‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 42 sur 97 · PAVE · texte numérisé non relu

PAVE

Lieiifenani-coloTir! , épaulettes semblables, mais dont le corps est en argent quand les boutons sont dorés , et en or quand les boutons sont en argent

Chi^ de bataillon ou d'escadron, une épaulette semblable à celles du colonel, à gauclie.

Major, une épaulette semblable , à droite.

Capitaine, deux épaulettes à frnnges sinipies , en or ou argent , suivant la couleur des boutons.

Lieutenant, une épaulette semblable, sur l'épaule gauclie.

Sous-lieutenant f une épaulette semblable, à droite.

AdjudaM-majOTy deux épaulettes semblables, mais de la couleur opposée à celle des boutons.

Jcjjudant-sous'OjJkier , une épaulette semblable, à droite.

Les capitaines insfrucfeur.'i dans les troupes à cheval, les capitaines majors dans les bataillons de chasseurs à

f>ied et dans les bataillons d'infanterie égère d'Afrique , ont le corps de l'épaulette de la couleur opposée à celle du bouton.

Les ^olettes des ctgHtahtet de mconde cuisse dans différentes armes, et celles des capitaines en second dans la cavalerie et dans l'artillerie, sont traversées, dans leur longueur, par un petit fdet en soie rouge.

ÉPAVE. Ce terme a eu dans notre ancien droit une foule d'acceptions diverses. On appela d'abord ainsi les animaux errants, sans maîtres ni gardiens.

Plus tard, cette dénomination s'étendit aux biens meubles et immeubles sans noaître connu , et aux personnes qui étaient nées à une telle distance de la terre qu'elles habitaient, qu'on ne pouvait savoir le lieu de leur origine.

Après les publications faites dans le temps filé par les différentes coutumes, les épaves mobilières et foncières étaient adjugées nu seigneur haut justicier, et, en partie du moins, suivant <]uelques coutumes, au moyen ou au bas justicier. Il y avait en outre des épaves réservées au roi. Les coutumes d'Orléans et de Bretagne étaient les seules qui ordonnassentqne le tiers de la chose trouvée appartiendrait à rinventeur ou an dénonciateor.

Le délai après lequel l'épave mobilière accroissait la propriété du noble seigneur était lixé a 40 jours par les coutumes les plus favorables, et réduit à 5 par d'autres. L'inventeur devait dénoncer l'épave à la justice dans l'espace de 8 jours au plus.

Le droit d*epave s'étendait à tout, même à un essaim d*tibeilleB (épave (t*avettes), qui, sans ^tre poursuivi, se serait posé sur un fonds ; aux bois et autres objets mobiliers entraînés par les eaux; aux débris des naufrages. Quant à cette dernière espèce de droit d'épaves, appelée épaves maritimes , on la voit, depuis la Cudu douzième siècle jusqu'à la fin du treizième , supprimée tantdt en partie, tantôt entièrement; mais les défenses réitérées, et les démarciies faites pour obtenir des lettres de franchise qui missent à rabrideoefléau, prouvent le retour fréquent du mal. Ce fut l'Église qui mit le plus de zele dans Top-

Sosition dont elle poursuivit l'exercice u droit d'épaves maritimes; cependant, les papes Grégroire VII, Pascal II, Honorius II, Alexandre III et d'autres encore, ne purent que peu a peu faire pédominer leurs louables principes , et là seulement où les évéques eux-mêmes exerçaient ce droit. Dès 1110, une loi avait décidé que quiconque dépouillait des naufragés de leurs J}iens devait être banni du sein de l*Église comme un bri»

fjand et un meurtrier. Toutefois, Chares d'Anjou fut assez audacieux pour conserver a ses sujets et à ses amis des épaves qu'ils avaient recueillies. Il s'en référait, disait-il, à un droit plus ancien. Il alla même jusqu'à violer les conditions expresses d'un traité tout spécial conclu avec les Génois; mais ce qu'il y eut de plus honteux dans sa conduite, ce fut le pillage des vaisseaux français qui revenaient de la malheureuse croisade de Tunis, entreprise à sa sollicitation, et dans son intérêt particulier.

La tempête les ayant brisés sur les côtes de la Sicile, il prit tout ce qu'il out arracher à la mer, sans pitié pour des nuA" heureux qui avaient combattu avec lut et pour luî-

Outre les débris des navires, on rangeait, parmi les épaves maritimes, l'ammw, le corail, les cétacés, les saumons^ les esturgeons, ete« L'onlooMiwt

E»ÉS FRASCE. AfÉB 4f)$

de 1681 adjuge encore au roi , à titre La Joyeuse de Chariemagne, la

iTépaves, ceux de ces objets que l'oo remdal de Roland, la Haum-Cure^O»

trouverait écboaés sur la oftte. livier, la Flamberge de Renaud, étaient

Ajoutons qu'il reste encore, dans des glaives d'un pnids et d'une longueur

quelques-unes de nos provinces, des proportionnées à la vigueur et à la taille

vestiges du droit d épave maritime. Les aes héros de ces temps antiques. Néan-

paysans bas-bretons, landais et basques moins, dès Tépoque du dédm de la se-

ne peuvent comprendre qu'ils n'ont pas conde race , et quand les arnies défen-

le droit de s'emparer des objets que la sives présentèrent plus de résistance,

mer leur apporte, qu'ils leur soient on adopta des épées moins longues, et

disputés oa non par le naufragé ; et tranchantes d'un seul côté. C'est ce que

l'on en a vu, pour rendre plus produc- Guillaume Guyart confirme en plusieurs

tif le droit qu'ils s'attribuent, allumer, endroits. Dans sa description de la ba-

au milieu de la tempête , des feux sur taille de Bouvines , il dit :

les écoeils pour y attirer les vaisseaux* u Ptançois ëpées reportent

Pour ce qui regarde V épave de per^ CMnrtr* ei roides dont iu taii

sonnes, ^tuX y dit la coutume de Et [tour l'année 1301 :

Laon, un épave tester ne par testament "^-v^^^ viennent «ux servisM

disposer de ses biens , fors que de cinq '^^ •

^ . . M. ' . ■ Mes François qui d aocoutumauce

sols, et sont ses enians tenus et reputes Les ont courtM, aum legieres ,

aubains; en sorte que s'ils décèdent sans Cielent ou» Flamans vers les chîeres.

loirs légitimes , leurs biens appartien- Rigord , en racontant aussi la grande

nentao roi. • victoire de Philippe-Auguste, dit que

Des nègres trouvés sans mattres dans les Allemands portaient des épées telles

nos colonies ont aussi été jugés et ap- qu'on n'en avait jamais vu auparavant :

pelés épaves. Génère armorum admirabili et hacte-

ÉpiB. Diodore de Sicile nous apprend ims inaudîto ; c'étaient des armes Ion-

que le terme «wéOii, employé par les sues, menues, grêles, tranchantes des

Grecs pour désigner une epée larçe, deux côtés, et depuis la pointe jusqu'à

longue et sans pointe, était d'origme la poignée. Il paraît même que la mode

gauloise. Ce mot, employé dans le même des épees courtes semble avoir été alors

sens par Apulée, Tacite, Végèce, devint déjà assez ancienne, s'il est vrai qu'on

spaaa, dans la basse latinité, et pro- les voyait ainsi peintes dans une fresque

duisit chez nous, espée, espadon, spa- . d'une église d'Angers, qui représentait

dassin, une bataille livrée en 843 , et dont parle

Les soldats gaulois portaient leur leP.Daniein* spatha suspendue à une chaîne de fer Au temps de saint T.ouis , l'épée n'ofou de cuivre , ou à un large baudrier , frait pas de plus fortes dimensions, et Tite-Live nous ap|)rend que les lé- Celle d'un maréchal de France avait gionnaires ne leur devinrent supérieurs deux pieds de lame environ et on douque lorsqu'on leur eut donné l'épée espa- ble tranchant. On lit dans une relation gnole à lame courte , droite et plate (*). de la bataille de Rénévent , on Charles Les francs conservèrent à cette arme la d'Anjou , frère de Louis IX , délit son forme qu'elle avait chez les Gaulois ; compétiteur Mainfroy (**) : « Les Allecar on lit dans les Gesta Francorum mans combattoient avec de longues (ch. 41) , et dans les Gesta DagoberU épées, des haches et des massues, n'ap- (ch. lô) , que l'on enrôlait les jeunes prochant leurs eonemis que de la Ionhommes des qu'ils avaient attemt la ^ueurde l'épée; mais nos François les hauteur de la spatha. Dans les mêmes joignant d'aussi près que l'ongle est annales, on voit des rois francs faire près de la chair, les perçoient avec leurs décapiter tous les Drisonniers dont la p^rmi eux tous les mâles qui dépasseraient taille dépasse celle de leur épée **). longueur de l'épée que par haSard il por-

(*) I* sabre-poignard de noire inCuiterie est tait.» 6e«t Dag. , p. 58o; Scrht. rer. fr.

k peu près semhiable à celle épée espagnole. (*) Histoire dé û milloe française, t. If

(**) «Telle fut la manièie dont Clotaire p. 4i3.

dompU les Sexims rétoltés : il fit mourir (**) Citée pai- Duchesne, t. V.

courtes épées. » Guillaume de Nnnjïis , eu décrivant la même bataille , se sert de termes presque identiques , et parle aussi (les petites epées pointues dont les l iMiK'.n's tr<i[)|iaient les ennemis au défaut (le la cuirasse.

Cette arme ne s'allégea et ne s'élkm* gea l'époque où l'armure de fer plein rempla^ la cotte de mailles (voy. ce mot).

Aiusi longtemps que Tétat de troû* blés «t de guerre tut permanent en Frnnre , Tépée resta la première des armes offensives, comme le heaume la ■ première des armes défensives. On la regarda, pendant la période de In cho.valerie , comuie la pièce i)rin('ipale de l'armement d'honneur; et même, lors-

}|ue les chevaliers ès lois entrèrent en utte avec les gentilshommes de race, elle servit :i distinguer la noblesse féodale (le la noblesse de rol»e.

Le connétable , aux entrées des rois, portait répée nue devant eiix ; le grand écuyer la portait en fourreau ; enOn, â la (•(•rt-mouie du sacre, elle ctnit déposée sur l'auli'l où le prince venait la prendre, pour marquer qu*il régnait par la grâce de Dieu. Le gentilhomme seul la pouvait port<T de tout temps.

Les seris n'étaient autorisés ^ en faire usage que pour défendre la terre de leat seigneur ; hors ce cas , leur épée devait se rouiller dans le fourreau. Ou lit dans YOul'Ulement du vilain , opuscule du treizième siècle ;

Si k «onTMOt amar

Por la terre garder. ...

Avec \uy ait couchiée

I ■< |ir f < tiiouillée« Puis ait son rieil escu A la paroy pendu , .

A ion c(f aoit ponba Par la terra deflaadre. Ht.

Au. quatorzième siècle, les nobles ceignaient deux épées, une de chaque côté;

et sans doute ces deux armes étaient de dimension difléreute; l'épée était, à la même époque , généralement en usage dans les combats , et telles en étaient les dimensions qu'il fallait, pour s'en servir, employer les deux mains.

Ces épées restèrent en usage jusqu'au règne de Henri IV. EHes s appelaient alors espadons ou estocades (voyez ces mots). Le braquemar ^ épée courte, semblable à celle du treizième siècle,

reparut sous le Béarnais ; mais l'usage de l'espadon ne cessa pas pour cela, et les épées decavalerie surtout, qui furent alors substituées à la lance * étalent d'une grande lourdeur.

Ce fut à compter de Louis XIII qu'on adopta répée d'eMrime. Cette espèce a offert de grandes variétés de types : il y a eu alors des épées à pistolet, à coquille, à garde en crois, en panier, ea grille , à miaérlcorda, à demi-croiaettei etc. Il y en a eu d*lMitses en spato]e,flamboyantes, à l'espagnole, à la suisse, etc. C'est aussi au dix-sepiième siècle que la fureur de porter Tëpée en tout temps , en tous lieux , commença surtout à gagner les diverses classes de la société. Sous Louis XIV, les vagabonds, les laquais même, en étaient armes ; aussi les assassinats se multipliaient-ils dans les rues de Paris d'une manière effrayante, et il fallut maint arrêt du parleiiient, mainte ordonnance royale , pour arrêter le désordre. En 1666, notamment, un édit défendit, sous peine de 200 livres d'amende, de porter des épées dans les rues , à moins qu'on ne lût gentilhomme , (^cier de la- maison du roi , des troupes et compagnies d'ordonnance, soldat des gardes tant françaises que suisses, ou priiposé pour rexéculion des ordres de justice. Tout aùtre indÎTidu non compris dans ces exceptions do*, vait, en entrant en ville, déposer SOU épee. entre les mains de son hôte.

Gès Hglements furent assez mal ob* servés. Les professions ci viles continuèrent à s'arroger le port de l'épée, et cette confusion dura jusqu'en 1789. A cette dernière époque , les gardes françaises étaient le seul corps militaire qui l edt conservée; elle n'était plus portée par rirtîanterie de ligne depuis la guerre de 1756. Depuis le règne de Louis XIV jùsqu*eil les ép^ d'uniforme âi^ rent à lame évaste et très-mince; on les nommait carlets. Depuis, lescarlets ont été remplacés par des épées plates. Aujourd'hui , Pépée n'est plus portée que par les officiers généraux, par ceux de quelques armes spéeiales, par ceux de quelques corps de cavalerie en petite tMnue, enfin par quelques fonctionnaires civils , tels qm les conseillers d'État, les préfets , sous-préfets , ingénieurs , etc. Ce n'est plus, militairement, qu'un

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ornement de salon , presque umtiie «q temps de guerre.

L« nriuled'artiltoriede Paris possède

plusieurs épées fie personnages célèbres. Ijèjlamardy ou epee à lame ondoyante de Louis XI, est remarquable par une singtifarité qui cffllMstérise œ priiioe: sur les deux eôtés se trouve gravé VAve Maria. L*épée que François T' portait a la bataille de Pavie a une poignée eu Cfolz, éooaiiye afee des ornements en OFv piniii lesquels on distingue des sa^ lamandres ; sur la gnrde, on lit, en letti'es émaillées, ce passage de TÉeriture:

Fnit potenttam in oracMo tuo. On conservait cette arme à Madrid , dans la chambre même où le roi avait été retenu prisonnier. En 1808 « Murât étànt entré dans la capitale espagnole , fit transporter solennellement cette re« licjue au palais occupé par IVt it niiijor français; puis il l'envoya en France (*).

I/épée dont était cemt Henri IV , le jour lie son mariage avec Marie de Mé» dicis, offre une poignée richement damasquinée, et chargée d'inscriptions relatives aux victoires du roi sur les ligueurs. Là lame est incrustés de médaillons de nacre, où sont gravés loS douze signes du zodiaque.

JNous ajouterons q|ue l'épée de Napo* léon , léguée par toi a la Frânee , repse maintenant sous le dôme des Inralidesi sur le cercueil du plus grand eapitaine des temps modernes.

tnmàx , Spamaeum , ville da l'ancienne Champagne , auj. chef-lieu de soùS'préfeoture du département de la Marne. Suivant quelques auteurs, le premier nom de eeMe ville fort ancienne serait Jqtia' perenmê; qai ne serait devenu Sparnacum que vers le sixième siècle. Sous Clovis, elle appartenait à un seigneur gaulois nommé Kulogius, qui la vendit à sairit llemi , évique de Reims , moj'ennant 5,000 livres pesant d'argent. Saint Remi , en mourant , la légua à l'église de Reims , qui la posséda juSOQ^ lègna de Hugues Gapet A cette etkiqiie , cUë loi fut enlevée par

(*) On raconte qn'im Fspnc;iiol montrant avec orgueil cette épée à un Français , et lui deoiandant ri^ en ntieee , on pouvait mon* trop iin pareil trâpbèe, en reçut cette réponse : « On ne prend pas ta mit oà ilsne vont pas. » '

les comtes de Champagne. Mais dans l'intervalle elle avait été prise plusieurs fois. Ainsi, en 68S, Cbildebert fea était

empnré , et en avait fait massacrer les luil)itants; Frédégonde l'avait prise et pillée en 693.

Dans le neuvième siècle , lors de Fin- ' vasion des Normands , Hincmar s'y réfugia avec les trésors de l'archevêché de Reims et le corps de saint Remi.

François I*' y fit mettre le feu en 1544, km de l'invasion des ImpéHte , pour empêcher que Charles-Qttint ne s'emparât des approvisionnements qui V étaient rassembles; mais il lâ^nt rëbatir à la ]):nx , et hii accorda divers priviléf;es. Devenue partie intéc^rante du domaine royal , Épernay fit partie du douaire de Marie Stuaft , en même temps que la Touraine et le Poitou. Le président Berlin de Rocheret ', dans ses savantes et curieuses recherehes, le dit expressément. 11 ajoute que cette ville fut vendue en 1669 pour payer la rançon da l'infortunée prinresse.

Les calvinistes s'en emparèrent après une vigoureuse delea^e en lô8G. Peu de temps après, elle fut reprise par le duc de Guise, qui y mit une garnison, laquelle fut ciiassée par les habitants en 1S88. Les ligueurs s'en emparèrent de nouveau en'1593 ; mais Henri I? la reprit la même année, après un siège oij il perdit un de ses serviteurs les plus dévoués , un de 'ses meilleurs généraux , le maréchal de Bîrou , qui eut la tête emportée par un boulet en faisant une reconnaissance. Le parti du prince de Condé l'occupa de 161ô à 1619. Le comte de Soissons s*en empara en lè$4.

et Louis XIII la reprit raiinée suivante. Enfin, en 1642, elle fut donnée au duc de Bouillon en échan&e du comté de Sedan, et, jointe à Château-Thierry, elle reçut le titre de duché.

Epernay était autrefois chef-lieu d'une élection et d'un bailliage ; elle possédet aujourd'hui des tribunaux de première instanoe.et de commerce, un collège communal, une bibliothèque publique de 10,000 vojumes, et Ton y compte Ô,3i8 liabitâots. . . . ' ,

ÉPEBNON , Espankf, Sipakto , petite ville de l'ancien pays mantais, dans l'Ile-de-France, aujourd'hui du département d' Lure-eL-i^ir , arrondissement

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