soldats, disputaient aux nom- tion de juillet 1830, à laquelle les élèves
ureuses divisions russes et prussiennes prirent une part aussi active que glo-
les hauteurs qui dominent Paris du rieuse.
nord à Test, rartillerle de réserve se Écoles centrales, Cest le nom qui
porta, vers onze heures du matin, sur fîit donné par la Convention nationale
la route de Vincennes, d'où elle com- auv écoles dont, par un décret du 25
menç*! , contre la gauche de la ligne en- février 1795, cette assemblée ordonna
nemie, un feu vif qui la tint en échec l'établissement dans tous les chefs-lieux
jusqu'au moment de la capitulation. de la république.
Dans le courant d'avrd , les élèves, Ces écoles étaient destinées à l'ensei-
ui, les uns, avaient suivi le mouvement gnement des sciences , des lettres et des
e la garde jusqu'à Fontainebleau , et arts,
avaient été ensuite dirigés sur Orléans , Les matliématiques . '
puis sur Blois , tandis que les autres La physique et la chimie expérîmen*
étaient restés dans la capitale chez des taies,
Sarents ou amis, reçurent la permission L'histoire naturelle ,
e rentrera Técole s'ils le souhaitaient; L'agriculture et le commerce ,
et le 18, l'enseignement reprit son cours La méthode des sciences ou logique,
ordinaire. Mais il n'en était revenu et l'analyse des sensations et des idées,
qu'un peu plus de deux cents , et ce fut L'économie politique et la législation,
encore trop^ , puisque le gouvernement L'histoire philosophique ,
n*eut que cinquante-trois emplois à dis- L'hygiène,
T. TU. S* lÀvradsoft. (Dicx. BncYCt., btc.) 3
Les arts et métiers (la technologie) ^
La grammaire générale t
Les DeUes-lettires ; ' Les langues anciennes ,
Les langues vivatftes Jes plus appro^ priées aux localités ,
£nfiii , les arts du dessin y étaient enseignés par autant de professeurs spéciaux , dont le traitement était fixé à 3,000 livres, dans les villes de 15,000 habitants et au-dessous ; à 4,000 livres, dans ks Tilles de 60,000 habitants et au-dessous ; enfin , à 6,000 livres, dans les villes dont la population excédait ce
dernier chittre.
Une bibliothèque publique, Un jardin et un cabinet d'bistolni
naturelle ,
Un cabinet de physique expérimentale, et une collection de machines et modèles pour les arts et métiers détalent être annexés à chaque école.
Le même décret confirmait In suppression des anciens établissements consacrés à Tinstruction publique, sous le nom de collèges. Conformément à un second décret , rendu le V mars 1795, cinq écoles centrales furent établies à Pans ; enfin , un troisième décret , du 7 avril 179ô, ordonna rétablissement de quatre-vingt-quinze écoles semblables dans les dépai tenienls.
Mais ces différents décrets eurent à
i)eine le temps d'être mis à exécution ; a loi sur l'instruction publique , rendue par la Convention , le 25 octobre de la même année , d'après le rapport de Daunou, vint bientôt en modifier les principales dispositions.
Cette loi établissait une école pri* maire dans chaque canton , une école centrale dans chaque département , un certain nombre d écoles spéciales, et organisait t*Institut national. L'enseignement des arts et métiers , réservé à des écoles spéciales, ne devait plus être donné dans les écoles centrales , dont chacune était divisée eu trois sections. On ensei(|nait dans la première t Le dessin , L'histoire naturelle , Les langues anciennes , Et les langues vivantes , lorsque les administrateurs du département le Jugeaient convenable ; Dans la deuxième i
Les éléments de mathématiques , La piiysique et la chimie expérimen* taie; y Dans la irolsiime :
La grammaire générale, Les belles-lettres , L'histoire , Et la législation.
Les élèves ne pouvaient être admis aux cours de la première section, avant douze ans ; à ceux de la seconde, avant quatorze ans ; et à ceux de la troisième « avant seize ans. Les professeurs étaient examinés et élus par un jury établi dans chaque département ; ils recevaient un traitement égal à celui des administrateurs des départements , et se parta-
feaient en outre le produit d'une rétriution annuelle, déterminé par l'administration du département , mais qui ne pouvait excéder 25 fr. par élève.
Les écoles centrales ne recevaient que des externes; toutes les questions qui intéressaient l'administration et la discipline étaient résolues dans l'assemblée des professeurs.
^Plusieurs causes empêchèrent ces établissements de prospérer; on a pu remarquer que toutes les ciiaires avaient
f)our objet l'enseignement de la partie a plus élevée des études secondaires.' Entre ces chaires et les cours des écoles primaires , il y avait une lacune qui ne pouvait être comblée que parades établissements privés. Des établissements semblables existaient dans les •ir.'indes villes; il s'y en forma de nouveaux encore autour des écoles centrales, où des maîtres habiles attirèrent bientôt de nombreux élèves; mais il n'en fut pas de même dans les villes moins considérables. Là, un grand nombre d'écoles furent forcées, faute d*élèves, de fermer leurs cours: dans d'autres, les professeurs ftirent forcés, pour se mettre à la portée de leurs élèves, d'enseigner les premiers éléments des sciences, au lieu des théories élevées
gu'ils étaient appelés à développer. Le ut de l'institution se trouva ainsi faussé. Enfin , les esprits étaient trop habitués à l'éducation exclusivement littéraire des universités et des oollégei de l'ancien régime, pour voir avec fa* veurdes établissements oij, sur dix professeurs , trois ou quatre à peine étaieot
FRANGE
ÉCOLES
chargés d'un enseignement littéraire.
Cependant, nous l'avons déjà dit, dans les grandes villes , à Paris surtout , les écoles centrales jetèrent un grand éelat; nAaia on put y remarquer le eontraire de ce qui était arrivé dans un grand nombre de petites localités. Les professeurs sortirent aussi du cadre (jui leur était tracé; ce fut pour Télargir, et ils donnèrent n leur enseignement toute rétendue de renseignement supé* rieur le plus élevé.
Les écoles dentrales subsistèrent ce^ {l^dant jusqu'au t**^ mal 180), époque où la loi qui régit encore aujourd'mii rinstruetion secondaire en France, les remplaça par de nouveaux établissements, qui prirent le nom de lycées.
Écoles chrétiennes. Voyez Frères
DE L A. DOCTRINE CHRÉT1£HN£ Ct ImS- TBUCTION P&IMAIBE.
Écoles dtùrHSerie. Voy. Écoles militaires.
Écoles d*arfs et métiers. Vers la fin de l'année 180.1 , Chnptnl , ministre de l'intérieur. con<^ut 1 idée de transformer en école a'arts et métiers le prvtanée de Compiègne. L'nrrrté consulnfre qui or(i^"^nnait ce changement créait deux écoles pareilles à Beaupréau et à Trêves. Cette dernière ne fut pas instituée; l'établissement de Beaupréau fut, au bout de quelque temps, transféré à Angers , où il s'est maintenu depuis. En 180G, celui de Compiègne fut, à son tour, transféré à Cbâlons-sur-Marne.
L'existence de ces écoles , destinées à propager les connaissances relatives à l'exercice des arts industriels, et à former des ouvriers instruits et habiles , par un enseignement à la fois théorique et pratique, a été confirmée par une ordonnance en date du 26 février 1817. Une place dans chacune de leurs divisions intérieures est affectée à chaque département du royaume. (Voy. aussi l'article CONSJULVAlOlAfi DES AAIS £1 MÉXIEES.)
Jl^cofet de âroH. Dès les premiers
temos de la domination romaine, la Gaule se rendit célèbre par ses écoles de droit et d'éloquence. Celles d'Autun, sous Tibère, comptèrent jusqu'à quarante mille auditeurs; les gymnases de Lyon, de Toulouse et de Marseille, n'étaieat ni moins anciens ni moins ii«
lustres. Ôn y affluait de tons les points de l'empire*; et telle était la réputation des professeurs gaulois, que la jeunesse mémedeRome neeroyait pouvoir mieux faire pour achever son éducation que de venir suivre quelque temps les leçons de ces barbares diserts et savants , datis Vart de subtiliser. Aussi Juvénal appell&^il la Oaule la mère nourrice des avocats :
Nutricula caaskiicomm , G allia.
Ces écoles survécurent-elles à la domination romaine? disf>arttrent«lles entièrement dans la confusion qui suivit l'invasion des barbares? Ce sont des questions que , faute de documents , nous ne pouvons résoudre ; nous avons cependant plusieurs raisons de nous ranger du côté de la dernière de ces opinions. Outre qu'il n'est plus fait mention de ces établissements dans les auteurs contemporains, il nous semble que le droit nouveau introduit par la conquête dut les rendre entièrement inutiles. Qu'était-il besoin, en effet, de jurisconsultes et d'avocats , quand toutes les difficultés que soulevait Tinterprétation des lois étaient tranchées par les armes? La science même du droit peut-elle se concevoir , à une époque où Von faisait décider |»ar douze combattants si ta représentation aurait lieu en ligne directe? Tant que dura l'usage du combat judiciaire , les véritables écoles de droit furent donc, en France , les champs de bataille et lea tournois d'nrmes.
Cependant, à coté de ces coutumes barbares, où la force brutale était prise pour règle et pour fondement de tonte justice, s'élevait et grandissait un autre droit pins vrai, plus équitable, qui ti'nspirait à rien moins qu'à devenir celui de l'Europe tout entière. L'Église , avec son innombrable hiérarchie de pré* très , de moines et de clercs , formait , dans l'État, une société à part, ayant des lois et une juridiction qui lui étaient propres : par une série successive d'empiétements habiles et calculés, les tribunaux ecclésiastiques parvinrent peu à peu, sous dilferents prétextes, à évoquer la connaissance d'une foule de cas qui n'intéressaient que des laïques, et qui furent jugés d'après les lois canoniques. Les causes intéressant les veu-
icOUCS L*jLJlUV£&S
tes et les orphelins, les obKgstions
personnelles contractées sous sennent , rentraient dans cette catégorie. De telle sorte qu'au commeucenieut du quatorsiènie siècle, quand les rois voulurent ressaisir les prérogatives qui leur avaient été enlevées pendant une période de sept cents ans, Pierre de Cugnères, qui se fit Tafocst de cette fevendication , put reprocher au clergé jusqu'à cent vingt-trois cas d*a8ur|»ation sur la justice séculière.
La connaissance du droit canonique devint donc de bonne heure une nécessité pour le clecf^é, et il ne faut faire aucun doute qu il ne fdt enseigné dans les sénainaires coinuie un appendice de la théologie. Aussi, vers le milieu du douzième siècle, quand les écoles, franchissnnt l'enceinte de la cathédrale, où elles avaient vécu jusqu'alors sous Taile des évéques, se répandirent dans la ville pour former, avec la protection des rois, le premier noyau de l'université de Paris, l'étude des canons et des décrétaies forma, sous le nom de Faculté de décret, l'une des quatre branches de renseignement puhitc ofOciellement reconnu. A cette époque , il n'y avait pas chez nous d'autre école de droit que celle-là. Quelques glossateurs italiens avaient bien passé les monts pour convertir la France à la loi romaine; mais leur influence ne s'exerça que dans des leçons particulières, et il ne parait même pas qu'ils l'aient essayée ailleurs qu*à Montpellier et dans Quelques autres villes du Midi. Peut-être vinrentils jusqu'à Orléans ; mais c'est un fàit controversé, et qu'il est ditfieile d*éclaircir.
Quoi qu'il en soit, quand ils voulurent sortir de cet enseignement prive, et qu'ils tentèrent de faire pénétrer les doctrines nouvelles dans le sein même des universités, ils furent rudement repoussés par l'omnipotence jalouse de la papauté. £a 1163, Alexandre III,
âui présidait le concile de Tours, Interit expressément l'étude du droit romain aux religieux profès. En 1225, Honoré III, dans sa fameuse décréî;ile iuper spécula, éteudit cette défense à tous les clercs de France et de la chrétienté , menaçant notamment d'excommunication tous ceux qui étudieraient
00 enseigneraient la loi dvilê 4ans Pu*
niversité de Paris : comme celte université était alors la seule qui exigtât encore eu l'rance, c'était, comme le remarque très-bien Pasquîer, proscrire implicitement cet enseignement dans tout le royaume.
On a peine à comprendre cette haine des papes pour le droit romain , quand on essaye de la juger au point de vue de l'orthodoxie; elle paraît toute nalurelie et presque lésjitime, si l'on tient compte du but Qu'ils se proposaient.
Depuis Gré^re vll, la politique constante des pontifes de Rome avait été de faire de la chrétienté une vaste monarchie dont ils eussent été l'âme. Les canons et les décrétâtes, modifiés et complétés suivant que le besoin s'en faisait sentir, étaient, dans leurs vues, le droit commun qui devait régir, dans l'avenir , cette société théocratique.
Déjà la perfection relative de la lé|;islation ecclésiastique, la .'douceur et l'équité des juges d'église, avaient favorisé' . (les empiétements nombreux sur la justice séculière. Il ne fallait que de 1 habileté et de la persévérance pour substituer entièrement, dans les affaires temporelles, l'influence du clergé à celle des laïques, et consommer ainsi le triomphe définitif de la théocratie.
La résurrection du droit romain venait contrarier tous ces plans. Quelque supérieure que fût l'œuvre des papes et des conciles sur les législations d*alors, pouvait-elle soutenir la comparaison avec ce monument éternel de la civilisation la plus avancée qui eût encore existé? C^it on rival redoutable et inattendu qui Stti|;iS8ait : il iallait se hâter de le proscrire , si l'on ne voulait être renversé par lui. La papauté le comprit , et elle défendit l'étude du Digeste.
L'expérience a montré si elle s'était méprise! A peine droit romain fut-il connu, que ses décisions et ses principes furent accueillis partout comme des oracles. On y vit l'idéal de la iustioe, le dernier terme de la sagesse numaine; et l'on ne craignit pas d'opposer à l'autorité des papes l'autorité aussi vénérée de Gains et de Papinien. Ce ne fut pas là le seul échec que l'étude de la loi civite valut à l'influence théocratique : les
ÉCOLES
FRANCE
éooui
sr
légistes , descendants directs, sinon légitimes, des jurisconsultes romains,
trouvèrent, dans les subtilités du Digeste , des armes puissantes pour combattre les prétentions des papes et les empiétements du clergé. Les rois, de* puis saint Louis, s'empressèrent d'accueillir ces utiles auxiliaires (voy. Légistes), et, pour vn augmenter le nombre , ils furent conduits naturellement à propager l'enseignement public du droit civil.
Ce fut sous Philippe le Bel, en 1312, que fut instituée, à Orléans, la première unioertUé deMt, oh Ton joignit l'étude du droit romain à celle des décrets. Le prince qui venait de dépouiller les templiers par un procès , et fait violence au pape par son chancelier , avait trop d'obligations aux légistes pour ne pas leur donner celte preuve d'amitié. Il lui fallait, d'ailleurs, des gens instruits pour lutter contre les clercs, et reuipla- .oer, à la longue, les hommes d'armes qui avaient composé jusqu'alors les parlements d'une manière presque exclusive. Les universités de lois devaient être pour lui une pépinière féconde.
A cette ^loque, les papes commençaientà comprendre l'inutilité de la lutte qu'ils avaient entrt pr se contre le droit romain. Ils n'essayaient plus de l'étouffer, mais de l'absorber à lAir profit , en s'attribuant la surveillance et la direction de son enseignement. Quelque jaloux que fût Philippe le Bel lui-même , de Caire seul acte d'autorité dans son ropume, il sollicita donc une bulle du saint-siége pour obtenir la permission de créer une faculté de droit civil et canonique à Orléans. Il n'eut une part directe et apparente à cette fondation que par les privilèges qu'il concéda aux maîtres et aux écoliers, et par les règlements de police qu'il Ht uuur assurer ^ leur sécurité et leur bien-être. '
C'est un fait digne d'être remarqué, que la plupart des universités fondées en France, du douzième au seizième siècle, rapportaient ainéî aux papes leur origine : c'étaient eux qui , dans chaque université, nommaient le chancelier, chargé de surveiller les études et de délivrer les diplômes; c'étaient^eux qui réglaient les matières de l'enseignement et la discipline intérieure. Les rois
n'intervinrent dans ces fondations que d'une façon pour ainsi dire matérielle , en prêtant la sanction de la force aux statuts et règlements organiques, et en octroyant aux établissements des franchises et des privilèges.
C'est de cette manière que furent successivement établies l'université de Toulouse par le pape Grégoire VIII, en 1233 (*); celle de lois de Montpellier, par le pape Nicolas Ifl , en 1326 ; celle d'Angers en 1364 , et celle de Poitiers en 1411. L'université de Caen avait été fondée, en 1401, par Henri VI, roi d'Angleterre. Charles VII , qui ne voulut rien reconnaître de ce que l'Anglais avait fait en France , lui donna
§lus tard une charte nouvelle, qui n'est, ans le fond , qu'une confirmation de celle du prince étranger. L'université de lois de Bourges, qui compta quelque temps Cujas parmi ses professeurs , fut fondée par Louis XI en 1469, ainsi que celle de Bordeaux, en 1472. Les facultés de Cahors, de Reims, de Grenoble et de Valence, complètent la nomenclature des écoles de 4roit qui subsistaient en France aient le dix-septième siècle.
Si l'on en excepte l'université de Paris, où la défense faite par Honoré III fut maintenue officiellement jusqu'au rèj^ne de Louis XIV, dans toutes les autres, le droit civil et le droit canonique étaient simultanément enseignés.
Il est impossible de concevoir une organisation plus libérale et plus progressive que celle des facultés de droit pendant la période qui s'écoula du treizième au seizième siècle. Tout docteur gradué appartenant à la faculté avait le droit de professer publiquement, soit dans l'encemte des bâtiments universitaires, soit dans une salle particulière située dans toute autre partie de la ville.
{*) Le pape avait imposé la création de ceue timventté k Simoo, eoail«d«TouloiiM,
après la guerre des Albigeois. Outre les pri-
vili'ges et franchises ordinaires (nie ce priQOi fut lorcé de iui concéder, il s'obligea par pc* nitenoe à payer pendant co ans une certaine somme à trois |)r(ift s-ciirs. Le droit civil n'était pas eii&cigtié dans le ^niiicipe à celte université. Il ne s'y infrodiiitit que pliw tard, d'une manière pour ainsi dire subreptice, grâfie4r«Bibisiiîté d'une plutue de la miUe,
Les bacheliers eux-mêmes pouvaient , dans l'origine, faire des leçons publiques , avec Tautorisation des docteurs , et se préparer ainsi aux fonctions dittclles du professorat. Outre ces leçons |Hil)]i(|nes , qui étaient obligatoires pour tous les docteurs sans exception , ii y avait un certain nombre de chaires auxquelles étail «ffecté, par fondations pacticulières ou par la munifîcence des princes, un traitement spécial, et qui étaient données au concours, par rassemblée générale des gradués composant la faculté.
On ne doit pas s*étonner, d'après cette constitution, que la science du , droit soit parvenue, en peu de tentps , ànn dopré extraordinaire d*avancement et d'éclat. Tout homme qui se sentait une certaine valeur avait le champ libre pour développer ce qu'il avait en lui.
Les systèmes les plus divers , les opinions les pins opposées entraient en lice, et, parce concours de tant d'intelligences distinguées , la science se formait , et la lumière se répandait sur la îbule des auditeurs qui se pressaient luitour des mirftres.
Le seizième siècle fut l'époque oij l'enseifinement du droit, dans les facultés, parvint au plus haut degré de splendeur. Ce fut I époque des grands jurisconsultes, des Alciat, des Cujas, des Dumoulin, des Loisel, des Pitbou, des Pasquier, et de tant d'autres hommes éminents qu'il serait trop long d'énumérer ici. Depuis lors, les universités rie droit ne firent que déchoir; le nombre des docteurs augmentant dans une progression proportionnelle à la facilité des moyens d'instruction , il arriva un moment où les revenus des corporations et les rétributions pavées par les écoliers pour l'obtention ae leurs grades n'offrirent plus aux docteurs récents, entre lesquels ils étaient partages par égale portion , qu'une indemnité insuffisante. Beaucoup s'abstinrent peu à
{)eu de faire leurs leçons ; les autres ne es firent plus qu'irrégulièrement ou avec négligence. Ce fut vainement qti'à Paris, le parlement rappela le réellement par lequel le cardinal U li,stouteviile avait vendu l'enseignement obligatoire pour tous les docteurs en décret. Le mal eontfaMW» ^ devint tel qn'en 1679 , ce
même parlement présenta eu roi une requête pour le prier de donner des gages aux professeurs. Dans les autres universités, dont plusieurs ne possédaient aucune chaire rétribuée par fondation publique ou particulière, la décadence des études de droit avait été encore plus rapide. La plupart de ces ftoiltés comptaient à peine quelques écoliers; il paraît même quMl y en avait qui , comme celle de Reims, n'existaient plus que de nom ; et que , faute d'élèves pour suivre les cours , ou de docteurs nour passer les thèses et les examens , le droit attribué au chancelier de délivrer les diplômes avait dégénéré en un simple droit de finance , que l'avarice exploitait an grand préjudice de la science et de la justice.
Cet état appelait donc une réforme dans les écoles de droit : cefut LouisXl V qui l'accomplit. Par son édit d'avril 1G79, complété par une déclaration du 2fj janvier irso, il jeta les bases d'ime orcariisatioîi nouvelle, applicablea toutes les facultés lin royaume , et qui reposait sur des principes diamétralement opposés à ceux qui avaient présidé à la oonititution des anciennes écoles.
Voici les parties fondamentales de l'éffit de Louis XIY , édlt dont les difpositions' offrent une frappante analogie avec celles des décrets et ordonnances qui régissent encore aujourd'hui les écoles de droit.
« A présent qu'il plaft è Dieu nous « fiaiire jouir d'une paix glorieuse , » dît le préambule de cet édit, « nous trou- « vaut plus en état que jamais de don- « ner nos soins pour faire régner la «justice dans nos États, nous avons « cru ne pouvoir rien faire de plus « avantageux pour le bonheur de nos ■ peuples que de donner, à ceux qui se « destinent à ce ministère, les moyens « d'acquérir la doctrine et la capacité ^ « nécessaires, en leur imposant la né- « cessité de s'instruire des principes de « la jurisprudence , tant des canons de « l'Église et des lois romaines , que du « droit français. Ayant d'ailleurs re- « connu que iNncertitude des jugements, « qui est si préjudiciable a la fortune de « nos sujets, provient principalement « de ce que l'étude du droit civil a été « presque entièrement négli|;ée depuis
imiM hu^oe; Amis s^
« ^ftBMdel0ilawtout8taFfWi«e«
« et que la profession publique en a « étr discontinuée dans la niculté de « Paris ; à ces causes, statuons et or- « donnons :
« Art. 1^. Que dorénavant les leçons « publiques du droit romain seront* ré- « tablies dans l'université de Paris, « conjointement avec celles du droit • canonique , nonobstant l'art. 69 ûê « Ponkmnance.de Blois, et autres or- « donnances, arrêts et règlements à ce « contraires , auxquels nous avons 4é- « rogé à cet égard (*).
« Art. 2. Qu'à comnneneer à Fouver- « ture prorhairie, qui se fera ès écoles « suivant Tusage des lieux , le droit ca- « nonique et civil sera enseigné dans « toiilM les universités de notre royaii» « me, et pays de notre obéissanee oè « il y a facultés de droit, et que , dans « celles où Texercice eu aurait été dis- « continué, il y sera rétabli.
« Art. 4.' Enjoignons aux professeurs « de s'appliquer particulièrement à faire « lire et faire entendre par leurs eco- *> liers, les textes du droit civil et ie^ « anelens canons qui servent de fonde« « ment aux libertés de TÉgUse galli- « cane.
« Art. f 4. "Et afin de ne rien omettre « de ce qui peut servir à la parfaite insi> « truction de ceux qui entreront dans « les charges de judicatnre, nous voulons « que le droit français contenu dans nos « ordonnances et' dans les coutumes « soit publiquenncnt enseigné; et , à cet « effet, nous nommerons des profesv « seurs qui expliqueront les prmcipes « de la jurisprudence française , et qui « en feront des leçons publiques, après « que nous aurons donné les ordres né* n ressaires pour le rétablissement des « facultés de droit canonique et civil. »
L'édit entre ensuite dans des détails minutieux sur les conditions d'admlssl-
(•) La défensti faite par Honoré III d'enseigner le droit romain dans rimi?ersité de Paris avait souvint ( lé ctifreinle. En r575, trois ans ayant l'ordonnance de Blois qui la rcnouvéla , nous voyons un arrêt du parlement qui permet à Cujas, «qui est,dil"Ont •« ronime rhaciin sait, personna;;e de grande « et singulière doctrine et érudition, de faire « ksetiire et profession en droii dvil à l\u^ « versité de 8Mis. »
bilité ani gndes ; il eiige Tâge de dix* sept ans pour |ioilvoir être reçu aux écoles, fixe à trois années le temps d'études nécessaire pour obtenir la licence, fait défense aux professeurs de délivrer les diplômes sans examen préalable, établit un registre d'inscriptions pour les étudiants , et prescrit une fouie de règles qui s observent epcore aujourd'hui.
Un grand nombre de ces articles^ dont nous ne donnons ici que la subsr tance , avaient pour but de parer à des abus incontestables et vivement seotif alors. On ne peut s'empécber de rcoon?
naître, dans ceux qui prescrivent l'uniformité de l'enseignement et la création de chaires de droit national , des mesu- Tfs d'un intérêt politique important pour l'unité future de la France.
î\Iais l'instinct despotique et centralisateur de T.ouis XIV l'emporta trop loin, quand il s'agit i\t reconstituer le corps enseignant. Au lieu de le réfor<? mer simplement en en élairunnt les abus que le temps et les circonstances y avaient introduits , il le bouleversa oomplélement en substituant le monoi-
Rie au principe de liberté qui était me et la vie des anciennes (noies.
Rien n'eût été, cependant, plus l;uile ue cette réforme. Il sulïisait de créer es |>rofiisseurs rétribués , et de laissajr subsister à côté d'eux l'enseignement libre et public des docteurs en droit.
On eût ainsi paré aux inconvénient^ provenant de l'irrégularité des leçons , sans éteindra la noble émulation qui naît de la concurrence. Mais cette orgunisation donnait des allures indépendantes a la science, et la liberté, comme . on sait, ne s'accordait guère avec le génie du grand roi; aussi, non-seulement il se réserva la nomination des professeurs , mais encore , par 1 art. 5 de rédit, il défendit « à toutes persoa- « nés, autres que lesdits proweurs»
« d'enseigner et de faire leçon publique- « ment dudit droit canonique et civil, à a peine de 3,000 fr. d'amende, applica- «nles, moitié anx professeurs, et l'autre « moitié au profit du roi, d'être déchus « de tous les degrés qu'ils pourraient « avoir obtenus, et d'être déclarés io- « capables d'en obtenir aucnni I |*ave- « nir;9 ce que le roi voulait «avoir
«cou L*D»IVERS. ioéM
« aussi lieu contre ceux qui prendraient « des leçons desdits particahers. n
Cette défense ne se borna pas seulement aux docteurs indépendants; par l'art. 18 de la déclaration de 1682, elle fat étendae aux professeurs agrégés etix« mêmes :
Art. 18. « Défendons aux docteurs « agrégés et à tous autres dans les fa- « cuites de notre royaume , d'en.seigner • publiquement ai assembler desloo- « liers chez eux, sous les peines portées « par notredit édit , mais pourront seu- « lement aller dans les maisons de ceux « qui Tondront faire des répétitions « particulières. »
Nous sommes loin , comme on voit, de cette époque où le cardinal d'Ëstouteville , reformant l'anifersité do Paris, en 1459, infligeait des pdnes canonîques à tout docteurj qui, par malice ou jalousie , essayerait de nuire à la tibej'té de roiseiguement, en surenchérissant le prix de la salle louée par tm autre docteur.
Cependant , malgré sa haine pour la
J)ublicité et ses hautes prétentions à 'InfMllibilité , Louis xfv établit la ▼oie du concours pour la nomination des professeurs titulaires et pour celle des agrégés qu'il leur avait adjoints, par arrêt du conseil du 36 mars 1680. Malheureusement la discipline qu'il adopta, et qui subsiste encore de nos jours , était le moyen le plus efOcace qu'on pût choisir pour étouffer l'enseignement ou droit et arrêter les progrès de la science : qu'attendre, en effet, d'un jury composé presque exclusivement de
Srofesseurs dont Tintérét le plus imméiat est de repousser des candidats qui,
rir leur talent, pourraient donner lieu des comparaisons fâcheuses pour leur amour-propre.^ En supposant même (jue les juges tussent à rabri de ces misérables calculs de la jalousie , n'est-il pas à craindre que des différences de doctrine, souvent même des nuances imperceptibles au vulgaire, suffisent, auprès de certains hommes entichés de leurs idées et peu habitués à la contradiction, pour écarter les concurrents qui n'ont pas le secret de leur chatouilleuse ftiblesse ?
Ce fut vainement que, pour atténuer oes inconvénients, on introduisit dans
le sein du ^ury le concours facultatif de" deux conseillers au parlement ; que pouvait faire cette minorité contre le ba- •
taillon compacte des professeurs? L'o- > bligation de présenter trois candidats à la nomination du roi ne corrigeait rien non plus. N*avons-noas pas vu de* notre temps un jury repousser d'un seul coup trois jurisconsultes distinf2;ués pour nommer je ne sais quel procédurier ignorant ! Par le fait, le ooncoars institué par l'ordonnance de 1679, et régularisé par la déclaration de 1680, ne fut qu'une prime d'encouragement offerte aux médiocritéB laborieuses et persévérantes.
L'orcjanisation donnée aux écoles de droit par l'édit de Louis XIV subsista, sauf quelques modifications de détails et de peu d'importance, jusqu'à la révolution française. Depuis 1792 jusqu'à l'an xii de' la république, il y a une lacune dans l'enseignement oflieiel. A la place des éeoles publiques supprimées, il s'éleva plusieurs établissements particuliers où le droit était
{)rofessé. Ceux qui, à Paris, portaient enom dlTniversité de jurisprudence et d'Académie de législation , sont les plus célèbres. Tous les avocats et jurisconsultes distingués de notre teiuus y ont fait leur éducation, et c'est ae là qu'on tira la plupart des professeurs, quand il s'est agi de reconstituer les £a* cultés de droit.
Cette réorganisation eut lieu par un décret du premier consul, du 33 ventôse an XII. A la place des anciennes universités, on créa onze facultés de droit, savoir : à Paris , à Dijon , à Aix , à Grenoble, à Turin, à Poitiers , à Rennes , à Caen, à Bruxelles, à Coblentz, à Strasbourg. L'enseignement du droit canonique , qui , par suite des cliaugements apportés à Tétat social, ne conservait plus qu'un intérêt historique, fut supprimé; mais à l'étude du droit romain et du droit français qu'on rétablit, on ajouta celle du droit commercial , du dfroit administratif et du droit des gens. Du reste, pour le mode d'inscription des élèves, pour la durée de renseijjnement , pour les conditions d'admissibilité aux grades, on ne fit que ressusciter l'édit de f 679. On ne se montra ni plus libéral, ni plus jnventif
FRANCE. memm «i
dans rorganisation du professorat, de surnuméraire dans l'administration
L'eueignsment publie oontinua "h étré de renr^istrement. Nous ne ssfons si
on monopole exclusif comme sous l'an- ce remède héroïque fera plus que les
cien réfçime; le principe du concours nombreuses commissions nommées à
devant un jury de professeurs fut ré- chaque ministère pour examiner les
tabli. moyens de relever m études de droit.
La seule innovation qu'apporta le dé- Cette déchéance nous jmratt venir de
cret fut la création de cinq inspecteurs deux causes : la première , et c'est la
généraux choisis par le premier consul, plus vraie, c'est l'opinion que se font
et qui devaient composer un conseil gé- Bien des gens, que la codiQcation et les
' néral d'enseigifement et d*études du recueils de jurisprudence ont rendu
droit auprès du conseiller d'État diren- la science des principes inutile; la
teur de l'instruction publique (décret du deuxième, c'est l'organisation radica-
4 complémentaire an xii). Ces fonc- lement vicieuse du professorat. Les bor«
tionnaires remplissaient , près les ft- nés de cet article, et la nature de ce re-
cultés de droit , le même emploi que cueil , ne nous permettent pas d*entrer
les inspecteurs généraux dans les col- dans plus de détails à ce suiet. Il suffit
léges. Chaque année ils devaient visiter d'avoir indiqué le mal ; l'histoire des
les diverses facultés de France , exami- anciennes universités de lois pourrait
ner les élèves et faire leur rapport au peut-être nous fournir le remède (voy.
ministre. Ils devaient, de plus , assister Université ).
au concours des professeurs et des sup- Écoles de langue. C'est le nom que
Sléants-agré^és , et présenter un candi- Ton donna à des écoles dont la Conven-
at à la nommatioo do premier consul, lion nationale ordonna rétablissement,
concurremment avec les professeurs, par un décret du 8 pluviôse an ii (27
Supprimée par la restauration, celte ins- janvier 1791}. Un instituteur de langue
titution des inspecteurs généraux dura française devait être établi dans chacune
trop peu pour qu'on pût juger de ses des communes rurales des départements
effets. du Morbihan , du Finistère , des Cotes-
Depuis 1815 jusqu'à ce jour , Torga- du-INord , et dans la partie de celui de
nisation des écoles de droit n'a subi au- la Loire-Inférieure dont les habitants
cune modification importante; quel- parlent Tidiouie bas-breton -, il devait en
oues chaires créées ou supprimées dans être de même dans les départements da
diverses facultés , quelques change- Haut et Bas-Rhin , dans la Corse , et
ments insignifiants dans les règlements, dans la partie des départements de la
voilà a quoi se borne l'effet de plu- Moselle, du Nord, du Mont-Terrible,
tkm ordonnances rendues en diffé* des Alpes-Maritimes et des Basses-Py-
rents temps, et qu'il serait trop long rénées, dont les habitants parlent des
et trop fastidieux d'analyser ici. Au- idiomes étrangers. Ces instituteurs de
ourd'hui la faculté de Paris , où l'en- langue française devaient être nommés
seignement du droit est le plus com- par les représentants du peuple, sur la
plet, compte neuf chaires différentes , présentation des soeiéCes populaires,
sans parler des doubles. Les voici par espèces d'interprètes constitués des po-
oidre de création: droit civil, droit pulations au milieu desquelles ils étaient
romain , procédure , droit commercial , établis; leur principale fonction était de
droit administratif, droit des gens , traduire aux citoyens les lois de ta ré*
histoire du droit, droit constitutionnel, publique, les décrets de la Convention ,
et droit pénal. et les actes de l'autorité publique. Ils
Malgré ce luxe de professeurs , la devaient également traduire dans la laa-
science du droit se perd en France. En gue na^onale les voeux et les demandes
1840, un ministre a cru voir la raison adressés par les citoyens au gouverne-
de cette décadence dans le défaut d'é- ment. Un nouveau décret étendit, trois
mulation des élevés. Il a institué des jours après, le bienfait des écoles de
concours ou les vainqueurs ont pour langue à la partie du département de
récompense la perspective lointaine la Meurthe oont les habitants parlenl
d'une place de substitut à 1,300 fr., ou un idiome étranger, et aux oommunot
49 icOLF.S L'tfl^
du département des PvTénées^rientalcs où l'on parle exclusivement l'idiome catalan. Malheureuseqoeot 1 les circcins* tanoei ne permirat pas que ces décretif fessent exécutés.
Écoles de médecine. — T. Parmi nos écoles de médecine, V école de Montpel- Uerse présente en première ligne. C est CB effet la plus ancienne, et ce fut longi temps la plus célèbre de nos institutions médicales. Louis XIV l'appelait la. mère des facultés de TEurope, la pépinière des archiàtres ou médecins des rois; et la ville même où elle est située lui (lut les noms de ville d^HippOr craie et de cité médicale.
Un ou deuz^'ècles avant rorcanisation de cette école comme faculté , sa renommée attirait déjà un merveilleux concours d'étrangers; les uns venant écouter la parole des maîtres de la adenfiOt et les autres implorer d'eux secours et guérison. Ainsi , au commencement du douzième siècle , un archevéçfue de Lyon étant tombé malade à Samt-Gilles, ne crut (c*est sSint Bernard qui rapporte ce fait) pouvoir se rétablir qu'en se faisant transporter à Montpellier i et l'on posscUe une ordonnance rendue en 1180, par Guillaume, sei^mnur de cette ville, pour y régler l'exercice de la médecine.
Cependant l'enseignement médical ne fi|t réellement constitué qa*en 19S0, lorsque la croisade contre les Albigeois attira dans le midi de la France le cardinal C;onrard , légat du pape. Une bulle dHonorius III, obtenue par Tentremise de ce prélat, érigea alors t*école en université , et lui donna mêm? pp carnctère spécial que, seule parmi toutes les universités placées sous la dépendance et la protection des papes, elle était exclusivement consacrée aux études médicales.
Cette, université reçut, au quatorzième siècle , un vif eelat des travaux d'Arnaud de Villeneuve, qui, malgré ses rêveries d'astrologie judiciaire, était certainement au-dessus de l'illumioé Raymond -Lulle, son prédécesseur et son maître. On ne peut, sans ingratitude, oublier que c'est 5 ses recherches ue l'on doit la térébenthine et l'esprite-vin ; qu*!i découvrit et perfectionna plusieurs appareils distiilatoircs, el
VERfi, ACûUMi
qu'en enseignant surtout l'art de se ser» vir de ces appareils dans la fabrication des eaux-de-vie, il créa pour son pays une source inépuisable de prospérité et de richesses.
Une autre époque remarquable dans l'histoire de l'école de Montpellier, c'est celle qui est marquée par la pubiicstioi| des œuvres de Gui de Chauliae,dont le Traite de chimrgie fut consulté par toute l'Europe comme un oracle infaillible , jusqu'au temps où parut riuunortel ouvrage de Pare.
T. es tentatives hardies de ces deux hommes sont d'autant plus remarquaibles oue tout l'enseignement se réduisait alors à de ridicules commentaires sur huit traités empruntés à la médecine arabe. Ce sptème d'études était d'ailleurs psservi à des règlements et Statuts divers dont l'appareil pédan* tesque livrait la méiîeciue aux sarcasmes et aux dédains des philosophes et des poètes satiriques. Nous épargnerons à nos lecteurs les longs et fastidieux détails dans lesquels le savant Astruc n'a pas craint de s'égarer; nous chercherons seulement à donner îme idée des pouvoirs et dignités académiques de la faculté. Le chef de la compagnie portait le titre de ehanrolicr ; le sous -chef celui de doyen ; venait ensuite le cortège des pi'ocureurs, des syndics, du trésorier , du secrétaire , et même dei bedeaux. L'évéqueet le sénéchal étaient en outre protecteurs et conservateurs des useSj^ privilèges et immunités. Mous ne dirons rien non plus des réceptions aux différents grades, soit avec la robe de drai) ordinaire, soit avec celle de drap rouge , les grandes manches et le capuchon , ce qui nous mènerait nècessaireujent à parler de la fameuse robe de Jiabcfais, qui fut , depuis le seizième siècle, considérée à Montpellier comme le symbole extérieur du doctorat.
Quant aux cérémonies par lesquelies ce grade était conféré, elles consistaient, 1° à donner au récipiendaire le bonnet de docteur ; 2" à lui mettre au doigt ane bague d'or; S* à le ceindre d*une ceinture d'or ; 4° à lui présenter le livre d'nippf>cratc ; à le faire asseoir dans la ciiaire, a côte du professeur; 6" et
enfin , à lui donner l'accolade et la bénédiction.
Biiifa» qai raconte les anciennes
coutumes suivies dnns la faculté de Montpellier, siirn.ite l'usage que les médecins (le cette faculté avaient adopté, d« 8*appfl]er euK-niéiiiat iwUcdnf ortJiodoxes tous le pairtmage de saint , désignation qui, sans doute, dans le principe, n'eut d'autre objet que de marquer la séparation tranchée qui existait entre ces médecins et les m^ecins juifs et arabes de la même époque. Le même auteur nous fait connaître une autre coutume plus singulière encore , et qui darait depuis plusieurs sièelw % la faculté, après l|¥Oir, au frontispice de ses thèses, invoqué Dieu, ta Vierge et saint Luc , patron des méidecins or*' thodoies, terminait ainsi ton invocation : Mte thèse sera soutenue dane le sacré temple (V Âpollon. Étrange formule en effet, et coticlusioFi bien inattendue après de telles prémisses.
De pareils traits sans doute aoGusent la physionomie d'un siècle, mais ils doivent être recueillis avec réserve et discernement. On nous saura gré de nous en tenir à ceux que nous venons d'indiquer. Un fait d*un autre ordre, et que nous devons mentionner, c'est l'ordonnance par bquelle Louis d'Anjou permit la dissection publique des cadavres des criminels. Cependant, malgré cette protection légale , on n'osait encore braver l'ignorance et les superstitions populaires; et ces investigations cadavériques étaient faites la nuit, à la lueur des flambeaux , au milieu du plus grand silence. Dans ces dissections clandestines, on enseignait Tanatomie «n quatre leçons, dont la première était consacrée aux viscères du bas-ventre; la seconde , aux viscères de la poitrine ; la troisième au cerveau \ et la quatrième aux membres (*).
Ces ressources étaient, on le voit, bien insuffisantes ; on essayait d'y suppléer à l'aide dos treize planches de Henri de JiennandavUie, où se trou»
valent représentées à peu près les priu* cipales dispositions des or^nes.
Mais l'un de ces événements fortuits, où la perfectibilité de l'espèce se révèle fout à coup, devait bientôt venir seconder la marche de Tesprit humain ; grâce
(*) Voyez l'ouvrage de Gui de Ghauliac.
^ la déoniiiferte de rimprîmerie , ce (ni
immense, qui domine le quinzième siècle, il fut possible aux savants de remplacer les traductions d'auteurs anciens, faites de seconde main et sur des versions arabes, par des traductions entreprises d'après les textes originaux, lesquels ne tardèrent pas eux-mêmes à se multiplier.
En denors du mouvement scientifique qu'il nous est interdit de suivre et d'apprécier dans cette rapide esquisse , nous avons encore à nous demander quel était Tétat réel de la ftieulté , et quelles étaient ses conditions d*exis-> tence et de durée. La faveur des roif ne lui manqua jamais i elle se manifesta par de nombreux privilèges. L'exemption de droits d'entrée, a impdts et de contributions de puerre , accordée aux docteurs en médecine et à leurs écoliers en 13G4 , fut successivement contirraée par Charles le Sage , en 1 379 ; par Charles VI , en 1427 , et par Charles VIII, en l'<84 et 14U(i. On avait seulement oublié d'assigner un traitement ûxe à ceux qui étaient chargés des cours, et des revenus pour l'entretien de ré( oie. Il résultait de là que la gloire « t de lé^^ers émoluments, fournis par les élevés, soutenaient seuls les professeurs et la faculté. Informé de l'état des choses, et voulant asseoir l'enseignement sur des bases durables, Charles VII établit quatre rej^ents, chargés de faire des leçons annuelles, et assigna pour appointe^ meiits à chacun d'eux une somme de cent francsy laquelle pouvait stiffire au uinzième siècle. Une pareille somme evait , en outre, être consacrée annuellement à l'entretien et aux réparations de l'école; mais la mort empêcha le prince de donner une forme deUni^vç a cette fondation.
C'est à Louis XII que Montpellier doit en réalité rétaMissement des charges de professeurs. Charles IX ajouta douze cents francs aux cinq cents francs
f»riniitivement alloués. Henri IV porta e traitement de chaque professeur i six cents francs; et, plus tard, on y joignit l'immunité des tailles, aides, octrois, logement de gens de guerre , etc. Les privilèges, étendus d'abord à tous les docteurs de h faculté, furent ensuite restfeiuts à ceux qui eoseif^uai^t.
ioMjn
L'UNIVEES.
et qui , seuls alors, se trouvèrent chargés dM travaux relatifs à Técole et aux réceptions. Ainsi, dès le milieu du seitième siècle, la faculté de médecine cessa de comprendre Tuniversalité des médedns de Montpellier, et ne fut plus représentée que par les. piofiesseari royaux.
Bientôt , cependant , de jeunes médecins , jaloux de seconder leurs maîtres , se vouèrent aussi à l'enseignement , et leur zèle fut reconnu par le titre légal de docteurs aarégés. Aussi nombreux d*abord que les docteurs régents, ils furent réduits à deux par un édit de 1610. En 1£85, Henri IV avait créé deux chaires nouvelles : l'une d'anatomie, 1 autre de botanique; un chirur* gien anatomiste fut de plus chargé des dissections et démonstrations qui de^vaient toujours suivre les leçons du professeur. Cabrol occupa le premier cette place. La chaire d'enseignement chirurgical ne fut érigée qu'en 167S, par suite de dissensions entre les praticiens et les chimistes. A ces dissensions se rattache un procès fameux , qu'on ne peut point fie oîspenser de mentionner dans lliistoire de la faculté de Montpellier.
Renaudot, médecin de cette faculté, était venu se fixer à Paris, avec la prétention déclarée d'introduire dans la pratique médicale Tusage des remèdes chimiques, et notamment de l'antimoine.
En conséquence, il avait établi, sous l'autorité du roi et eo vertu de lettres latentes, un bureau publie de consulta* tions pour les pauvres. La fiicttité de Paris, voyant d'ans cette concurrence imprévue une violation de ses privilèges, résolut d'en poursuivre la suppression.
La cause fut plaidée solennellement au parlement de Paris; et le célèbre Gui- Patin, irréconciliable ennemi des remèdes chimiques qu'il flétrissait du nom de cuisine arabesque, se constitua le champion de sa compagnie, et fit condamner Renaudot. Mais le grand conseil, couvrant celui-ci de sa protection, lui délÎTra , en IdTS, des lettres patentes portant érection d'une communauté des médecins de Montpellier réunis à Paris, avec droit d'y pratiquer la médecine.
Cet établissement, aussitôt organisé, prit le nom de Chambre royale de Mim^teUier, et brava la fMulté rivale
jusqu'en 1694, où elle fut abolie par.
une déclaration du roi.
Après avoir montré sommairement l'origine et le développement progressif de l'ancienne école de Montpellier, nous voudrions pouvoir donner une idée des travaux de ses professeurs les plus illustres, et dire la part qui revient à cette compagnie savante dans les progrès de la médecine ; le défaut d'espace nous oblige à ne donner ici que Tabrégé chronologique de l'histoire de cette école célèbre; mais, du moins, nous rappellerons qu'elle sut conserver sa renommée jusqu'au moment où elle vint tomber, comme toutes les corporations scientifiques , sous le coup de la loi du tS août 1792.
Une autre lof la rendit à la vie; noua ferons plus loin connaître les principales dispositions de cette loi , qui sont également applicables aux facultés de Paris et de Strasbourg.
II. École de Paris. — On a voulu placer le berceau de cette école dans le palais de Charlemagne; mais le témoignage de l'histoire est formellement contraire à cette opinion; et la plus haute origine de l'école de médecine de Paris ne saurait remonter au delà de l'existence même de l'université. Or, ce fut en 1181 que le pape Alexandre III chargea le cardinal saint Chrvsogone et les archevêques de Rouen et' de Reims de dresser des règlements pour Vétude de Paris. C'était le nom sous lequel on désignait alors l'association toute volontaire et spontanée des maîtres ou savants sortis des écoles monastiques.
Ce fut seulement vers qu'ils prirent le nom d'université.*
Entre les années 1270 et 1280, la £iculté de médecine se sépara de l'université. Ce fut alors seulement qu'elle prit un sceau particulier, commença à tenir des registres y et eut des statuts è elle; statuts qui furent confirmés, en 1331 , par Philippe de Valois. Les premiers registres, connus sous le nom de Commentaires, ont été perdus ; le plus ancien de ceux qui nous restent ne remonte pas au delà de 1 395 (*)•
(*) La plupart des déuiils qui snivcnl sont empruntés aux recherches historiques du docteur SabatteTi sur la laeidlé de médecine de Paris.
FRAKCE. ICOLW 4S
Pas plus que l'université , la faculté elle avait célébré elle-même tous ses
naissante ne possédait de reveous ; die offices. Les fonctions de chantres étaient
n'évait pas même de salles pour ses confiées aux docteurs, qui, chaque année,
cours; les premières qui furent cons- chantaient la messe de saint Luc en
truites pour elle lui furent ouvertes en crande cérémonie. Quant à J. Desparts,
1505. Jusque-là, les grandes réunions H coui:onna ses œuvres en léguant par
des régents eurent lieu dans Téglise des testament son Aviemne à la faculté,
Mathurins ou à ]Votre-D.im^. Les notes qui se montra reconnaissante en fon-
se passaient dans les maisons des niaî- dant à perpétuité un obit vigile et niesse,
très , et plusieurs enseignaient chez eux. pour l'anniversaire de sa mort.
Quant aux leçons journalière-s que fai- VÂvieemie, bien et dûment oom-
saient les bacheliers , elles avaient lieu menté par Desparts, servit longtemps
dans le quartier Saint- Jacques , dans le de hase à l'enseignement des écoles,
voisinage de la place Maubert, dans C'était un des livres rares de la biblio*
ces rues étroites, sombres et humides, thèque de la faeulté; bibliothèque dont
comme la rue du Fouarre, qui conserve le catalogue n'était pas bien nombreux,
encore aujourd'hui le nom qu'elle dut à On n'y comptait, en 1395, que huit ou
la paille et au foin qui s'y trouvaient ea neuf ouvrases, savoir : la Concordance
abondance pour servir de litière wï\ de Jean m SaifU-^mand (1200); la
élèves réunis, ou plutôt couchés et en- Concordance de Pierre de Saint-Fhur
tassés dans des salles basses et non pa- (1325) ; le livre de Galien , De usu par-
vées ; salles où l'on vit des fils de rois et tium; le Traité des médicaments simr
des princes venir écouter et apprendre, pies, et la Pratique de Merué; le Traité
car la faculté de médecine n'était pas de la thériaque; VAntidotaire d'Albu*
seule maîtresse de la rue du Fouarre, oii kasîs , V . intidotaire clarifié de Nicolas
la faculté des arts faisait aussi ses cours. Myrepse (1300) ; enfin , le plus précieux
£n 1454 , sous le décanat de Denis- de tous les livres possédés par la fa-
de88ous4e'four, Jacques Desparts, cha- culté , le piu$ beau, le plus singulier de
noine de l'église de Paris , et premier ses joyaux, ainsi qu'elle le disait elle-
médecin de Charles VU, convoqua la même dans sa lettre à Louis XI, le
faculté au bénitier de ?îotre-Dame, et Tot^umco7iti/ienslihasés!endeu%pet\U
démontra à ses collègues la nécessité volumes. Louis XI, en effet, ayant dé-
d'obtenir pour les cours un local plus siré faire transcrire cet auteur pour le
convenable. La compagnie adopta ses mettre dans sa bibliothèque, députa , en
vues; mais la guerre contre les Anglais, 1471, le président de la cour des
et plus encore le défaut d'argent, mena- comptes, Jean Ladriesse, vers la fa-
cûent ce projet d'un ajournement indé-' culte , pour lui en demander comsnu-
fini , lorsque le digne chanoine fit don nication. Grande avait été l'émotion
à la faculté de trois cents écus d'or, de l'école lorsqu'elle avait appris le
ainsi que d'une partie de ses meubles et désir du roi; le bénitier de ^otre-
de ses manuscrits. Dame la vit plus d*une fbis se rén-
Par suite de cet abandon généreux, nir pour délibérer sur cette grave af-
la construction d'un bâtiment pour re- faire; elle consentit enfin à se des-
cevoir la faculté fut commencée en 1472, saisir de son singulier joyau; mais
au bourg de la bdcherîe , sor le terrain auparavant, elle exigea qu'on lut remit
d'une vieille maison qu'on acheta d'un comme gage douze marcs de vaisselle
bourgeois nommé Guillaume Chante- d'argent et tm billet de cent écus d'or,
loup , et qu'on réunit au terrain d'un qu'un riche bourgeois nommé Malingre
autre bAtiment cédé , dès l'année 1369, souscrivit au nom du roi. L'année sui-
8ar les chartreux, moyennant une rente vante, le Bhasès et le gage furent fidè-
e dix livres. La faculté avait élevé , en lement rendus à leurs propriétaires.
1495, près de la principale entrée de ses Tels furent les ouvrages où jusqu'à
nouvelles écoles , un bâtiment modeste Fernel , médecin de Catherine de Mé-
qu'elle convertit en chapelle; de sorte dicis, les docteurs puisèrent toute la
âu'elle abandonna désormais l'église science dont ils alimentaientlastodieuie
es Mathurins (1511), où jusqu'alors curiosité de leurs élèves.
40 iscoLfes
Nous avons dit que primitivement récole n^était qu'une agrégation de professeurs sortis des écoles monastiques.
Plus tard, des laïques parvinrent a s'y introduire, et leur nombre s'y accrut bientôt tellement, que, devenus les rinattres de la faculté , ils voulurent s'opposer à Tadmission des prêtres au baccalauréat en médecine. Cependant, par une contradiction assez étrange, ils im-
fiosaienten même temps à ceux auxquels Is conféraient ce grade, même aui ifégents, Tobligation d*observer le cilibat.
Cette loi fut strictement suivie jus-
S^en 1452 , époque où le cardinal d*£siteville, envoyé par le pape pour organiser les facidtes de théologie, de droit et de médecine, vint lever l'interdiction en la déclarant impie et absurde, attendu, disait le décret, que les hommes mariés sont ceux auxquels il appartient surtout d'enseigner et de pratiquer la médecine.
La faculté se composait alors de tous les docteurs récents reçus dans sou sein, et pour élire le doyen et les professeurs nouveaux, elle conférait ses pouvoirs à cinq électeurs désignés par le sort. Le doyen élu prétait devant rassemblée le serment Je préférer ses devoirs à toutes clioses, et de sévir rigoureusenieut et sans distinction contre tous ceux qui pratiqueraient la médecine illiciteuient. Ensuite, il inscrivait sur un registre le procès-verbal de sa nomination , et donnait à son devancier un récépissé des biens de la faculté, savoir : du sceau attaché à une chaîne d'argent, du livre <i(s statuts et des sommes qui restaient en caisse. Le serment des professeurs mérite d'être, en partie du moins, consigné ici.
" Nous jurons, disaient-ils, et pro- « mettons solennellement de faire nos «.leçons en robe longue, à grandes « manches , ayant le bonnet carré sur « la téte,le rabat au cou et la chausse « d'écarlate à Tépaule. — Itenif de faire «nos le^ns sans interruption, de les •.faàte muHnàmu et mn par des sup- ^oléanUf chacune d'elles tieudaut uue «neure au moins, tous les jours de « l'année qui ne seront pas jours de « féte. »
Les docleun cfaargèi de Peiamea des
candidats étaient nommés d'avance, et d'après le mode d'élection que nous venons dMndiquer, dans uhe aésemblée générale qui se tenait tous les deux ans, le troisième sanie ll de janvier. A cette occasion, la faculté envoyait des bacheliers porte» des cierges aux examinateurs désignés.
Aurès leur réception, les bacheliers renclaient visite à leurs juges et aux maîtres, et, en vertu d'un usage consacré depuis le quatorzième si^le , ils leur offraient des épices, telles que de la muscade, du gingembre, du poivre, de la cannelle, et autres substances ana> loques que leur rareté rendait alors précieuses. Mais vers la fin du seizième siècle, lorsque les épices devenues pins communes lurent par cela mnne moins estimées, on les remplaça par des bourses plus ou moins pleines. Un auh^ usage plus singulier est aussi lieureusenu'ut tombé en désuétude , car les professeurs de nos jours n'y suffiraient pas. « Il ne Se passait, dit Hazon, aucun acte public des écoles, aucun examen, aucune thèse, aucune reddition de compte qui ne fdt suivi d'un dîner. Les repas qui se faisaient au sortir des tiièses ou des examens se donnaient aux dépens du soutenant ou des bacheliers. « T.es licenciés ne manquaient jamais d'inviter à la cérémonie de leur licence et au dîner
Îui la suivait le chancelier de Notrelame et tous les chanoines. Aux yeux de ces derniers, l'habitude avait sans doute force de loi, car lorsque la faculté voulut, vers 1650, supprimer eel abus, ils se crurent privés d'un droit bien acquis , et ne craignirent pas d'en réclamer le maintien pur sommations et procédures. Néanmoins, malgré leur résistance, Tusage des repas demeura abrogé: ce qjie voyant, les chanoines cessèrent d'assister aux actes de l'école.
Au bout de deux années employées à professer, à suivre les hôpitaux et à discuter entre eux, les bacheliers devenus émérites présentaient en corps leur supplique a la faculté, dans le but d'être admis à Texamen sur la pratic^ue. Le doyen fixait le jour de cette épreuve, qu on subissait le plus ordinairement avant la Saint-Pierre, et convoquait tous les docteurs rtmids pour interroger les candidate à la licence.
L'UNlVRRS.
BCOIifeS
FRANCE
SGOLES
Les exainînntniirs s'enjzafipnicnt par un serment prêté sur le crucifix et sous peiae de damnation éternelle , à tixer le rang des candidats en leur âme et eonscience. Les noms et prénoms des licen^ ciés et leur ordre de réception f't;iiefit proclamés ensuite par l'appariteur; après quoi , les récîpiendafres à genoux et nu-téte recevaient du chmewer la Hcence et faculté de lire , enseigner, interpréter et pratiquer la médecine > hic et ubique terrarum. C'était en effet Tun des privilèges de l'université de Paris d'exercer avec le grade de licencié et de docteur non-seulement en France, mais dans tou6 les pays soumis à l'obéilienee romaine.
Cette formalité remplie, les nouveaux licenciés étaient conduits dans l'église cathédrale, a la chapelle de la Vierae, oà ils remerciaient Dieu d'avoir conduit à bien leurs travaux.
Ce desré de licencié conférait, comme on voit, le droit d'enfieignement et d'exercice médical; mais pour olvtenir voix délibérative à l'école , le titre de docteur était i^idispeusable. Avant de passer à ce dernier grade, qu'il nous soit permis de dire un mot de l'acte du ptarantfmphe f Tune des plus vieilles coutnfîies de la facuitti. Escorté du grand appariteur et des bedeaux de l'école, le licencié se rendait auprès des «lembfts du parlement , des ministres, prévôt des marchands, échevins, lieutenant de police, etc., pour les inviter, au nom de la faculté, au paranymp/iCf e*C8t*è«dire, au langage fleuré, à son mariage avec Técole. Dans Tacte en
Question, le doyen remplissait à l'égard es licenciés le rôle de Ua^vù^io<i^ ce qui répond à ce que le vulgaire appelle garçon de noces , et l'église sanctioDuait avec appareil cette union médicale.
Le jour de sa réception au doctorat, le récipiendaire, précédé des massiers et des bacheliers , ayant le président à sa gauche, et suivi des docteurs chargés d'argumenter contre lui, montait en chaire avec le président. Le grand appariteur s'approchaot alors de lui , fai* sait un révérencieux salut, et dans une courte allocution latine lui rappelait les trois serments imposés aux docteurs :
If oteerm les statute et règlements iM Im louables ooiitumes de
Tordre; 2" assister à la messe de saint Luc en mémoire des confrères décédés; 3° employer toute sa force et toute soil influence à poursuivre l'exereioe illicite de la médecine sans aucune exception de rang ni de personnes. « Voulez-vous le jurer? » disait-il en terminant. Le récipiendaire prononçait ators ce moti le dernier qui sortit' de la bouche de 'notre Molière : « Juro! » puis le président se tournant de son a) te, lui retraçait brièvement les devoirs du médecin , prenait un bonnet carré aves l^uel il faisait le signe de la croix, et le plaçait sur la téte du candidat: après
âuoi , des deux doigts de la main droite* lui donnait un léger coup sur la téte (in •^fgnum manumissionU) , et finissait par l'embrasser en qualité de confrère.
C'est ainsi qu'après de longues epreu^ ves dont nous ravons pu faire oon* dattre que le eérémonial, et des études préliminaires qui supposaient des connaissances assez étciidues dans les lettres, ceux qui embrassaient autrefois la médecine attei^^naient le but de leurs travaux. Le titre de docteur régent était à cette époque une garantie, sinon toujours de capacité médicale, au moins d'une instruction variée et d'une bonné éducation première. Les menibn s de l'ancienne faculté sans cesse rapproches les uns des autres, égaux en droits et participant tous aux mêmes privilèges, remplissant à tour de rôle l'administration de récole et les fonctions du professorat, étaient liés entre eux'*par un esprit de corps et une unité de doctrine qui leur valurent tme grande importance et une puissance marquée dès les premiers sià'Ies de leur association.
Mais,, par malheur, l'école de Paris ne connut d'autre moyen de conserver son influence que de maintenir aveuglément les errements du passe. Slationnaire au milieu du mouveuif^nt des intelligences, prenant son immobilité pour de la force et ses dogmes vieillis pour l'éternelle expression de la science, elle ne vit pas
âue de toutes parts elle était entourée e supériorités nouvelles » et que résister à d'inévitables progrès c*était se condamner à l'oubli.
L'autorité même ne la consulta plus
âue sur deux Questions : la translatioa u cimetiète des Innooents el le mes*
ECOLES
L'UNIVERS
ECOLES
mérisme. Chaque jour, en effet, lui enlevait son ancien prestige, et les élèves fiiyateiit en ftule un enseignement n tristement fidèle à des doctrines surannées.
La loi du 18 août 1792 la surprit dans la solitude qu'elle s'était faite, et ne ferma pour ainai dire que des salles désertes.
IlL École de Strasbourg. — Quel-
3ues mots suivront pour cette faculté, ont l'origine ne remonte pas plus haut que le milieu du seizième siècle. On
sait que l'empereur Maximilien II fonda à cette époque, à Strasbourg, une académie composée de quatre facultés, dont l'une était consacrée à l'enseignement de la médecine. Cette académie fut érigée par Ferdinand II en université, et dotée de tous les privilèges attaehés aux institutions de ce genre.
Cette université, en passant, en 1681, sous la domination française, par le fait de la réunion de Strasbourg à la France, conserva ses préroptives et ne perdit rien de son illustration germanique, car les crades qu'on y conférait donnaient le droit d'exercer la médecine dans presque toute l'Allemagne.
Des disciples tels que Roederer, Me> kcl. Camper, Osianuer, devenus plus tard des professeurs célèbres, durent contribuer puissamment à la réputation dé cette faculté.
Elle disparut en 1793, comme les deux précédentes, et comme elles fut reconstituée sur de nouvelles bases deux ans après.
Disons pour mémoire que ces trois écoles n'étaient pas les seules qui existassent en France avant la révolution. On en comptait quinze autres, dont six seulement conservaient à cette époque une sorte d'activité; c'étaient celles de Toulotise, Besançon y Perpi* gnan , Caen, Reims et Nancy,
INous entrons maintenant sous' le régime créé par la loi du 14 frimaire an III (4 décembre 1794). Sur la proposition de Fourcroy et de Thouret , frais écoles de santé furent décrétées pour remplacer les anciennes ùcultés de Montpellier, Paris ei Strasbourg. Celle de Paris fut placée dans le local de l'académie de chirurgie, auquel on réunit le couvent des Corddiers. La loi voulut
que le nouvel enseignement comprit l'organisation et la physique de rbomme, les signes des maladies d'après 4*ob8ervation et. les moyens curatift connus , les propriétés des plantes et des drogues usuelles, la chimie médicale , l'application des appareils et i'usage des mstroments, la pratique des opérations anatomiques , chirurgicales et chimiques, et enfin Vétude des ma^ iadies au Ut des malades. L'article 4 de cette loi fixait à douze le nombre des professeurs pour Paris, en donnait huit a !\Iontpellier, et six seulement à Strasbourg. Il dut y avoir pour chaque école une bibliothèaue , un cabinet d'anatomie, une eollection d'instruments et d'histoire naturelle médicale. Des salles et des laboratoires furent réservés aux exercices pratiques. On nomma un directeur, un aide conservateur, et Técole de Paris eut de plus un bibliothécaire. Les places de prosecteurs et de chef des travaux anatomiques furent mises au concours.
Le mode d*adraission fut détemiîiié de la manière suivante. -Parmi ceux que n'atteignait pas la prochaine réquisition, on put choisir dans chaque district de la France un jeune' eftojren ayant de dix-sept à vingt-six ans. Deux 'ofBciers de santé, assistés d'un citoven recommandable par ses vertus républicaines, étaient chargés de cette dési»
f nation, qui, selon le vœu de la loi, evait porter sur celui qui présentait !e plus de garanties de patriotisme et d'instruction. En vertu de leur nomination, ces élèves se rendaient é Paris, Montpellier ou Strasbour;: , et recevaient pour leur voyage le traitement des militaires isolés en route, comme canonniers de première classe. On leur assigna par chaque année et pendant trois ans un traitement égal à celui des élèves de l'école centrale des travaux publics, aujourd'hui e'cofe/ïo/y/é'cAmywe (douze cents francs). Le nombre des élèves de la patrie, tel était le nom sous lequel on les désignait, fut fixé à cinq cent cinquante, savoir : trois cents pour Paris, cent cinquante pour Montpellier, et cent pour Strasbourg.
Les professeurs furent nommés par le comité d'instruction publique, et nous trouvons sor la listft Ghaossier»
KCeLtS FEANCE. BGOLBS
Dubois, Hallé, Pinel, Sabatier, Boyer, Besault, Gorvisard et PelleCan.
En établissant trois écoles de santé pour les élèves de la patrie, la loi du 14 trimaire n'avait exigé d'eux que du travail et da dévouement, sans s^occuper des réceptions qui devaient les conduire au droit d'exeroifc Ainsi, , pendunt plusieurs années, ils furent employés au service des armées, ou même se livrèrent à la pratique civile snns épreuves prénlnbles et sans titres; on délivrait des patentes de médecins à qui en demandait. Plusieurs administrations départementales entreprirent de mettre un terme à cette anardiîe en instituant 'le'^ O'^pèces de jurys médicaux. Mais les examens que ces jurys faisaient subir n'étaient pas sérieux, et ees vaines formalités ajoutaient encore aux abus, en couvrant d'un rarnrtère légal rignorance des médicastres et Taudace des charlatans,
G*est alors que parut la loi dn 19 ventôse an xi (10 mars 180S)« Cette loi établit que nul ne pourrait exercer la profession de médecin sans avoir été examiné et reçu suivant un nouveau mode qu'elle prescrivit; elle imposa aux candidats pour le grade de docteur Pobligntion de quatre armées d'études dans les écoles avant de se présenter aux examens, dont le nombre était fixé à cinq, sans compter la tlièse. Quand ces nouvelles dispositions furent mises eu vigueur, les élèves de la patrie n'existaient déjà plus qu'en souvenir.
Les élèves qui leur avaient soceédé payaient à l'État la somme de mille francs répartie entre les divers examens et la thèse. Les écoles étaient alors dites spécîeUeSy et vers Tannée 1808 elles avaient atteint le plus haut degré de splendeur. Ce fut à cette époque qu'elles reprirent leur ancien nom de faculté f et furent placées, avec les facultés de droit, de théologie, des sciences et des lettres , au pfemier rang des établissements qui composèrent Vuniversité de France.
Depuis le décret impérial du 17 mars 1808 jusqu'à nos jours , les écoles de médecine n'ont plus eu à subir que des modilications ae détail d'un intérêt très-secondaire, et qui ne sauraient trouver leur place dans cet ouvrase.
Mcok$ de phartnaek. Avant la ré-
T. Tn. 4* UoroUon. (Dicr* mcYi
volutioQ, la pharmacie, dont nous avons ' parlé avec détail à l'article Apothicu- BES , offrait, dans son organisation, une foule de graves abus. Paris seul possédait, sous le titre de Collège des a^thieaireSf un établissement public l'on enseignât les sciences qui éclairent la pratiqtie de cet art. Ce fut seulement en 1803 que la réorganisation des écoles de médecine donna au ^ou> vernement ridée de fonder , à côte de chacune jl'ellea, une école de pharmacie.
D'après la loi du 21 germinal an xi (Il avril 1803), qui consacra cette nouvelle mesure, trois années de cours dans
les écoles devaient épargner aux élèves pharmaciens cinq années de l'apprentissage, qui, pour ceux qui ne fréquentaient pomt les écoles , était fixé à huit ans. Des examens plus sévères furent prescrits, et les frais de réception réirlés au
i)rix de neuf cents francs^ applicables à 'entretien des écoles et aux frais des cours. Les pharmaciens reçus dans les écoles eurent le droit d'exercer dans toute rétendue du territoire de la république. Il n*ea était pas de même de ceux qui se faisaient recevoir par le jury départemental de médecine Ceux-ci ne pouvaient s'établir que dans leur dépar- * tement.
Trois écoles de pharmacie forent alors créées : à Parh, à Montpellier et à Strasbourg. L'école de Paris resta établie dans une maison située rue de l'Arbalète, et qui était due à une fondation pieuse faite en 1576 par un membre de la corporation des apothicaires, nommé Nicolas liouel, « pour nourrir et instituer des enfants orphelins à La piété, aux bonnes lettres, et en Fart (fapo' ihicairerief de plus pottr préparer et fournir aux pauvres de Paris fous médicaments convenables dans leurs maladies. »
Après de nombreux embarras, cet homme généreux avait vu installer, en 1578 , son établissement dans Tancien hôpital de l'Oursine ou de Saint-Marcel, fondé par Marguerite de Provence, veuve de Louis IX. Il se hâta de faire remettre en bon état, à ses frais, les édifices ruinés de cet hôpital , et y dé-
8ensa plus de 2,000 écus-sol. De plus, i acheta un terrain oontigu pour en