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as iK|B£4|^SS Li^^YP^- j|«t|i^iMuss
furent quelquefois terriblei; que^ues historiens prétendent que cette dénomination lui virjt de ce que les malades àCagoiiic rendaient des sons enroués comme le fait un coq.
En, suivant la série chronologique des épidémies désignées comme trèsmeurtrières , nous devons mentionner, en 1445 , le choléra européen , appelé alors trousse-galant, à cause, dit-on, de la rapidité avec laquelle il enlevait les malades.
A ces affireux désastres, la peste venait souvent encore ajouter ses fureurs.
Ainsi l'on voit, en 1467, le roi Louis XI obligé de rendre, pour attirer de nouveaux habitants dans la capitale dépeuplée, um ordonnance spéciale, autorisant fout homtne,de quelque condition quHlfût, à venir habiter Paris, ville, faubourgs et banlieue i le déclarant absout de tout crime, meurtre, furtj larcins etpiperie, réserré h crime de lézemajesté; et aussi de résider en illec, en armes, pour servir le roi contre foute personne, etc.
Nous signalerons ici Tapparition du scorbut, maladie vraisemblablement inconnue enGrèce,en Afrique eten Espagne ; car les médecins grecs et arabes ne nous ont transmis sur elle aucune observation claire et exacte. On trouve, dans Pline TAncieu , ia note d'une maladie épidémique connue sous le noni de stomachaces ou scelott/rbes. qui parait être le scorbut- Mais Freina, dans son Histoire de la médecine, prétend que cette maladie fiit apportés en Europe , à la fin du quinzième siècle, par les Por« tugais, à leur retour de la découverte des Indes orientales. Cependant on peut rattacher les premières notions de cette nouvelle affection à Texpédition de Tliorstein, chef des Normands, qui, en 1002, s'embarqua pour le Grot-niand occidental : jetc sur des côtes dcbertes, il succomba, ainsi que vingt-cinq de ses compagnons, à des accidents tout à fiit scorbutiques.
L'histoire de la preipière croisade de saint Louis , en 1348, nous en fournit un autre exemple plus remarquable.
Voici ce qu'en dit Guillaume de Nantis : « Nous vint une graut persécution et maladie en Tos, qui estoit telle , que te #|i d^jambes iw^éàmt
jusqu'à Vos , et le cuir nova devcnoîl
tanné de noir et de terre , à ressemblance d'une vieille houze qui a été longtemps mucée derrière les coffres, et ottitre , à nous autres , qui avions cette maladie, nous venoit une autre persécution de maladie eu la bouche .
de ce que npus avions manpié de ces poissons , et noua pounrissoit la chair d'entre les gencives, dont chacun estoit orriblement puant de la bouche, et en ia Un guères n'en échappoient , que tous mourussent, et le si|be de mort que on y congnoisaoit continuellement, esloit quand on se prenoit à seigner du nevs ; et tantoust on estoit bien assuré d'être mort de bricf. »
II. est constant néanmoins que, depuis cette époque jusqu'au quinzième siècle, indiqué par Freind, on ne Irouve aucune relation d'épidémie scorbutique.
Plus tard, les grandes navigations en présentèrent de terribles exemples, mais il n'est pas de notre sujet de les décrire; et^ quant au scorbut de terre, il existait au sein de nos villes , et de Paris surtout , à l'état endém^ue, C'est* à-dire , à l'état permanent.
Line autre maladie, dépiorabie conquête des temps modenies, trouve aussi sa place vers la fin du quinzième siècle. Connue d'abord sous le nom de înal nt^ffOUtam, cette maladie , b syphilis, aurait été, suivant quelques auteurs,, importée en France par les tioiipes que * Charles VIII ramena de son expédition dans le royaume de Naples; mais ce fait est erroné , car cette armée , exténuée de fatigues et de misères , ne rentra en France qu'à la fin de 14% ; et, dès le 6 mars de la même année, le parlement de Paris avait rendu un arrêt concernant le séquestre des individus atteints de la nouvelle maladie. Les Italiens, par représailles, l'appelèrent le mal français , et Ton sait que François I*' conpâ parmi ses nombreuses victimes. Les uns firent naître cette maladie d'une lèpre dégénérée, tandis que d'autres la considéraient comme une maladie sui generis importée d'Amérique par les é^ipages de Christophe Colomb a son second retour du nouveau monde. Il est possible , en effet,
Î[ue le pian d'Amârique , combiné avee i lèpre, ait engendie une mwlIk'Vh'
Épmiflm FHAKCE; iPIHniBS 4f9
pèce d'affection. Mais, si i'on n'avait égard qu*à certains svmpttoies, la maladie aurait une origine beaucoup plus reculée , car on en retrouve des traces manifestes dans le livre xv du Lévitique des Hébreux. David, dans ses Psaumes, parle aussi de la maladie. Ceise {Medicina , lib. f^I , cap. \%, de obscenarum partium vitii:^ ) , rend le même témoignage. On n'a pas manqué d'invoquer, en outre, le règlement, donné le 8 aoilt 1347, par la reine Jeanne V, comtesse d'Avignon, concernant les malmlies des prostituées de cette ville. Toujours es^îl qu'au quinzième siècle la syphilis se propagea presqu'en ni<^ine temps dans toute TRiirope méridionale , accompagnée d'un cortège iiideux de symptômes et#aMérations,gai ne eommencèrent à se montrer moins graves et moins effrayants qu'après
D'autres épidémies contagieuses sévirent en France , notamment à Paris, durant les six premières années du seizième siècle.
Cette ville et plusieurs provinces furent encore désiHees par une maladie dé- Sasfreuse, en 1586. îNIichel de ATontaigne a peint tres-énergiquement les ravages qu'elle Ot en Gascogne : « La vue de ma maison m'étoit ofroyable , dit-il ; tout ce qui y estoit , estoit sans garde, à l'abandon , à qui en nvoit envie... Quant au monde des environs, la esffltiesme partie ne se peut sauver...
Généralement, chacun renonçoit au Soing de la vie... ; les rnisins 'demeurèrent suspendus aux vignes... Touts indifféremment se préparant et attendant la. mort , à ee soir ou au lendemain ; pour ce qu'ils meurent en
mesme mois, enfants, jeunes, vieillards, ii.s ne s'étonnent plus, ils ne se pleurent plus ; j'en veis qui craignoient d e d ( m eu re r derrière oomme en une horrible solitude. »
Les médecins des seizième , dix-septtème et dix-hmtième sièeles s'accordent généralement pour fixer la première apparition du typhus en Furope, en 1505. On croit qu'il fut apporté de file de Chypre en Italie ; mais on est forcé d'admettre que la même affection avait , sous d'autres noms , revêtu bien souvent déjà le caractère épidéniique. U
est difficile, par exemple « de ne pas reconnaître le typhus dans les fièvres épidémiques dites putrides , malignes , pétéchiales , etc. Mais Rivière n'en demeure pas moins convaincu que le typhus fut observé pour ia première fois en France vers l'an 161 8, après le siège de Montpellier, et il l'impute à l'apparition d'une comète.
INous appliquerons aux affections typhoïdes ce que nouS avons dit de la variole et de In roni^eole , savoir : qu'il est impossible , surtout dans un cadre aussi resserré, d'énumérer leurs fré-
ntes apparitions , et , plus d'une fois eurs, le typhus proprenpent dit fut confondu avec la peste.
L'effroyable épidémie , appelée la grande peste y qui dépeupla Milan et l'Italie, en 1629, se manifesta bientôt en France , et partii ulièrement à Lyon, où elle fut introduite par des soldats venant des pays ravagés, et où elle causa la mort' de 60,<N)0 personnes.
L'historien de Provenee, Pn[)on, assure que la contagion fut portée, au mois de Juillet de la même année , de Toulouse à Montpellier, par un capucin , et qu'elle précipita le (l( [)nrt de cette ville du cardinal de Ki(;iif lieu et de Louis XIII. Elle pénétra de même à Digne, et y fit périr, en cinq mois de temps , 8,500 personnes. Ces ravages eurent lieu sous les yeux de Gassendi, q^ui attribua à cette maladie plusieurs aliénations mentales singulières.
Nous voici arrivés à l'une àes épth
3ues les plus mémorables de l'histoire e ce fléau destructeur, à l'année 1720, où il envahit Marseille, et de là se répandit dans toute la Provence. Papon prétend que In contagion fut introduite pnr le navire du capitaine Chataud , venant de Tripoli et ayant à bord quelques Tures qu'il devait déposer à l'Ile de Chypre. On lui délivra une patente nette , bien que la peste régnât sur ces parages. Trois Turcs et trois matelots mouj^rent dans la traversée , et le capitaine, après avoir relâché à Tavonrne.
entra à Marseille le 25 mai , et ne fut point soumis à la quarantaine. Il ne t»rda pas à périr victime de la contagion avee toute sa famille. La |)e>te exerça ses fiireurs .w^^r d'autant plus de focilité que les médecms et les magia-
410 énnéHIBS
L'UNIVËRS. ÉPIBÉHIBII
trats s'opiniâtrèrent d'abord a nier sa présence. Les efforts courageux et persévérants d'un j(Mine iiiédecii) , nommé Pevssonel , éveillèrent enlin la sollicitude du parlement de Provence , et , le 2 juillet, il défendit, sous peine de mort, toute conimunication entre les habitants de la [troviiiee et Marspille. Mais il rendait lui-même sa detense illusoire en persistant à déclarer que û maladie n*était nullement coiitagîeuse , bien que les médecins et chirurgiens récemmeut appelés eussent constaté ses caractères pàtilentiete. Au début , céphalalgie, naus^, prostration générale, vomissements , vertijues, état fébrile. Les malades mouraient quelquefois sans aucun signe précurseur , mais le plus grand nombre suooombaitle second ou le troisième jour , surtout s'il ne survenait ni bubons, ni exanthèmes, ou si ces éruptions étaient incomplètes. Passé le troisième jour, il y avait espoir de guérison. Les prescriptions de quelques médecins turent, dans les premiers instants , non moins bizarres quNnefficaces , et devinrent même nuisibles. Par exemple, on alluma de grands feux pendant trois jours sur les places publiques et devant les maisons mfectées ; on brûla du soufre pour purifier les bardes , les habits et les demeures des pestiférés. Or, l'air ainsi chargé de vapeurs noires et brillantes rendait encore plus intolérables les ar» deurs de l'été, et , comme on devait s*y attendre , la rontagion n'en devint (|ue plus active. Chirac, premier nie.iecin du régent , ne resta pas au-dessous de cette extravagance , et, non content de protester contre la nature contnjzieuse de la peste , il ne vit rien de mieux à faire que de payer des violons et dês tambours f pour donner occasion aux jeunes gens de s* égayer, et pour bannir ainsi fa tristesse et la inêtancolie j etc. Tous les habitants abandonnèrent leurs maisons ou se rendirent à bord des vaisseaux. Toutes les administrations, et les religieuses mt\m , désertèrent la ville ; mais i'evéque Belzunce , dont on connaît le dévouement sublime, re* fusa de 8*éloigner. Plusieurs échevins , entraînés par son exemple, seeonderent ses efforts , et, par de sages iiiesuj es , assurèrent rapprovisionnement de la
ville. Cette courageuse abnégation souleva partout Tintérét et radmiration ;
et, ronniie preuve de commisération, le pape envoya trois mille charges de blé aux Marseillais, et publia des indul' genees en faveur de ceux qui donneraient à l>oire ou à manger aux petU»
férés, ou à reu.r qui étaient soupçonnés de fétre* L'entière cessation de la peste eut lieu au mois d*aoât 17S1 : elle avait enlevé 40,000 individus dans Tintérieur de la ville et 10,000 a la camp:<gne. Là ne devaient point se borner ses ravages ; une balle de soie volée , provenant des marchandises apportées à Marseille par le caj)itaine Chataud , répandit la contagion à Bandai, petite ville voisine de Toulon , où un patron , nommé Cance« lin, nntroduisit le 5 octobre 1720. Il y eut au moins cela de consolant dans l'extension de ce fléau, qu'on vit s'établir entre les habitants la. plus noble émulation. Ecclésiastiques, religieux, jeunes gens riehes des deux sexes, rivalisaient (le zele et d'ardeur pour secourir les malades; des courtisanes même demandèrent , suivant l'historien Pnpon, à servir dans les hôpitaux. Toulon perdit à ('et te invasion Ki.ooo individus , et la mortalité s'éleva pour la Provence à 86,000.
La même année, la petite vérole fit périr à Paris 20,000 personnes , et, jusqu'à l'adoption de l'inoculation et de la vaccine, elle fut justement placée dans toute TEurope au premier rang des épidémies meurtrières.
La peste de 1720 est le dernier coup qui ait frappé l'Europe occidentale, et il importe encore de surveiller cet ennemi lointain qui tant de fois a su trouver le chemin de nos villes et de nos eam/)agnes. Car , s'il est hors de doute une les épidémies en général se jouent ae nos combinaisons et déconcertent tous nos caleuls , il n'est pas moins constant que, pour un grand nombre, il existe sinon des moyens curatifii quand elles ont fait explosion, du moins des mesures préventives dont la tutélaire influence devient plus manifeste chaque jour. Ainsi , depuis J. C. jusqu^en lèÎBO , FEurope a subi quatre-vimzt- dix -sept épidémies principales. Dans le courant du dixseptième siècle elle a reparu quatorze fois en Europe , et liuit lois seulement
Digilizea by CoOglc
BPIBU
FaANCK. taOEAIIMB 421
dans le dix-hahième. De plus, les autres maladies régnantes qui portaient si souvent la mort au sein ries populations ont singulièrement perdu de leur fréquence. Il est facile de reconnaître que ces heureux changements sont dlûs à une civilisation riflie de lumières et féconde en ressources. L'application des grandes lois de Thy^iène a In construction des édifices, des rues et des maisons, les améliorations introduites dans le régime de vie et dans le dioix des aliments , et le développement des arts industriels, ne pouvaient manquer de signaler leur puissance. Quelle part ne revient-il pas aussi aux progrès de l'agriculture ! Bien des contrées désertes se sont peuplées rapidemnit à la suite de défrichements de forets , de dessèchements de lacs vt H'elnngs, perpétuels foyers de contagion et de maladies endémiques. Il est en outre impossihle de ne pas mettre au nomhre des heureuses réformes en ce genre , le placement hors des villes des cimetières,
3ui étaient encore situés dans l'enceinte es lieux habités à la 6n du dix-huitième siècle. Dans l'observation intelligente et sévère des règlements relatifs aux quarantaines et aux lazarets , on doit trouver enfin une barrière puissnntP contre les formidables invasions du Oeau pestilentiel. Disons , en termi* nant , que les maladies des classes In* férieures, si promptes à se transformer en épidémies alors que les secours de Tart et de la bienfaisance leur manquaient à la fois , ne sauraient plus aujourd'hui ressaisir ce caractère, parce (}ue les hôpitaux et hospices leur orfrent un asile toujours ouvert et des soins assurés (*).
ËPiiu ou Bâton ferré. — C'était, au moyen âge, l'arme de l'infanterie légère, qui s'en servait avec avantage et surtout avec beaucoup d'adresse. La hampe des épieux , d*abord assez courte, fut portée, dans les qn.'itorziènie et quinzième siècles, à huit ou neuf pieds; le fer était oblong, large, pointu et tranchant des deux côtés. L'autre extrémité de la hampe se terminait quelquefois par une virole pointue. Cette
O 'Voir pour la célèbre épidémie de iS3s, Tari. GmiieA.
arme fttt, dans la suite, remplacée par
lap^uisane et la hallebarde, il existait aussi des épieux de chasse dont le fer avait la forme d'un cœur aplati. On s'en sert encore pour la chasse au sanglier.
Épigbamme. — L'épigramme, chez les Grecs, était ordinairement une inscription; c'était le nom que l'on donnait à toutes les petites pièces de vers que Ton inscrivait au bas des statues, sur les édifices publics, sur les tombeaux L'épigramme n'était pas cept ndaut toujours destinée à servir d'inscription, et quelquefois on l'écrivait dans des livres * au lieu de la graver sur les monuments. On peut voir dans l'anthologie que t'épigranune roulait sur toute espèce de sujets, et que les seuls caractères invariables qu'elle affcctAt étaient la hi icvcté des dimensions et, ri un très-petit nombre d'exceptions près, remploi des distiques. Chez les Latins, l'épigramme se modifia entre les mains de Slartial; elle s'aiguisa, et prit l'habitude constante de linir par un trait enjoué, comique, spirituel ou satirique. C'est chez Martial que les modernes ont étudié l'épigramme; c'est d'après lui qu'ils se sont exercés dans ce genre. L'essence de l'épigramme, chez nous , consiste dans un trait habilement préparé, qui vient tout à coup frapper et divertir l'esprit avec les derniers mots. La plupart de nos épi grammes se terminent par unepointe satirique. Cependant il en est, mais c'est le plus petit nombre, qui sont consacrées à l'expression enjoué et légèrement ironique d'une pensée amoureuse, ou morale, ou philosophique.
L'épigramme était ciiltivée avec succès en France des le seizième siècle. Ce genre convenait à la (inesse et à la gaieté moqueuse qui appartiennent en propre à notre nation. Marot a fait un grand nombre de charmantes épigrammes, ou la malice plait d'autant plus qu'elle se revêt souvent d'une forme naïve. Boileau mit dans l'épigramme plus de concision et de causticité, ni.iis il n'eut jamais autant de grâce et d aimable enjouement. Il est vrai gue presque toutes es siennes sont diriijees contre les mauvais auteurs du temps, avec lesquels il était en guerre ouverte. Parmi celles de Marot, plusieurs sont adressées à des maltresses qu'il veut railler agréable-
fiPIllAL
ment , comme oelie-ci , qui eit iatftiiMe
\eOuiet\eNenni:
Un doux mani avec oo doux toarire
Bit tant hoanéle I il toos le faat apprendMt
Quand est d'oui , si venies à le dire,
D'avoir trop dit je Toudrois
Ni 111 que ie suis t-nnuyé d'entreprendre
U'avoir te fruit dont le désir me point*
Mais je Toudrois qu'en me le laissant prendra
Vous me disiez : Non tous ne l'aurez point.
Parmi les meilleures épisrammes de Boîleau, on remarque ceue-d contre Gotia;
En ▼aio par milte et mille oatrif^ Mes ennemis dans leurs ouTrajat
Ont cru me rendre affreux aux yeux finifMi CoLiii, pour décrier mon style , A pris un chemin plus facile.
C'est de m'altribuer ses vers.
On doit aussi à Racine quelques épigrainmes, et chose gui doit sur*
prendre, elles sont supérieures à celUs de Boileau. Contentons-nous de citer celle qu'il composa sur Tlphigénie de le Clerc.
Entre le Clerc et son ami Coras Veux grands autrurs, rimant de compagnie, M'a pas long-temps s'ourdirent grandt «ébttt Sur iê uropm da leur Iphigénîe.
Coras fui dit : La pièce cit de mm crô* I !■ rtrrr 1 1 ).i.iir.l ; Mlle psi tnieiiiK^ et nOB ' Mats aussitôt ciue la pièce eut para , Plus n'oat Tooln l'avoir fait 1' un ni l'antiVi
Kt cette autre sur la Judith de Boyer :
A sa Judith, Bojer, par aventura Étoit assis pria d'an riche caisamri Kien aise ëloit, car le bon financier S'attendrissoit et pleuroil sans mesure.
Bull gr<j vous sais, lui dit le vifui i inicur; l.€ lifau vou;, louche, cl ne seriez il humcur A vous saisir pour une baliverne.
Lors le richard , en larmoyant^ lui dit ; . la pleure* hvlad pour ce pauvre Rolofhmt. Si méchamiMent mis .1 morl par Judith.
Au dix-lluiliènie siècle, i'épi2:ramme fut presque exclusivement satirique. Les haioes littéraires et philosophiques s*en armèrent souvent , et y mirent plttSd*une fois trop de fiel et (fâcreté. Les meilleures épigrammes de cetle époque sont celles de Jean-Baptiste Roosseau. Celle ctue nous allons citer donnera une idée au mordant et de l'âpre moquerie qui les caractérisent gresque toutes : il s'agit d'un mauvais poète qui s'était ingéré de chanter les louanges de Gatinat:
O Catinat , quelle voix «rulmmée De te tli.iiiter ose usuipor l'emploi?
Mieux tcvaiiilr< it perdre ta reiiOtDllléS , Que les cueillir de si chétif alot.
Héimi êunt, aiuA qpM w pr4voi , Sw cet écrit i at a> sals,^ vni dit*, ReniMa «aras* iliMm qm «oatra toi Im WÊêm antenr dcrivo «m Mta'iv.
On serait porté à croire qoe Tesprit
si vif et si mordant de Voltaire aurait dù exceller dans ce genre. Il n'en est rien. De toutes les épierammes qu'il composa on ne se rappelle guère que osUe-eî :
Save»>ToiM poarqooi JMmïO A tant pleur* pendant sa TÎO? »
C'est qu'en prophète il prévoyait Qu'un jour Lefranc le traduirait.
Les événements qui ont tant de fois changé la scène politique depuis un demi-siècIe, ont donné lieu à une grande quantité d'épigrammes ; mais on n'en compte qu'un petit nombre de bonnes, et la plupart sont dues à le Brun. Rieo de plus ingénieux et de plus piquant que ces deux vers sur Fanoy de Beauharnais :
^l«, belle et poète, a deux petits travers t Elle fiût son visage et ne fbft pas sas Teit.
Du reste , ne nous étonnons pas que
les chefs-d'œuvre en ce genre soient très-rares. L'épigramme est un petit poëme qui exige plus d'art qu'on ne pense , et dont la forme , ()our être piquante, doit être réduite à la concision la plus expressive, et soumise à la plus habile gradation.
EpiNAC, nom sous lequel la seigneurie de Mnnetoy en Bourgogne fut érigée en comté, en 1656. C'est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de canton du département de Saône-et-Loire.
ÉpiiVAL , anciennement Espinaux ou Spinal y passe pour avoir ététondée vers 970, par l'évêque de Met^, Thierry I*' d'Hameian. Cependant elle n'avait encore, dix ans aprè.s, que quelques maisons isolées sur les bords de la Moselle, Toutefois, elle eut longtemps les privilèges des villes libres; la proteetion des évéques la garantissait des entreprises des seigneurs. Klle fut fortifiée vers 1260, par Tevéque Jacques de Lorraine.
Les successeurs de ce prélat ayant cherché à leur tour à l'asservir, les habitants portèrent leurs plaintes aux conciles de Bàle et de Vienne, qui leur donnèrent raison, blâmèrent et condamnèrent les évéques.
Épinal se donna à la France en 14-44, lorsque Charles VII lit alliance avec Kené contre la republique messine.
Louis XI la céda enssite a Thîébaat de Neufchâtel, maréchal de BonigofpHi
ÛHtIhh FRANCE.
mais les habitants refusèrent de reconnattre l'autorité de ce seigneur, et ils SQppHèrent le roi, «s'il voulait lel « mettre hors de sa sainte couronne, de « leurdonnerun autre maître. » Louis XI les releva du serment. Alors ils choisirefit pour protecteur le duc Jean II de Lorraine. ^Inis ce princp ne paraissait jamais dans son duché qu'a de longs intervalles, et c'était toujours pour se préparer à quelque expédition lointaine.
Pendant qu'il guerroyait en Catalogne et en Aragon , le maréchal de Bourço-
5 ne entra en Lorraine avec une armée, ans i*intention de soumettre. Épinal; mais il fut trois fois battu par les comtes de Fénestranf^es et de Salm, auxquels le duc avait laissé la régence de ses États. Charles le Téméraire fiit plus heureux d.ins la guerre qu*il Ht au due René II; Epinal tomba en son pouvoir, ainsi que toutes les autres villes de la province. Cette ville fut encore assiégée en 1670 , par les Français, qui la prirent et la démantelèrent.
Épinal, qui, ainsi que nous l'avons vu, faisait partie de la Lorraine, était autrefois chef-lieu d'un bailliage, et possédait un célèbre chapitre dochanoinesses. C'est aujourd'hui le cliel-lieu du département des Vosges et le siège d'un tribunal de première instance. Elle possède iHie chambre consultative des manufactures , une société d'émulation , un collège communal , une bibliothèque publl<fue êt 17,000 rolaines, et un beau musée de tableaux et d'antiquités. Oû Y compte 9,070 habitants.
Épinal (monnaie d'). — Les évégues de Mets |»ossédarent à Épinal le droit de monnayage. L'empereur Othon l'avait accordé à Thierry, par une charte datée de l'année 983. En 1299, un nommé Simon d'Épi nal prit à lierme, pour sa via durdnt , l'exercice de ce droit . de monnayage. Un autre bourireois du même lieu passa un semblable marché en 1824; mais de temps en temps les évéqnes rentraient dans leur prérogative. Ainsi, le dernier acte qui nous sifrnale l'existence d'un hùtel monétaire d'Épinal, et qui date de 1459, prouve qu*alors ifétait l'évéque Conrad Bayer qui en percevait les profits. Nous possédons, en etYet, plusieurs deniers marqués aux noms de Thierry 11^ à'A-
delberon et d'autres évêques. Ces deniers ressemblent en tout à ceux de Metz; on y voit, d'un côté, la téte de saint Étienne, et de l'autre une croix ou un temple ; seulement le mot mettis y est remplace par celui de spinal. Cependant le temple qui figurait au revers nnit par se loealiscr, et par devenir le type habituel des monnaies d'Kpinal.
De l'autre côté, autour de la croix, on lisait le nom do patron du lieu , ses. pat- LVS. On ignore à quelle époque l'atelier monétaire d 'Épinal cessa de foac* tionner.
ÊPTNâT, andenne seigneurie de Bre* tagtte(aujourd'hui du département d'Ille* et -Vilaine), érigée en marquisat en
. ÉPiNAY (madame Delalive d*) est devenue célèbre par Tamour qu'elle inspira à J. J. Rousseau. Pins distinizuée par les charmes de sou esprit et par son exquise sensibilité que par la beauté de ses traits, elle témoigna longtemps au philosophe, qu'elle appfl.iit son ours, l'attaehement le plus dévoue et le plus tendre. Ce fut elle qui (il bùtir pour lui, en 1755 , dans la vallée de Montmorency, cet ermitage si modeste et si fameux.
Il est tacheux de dire que Rousseau , se croyant le droit d'être jaloux du baron de 6rimm, que lui-même avait présenté chez elle, s'acquitta par l'ingratitude la plus signalée envers une femme qui l'avait toujours comblé de bienfaits.
Madame d^Épiuay a composé, sous la titre de Conversations d'Emilie (2 vol.
in-12, 1781), un excellent ouvrage d'éducation. Ce livre, qui contient les notions de morale les plus utiles à Fenfanée, fut couronne par FAcadémie française. Madame d'Épmny mourut au mois d'avril 1783. Elle avait composé des mémoires f|tti n'ont été publiés qu'en
ÉPiNCHAL, ancienne baronnie de l'Auvergne , aujourd'hui du département du Puy-de-Dôme.
Épine (1') , village do département de la !Marne, à deux lieues de Châlons. Il doit son origine à une magnifique rathédrale gothique construite au quatorzième siècle, à l'endroit où, vers la fin du siècle précédent, un berger avait trouvé, dit-on, dans un buisson ardent, une image miraculeuse de la Vierge.
424 Éi^lNIILlKWI L'UI^il
La tour méridionale, surmoDtée d*uiie
liaute flèche dentelée à jour, a pour principal ornementiineconronne royale, inaraue de la protection de Charles V 11, aux libéralités duquel est dû Tacliève* nient de l*édiGce.
ÊPINEUIL, ancienne seiiiiieurie avec litre de comté, en Champagne (aujourd*bni du département de l*ïonne).
Épingle noire (conspiration de V).
— l.e 4 octobre 1817, neuf individus comparurent devant la cour d'assises de la Seine, comme prévenus d*UD complot contre le gouvernement de la restauration , complot qui pnrnissait se rattacher à l'insurrection de Lyon. Les révélations faites par un nommé Charles Monter, ex-adjudant du génie (*), condamné à mort au mois d'octobre 1816, comme conspirateur, et gracié ensuite, avaient* amené la découverte d'une association dont le but, suivant l'acte d^accusatiou, était de surprendre la forteresse de Vincennes et de renverser les Bourbons.
Les accusés étaient les nommés Coutremoulin, Fonteneau-Dafresne , Moutard, Duclos, Bonnet, Crouget, Duclos jeune, Lerlerc de Landremont et .lenn Beaumier. Ln dixième prévenu (Brice) se trouvait absent. Les débats de Taffaire durèrent quatre jours. Tous les accuses furent absous.
Le nom de cette conspiration vient de oe que le signe de ralliement adopté par les conjurés était une épingle noire fixée à la cliemise.
Épincliebs. — On trouve dans le livre des métiers d*Étienne Boileau, sous le titre ix, les statuts de cette corporation; mais ils ne contiennent aucun détail sur les procédés de la fabrication des épingles. Il est cependant probable qu^anciennenient le travail de cette industrie n'était pas divisé comme aujourd'hui entre une multitude de bras,
au'il n'y avait point de grands ateliers 'épinglerle,etquela fabrication de ces petits objets était atissi lente et aussi pénible qu'elle Test peu maintenant. Les épingliers faisaient, du reste, aussi des agrafes, des chaînes et toutes sortes d ouvrages en fil de laiton. Leurs statuts
(*) Il avait fail partie de la petilp lruu|>e de militaires <|tii accompagna ISapoléoo à VU» d*Elbc^
ÉFlSTOLAlRB
furent renouvelés par Henri IV en 1602.
Près de cent ans après, on réunit leur communauté à celle des ai^uilliers. La maitrise coûtait de six à sept cents livres.
Les épingles se fabriquaient autrefois à Paris, à Limoges, à Bordeaux, etc.
Aujourd'hui, cette industrie est, pour ainsi dire, concentrée à l'Aigle.
ËPINOY, ancienne châtelienie de l'Artois (aujourd'hui du département du* Pas-de-Calais , érigée en comté eu 1514, et en principauté en 1545.
ÉPISTOLA1BE (genre). — Parcesdeax mots, nous n'eÎJtendons rien autre chose, sinon qu'une place a été réservée parmi nos monuments littéraires aux lettres qui offraient un degré remarquable d'esprit, de politesse, d'éloquence.
Mais nous sonunes bien loin de croire qu'il y ait un genre épistolaire, comme il y a un genre épique, un genre oratoire. En effet, l'épopée a certaines règles convenues qui se définissent et s'enseignent : il y a de même un code de prémptes à Tusage de l'orateur. Mais pour fairt' une lettre, il n'est besoin d'aucune règle. Le meilleur moyen d'écrire des lettres fausses, maniérées, éloignées du véritable esprit et du véritable gortt, ce serait de se faire une rhétorique épistolaire et de l'observer exactement. Ici l'instinct, le sentiment et les facultés spontanées de TintelHgence doivent être les seuls pi^ides.
A quelqu'un qui demanderait la recette pour écrire des lettres avec succès, il n*y aurait qu'une réponse à foire : Ayes de l'esprit et du naturel.
La première de ces conditions était seule remplie^ dans les jettres de Balzac et de Yoîtore. Ces deux écrivains reproduisirent dans leur correspondance l'affeetation, le pédantisme et le goiU du bel esprit qui régnaient dans les cercles et les conversations du temps. Personne parmi leurs contemporains ne comprit qu'il était ridicule de faire d'une lettre un morceau de style. Jusque-la, la société avait été étrangère à ce plaisir délicat qui natt de Téchadge de sentiments et de pensées entretenu par une correspondance épistolaire. Au seizième siècle, où les communications devenaient souvent difficiles au milieu du désordre des guerres civiles, où d'ailleiin la no-
Digilizea by CoOglc
.ÉM8T0f«AlMS FRAHCE. . lAPISfOLAlÎK 49S
Mené D*avait pas encore secotté l*îçiio« ranœ des temps barbares , on ne s*écri*
vnit que rarement, et on le faisait par devoir ou par nécessité, en termes d'ordinaire assez laconiques; rarement on y cherchait un plaisir. Avant le seizième siècle, les lettres étaient encore plus rares. Une lettre arrivant dans le castel solitaire, dont les habitants vivaient comme si le monde eût fini aux limites de leur domaine, était un événement dans cettp vie étroite, grossière et monotone du moyen Age. Quand on sentit enfin te prix de ces communications, par lesquelles les plaisirs de la société se redoublent en quelque sorte, on S'y livra avec un charme extrême; on y attacha même dans le premier moment une imporlnnre qui dégénéra en recherche et en affectation. Ces conversations engagées la plume à la main entre gens d'çsprit parurent quelque cbose de si agréable et de si piquant, que la manie s'en mêla, et qu'on y mit trop d'esprit ; le goût d'ailleurs n'était pas formé alors, et Ton ne savait pas bien encore en quoi consistaient la véritable délicatesse, la finesse juste, le solide enjouement. De là, l'universelle admiration qui accueillit les lettres de Voiture et de Balzac, et les applaudissements prodigués par l'hôtel de Rambouillet aux tirades oratoires, aux antithèses compassées de l'un , aux pointes raffinées, aux prétentieuses plaisanteries de l'autre.
A mesure que la société s'éclaira et se polit, le naturel reprit ses droits. Les lettres cessèrent d'être d'ambitieuses compositions, et se distinguèrent nettement des écrits faits pour briguer le suffrage public. C'est surtout par les femmes que s'accomplit ce perfectionnenient du genre épistolaire. Les femmes, comme on l'a remar(|né, sont peut-être, par ta vivacité de leurs sentiments, par la mobilité de leur Imagination, par la délicatesse de leur esprit, plus propres que les hommes à ces entretiens, ou la plume doit courir avec une légèreté aimable en peignant vite et sous des couleurs saisissantes mille objets divers. Les hommes portèrent toujours malgré eux dans les lettres les
{(raves préoccupations de leur esprit et ear sévère besoin de logique. Parmi ces
Umm» qui créaient ainsi sa'ns effort et sans calcul un nouveau genre d'éloquence, on sait quelle fut In inieii\ inspirée et la plus célèbre. Madame de Sévigné réunit, dans ses lettres, a un degré où personne autre n'atteignit, les grâces de l'esprit, la vivacité de l'imagination, l'amabilité de renjonement, la solidité de la raison, le charme du sentiment, la souplesse et la variété du langage. Son talent se composa d'un assemblage si rare des qualités les plus précieuses, que ces lettres, qu'elle écrivait pour les objets de ses affections, et qui semblaient ne devoir être conser* vées que conune un trésor de famille, sont devenues l'héritage de ia postérité, et ont aujourd'hui leur pla6e parmi les plus illustres monuments littéraires denotre nation.
Les principaux corresj^ondants de madame de Sevigné appartiennent à l'élite de la société dn temps : ce sont les fenmies les plus célèbres à la cour par les agrémeuts de leur esprit; ce sont des hommes de lettres savants, ingénieux et polis , des seigneurs aussi aimables qu'illustres; enfin, les plus éclatantes et les plus gracieuses figures de ce temps se groupent autour de la sienne et lui font cortège. Cependant , l'admiration que m;i(lanie de Séviuné excite, n'hesite jamais entre elle et son entourage. Tant de rares mérites, placés à coté du sien, loin d'en affaiblir l'éclat , le rehaussent an contraire. Sa supériorité n'est pas douteuse , parce que le plaisir que ses lettres causent au lecteur est toujours sans mélange, et la sympathie qu'elle inspire est sans restriction, comme telle qui naît de la contemplation des choses parfaites. Mais ceux qui Tentourent, quelque séduction qu'ils exercent sur nous , sont loin de produire en nous une admiration aussi complète, rious nous auerccvons aisément de ce qui manque a chacun d'eux.
Quelles femmes que madame de Grignan, madame de la Fayette , madame de Coulanges ! que d'élégance, de distinction , de saillie , de raison on ad- * mire en elles! Mais on voudrait que madame de Grignan montrât autant de sensibilité qu'elle fait paraître de jugement et de flaABse. Mais madame de Goulanges est trop livrée à rétouiderie
4M ÉÊmmLàMm LnmiVEMB. é^tmLAIItk»
tumultueuse de 'sa TÎe de fttee M di plaisirs , «t son esprit si vif et si péilé* * trant glisse souvent plus qu'il n'observe, parce que son caractère est naturellement léger, et le devient plus encore par ses habitudes de dissipation. Ma* dame de la Fayette a le tort de s'abandonner à un ennui qui ia rend trop laconique dans ses lettres, à une lassitude paresseuse qui rend ses lettres trop r8> res. A côté de ces femmes se présentent les plus charmants causeurs , l'ingénieux Gorbiuellt, le jovial Coulanges* le spirituel et caustique Bosi^. Chacun d*eux Yient contribuer aussi a nos plaisirs. Mais Corbinelli est quelquefois pédant avec ses allusions , ses citations et ses distinctious subtiles ; mais, ches Coulanges , la gaieté de caractère , la facilité d humeur nuisent quelquefois à l'élégance du ton , à la distinction du style ; mais Bussy parait trop content des jolies eboees quil éerit : le moi règne trop souvent dans ses lettres , et sofj langage n'est pas exempt d'une roideiir dédaigneuse et froide. Ainsi, chacun dans ce monde choisi a son côté fâible. Il n'a été donné qu'à madame de Sévigné d'être sérieuse sans sécheresse, légère sans folle étourderie , enjouée sans frivolité, sensible et tendre sant fadeur , ingénieuse sans recherche, profonde sans pédantisme, éloquente sans calcul. Cette femme unique possédait les qualités les pins rares sans avoir iM défauts de ces qualités.
Une autre femme du même temps, madame de M aintenon , nous a laissé aussi on reoueil éê lectref junement célèbre. Mais quoiqu'elle eût aussi du génie, madame de Maintenon n'entre , point avec madame de Sévigné en concurrence de gloire. Elle nous fait admirer, dans sa correspondance, la hauteur de sa raison , la profondeur de son expérience , la sagesse calme de son caractère, la sagacité pénétrante de son esprit ; mais eRe est trop eonstamment sérieuse , elle manque trop d'enjouement dans ses pensées , de légèreté et de couleur dans son langage , pour exciter un intérêt vif et soutenu. ERe répète sans cesse de tristes confidences, qui sont sans doute un haut enseignement philosophique et qui offrent un proM M^ct dt iBédilaiioo , tt^ qui
pMdhtsMt Mir le lecteur nné impression de monotonie et de fatigue. Elle se plaint à tout instnut des ennuis attachés au rang qu'elle occupe; elle gémit sans contrainte de la géne à laquelle la soumettent les usages rigoureux de la cour, les lois étroites de l'étiquette, elle va jusqu'à regretter une élévation si chèrement payée par la captivité à hiquene ses honneurs la condamnent.
Aussi, si l'on admire ses lettres pouf leur grave simplicité, leur bon sens viril et calme , on les lit sans être charmé, entraîné, amusé, comme dans celles de madame de Sévigné. II faut de la variété dans les lettres; il y faut aussi un peu de frivolité , surtout quand c*est une femme qui tient la plume.
De nombreux recueils épistolaires nous ont été transmis par le dix-huitième siècle. Dans cet âge , comme dans le précédent, le talent épistolaire fut en grand honneur : les lettres continuèrent à jouer un rôle important parmi les plaisirs qui naissent des rapports du monde élégant. Une lettre ingénieuse , d*un tour délicat , semée de traits originaux, ou terminée par un compliment piquant, était, comme au dixse]^tième siècle, communiquée aux amis, puis aux connaissances, passait de main en main , et devenait un événement de salon. I! y en eut beaucoup alors qui sont marquées au coin du bon goût et du véritable esprit, étincelantes de verve et de gaieté ; mais cette naïveté, cet abandon gui prêtent tant de charme à la causerie, furent plus rares alors qu'au dix-septième siècle. On visa presque constamment à l'esprit dans les lettres , comme on le faisait dans les cercles. Les émotions du cœur y furent adroitement contrefaites , mais rarement exprimées avec un accent sincère et toudiant. Ces traits de sensibilité qui échappent à la plume de madame de Sévigné, et de plusieurs de ses contemporains, disparurent presque généralement pour faire place aux épigrammes galantes, au persiflage élégant et caustique. Enfin, on prit exemple du grand homme qui régnait sur cette société aussi bien par ses lettres que par ses ouvrages, île ce Voltaire dont la vaste correspondance est pour nous une lecture si variée , si vive , si divertissante, sans que
tout le sel et toute la grâce que nous y admirons noos empécnent d7 sentir m
sécheresse du cœur et l'absence d'émotions affectueuses. Pour retrouver dans le genre épistolaire cette sensibilité qui en est on des plus grands charmes , il fiiot attendre jusqu'à l'époque où Rousseau malheureux exhale ses plaintes et répand ses douleurs dans le sein de l'a» mitié. Encore la sensibilité do philosophe est-elle trop souicnt la sosceptiMlité de l'orgueil , et ses accents passionnés trahissent -ils trop fréquemment l'é^oïsnie. Son disciple , Bernardin de Saint-Pierre , eut dans ses lettres une sensibilité plus vraie, parce qu'elle était plus désintéressée, parce qu'elle portait sur les plus innocentes et les plus pures affections. Quoi de phis touchant que cette lettre errite quelques jours après la bataille d'Kylau , où il suppose que si Napoléon eât été témoin du Donneur dont il jouissait auprès de sa femme, dans sa terre d'Éragny, il n'eût point entrepris sa campagne contre les Russes.
Dans notre siècle, dans nos imeors nouvelles, le commerce épistolaire est (iHypInisfr plus intime, plus familier, plus env ironné de discrétion et de mystère qu'autrefois. Les lettres , aujour-.
d*kui , servent aux besoins du cœur ou aux communicntions d'Intérêt et d'affaires. L'usage d'écrire des lettres destinées à une publicité de salon, à une sorte de succès littéraire , a complètement disparu. La société nouvelle est trop israve, trop préoccupée d'intertHs positifs, pour rechercher de semblables distraetions : ces coteries oà l'on donnait tant d'importance ntix elioses d'esprit, où l'on s'extasiait sur une epître ingénieuse , ont fait place aux coteries polftiqoes. Aujourd'hui, s'tlse trouvait quelque part une nouvelle Sévii:né, ses lettres feraient les délices de ses amis, mais resteraient très-probablement enfouies dans les archives d'une faniiUe et seraient perdues pour la postérité, parce qu'il n'y a aujourd'hui que la renommée conquise par les actions ou les écrits pubncs qui puisse â|^erl'at* tention de la foule sur les mystères de la vie privée. Ainsi nous ne léiruprons, sans doute, à l'avenir, d'autres recueils épistolaires que ceux des hommes qui
auront pris parmi nous un rang éminont dans la littérature, les seienees on
la politique. Espérons que nos richesses en ce genre ne seront pas trop inférieures à celles des âges précédents. .
Déjà notre époque possède un monu- j ment précieux et durable de talent épis- / tolaire . c'est le Recueil de Victor Jac- f quemont , cet intrépide savant , ce gai voyageur, cet observateur profond , cet aimaole ami , qui a réuni dans ses let* très à la sensinilité la plus tourhnnîe une originalité et un esprit dignes de Sterne et de Voltaire.
ÉptTBSS FARCIES. On appelait ainsi fin {lenre particulier d'épîtres chantées dans les églises . et fort en vogue au moyen âge. Suivant Roquefort, le nom de ces épttres vient do mot latin farn'j'r, remplir , entremêler , parce qu'elles étaient entremêlées de grec, de latin, et de frani^ais.
Dans une charte dX)don de Sully, évéque de Paris , charte datée de Tan 1 198 , et relative à la célébration de la féte des fous , il est dit : Missa similiter eum cseteris korU onBnate etfebrahHutr Ob aliquo prxeSeionim, hoc adffifo , qnod epistola cum farcia dicetur a duobus clericis in cappis sericeis. Le sous-diacre , accompagné de deux clercs en chappe de soie ronge, montait au lieu où se disait ordinairement l'épître au jubé ; il la chantait en latin, et, à chaque verset, les deux clercs en récitaient au peuple la traduction française sur un morfe particulier. I^s Kijnc , qui se chantaient à la messe, étaient également farcis ; mais la farce était ordinairement en latin. Ceux dont la farce était en français étaient fort rares ; tel était cependant le suivant, qui se chantait encore , au commencement du dix - huitième siècle, dans le diocèse d'Anxerre : Kyrie, le jour de NoCl, naquit Emmanuel, JcsttstedoliX Jils Dieu étemelj Eleison.
ÉPOTSSBft , ancienne baronnie de Rourgogne , aujourd'hui du département de la Côte-d'Or, érigée en marquisat en 1613.
tiponniE. Toy. SABmtm. -
Épop^. Quoique Fénelon ait fait le Télémaqiie, Voltaire la flenriade, et M. de Cnâteaubriand les Martyrs genre n'est représenté dans noife W'
4M BMinte vm
térature par aucun chef - d'Oeuvre, et m^ne, à proprement parier ^ nous n'avons pas d'épopée.
L'épopée est uo récit : ce récit doit rouler sur des érénements importants et mémorables ; il doit être revêtu de la forme du vers, indispens;ii)le pour exciter et entretenir l'illusion ; il doit être mêlé de merveilleux, c'est-à-dire, présenter des peintures sumatorelles au milieu de la vie réelle.
Le merveilleux , pour produire une forte impression sur les esprits , a besoin d*étre emprunté à la religion, et aux crovnncps (hh pays pour lequel le poëte compose ses chants. S'if n'est qu'une fantaisie personnelle du poète, s'il n'est qu'une ingénieuse allégorie éelose de son cerveau , il pourra tout au plus amuser un instant les lecteurs, il ne s'emparera point de itur âme, il ne pourra ni les étonner, ni les remuer fortement, ni leur faire perdre terre, et les enlever , par la puissance de l'illusion , dans les hautes régions de l'entlioustasme poétique.
II faut ajouter que le merveilleux fourni au poète par une religion ne sera utile à l'épopée , et n'y |jroduira de grands effets, que si la religion à laquelle il est em[)nmlé jouit d'une autorité réelle sur les fîmes, et conserve un empire respecté. Dans une époque où les croyaneesreligieuses seraient en dissolution, ou le poëte partagerait l'indifférence et le scepticisme de tous ; où, s'il avait résisté à la. contagion de l'incrédulité , il se trouverait isolé , .«ans moyen d'action, et oonime perdu au milieu d'un monde froid et ironique ; dans une telle époque, le merveilleux, ' puisé aux sources religieuses, ne pourrait rien pour Tépopée, et ne fournirait au poëte qu'un inutile secours.
Ces principes sont aujourd'hui à peu
firès universeUemént admis. La critique es a tirés de Tobservatlon et de l'expérience. Si, comme nous n'en doutons pas, ils sont vrais, il est facile de voir en quoi les trois poèmes que nousavons cités s'éloignent ael'épopée.
D'abord ieTélémaque a le tort d'être écrit en prose ; et . si harmonieuse , si séduisante, si poétique que soit la prose de Fénelon, l'impression qu'elle produit n'égale pas, il s'en faut de beaucoup,
l'illusion des Tors. En outre, le tnerreil-
leux y est tiré des fables païennes , qui ne pouvaient plus fournir à un poëte du dix-septième siècle que des tableaux agréables , mais sans puissance et un peu banals, n'en déplaise à Boileau, dont l'opinion sur ce point est loin d'avoir forcé de loi. Au surplus leuelon, on le sait, ne se sert du merveilleux païen que comme d'un ornement accessoire : c'est un ingénieux vêtement dont il habille ses pensées morales , ses préceptes de vertu. Il y a déjà longtemps qu'on a dit que le Télémaque n'était qu'un roman moral, et cet avis est aujourd'hui celui de presque tous les juges compétents.
Ut Henr iade est écrite en beaux vers ; mais il y a deux grandes raisons pour qu'elle ne mérite pas le nom d'épopée : c'est qu'elle a pour auteur Voltaire, et qu'elle fut composée dans le dix -huitième siècle. Que! merveilleux Voltaire, ce grand apôtre d'irréligion et de philosopliie sceptique , pouvait - il mettre dans un poëme destiné à la société de In régence, et dont le sujet, d'ailleurs, appartenait à une époque historique trop récente pour se prêter aisément à l'introduction d'épisodes surnaturels? On voit dans ta Henriade une divinité païenne, la Discorde, voyager sans cesse de la terre aux enfers ; le Fanatisme , personnage allégorique, exciter la rage des ligueurs; saint fcouis descendre du ciel pour révéler à Henri IV les destinées glorieuses de ses descendants.Voilà toute la partie merveilleuse du poème, et ces banales apparitions , froidement racontées, ne peuvent effrayer, étonner, ni saisir personne. 11 eût été difficile à Voltaire d'éviter cette sécheresse, et de trouver des inventions plus frappantes et plus poétiques : mais cette difticulté ne parait pas l'avoir tourmenté beaucoup. U parait croire qu'avec quelques vices personnifiés, deux ou trois prodiges, et une descente aïK enfers, une épopée possède une dose suflisante de merveilleux. Il ne voit du reste nul inconvénient à glisser dans ses récits une foule de réflexions philosophiques qui nous prêchent indirectement l'horreur des préjugés, le libre usage de la raison et le déisme. Il ne s'aperçoit pas qu'il est difficile au lecleurdontrioiaginatioii
SMNrtbB FRANCE» IWOwéÊ 4»
est bien calmée par tant de leçons de
sagesse et de bon sens, de voir dans la
Discorde antre chose qu'uneabst raction.
Il ne voit pas qu'il est peu vraiseaiblable que « le dieti do bonse et dubrachniane envoie saint Louis pour convertir
llfMiri IV au milieu d'un assaut (*). »
M. de Châteaubriand était animé sans doute d'une foi sincère en composant les iUariyrt, Mais son siècle n'était catholique que par une sensibilité rêveuse, qui donnait au passe de poétiques relii ets, et en contemplait avec vénération les iuonuments. Les contemporains de l'auteur des ^fartyrs admiraient les sublimes beautés de l'architecture gothique , les touchantes ou splendides cérémonies du culte, mais croyaient peu au dogme catholique^ et le pratiquaient encore moins. Par là, de Chateaubriand était place dans une fausse position. Gomme il faut toujours quSin poète se conforme à l'état des esprits
1)0ur lesquels il chante, M. de Chàteau- >riand s est servi des traditions religieuses, dans son épopée, plutôt en artiste, en rêveur sentimental, en amateur in?i;énieux et passionné, qu'en poète clirétien. C'est un catholicisme romanesque, bien qu'orthodoxe, que celui des Marlyrs, Il en résulte que le mei v illeux s'y présente sous un aspect plus brillant que sérieux , plus pittoresque qu'imposant.' D'ailleurs, ce qui fait que M. de Chflteaubriand a beaucoup de peine à nous arracher de terre , et à nous transporter dans les régions divines qu'il ouvre devant nous , c'est que son poëme est écrit en prose. Comment décrire en prose, avec quelque puissance d'illusion , les magnilicences du paradis, les joies des élus , et les profondeurs mystérieuses du Verbe? C'est pourtant ce qu'a osé M. de Châteauiiriand dans un de seschants, qui est le plus faible de tous.
C'est donc une vérité, malheureuse* ment trop évidente , que la France n'a point créé d épopée , et que ce (leuron manque à sa rîcne couronne littéraire; et cependant ce n'est pas par négligence, ni faute (je s'être essayés, que les Français se voient, dans ce genre, inférieurs a leurs voihius. Jamais peut-être on n'a
P TiUeniamy Goon de litténtare.
fiait plus d'épopées, ou, du moios, d'ouvrages portant ce nom , (^ue dans ootra
pays. Le dix-septième siècle en vit paraître une quantité innombra|>le dont il ne resterait pas le moindre souvenir, si Boileau n'avait fait subsister^ par rimraortalité du ridicule, le Moïse de Saint- Amant, VÀlaric de Scudéry , le CloDh de Desmarets, et la fameuse Pucelle àc^ Chapelain. Aujourd'hui même, après tant d'infructueuses tentatives, tant de déplorables avortements , on voit encore se produire de nouveaux essais : M. Lamartine publie par fragments une épopée A«/?ïm«/7rt/Ve, et notis avons vu paraître , dans !'anne'"e qui vient de s'eiouler, un vaste poème de M. Alexandre Soumet , sous 4e titre ambitieux de Divine ('popre , auquel on a substitué, par une parodie assez plaisante, celui de Divine ripopée.
Mais, s'il est hors de doute que tous nos efforts dans l'épopée ont été malheureux, que faiit-il penser d'une opinion souvent exprinkée qui déclare ce genre impossible en France, et d'après laquelle, en aucun temps, l'épopée n aurait pu s'implanter et fleurir parmi nous. Les Français, a-t-on dit, n'ont pas la téte épique. On peut malheureusement alléguer, en faveur de cette opinion, des raisons très-plausibles. 3Sous n'hésitons pas a Tadopter pour notre compte, et nous pensons même que, si dans l'époque la plus brillante de notre littérature, lorsque tant de chefs-d'ftuvre paraissaient a la fois, un des hommes de génie qui dotaient alors la France de créations immortelles , se fût applique à l'épopée en choisissant le plus intéressant, le plus riciie , le plus épique sujet, tel que la vie de Jeanne d'Arc, où tout autre grand sujet tirédu moyen âge, il eût rencontré les plus grandes difficultés dans l'exécution d'une telle œuvre, et qu'il n'eût pas pu, maigre tous les efforts d'un génie fécond , la mener à fin heureusement. Ces difficultés eussent tenu principalement a l'emploi du merveilleux.On a eu raison, assurément, d'a|)peler le dix-septième siècle le siècle de la religion : sans doute le catholicisme, et toutes les traditions pieuses quil consacre, jouissaient alors sur les âmes d'un empire incontesté. Hais oe qu'on respecfiiit dans les enseigne»
«Mnts 0t lei imliques do coH» , oe qui
frappait dans la chaire chrétienne , Teut-on respecté, l'eût-on accepté avec une vive disposîtiou à Tillusion et à reothousiasim, en le retroavant dans une .composition littéraire, dans un
Koëme ? L'esprit français a été, à toutes is époques , et surtout depuis le seilîème siècle, où il se modraa par l'influence de la civilisation, malin et railleur de sa nature , enclin à une sorte d'indocilité moqueuse et défiante , .prompt à saisir les plus légers symptômes de lidicutes. Ces penchants étaient , au dix - septième siècle , des tr;iits distinctifs du cnrartère national, nkili^ré l olMÎissance avec laquelle on se courbait encore alors sous le joug de la foi religieuse. T-e merveilleux chrétien, mis en œuvre par un homme tel que Eucine, dans une composition telle que le récit des exploits -dè Jeanne d'Arc, cût-il pu triompher de cet esprit de critique pour lequel le surnaturel est si aisément ridicute, invraisemblable ou bizarre? Noos ne le croyons pas. Peutêtre avons-nous en France trop de bon sens pour être aisément dupes de la iiction épique. £n outre, à cet instinct de seeptioisme qui s'exer^it dans la littérature avant de sMntroduire dans le domaine des croyances et de passer dans les mœurs, le Français joint une grande légèreté , une KunMor impatiente , qui ne lui permet «pas de tenir sort attention longtemps fixée sur le même sujet. Le poème épique, avec ses lirands développements , ses nombreux épisodes , son exposition lente et souvent interrompue par les détails poétiques , n'est pas propre à satisfaire ce besoin d'activité et de changement , eette impatience d'arriver vite au fait.
Au moyen âge , le poète épique edt trouvé des âmes mieux disposées à s'émouvoir de ses accents, et à subir les fescinations de son génie. €*étajt le ten)|)s où Ton passait de longues heures à écouter le trouvère errant ; c'était le temps où les légendaires et les couleurs ^ient crus sur parole, où le mepvei lieux était un b«om pour les imaginations sans cesse occupées à se créer mille chimères supertitieuses ou mysti- ^fues. Mais dans ce monde si bien prépsé pour bii , !• poète épique ne vint
pas : la langue était trop rude , Im mœurs étaient trop grossières , la nation était trop barbare encore pour qu'un poëte put naître parmi nous ; et notre moyen â^e n*eul d*aotre épopée qae Isa romans de chevalerie , tandis que l'Italie, plus avancée dans les arts, avait son Homère dans le Dante.
Est-ce dans Tavenir qu*il est réservé à notre nation de cueillir cette palme qui lui a été refusée jusqu'ici ? Nous aimons à le croire ; mais , assurément, il faudra nous résigner à attendre quelque temps, car, dans une époque comme celle-ci , où l'on ne se passionne plus pour rien , pas nif'mp pour le doute, dans une société d'uu les intérêts positift ont exilé toute poésie , la muse épique ne peut trouver que le plus froid nrciieil, et ses chants sout condamnés à mourir sans écho.
ÉPOBBDO-Rix O, jeune Gaulois qui joua un rôle assez importnnt dans les guerres de César. Il appartenait à la plus vieille noblesse éduenne. Le prooonsnl romain l'avait pris en grande faveur, et lui avait fait confier , ainsi qu'à Virdumar, le commandement de la cavalerie de son nays (ô2 av. J . C). Un sentiment de Jalousie et d'opposition contre son jeyne collègue le ut agir en mauvais citoyen, lorsque Litavic de Cabillonum forma un complot contre las conquérants étrangers. Eporédo-Rîx fit prévenir César dans la nuit ménae qui précédait le jour fixé pour l'exécution, et lui révéla tout; mais à peine eut-il parlé, que le repentir rentra dans son âme ; dès lors il se réconeiKa avee Virdumar, et n'eut plus de repos que son crime envers sa patrie a eût été expié.
Le complot échoua cependant. Virdumar et Éporédô-Rix passèrent peu d« temps après , avec leur cavalerie, dans les rangs des patriotes que Litavic avait de nouveau soulevés , et s'emparèrent de Woviodunum. Éporédo-Rix , pensant que la place était d'une défense trop difficile, la brûla après avoir pillé les approvisionnements et nmsracre la gar^ msOD romaine. Cette défection des
(•) Ce nom est orlhog;rapliié ÉporéJtrix dans une inscription trouvée dans les fondements du château de Bourbou-LaDcy,et rapportée-par MtBm, Mùn, inéd;, t,l, p* i4o«
Éduens rendit plus énergiques les efrorts de la confédération , placée sous le commandement de i'Arverne Vercia- «fitorix, auquel Éporédo-Rix et son eolwm D'omisKiient toutefois qu*avec Tepugnance.
Peudunl la belle défense de Yercingétorix dans Alésia, Éporédo-Rix commanda eneeveaveo Virdumar les Éduens envoyés au secours de la place. On sait les désastres qui entraînèrent la chute de cettjÇ ville. L*histoire reproche mallieiireusement à Éporédo-Rix de n'avoir pas secondé les efforts opiniâtres de son collè.^ue Vergasillaun pour sauver Verciugétorix et la Gaule. Il fit ensuite sa soumissioa à Cémt comnie tous les chefs éduens (51 av. J. C)
Épqtius Pagus, ancien pays du Gapençais, dont le dief-lieu eièit UpaUx, auj.'daB8 le dép. des Hautes-Alpes.
Epousailles. Voyez MariactE.
ÉjpfiEUVES JUDiciAiBEs. — C'est le nom que Ton a donné aux iormalités légales employées, pendant le moyen âge , pour s'assurer de la fausseté ou de la vérité d'une accusation- Il y avait trois espèces d'épreuves : c'étaient le lennenl, le duel, d enfin VordalU, ou épreuve par les éléoients.
L'épreuve par serment, qu'on nommait aussi purgaLion canonique y se fotsait de plusieurs manières. L*aocusé auquel elle était imposée, et qui recevait alors le nom àejurator ou sacramentalis ^ prenait une poignée d'épis et les jetait en l'air en attestant le ciel de son innocence. Quelquefois , une lance à la main, il déclarait qu'il était prêt à soutenir par le fer ce qu'il aflirmait par senutat. Mais l'usage le plus ordinaire était de jurer sur un tombeau, sur des reliques, sur les autels et surtout sur les Évangiles. (V. Serment. )
Si , aurès le serment , l'accusateur persistait dans son dira, on oidoonail le combat judiciaire. (Yogres GOXBAI 4,iJDiciAiiiE et Duel. )
V ordalie, du mot saxon ordal^ eu aUmnand wHM, ae signifiait originairement qu*ui» jugement en général ; mais les épreuves étant regardées comme les jugements par excellence , on reviploya pour les désigner , (pielle que fito leur nature. Ce ne tut que plus tard qp'ii servit, è daigner ei»iusiveinent
les épreuves par les éléments et celles dont usait le peuple. Il y avait deux principales espèces d'ordalie : i'ordaiie par le feu «t rordalie par Peau.
L'épreuve par le feu se faisait de différentes manières; la première, qui était surtout réservée aux nobles , aux prêtres et aux autres personnes libres qu'on dispen^it du combat , était Tépreuve du fer chaud. On la fusait au moyen d'une barre de fer bénite, pesant environ trois livres, et que l'on gardait précieusement dans une église privilégiée, à laquelle on payait, pour faire l'épreuve, un droit fixe par 1 usage.
Quand l'épreuve était ordonnée, l'accasé, après avoir jeûné trois jours au pain et a l'eau, entendait la messe, communiait, et jurait de nouveau qu'il était innocent. Il était ensuite conduit à l'endfoit de Péglise destiné à l*épreuve; là, on l'aspergeait d'eau bénite, quelquefois on lui en faisait boire ; puis il prenait le fer, ^u'on avait fait chauffer plus ou moins , suivant la gravité du crime ; il le soulevait deux OU trois fois, et le portait pins ou moins loin, suivant le. prononce de la sentence.
PeDdtnt tout le temps que dorait répreuve, les prêtres récitaient des (irières particulières. On mettait ensuite la main du patient dans un sac que l'on fermait «actement, et sur lequel le Juge et la partie adverse apposaient leurs sceaux pour les lever trois jours après. Au bout de ce délai , si l'on n'apercevait aucune trace de brûlure, l'accusé était absous.
On faisait encore l'épreuve du feu, soit en mettant la main dans un gantelet de fer rouge, soit en marcliaut pieds DUS sur des barres de 1er , quelquefois au nombre de douze, mais le plus souverkt au nombre de ne«if , soit en portant du feu dans ses habits ou en passant au travers d^un bûcher aUumé. La plus célèbre épreuve de ce genre est celle que subit, à Antioche, en 1099 , le prêtre Bartiieiemy , pour soutenir l'authesticité de la sainte lance , ceite relique qui, disait 'il, lui avait été découverte par une révélation miraculeuse. ( Voyez Antioche. ) il passa entre deux bochers alluméa , et mourut trois jours après , bien çu'il eût d^ldMkid paru, n'avoir satstati auoaa
4U EPREUVM JUDICIAIRES L'UiaVERS. EPREUVES JUDICiAlRES
mal. Les livres étaient quelquefois euxmêmes soumis à l'épreuve du feu. On les Jetait au milieu des flammes, et fou jugeait, d'après Fétat dans lequel oa les ( Il retirait, 8*il8 étaient orthodoxes
ou non.
L'ordalie par l'eau se faisait de deux manières : par Teau bouillante et par
IVau'froide. L^épreuve par Peau bouiU Linte était accompagnée des mêmes cérémonies que répreuve du fer chaud ; . elle consistait à plonger la maiR dans une cuve pour y prendre un anneau (jiii y était suspendu à une profondeur plus ou moins grande. On trouve dans Grégoire de Tours le récit d'une épreuve sertiblable : « Deux prêtres, dit l(! clironiqueur, l'un arien et l'autre catholique, disputaient sur leurs croyances; le dernier dit endn à l'autre : «A « quoi bon ces longs discours? prouvons « la vérité de nos paroles par des faits. « Qu'on fasse chauffer un vase d'airain, « qu'on y Jette un anneau ; celui de nous « deux qui le retirera dereaubouillaota « aura gagné, et son adversaire secon- « vertira à sa croyance, qui sera recon- « nue véritable. " On tombe d'accord, et rassemblée est remise au lendemain.
Mais la nuit porte conseil : le catholique se levé avec l'aurore, se frotte le brus d'huile et le couvre d'un onguent.
« 'Vers la troisième heure, on se rassemble sur la place, le peuple accourt, le feu s'allume, on place dessus le vase d'airain, on jette un anneau dans l'eau bouillante. Le diacre in?ite l'hérétique ^ à retirer l'anneau du liquide brûlant, mais celui-ci refuse : « Tu as fait la « proposition , dit-il , c'est à toi de l'exé- « Guter. » Le diacre, tremblant, décou* vr» alors le bras; mais son adversaire voit les précautions qu'il n prises, et s'écrie : « C'est user de supercherie, l'é- « preuve ne peut se faire.» Par hasard il survient un prêtre de Ravenne, du Rom de Jacinthe ; il s'informe de la cause de tout ce bruit, et, sans hésiter, il découvre son bras et le plonge. Or l'anneau était petit et léger, et l'eati Tem* portait comme fait le vent d'une paille. Longteuïps et à diverses reprises il chercha, et ne trouva qu'au bout d'une heure. Cependant, la chaleur du foyer redoublant, il ne ressentit rien dans sa chair, et déclara, au contraire, que le
vase était froid au fond , que seulement la surface était d'une chaleur tenq)eree. Voyant cela, l'hérétique, tout confus, plongea audacieusement la main dans le vase, et dit : « Ma foi m'en fera faire autant, i» Il plongea en effet, mais sa chair tout entière fut brûlée jusqu'aux jointures des os. »
La loi salique, en admettant l'épreuve par l'eau bouillante, permettait du moins à l'accusé de racheter sa main à la partie adverse et de se donner un remplaçant. C'est ce que fit la reine Teutberge, belle-fille de l'empereur Lotbaire, laquelle était accusée d'avoir commis un inceste avec son frère, moine et sous-diacre. Elle nomma un champion, qui se soumit pour elle à l'épreuve de l'eau bouillante, et prit l'anneau bénit sans se brûler.
Du reste, il n'est pas besoin de recourir aux miracles, comme l'ont fut quelques auteurs modernes, pour explic|uer comment les patients sortaient victo« rieux de ces terribles épreuves. Sans parler des nombreuses supercheries auxquelles on avait recours , « qui ne voit, dit Montesquieu, que chez un peuple exercé à manier des armes, la peau rude cl calleuse ne devait pas recevoir assez l'impression du fer chaud ou de l'eau bouillante, pour qu'il y parût plusieurs jours après ? Et s'il y paraissait, c'était une innrqne que celui qui faisait l'épreuve était un eftéminé. Nos paysans, avec leurs mains calleuses, manient le fer chaud comme ils veulent; et quant aux femmes, les mains de celles qui travaillaient pouvaient ré- ' sister au fer cliaud. Les dames ne mangualent pas de champions pour les dé- Kodre; et dans une nation où il n'y avait point de luxe, il n'y avait guère d'état moyen. » •
L'épreuve par l'ean froide, qui était spécialement destinée aux classes inférieures , consistait à jeter le patient dans l'eau froide, après lui avoir lié la . main droite avec le pied gauche, et la main gauche avec le pied droit, et avoir prononcé sur lui quelques oraisons.
S'il surnageait, il était déclaré criminel ; s'il enfonçait , son innocence était reconnue. Cette épreuve était naturellement très-favorable à l'nccusé, parce qu'un homme, ainsi garrotté, devait.'
KPREVVKS JrDIClAlIRS FRANCK. EPREUVES jrDiCIAIRES 4B3
nécessairement enfoncer. Cependant, suivant quelques auteurs, dans certaines localités, e*eUiit au contraire la sentence de culpabilité qui était pronoiirée lorsque le patient allait au fond de l'eau. « Une femme, dit Grégoire de Tours , est accusée d*ado1tère par son mari; elle nie longtemps le fait devant le juge, et comme on ne peut la convaincre par son aveu , l'ordre est donné de la plon-
!;er dans l'eau. Le peuple accourt; on a mène sur le pont de la Saône, on lui attache , avec, une corde, une pierre au cou , on la précipite, et le mari raccompagne de ces injures ; « Va te laver • dans les eaux protondes des souillures <i et des débauches dont tu as sali ma '< couche. » Mais le Seigneur, qui, dans sa bonté , ne laisse ^s souffrir les innocents, permit guMI se trouvât sous les eaux une pointe qui accrocha la corde, soutint la femme, et l'empêcha de descendre an fond du fleuve. »
Un ancien règlement du monastère d'Utique décrit ainsi les apprêts de cette épreuve : « Le bassin aura douze
I lieds de profondeur, vingt pieds de argeur dans tous les sens , et on le remplira d'eau jusqu'au bord. On placera sur le tiers de cette fosse de torts bâtons et une forte charpente, pour porter le prêtre, les juges qui l'assisteront, l'homme qui doit entrer dans l'eau , et les deux ou trois autres qui doivent l'y faire descendre. »
Ainsi que nous l'avons dit, l'épreuve de l'eau iroide n'était en nsn^p que pour le petit peuple, et si l'on tenait en général pour coupable celui qui surnageait, cela venait de la croyance où l'on était que l'eau, que l'on avait eu la précaution de bénir auparavant, devait nécessairement refuser de recevoir un coupable. Cette épreuve, dont Louis le Débonnnirc avait interdit l'usage en 829, reparut dans le moyen ;lge, et elle fut même employée en li>90 et en 1617, quoique le parlement de Paris l'eût défendue par un arrêt du 1" décembre 1001. VA\v. était, à cette époque, spécialement destinée a ceux qu'on faisait passer pour sorciers.
Après les épreuves par l'eau bouillante et par l'eau froide, venaient celles de la croix, de l'eucharistie, du pain et du fromage.
T. Tii. sa* UoraUfm, (Digt. bnci
Dans l'épreuve de la croix, les deux
fmrties se tenaient devant une croix, es bras élevés, et la cause était perdue par celle qui, de lassitude, laissait la première tomber ses bras. 11 est plusieurs fois (}uestion de cette épreuve dans tes Gapitulaires. « Si Taccusateur, « y est-il dit, veut soutenir qu'il y a n parjure, qu'ils se tiennent près dé la
« croix Tu m'as enlevé, dira-t-il, ce
« que tu dois me rendre. Je ne Tai pas « pris, répondra le prévenu, et je n'ai rien h rendre. Ki si la dette est ré- « clamée une seconde fois : Eh bien ! « poursuivra-t'il, élevons nos mains « pour le juste jugement de Dieu. Et « tous deux alors lèvent leurs mains » droites au ciel. » Lothaire 1" défendit cette épreuve. « Il a été déclaré, di^ il dans un Gapitulaii;p, que personne n'oserait faire une épreuve par la croix, de peur de faire mépriser la passion du Christ. »
L'épreuve de reucbaristie se faisait
en recevant la communion, après avoir juré que l'on était innocent du crime dont on était accusé.
Celle du pain et du fromage consistait à donner à ceux qui étaient accusés de vol , un morceau de pain d'orge et un morceau de fromage de brebis, Kur lesquels on avait dit la messe : lorsque les accusés ne pouvaient avaler ce morceau , ils étaient réputés coupables.
C'est de cette dernière épreuve que dérive la façon de parler proverbiale :
Que cette bouchée m'éfrangle, si
Le jertne servait aussi d'épreuve judiciaire, et cette épreuve était assez rigoureuse. « Si quelqu'un a été pris « pour vol, dit un règlement du monas- « tere dé|à cité, et qu'il îîie le fait, il « se rendra le mardi soir à I église, eu «habits de laine et nu-i)ie(is, et là il « demeurera jusqu'au samedi sous une « garde légale. Il observera un Jeûne « de trots jours, ne se nourrissant que « de pain azyme, fait d*orge pur, d*eau, « de sel et de cresson d'eau. La me- « sure (l'orge , pour chaque jour , sera « telle qu on puisse la prendre en joi- « gnant les deux mains ; du cresson, il « y en aura une poignée, et du sel au- « tant qu'il en faudra pour ces aii- « ments. »
Une épreuve d'un genre asaes siaga-
CbOP., XTG.) 28
4U EQUIPAGE L'UMVËRS. EUARB
lier était en usage dans le village de
MandeurCf près de Wontbi liard. Lorsqu'un vol avait été commis , tous les habitants étaient sommés de comparnitre* le dimanche, après les vêpres, au lieu du jugement. Un des maires ordonnait au voleur de restituer l'ohjet volé, et d'éviter, pour six mois, (e contact des lionn^tes gens. Si le coupable ne se montrait pas , on en venait à ce
Ïi'oti appelait la de^cision du b.lton.
es deux maires tenaient un bâton assez haut pour qu'un homme pût passer 'dessous, et ordonnaient à tous les habitants d'y passer. Il n'v avait pas d'exemple que le coupable iVût osé; il restait seul, et se trouvait découvert. S il eiit eu l'audace de passer sous le bâton , et que plus tard il eût été reconnu t oupable, toute communicition aurait été rompue avec lui pour toujours, et il aurait été banni à jamais de la société des houmies.
Les esprits éclairés ont de tout temps attaqué l'usaj4e des épreuves. Dès le commencement du neuvième siècle, Âgobard, archevêque de Lyon, écrivait avec force contre " l:i détestable opinion de ceux ûui prétendaient que Dieu fait connaître sa volonté et son jugement par les épreuves de Peau et du feu, et autres semblables. » II se récrie vivement contre le nom de Jugement de DieUf qu'on osait donner à ces épreuves; a comme si Dieu , dit-il, les avait ordonnées, ou s'il devait se soumettre à nos préjuges et à nos sentiments particuliers pour nous révéler tout ce quMI nous plaît de savoir.» Ou.'itre conciles provincicinx assemblés en 829, par Louis le Débonnaire, et le quatrième concile général de Latran, les détendirent. Yves de Chartres iesattaqua de nouveau dans le onzième siee.le, et soutint quMles étaient condamnables et qu'on tentait Dieu toutes ..les. t'ois qu'on y avait recours.
Équipage (marine). Dans la marine, le mot équipage (lé>i!ine, en général, • l'ensembie des bonunes etiibarcjues pour y le service d*un bâtiment, et, a proprement parler, les diverses classes de matelots, novices et mousses, les artilleurs, les sous-olliciers, la maUtrame et les surnuméraires ; quant aux ofÉolers, ils forment ce Que Ton appelle
Vétat-niajor; mais cette distinction est
purement conventionnelle. La force numéric|ue des équipages, dans la marine de l'État, se règle sur le nombre et le calibre des bouches à feu composant Tartillerie du vaisseau. Autrefois, la proportion avait été fixée à 10 hommes par canon pour les vaisseaux et frégates. Elle est maintenant d'environ 9 pour les bâtiments des deux premiers rangs, de 8 pour les frégates du troisième rang, de 7 pour les cor\ cites à batterie couverte, et de 6 pour les grands bricks. Quant aux navires du eotninerœ, !a proportion a été fixée d'après le jaugeage, de manière que Ton compte a p u près 10 hommes pour 100 tonneaux, 15 pour 200, etc.
^'apoléo^ fut le premier qui entreprit de militariser la marine. (V. Marine.) Les bataillons de marins crées eu 1808, augmentés en 1811, s'ap^ielatent pn(/'"s de haut-bord ou équipages de JlottUle. Les Bourbons supprinièrent ces dénominations ; mais leurs vieux préjugés durent cétier encore sur ce pointa Tautoritt^ de !a raison et de l'expérience. En 1825 (ordounanre du 2 octobre), *on créa de nouveaux corps sembUbles à ceux de Tempire, et que Ton appela équipages de Ugne. Leur organisation fut ensuite successivement modiliée ou refondue par plusieurs ordonnances, le 28 mai 1829, le 1*' mars 1832 , et le 11 octobre 1836. Ces deux derfiières ordonuanct s ont même rompieteinent détruit les anciennes bases de 1 institution des équipages , en substituant des compagnies isolées et temporaires à des corps permanents.
ÉQUIPAGES (art mil.). Voy. Taain