‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 44 sur 97 · Amnmv luncveas* s · texte numérisé non relu

Amnmv luncveas* s

même porte, et fit une demande sena- saog. Là^ ii se ût de nouveaux eonemis

blable. La paîrlement obéit , et , cédant du parlement et de Tarclievé^ue de Bod^

à une influence violente, j)rononça ainsi dcaux , d^Escoubleaux de Sourdis. Le

sur une matière qui n'était pas de sa prélat et le gouverneur échangèrent les

compéteoee. ' . , coups de canne et les excommunicatious,

Coaouo éUii plein de teneurs et de jusqu'à ce que le roi , instruit ae ce aç^n^

regrets ; mais le soupçon.ae mêlait aussi dale, ôta au duc Texercice dé seâdurgesf

à ces sentiments. On se demanda si l'exila à Coutras , et l'obligea enfin a*é-

ceuxquiproiitaientdu crime n'en avaient crire une lettre d'excuses à l'arclievêque,

pas été les auteurs. L'Espagne se trou- et d'écouter à genoux la réprimande sé-

vait délivrée d'un grand danger; Bfarie Tère que le prélat lui fit avant de Tab-

de Médicis étnit Espagnole de cœur, et soudre.

d'Épernon passait pour le représentant Le cliagrin c|ue lui causa cette humide la politique espagnole ; il savait que liation, et celui qu'il ressentit de la mort sa personne n'était pas agréable au roi, 4b deux de ses (ils , le duc de Gandale el qiie Henri parlait souvent de lui avec et le cardinal de la Valette , altérèrent irritation et avec mépris. Sa mémoire sa santé et épuisèrent ses forces. Il moun'a pu être justifiée du soupçon de com- rut à Loches en 104:2 \ son corps fut inplicité du erime. humé dans la chapelle du château dé Ln reine reconnut l'important service Cadiilac-sur-Garonne. Voyez , pour sa

Sue lui avait rendu l'ancien miernon de famille, rarticle Nogahet. Sa vie a été

lenri III, en le confirmant dans ses an- écrite par Girard, son secrétaire. Elle

ciennes dignités et en lui en accordant a été imprimée à Paris, 1<(55, in-folio,

de nouvelles. îl allait ordinairement au 17^50. et 4 vol. 'm-\'2.

Louvre accompagné de 7 à 800 gentils- Épebox. Durant le moven âge, il

hommes. Comme le capitaine de la porte n'était permis qu'aux chevauers d'avoir

refusaitunjourdel!ylaisserentrerenear^ des éperons dorés; ceux des éeuyers ne

rosse, droit qui était réservé aux seuls pouvaient être qu'en argent. La mode

enfants de France et au premier prince profane de cette pièce d'éqnipement

du sang, il fit douner des coups de bû- s'était même introduite dès le neuvième

ton à cet ofBcier* Cette humeur bau- siècle dans le haut clergé, M un concile

taioe, irascible , qui entretenait la di- avait dû, en 816, l'interdire aux ecdé^

vision à la cour, et perpétuait les intri- siastiques. Les éperons étaient si bien

gues, fit enfin baisser son crédit. £n regardés comme un symbole d'indépen- 1618, Il se trouvait à Saint-Germain dance et de pouvoir, qu'un-barou. prérAmnmiis le jour de Pâques , lors^e tant hommage à son suzerain, était tenu

voyant avec déplaisir le garde des sceaux de les abandonner en signe de vasse-

urendre place avant les ducs et pairs, lage.' Une des principales cérémonies de

n le saisit rudement par le bras , et le l'armement du chevalier consistait à

oontraignit à se retirer. Il en résulta une ebausser les éperons à l'aspirant ; de là

querelle rjui l'obligea enfin départir pour le proverbe Gagner ses épérojis. Ênfin,

son gouvernement de Metz. une des formalités de fa dégradation

Mais il n'en continua pas juoins ses était de trancher les éperons du con-

menées contre Luy nés , le nouveau fâ- damné sur un fumier, pes éperons

vori , et ce fut lui qui en personne vint d'honneur récompensaient souvent la

préparer l'évasion de Marie, exilée a valeur guerrière.

Blois, et qui dicta les conditions dç la Suivant certaines coutumes, le vassàl

paix signée à Angouléme entjre elle et le donnait à son seignéur une paire d'épe-^

roi. Ln haine qu'il portait a Richelieu rons pour droit de relief et rachat. Les

renipêcha cependant de revenir ensuite éperons servaient aussi de signe d'in-

à la cour ; mais en dédommagement de vestiture. Au sacre du roi , un des pairs

la dignité de connétable qu*il espérait portait les éperons, comme d*autres la

o!)tenir, et de^ gouvernements de Sain- couronne, 1 anneau, etc.

tonire et d'Angouniois, il obtint le gou- Eperoxniers. La corporation des

yernement de la Guienne, qui jusqu'à- éperonniers, après avoir été iongtenips

lors avait été réservé ank princes du unie à celle des selliers-lormiers, en fut

Digilizea by CoOglc

Émoim FRANGE.

ififfUM 4tl:>

distraite en 1578, et rernt alors des statuts particuliers. Elle subsista jusqu'à l'époflue de la suppression des ju* randes et aes maîtrises.

î'IPFROxs (journée des). C'est le nom que l'oa a donné à la bataille de Guine-

ftate, livrée et perdae par les Français , e 16 août 1513 , contre l'empereur Maximilien et Henri VIII, auxquels ils avaient voulu faire lever le siège de Téronanne. Les habitants de eette ville' manquant de vivres et de munitions , Louis Xll chargea le sire de Piennes et le duc de Longueville de faire passer quelques seeours à la garnison. « Cee officiers résolurent de porter, le 16 août, 1,400 p^endar»nes sur les hauteurs de Guinegate , pour attirer de ce côté rattention des ennemis, tandis nne Fon* trailles, avec ses chevau-Iégers albanais, s'approcherait rapidement, par un autre côté, des fossés de la ville, clans lesquels chaque cavalier jetterait la charge qu*il portait sur le oon de son cheval , et consistant en porr salé et en barils de

i>oudre. Les Albanais réussirent à jeter eurs munHions dans les fossés; mais les gendarmes qui s'étaient dirigés sur Guineirnto, en arrivant sur la hauteur, virent derrière eux 10,000 archers an-

§lais, 4,000 landsknechts et huit pièces 'artillerie. Maximilien avait été averti par des espions de leur marche , et les avait prévenus. Les soldats français savaient qiî'ils étaient \'enus pour attirer l'attention de l'enneoii , non pour combattre. D'ailleurs , leurs capitaines commandèrent aussitôt la retraite. Or, Un monvement rétrograde en présence de l'ennemi trouble "presque toujours les soldats ; ils doublèrent le pas ; liiriitôt ils prirent le galop, et se jetèrent en désordre sur une arrierc-uarde de cavalerie que commandaient LonguevîHe et la Palisse. Malgré 1rs elïorts de ceux-ci, ils la renversèrent, et continuèrent à fuir jusqu'à Blangy, ou eUut rinfanterie. Pen s^en fallut ^oe oelle-d ne fdt à son tour entraînée tout entière dans la déroute. Quelques capitaines firent tête, avec une poignée de soldats, à la cavalerie allemande qui poursuivait les fuyards. Leur vaillance sauva l'armée française ; mais ce fut à leurs dépens, car presque tous furent faits pri-

sonniers , entre autres Longueville, la Palisse , Bavard , la Fayette , Clermont d'Anjou et Bussy d'Amboise (*). »

Telle fut la bataille à laquelle les historiens étranizcrs ont donné assez légèrement le nom de Journée des épC' rwu, fNirce que, dlMent-ilf, les éperons étaient In seule arme dont la gendaf* merie y eût fait usage.

Les troupes françaises n'avaient pas été envoyées pou^ llvter bitiillo, maié pour ravitailler une ville assiégée. Il leur avait ete recommandé de se borner à remplir iexir mission sans comiiattre, et de se retirer,, dans Id om oà elles rencontreraient l'ennemi en nombre supérieur. Ce fut |)our obéir à cet ordre que la gendarmerie l)attit en retraite, aussitôt qu'elle vit le grand nombre de combattants que l'empereur avait fait embusquer. Seulement, la retraite s'exécuta avec une nrécipitation qui la transr finrma en une déiontt réelle, des détails sont consignés , ainsi que d'autres non moins intéressants , dans la Très- Joyeuse et plaisaiiUi histoire du seir gneur Bayard^ composée par la Leyai smvUeur^ in-4o, 1G16. M. de Fortia,

3ui a reproduit, en 1825, le chapitre u Loyal serviteur racontant la journée de Gumegate, a fait connaître en même temps un poème italien écrit immédia« tement après la bataille, par Pietro Aretino, sur 1 ordre de Léon X, l'instigateur de cette guerre (**).

On a donné aussi le nom de Journée des éperons à la bataille de Courtrai, livrée en 1302. (Voy. Courtbai.)

ÉPic QU Épy , nom que l'on donnait à un ordre militaire fondé, au quiitzième siè<'le, par François I", duc de Bretaiine, et dont l'insiiiuc était un collier d or eu forme de couronne d'epis , auquel pendait une hermine, avec la devise : J ma rie.

KpïCF.îNSis PAGUS, ancien canton de JNormandie, dout le chef-liei) était Suré, • aujourd'hui dans le dénartement de rOrne.

Épices. Ce mot, que l'on trouve si

(*) Sismondi, HisU des FTangus, t. XY,

(••) Voyez Nouvelle édition d'un ftoëm sur In journée de Cuinegutêp in-4" de » nages , par M. de Forlia.

Digitizeu Lj vjQOgle

41S ÈÊiem LUniVBaiS. épicnis

souvent dans nos fabliaux « dans nos andenaes hiiloirea, y désigne ordinairement des aromates confits , sorte de friandises qui fut, comme on sait, de tout temps fort recherchée par nos pères. « Après les viandes, disent les Triomphes de la noble dame, on sert chez les riches ^ pour faire la digestion, de l'anis, du fenouil et de ia coriandre eoDfits au ancK. > L'auteur de fUe dei Hermaphrodites fait la même remarque dans sa peinture des moeurs de la cour deJUenri III. Cet usage, d'ailleurs, était général, et Pasquier, dans ses Recherches, nous le représente comme pratiqué encore de son temps, à Paris, dans les repas de corps de la Faculté de théologie. On disait : opn^i le vin et les épiées, pour dire : après le diner. On mangeait même des épices entre les repas , pour stimuler Testomac; seulement , les bourgeois et le peuple en usaient sans leur avoir fait subir auparavant des préparations dispendieuses. 1^'usage en était si commun, que les casuistes agitèrent la question de savoir si l'on rompait le jeune en mangeant des épices ; la plupart se prononcèrent pour la n^ative.

Ces épices, d'ailleurs, étaient fort chères ; on peut «n voir ta preuve dans le vieux proverbe : cher comme poivre.

Cette denrée surtout était si estimée , que le prieur de JMotre-Dame de Semur, en affrandiissant les serfs de ses terres, se réservait toujours , comme prix annuel de Taffranchissement, une livre de poivre. Le chapitre de Saint-Vincent de Châlons en exigeait, en 1290, un quarteron de chaque marchand d'épices en détail. La livre valait deux mares d'argent (plus de 100 fr.).

On ne s'étonnera pas , après cela , que les épices fussent regardées comme un présent honorable et digne d'être offert par les municipalités aux gouverneurs et aux rois , lorsqu'ils faisaient leur entrée dans les villes.

C'était surtout aux juges et aux magistrats que l'on faisait ces sortes de présents, soit pour les remercier, soit pour se les rendre favorables. Bientôt, les plaideurs cherchèrent à se surpasser les uns les autres en générosité, et la justice sembla être rendue au plus ofnunt et dernier eochérisseur. Saint

Louis fut enfin obligé, pour remédier aux abus qu'engendrait une pareille coutume, do défendre aux juges de recevoir pour plus de 10 sous d'épices par semaine; Philippe le Bel leur défendit même d'en accepter au delà de ce qu'ils pouvaient en consommer journellement dans leur maison sans gaspillage.

£nfin , au lieu de bonbons , les magistrats trouvèrent plus commode de

recevoir de l'argent; et ce qui était d'abord un don volontaire Unit par être exigé comme un droit qui conserva le nom ^'épices. Divers registres du parlement témoignent que les contestations restaient souvent sans solution, tant que les épices n'étaient pas payées. On y lit en marge cette mention curieuse : I^on de/iberetur , donec solvanfur spe^ cies. La révolution put seule mettre un terme aux abus résultant d'un pareil usage.

On connaît le quatrain qui courut tout Paris lors de l'incendie du Palais de Justice :

Ce fnt certes un triste jeu Quand à Paris daine Justice , Pour «voir trou laaogé d'épice S* nit 1« paliM tout m tm,

ÊPICIBB8. Le commerce de cette

corporation n*était pas tout à fait, autremis, ce qu'il est de nos jours. Le corps des épiciers était partagé en apothicaires et épiciers , et ces derniers eu droguistes, confituriers etdrlers; on y comprit même, jusqu'au quinzième siècle, les sauciers et les chandeliers. Les deux divisions de Tapothicairerie et de répicerie,bien que se querellant souvent pour leurs spécialités et leurs droits de préséance, avaient les mêmes maîtres et gardes-inspecteurs , et étaient régies par les mêmes statuts. Pour être admia dans cette corporation, qui formait l'un des six corps marchands de la capitale, et prenait rang après les drapiers (*) , il fallait payer un droit de réception de 800 livres , être Français ou naturalisé, et avoir fait trois ans de compagnonnage et six ans d'apprentissage.

D*apràs le livre de la taille de Paris sous Philippe le Bel, cette ville ne nu-

(*) l.c$ drapiers marcLaient ea tète des six corps.

ÊPIV^MIBS

FRANGE

4tt

fiNTinait , au treizième siècle , qae vingtbuH épiden. L'auteur qui , à la niinie

époque, sous le titre de Dit du Lendit, a rimé la description de cette foire célèbre , témoigne aussi combien cette profession était peu florissante :

Je n'i vi, dit-il, que trois espitlcM

Kt si le inc coavient noncier.

Depuis Tabolition des maîtrises, le nombre des épiciers s'est accru prodigieusement : il dépasse aujoaid'boi quinze cents dans la capitale.

Les épiciers avaient pour patron saint riicolas; leurs armes étaient un écussoa coupé d*azur et d'or, à la main d'argent sar Tazur, tenant des balances d'or, et à deux nefs de gueules sur l'or, avec cette devise : Lances et pondéra sba- YANT, qui Tenait de ce que les mattresinspecteurs de la corporation avaient la

Sarde de l'étalon des poids et mesures e la ville, et le droit d'aller, deux ou trois fois Tan, assistés d'an juré-lialaih cier, visiter les poids et ralances de tous les marchands et artisans.

On donnait encore le nom ù' épicier à celai des officiers domestiques de la maison des rois auquel était spéciale»

ment confié le soin de la confection des épiées que l'on servait sur la table royale.

Epidémies. — On appelle ainsi toute maladie dont l'influence s'exerce simultanément sur un grand nombre de personnes, sans reconnaître aucune limite pour l'espace ni la dorée. Or, le nombre des maladies qui peuvent sévir sur des populations entières est immense, et chacune d'elles réclame une étude spéciale, pnroe qu'elles ont une physionomie distincte , et que leur règne est signalé par des différences profondes que la dénomination commune di épidémle ne laisserait pu même soupçonner.

Il n'est pas besoin de cultiver Fart de guérir pour comprendre qu'entre la variole, le scorbut, la lèpre, le choléra et la peste d'Orient, il doit exister des caractères différentiels extrêmement tranchés. Comme loi générale, on peut dire seulement qu'après avoir déployé ses fureurs dans la première période, le'^rénlé épidémique s'amortit , se transforme ou s'éteint , et quelquefois aussi se réveille à l'improviste avec une férocité nouvelle.

Pour assigner l'origine et déterminer les causes de ces grandes calamités, les efforts de la science n'ont ps été plus

heureux que les rêveries au vulgaire; et nos vames hypothèses, seuls fruits de tant de recherches, aceusent pr leur nombre même un mystère impénétrable.

Ainsi, dans la production de ces terribles fléaux , on a successivement accordé le principal rôle à l'éruption des Yoleans, aax tremblements déterre, aux.

comètes, aux exhalaisons des cavernes.

Cardan , Volesco de Tarente , et bien d'autres , au bon temps de l'astrologie judiciaire, dénoncèrent formellement la maligne influence de certains astres. VanHelmont, Paracelse, voyaient là des effets produits par un sel , un principe sulfureux, un alcali répandu dansTatmosphère. On fît intervenir ensuite les froias rigoureux et les chaleurs excessives, la sécheresse et les saisons pluvieuses, les changements subits de température, le silence des vents, les rosées, les brouillards, le vent du midi , les vastes incendies, les matières animales putréfiées, les chenilles et les sauterelles; si bien qu'on a tour à tour rendu responsables les éléments, les métaux , les minéraux et les créatures elles-mêmes, et qu'on s'en est pris enfin, malgré le démenti donné par l'analyse de l'air, à l'oxygène , à l'acide carbonique, à l'azote et à l'hydrogène prédo?

minant dans l'atmosphère.

Mais nous n'avons point à nous préoecuper ici des difficultés médicales que soulève un pareil sujet, et nous nous proposons simplement d'esquisser à grands traits les épidémies oéMbics qm ont désolé les Gaules et la France, à partir surtout de l'ère chrétienne. En jetant un coup d'œil rapide sur cette liste flmèbre, nous trouvons an premier rang les épidémies contagieuses, et d'abord la peste venue d'Orient , c'est-àdire , la peste avec pustules et bubons»

L'année 49 avant Jésus -Christ fut mémorable , dans la Gaule méridionale, par la prise de Marseille et les ravages q[u'exerça dans la ville le fléau pestilentiel.

• Nouvelle invasion à Mtrsiillc, en 503 après Jésus-Christ, et en Auvcigno

en 540.

Deux ans sont à peine écoulés que

m Émi«» Lifflïvwfts. «Miiteui

pous soDimes eq wr^^ce de la pmjtt la pellier, dani sa Médedpe pratique, pade

plus iQDgue et la plus terrible dont VUis- de la variole comme d une mdladie*d4i^

toire fasse mention. Nous en devons le très - fréquente fit très-rendue an

récit lamentable à riiistorien grec Pro- France.

copc et a Grégoire de Tours^contem- Au quatorzième siècle, cette affee-

porains et témoins oculaires. Elle prit tien était généralement désignée sous

paissance, en 542, dans l'Éthippie, le nom de variolœ. Guy de Chauliac

gagna l'Éiïypte , la Syrie, l'Asie, et pé- l'appela ainsi. A ce nom succéda celui

netra daus Constautinople , où régnait de vairole, petite véwle^ et , ea|n, va-

Justinien. De là, le péau se répandit riole»

^s une partie de l'Europe; et des Notre tdche serait immense , si nous

matelots l'ayant introduit a Marseille avions à retracer ici par ordre chrono-

en 083, il parcourut la Ërance jusqu en logique i'iiistoire des épidémies varioli-

^90 , et dépeupla Paris , au rapport 4e ques qui ont régné a» France depuis

. 4$ Taurs. Sa durée totaleiît douze siècles ; les caractères de cette

deciTiquante-deuxanset plus. On nomma maladie étant d'ailleurs uniformes, con-

cetto peste lues ingninaria, à cause nus de tous, cette longue énuméra-

(ïts bubons qui sortaient aux aines, ap- tion serait sans intérêt oomBM

iji^pagnés de douleurs brûlantes, teMia- utilité,

ment intolérables que la plupart des ma- Nous en dirons autant de la rougeole,

I^es mouraient avec des hurlements qui parait être contemporaine de la va>

e^oyabies. On attribua la désolation riole, et qui doit également son acoli-

céuérale à des démtmê qtdi tant la maternent an France aux irruptions dos

^frme ^umcùne ,Jrappèrent à kitt'^ Sarrasins.

ceux qu'ils voulaient faire périr. Parmi les contagions qui ravagèrent

Cette époque fut liiarquee par tous l'Europe durant le moyen âge , la lèpre

les désastres ; à la pe^te , à la guerre i à Idt Tuds 4es plus constantes et des plus

4j||'|M9lii|f t vinrent se .joiadre oes épi- redoutées. C'est vers la fin du sixième

aémies meurtrières , inconnues même siècle que l'on voit fonder dans le Cha-

de l'antiquité , telles que la variole et la rollais la première léproserie. C'est le

jTQMgeole. On croit que la variole, ori- plus ancien monument qui atteste Texis-

j^lMâliS à*^i4^iÂiMil^« i^e repandit en Ara- tence de cette affection hideuse dans les

Die vers l'époque de la naissanre de Gaules. Avant cette époque, dit Papou,

I\laliomet. Les Maures l'apportèrent en aucun auteur n'en parle, aucun con-

Espagne, et de la daus les Gaules. cile n'en fait mautioD. Ghatlemagne,

. IMrius, évéque d'Avencbes^Balvé- dans ses CapitulaiNB, fit des règlements

||||, d signalé le premier, dans sa Chro- relatifs aux mariages des lépreux. Ce

nique, l'apparition de eetle nouvelle fléau, attribué d'abord, par le pape

épidémie dans les Gaules et l'itulie , ep Etienne III , aux invasions des Lool*

«90.^ Grégoire de Tours^pM aussi ses baids en Bourgogne vers ô7i,parais>

ravaizes en France en 580, et raconte sait au moment de s'éteindre, lorsque

que la maladie lui enleva deux en£ants les croisades lui rendirent toute sa vio-

^éris. - - lence. Répandue en Provence, la lèpre

- 'Àpiis quelques appantNOS,- •*> envahit bientôt la France entière. Les

riole resta nombre d^umées assoupie; •malheureux qu'elle atteignit furent con-

mais , vers 742 , l'invasion des Sarra- damnés à un affreux isolement. Les

sins eu Espagne et dans la province rois rendirent des ordonnances prescri*

narbomiaise mt pour elle roccasion tant aux lépreux, sous peina de moift,

d'un terrible réveil. Las croisés, phn de déclarer leur maladie, et de sortir

tard , contribuèrent aussi puissamment sur-le-champ des villes pour aller se

à sa propagation, en la disséminant, au renfermer dans les hospices construits

retour delà terre sainte, dans les di- au dehors, et appelés ladreries, m«kh

vers pays qu'ils habitaieBl. dreries, léproseries. L'Église romaine

Le nord de l'Europe ne connaissait institua des exorcismes et des cérémo-

pas encore ce fléau au douzième siècle, nies lugubres pour l'introduction de ces

tandis que Bernard Gardon , de Mont- malheureux daus les lieux qui deviâtnt

mDiNIKS FRANCE. éniMéMIMI .415

leur servir de tombeau : le clergé, après avoir célébré pour eux Vojfjice deà morts, les' y conduisait processionnellement; on leur intimait In défni'^r pxpresse de paraifre (ff'soDnais dans les églises, de se hiontnr en foire, en marché ou en eowpag nie df genssains; puis le curé ou Tofficiant Inir mettait trois4bis de la ferre du cimeiière .sur la tête avec une pelle , et leur faisait les imonctioDS BuivaDtes : CardeZ'Vùui ttpntrer en nulle maison que votre borde... Quand vous parlerez, vous irez au-dessous du vent; quand vous demanderez l*aumâne, vous sonnerez voire crécelle; vous libérez pas loin de votre borde, sa?is avoir votre habillement de bon malade... fous ne regar' derez, ne puiserez en puits, ni en ^inUaine, sinon les vôtres.., Fousnepasserez j)oint planches ou pnncenu où il y ait apmi, sans avoir mis vus gants, jetc. Enfin, on leur défendait de sortir nu-pieds, de passer par des ruelles étroites, de toucher les enfants, de leur rien donner, etc. Si un lépreux s'échappait de sa hutte, et qu il fut trouve errant dans les campagnes, on sonnait aussitôt le tocsin, et, de toutes parts, on le poursuivait comme une béte teroce.

En 1325, 80U8 lerègnedeliOnis Vm, on comptait en France 2,000 léproseries, et, dans toute la chrétienté, plus de 20,000. Cette affreuse maladie commença , selon Frascator , à disparaître de rÈurope vers le milieu du seizième siècle; et , suivant Kurt Sprengel , elle avait totalement disparu en 1624. Néanmoins îl en reste encore des vestiges dans la basse Provence et dans quelques vallées de la Suisse et du Piémont. Le docteur Ozanam croit même pouvoir établir avec certitude, entre les albinos de nos jours et les anciennes familles lépreuses, une descendance directe (*).

Qu'était-ce que la maladie célèbre désignée, aux dixième, onzième et douzième siècles, sous les noms ûefeu sacré. feu Saint - .Antoine , 7nal des ardents et feu persique ? Papon veut y reconnaître tous les caractères de la fameuse peste d*Athènes, que.Tliueyd{de

(*) l^tgénénile da Apidànies, UIV, p« x33.

et Lucrèce ont décrite (*) ; mais , d'après M. Ozanam, il paraît qu'on a confondu ploslears maladies d'espèces dif^ fïrentes, et que le feu Saint- Antoine ou mal des ardents était ou la gangrené sèche produite par le seigle ergote , ou bien quelque érwipèle gangreneux. Quoi qu'il en soit, ce fléau suivit de près 1 invasion des Normands en 945, et, plus qu'eux encore , ravagea Paris et les environs. « Gomme tonft les remèdes ne servaient de rien , dit Sauvai , on eut recours à \îf Vierge dans l'église de JNotre-Dame, qui servit longtemps d'hôpital en cette eocasion.'» la plupart des auteurs qui ont parlé de cette horrible maladie se sont accordés à lui attribuer les mêmes symptômes et les mêmes effets: son invasion était subite; elle brdlait les entrailles ou toute autre partie du corps qui tombait en lambeaux ; sous une peau livide, elle consumait les chairs en les séparant des os. Ce que ce mal avait de plus étonnant, c'est qu'il niiissait sans chaleur, et pénétrait ff'nn frnid glacial ceux qui en étaient atit'ints , et qu'a ce froid mortel succédait une anieur si grande iant 1^ mêmes parties, que les malades y éprottvalent tous les accidents d'un cancer. "

Mézeray rapporte qu'en 994 l'épidémie enleva quarante mille personnes dans l'Aquitaine, le Périgord et le Limousin. Elle fit périr, le 24 octobre 996, à râge de cinquante ans, Hugues Cajiet , chef de la trofBiénm dyiiastiedes rois de France. 'GVst iortoot en Dan* phiné qu'elle sp montra implacable; ses fureurs déterminèrent le pape Urbain II h fonder Fordre de Saint-Antoine (lOtOD, dans la vue de seeeiirir les malades ; et il choisit Vienne pour le chef- lieu de cet ordre , dont les maisons servaient d ho* pifanx. De 11 , le nom de feu Saini-Jm» toine. On croyait que les malades, conduits à Vienne , à l'abbaye oij reposaient les cendres de saint Antoine , étaient péris dans l'espace de sept à neuf jours ; et cette croyance en attirait im grand nombre dans cette ville. En 1 702, on voyait encore, dans cette abbaye, des membres desséchés et noirs que rbnoouservait depiM œ tamps; car ra giié-

(*) Kpoques mémonbles de iapeite, ia*

truduclioQ, p. ai. *

4i9 ÉnDémn vm

rinait quelquefois , mais a?ee privatioa

d*un ou de plusieurs membres.

Une épidémie presque universelle dépeupla , en 134S, et peudaut les années suivantes, les Mes de la Grèce , Constantinople, ritalie, la Suisse, la France, la Flandre, l'Allemagne, TEspapne, la Hongrie, le Danemark, l'Angleterre, l'Irlande, TÉcosse; suivant quelques ' écrivains, les fçermes de cette maladie ae développèrent en Chine; TAsie et rAfrique en furent atteintes à la fois; et ce fut en 1347 que le fléau pénétra dans le midi de I Europe. L'historien Villani affirme cppendint que la contagion prit naissance à Casan, à la suite de plusieurs tremblements déterre; que des fugitifs la portèrent dans le Levant, où des pluies continuelles et extraordinaires accrurent beaucoup sa mali^înité ; et que huit galères génoises ayant , pour 8*y soustraire , quitté précipitamment les ports de la mer Noire habités par les Turcs, en infectèrent successivement la Sicile et la Corse , d'où elle pénétra en Italie. Un vaisseau anglais, rarté sans équipage et jeté par la tempête sur la rade de lîergen en Xorwége, introduisit dans ce pays la contagion, qui s'y propagea avec une effrayante rapidité, grâce au fatal empressement des habitants à s'emparer des marchandises et des vêtements infectés. Cet liorrible fléau, désigné en France et en Italie sous le nom de peste mire, fat indistinctement appelé la grande mort et la mort noire par les écrivains du riord; il enleva, dit Voltaire, la quor Même parHe dei hommes. Peu (Pau* teurs'en ont donné l'histoire médicale.

Raymond, Chaulin de Vinario, Andréas, GaUus et Guy de Chauiiacsout les seuls médecins mu en aient parlé comme témoins oculaires. Il est à noter que la contagion fut également funeste aux quadrupèdes, aux oiseaux et même aux poissons. D'après le témoignage des écr i va i ns contemporains, les sjrmptémes du mal varièrent suivant les pays. Dans l'Orient, c'était un saignement de nez; en Italie et en France , un gonllement aux aines et aux aisselles; plus tard , if apparut des tumeurs dans toutes les parties du corps. I^s indices différaient même dans les pays de peu d'étendue; mais, en général, la oontagioa se fiii-

[VERS. iPlDlbOBB

sait nooonattre à des uchet noint «t •livides, frius ou moins larges et nom»

breuses. A ces signes se joignaient encore la langueur, la prostration des forces, des vomissements continuels, èt enfin des hémorragies, le plus souvent mortelles, se faisant jour par les fosses nasales, la bouche, le tube intestinal et les voies urinaires.

INous avons extrait d'un rappon présenté à Clément VI, sur la mortalité universelle, les résultats qui concernent la France : Marseille perdit 1 6,000 habitants; Paris, 80,000; Sain^Denis, 1 ,100 ; Avignon , 30,000 (chiffre énorme deja, mais plus vraisemblable au moins que celui de 120,000, attesté par un bis- . torien d'Italie); Strasbourg, 26,000; Lyon, 4.5,000; la Bourgogne, 80,000: .

la Provence, 120,000.

La Bourgogne fut la province de France la plus maltraitée. Beaune ne sauva pas la vingtième partie de ses habitants: et l'on cite encore, en mémoire du lléau , ce vieux proverbe :

Ba mn troii cntt qmnuit* tait,

A Kuiu, de cMt TCMèmt hait»

Jeanne de Bourgogne , femme de Philippe de Valois, et Jeanne de Normandie, sa sœur, nirent victimes de leur charité et de leur abnégation touchante. Jeanne de Navarre , fille de Louis X , fut emportée par fepidémie , de même que la célèbre amante de Pétrarque « Laure de Novès.

Les chroniques de ces temps désastreux font le plus triste tableau de la démoralisation générale. Obstupuere mentes e^Mktniemd, dit Othon d'Arezzo ; les uns oubliaient tous les liens du sang et de l'amitié , et , comme des brutes , ne songeaient qu'à la vie animale. D'autres se livraient à tous les excès de la débauche , pour s'étourdir sur le danger, ou n'arriver du moins à la mort qu'à travers le sommeil de l'ivresse. Les cérémonies du cnlta avaient cessé faute de ministres. Beaucoup de laïques , devenus veufs, entrèrent pourtant dans les ordres par esprit de pénitence, ou pour jouir à leur tour de la considération et des richesses du clergé. Les tribunaux ne rendaient plus la justice. Mais l'un des plus déplorables effets de l'épidémie fut de réveiller le fanatisme avec son aveuglement et sa férocité ordi<>

éi^ïïnàMîEM FRANCHE. àpinàmÉS 417

naires. De toutes parts s'élevèrent, pour i^hir le courroux du ele$, des confréries de pénitents et de flagellants, 011*011 nomma frères de Ut, croix* (Voye» Fi.iL-

GELLÂNTS.)

Un des caractères de cette épidémie religieuse fut de pousser nu meurtre des

juifs, que, pendant tout le moyen 5ge, on rendait responsables des malheurs

Sublidt, et qui étaient , pour ainsi dire, ésignés d'avance aux atroces vengeances de la multitude. Alors, coninn^ toujours, ils furent accusés d'empoisonnement; et quelques malheureux , vaincus par la torture, se reconnurent coupables d'un crime im:iL;inaire. Le prétendu poison qt'i servait de prétexte aux barbaries de leurs persécuteurs était , dit-on, composé d*araignées, de sang de hibou, , et d'animaux venimeux.

Une diète s'assembla à Bennefeld en Alsace; des évéc|ues, des seigneurs, des barons et des députés des comtés et des villes y assistèrent, et rendirent un arrêt sanf^lant contre les juifs; des lors, on les brdla et on les niassacra de tous côtés avec une incroyable furie. Deux mille furent brûlés , a Strasboui L^ , sur un immense bùcliL'r; on I lissail la vie à ceux qui recevaient le baptême; mais les mères juives jetaient elles - mêmes leurs enfants dans les flammes pour Tes sauver de cette souillure, et 8*y précipitaient ensuite à leur tour.

A Paris, les juifs épouvantés se réfugièrent non lom de la ville, dans la forêt Sainte-Opporîune; mais, menacés d'y être cernés, ils revinrent dans la rue dite des hérétiques y qu'ils habitaient. Le peuple se jeta alors sur eux, et les égorgeh en si grand nombre, que leurs cadavres, laissés sans sépulture, servirent, durant plusieurs mois, de pâture à un troupeau de loups qui rendirent longtemps ce quartier inalmrdable; cette rue prit ensuite, au rapport de Borelus, le nom de Traïu-nonesère , d*où vint plus tard le verbe transnoniser, qui signiliait égorger; enfin , c'est de ce nom que Ton a fait, plus taid, celuide 7'/'an«7ionam^ devenu si malheureusement célèbre |Mir les massacres dont cette rue a été le tfaâltre en 1834 (*}.

{*) Oznnam , Hist. médic des malad. épîd., l. IV, p. 90.

'T. vu. 27* livraison, (Dicx. enc

La faculté de médecine, chargée de reconnaître les causes de l*épioemie,

n'hésita pas à les trouver dans un prétendu combat des étoiles et du S(»leil oontre I? mer : combat funeste, où l'eau et le feu a^ant eu tour à tour Pavantage , avaient occasionné dans l'air une altération mortHle. Une théorie semblable ne pouvait conduire qu'a des pratiques mêlées d'ic^noranee et de superstition; et, sons ce double rapport, la docte corporation ne laissa rien à désirer.

Le iléau se ralluma d'une manière effrayante en 1450, à Paris, oi'k, au dire de Papon , il enleva quaran/p mille hommes en deux soixante miUey

selon Fernel. La terreur et le désespoir étaient tels, mie les malades s'enveloppaient eux-mêmes d*un suaire, et mouraient aussitôt.

L'année 1414 fut signalée par l'apparition d'une épidémie catarrhaie, qui enleva presque tous les vieillards , et à laquelle on donna le nom de coquelucliey qui ne représente |}lus pour nous la même afiiection , puisqu'il nous sert à désigner mie maladie particulière à Ten* fance. « Un étranjJie rlumie, dit Mézeray parlant de cette épidémie, tourmenta toutes sortes de personnes durant les mois de février et de mars , et leur rendit la voix si enrouée, que le barreau, les chaires et les collèges en furent muets. » Il note aussi qu'elle fut mortelle aux gens âgés. Pasquier (Estienne) rappelle (ju'en Tannée 1557, ainsi qu'on l'avait déjà vu en f403, on observa << par <t quatre jours entiers, un rhume qui fut presque commun à tous , par le moyen duquel le nez distiltoit sans cesse comme une fontaine, avec un izraïul mal de téte , et une tièvre qui duroit aux uns douze, aux antres quinze heures, que plus, que moins; puis soudain, sans œuvre de mc-dccine , on étoit guéri ; laquelle maladie fut depuis, par un nouveau terme, appelée par nous coqueluche. »

Valleriola dit aue le vulgaire nommait l'épidémie coculuclie, parce que ceux qui en étaient atteints se couvraient la tête d'un coqueluchon. La véritable coqueluche ftit toujours infiniment plus grave que l'espèce de grippe dont il est question dans Pasquier; et .ses ravages

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