‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 48 sur 97 · VERS. ESPAGNE · texte numérisé non relu

VERS. ESPAGNE

ticulièrement. Nous nous bornerons à dire que dans le traité qui termina la guerre et qui fut signé à Riswick , le 30 août 1697, les articles relatifs à l'Es* pagne stipulèrent en sa faveur la restitution par la France du comté de Chiney , des places de Luxembourg, Charleroi , Mons , Ath et Courtray , ainsi

aue de celles prises en Catalogne. Penant le même temps, en effet, la France n'avait cessé de faire la guerre dans cette province. Le 33 mai 1689, le dun de ISoailles s'empara de Canipredon. Le 11 juillet 1691 , il prit ia Seu d Urgel, place dont la possession ouvrait aux Français le chemin de TAragon. Le 10 août de la même année, le comte d'Estrées bombarda Barcelone, et Aiicante le 22. Le 9 juin 1693 , le duc de Noalltes se rendit maître de la place de Roses , que d'Estrées bloquait par mer. Le 27 mai l6î) { , il défit com-

Slétement les Espagnols sur les bords u Ter , et prit d'assaut, le 7 jufn , la petite ville de Palamos, que l'amiral Tourville avait battue du côtéde la mer. Le 25 , il fit capituler la forte place de Gironne, et marcha ensuite sur Hoatalrich, qu'il emnorta le 20 juillet. Enfin , il s'empara de Castelfollit le 8 septembre, et termina la campagne en for-

J^ant le duc d'Escalonne d'abandonner e siège d'Hostalrieb , que ce général avait voulu reprendre pendant l'éloignement des troupes françaises. En 1695 , le duc de Vendôme remplaça le maréchal de Noailles dans le commandement de l'armée de Catalogne, et délivra Palamos, que les Espagnols assiégeaient. L'année suivante, il ouvrit la campagne pai* l'investissement de Barcelone, de concert avec l'amiral d'Estrées , qui bloqua la place par mer , et battit le comte de Velasco, vice-roi de la province , qui voulut la secourir. Le siège fut très-meurtrier ; il y eut cinquante-deux jours de tranchée ouverte ; enfin, le 10 août, ia capitale de ia Catalogne se rendit, et ce grave événe»

ment accéléra la conclusion du traité de Riswick. Pendant la fin du règne de Louis XIV, la France resta en paix avec l'Espagne, à laquelle elle prêta un puissant secours quand un petit-fits du grand roi , devenu successeur de Charles II, jeut à soutenir une lutte achar*

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née pour se maintenir sur son trdne.

(Voy. SUCCB88I0N d'Espàons [guerre

de la].)

En!718,souslaminoritédeLouisXV, la guerre éclata de nouveau par suite.de la conspiration du prince de Cellamare.

Une année française, envoyée par le régent, et commandée par le maréchal de Berwièk, s'empara de Fontarabief de Saint-Sébastien et d'Urgel. Effrayé de succès si rapides, Philippe V se hâta de renvoyer son ministre Albéroni, cause de tout le mal, et d'accéder à la quadruple alliance naguère formée entre la France , TAutricbe, TAngleterre et la Hollande.

Sous la république, de 1793 à 1795, la France fut encore aux prises avec l'Espnfîne. Les Français, après avoir chassé les Espagnols qui avaient envahi le Roussillon , envahirent à leur tour la Cataloune. (Voir ce mot pour le détail des faits militaires. On y trouvera aussi l'exposé de ceux qui eurent la même 'province pour théâtre de 1807 à 1813, sous l'Empire.)

De décembre 1807 à février 1808, ISapoléon fit entrer trois corps de troupes en Espaçne. Le premier, fort de vingt-trois mille hommes et commandé par le général Dupont, s'avança sur • Valladolid ; le second , qui en comptait vingt-quatre mille sous les ordres du înarécnal Monce^, se divisa après avoir fran'hi la frontière : le gros fila sur Burgos, quelques bataillons restèrent en Biscaye, le reste se dirigea sur la Navarre; le troisième corps, de douze mille hommes, sous la conduite du général Duhesme, pénétra en Catalogne uar la Jonguera. Le prétexte de cette triple invasion était que les querelles du roi Charles IV et de son fiw aîné Ferdinand, prince des Asturies, pouvaient compromettre l'exécution du traité de Fontainebleau, traité stipulant le libre passage du territoire espagnol pour les rejiforts qui iraient grossir le corps expéditionnaire de Junot en Portugal.

L^empereur semblait donc prendre de simples garanties; en réalité, il convoitait le trône d'Espa2;ne, et voulait se mettre en mesure de profiter des dis»

cordes de la famille régnante. 11 crut bientôt en avoir et l'occasion et les moyens : d'une part, ses généraux s'introduisirent par surprise dans quatre

des principales forteresses do pays^

celles de Pampelune, Barcelone, San- Ander et Sainl-Sebastien ; de l'autre , les intrigues qui troublaient la courd'Aranjuez déterminèrent une crise, qu'il exploita avec une perfide habileté Le 18 niars 1808, Charles IV, à la suite d'émeutes qui vinrent gronder jusque sous les fenêtres de son palais, fut contraint de renvoyer son favori et premier ministre, le célèbre Godoï, prince de la Paix , que le peuple accusait avec raison d'être le seul auteur de tous les maux qui affligeaient le pays. C'était lui, en effet, qui, humblement soumis à toutes les volontés de JSapoléon, et nullement soucieux des véritaoles Intérêts de l'ISs* paj^ne,. avait maintenu à tout prix son alliance onéreuse avec la France; c'était lui encore oui , jaloux de conserver son ascendant despotique sur l'esprit dnroî et de la reine, avait éloigné constamment rhéritier présomptif de toute participation aux allaires, el qui, peut-être, aspirant au trône même, avait, Tannée précédente, par une lettre anonyme, dénonré à Charles IV une prétendue conspiration tramée contre lui par Ferdinand : d'où les ignobles démêlés du père et du fils. Godoi fut donc, par décret du 18 mars, dépouillé de tous ses commandements , de toutes ses dignités; mais cette disgrâce ne satisfit pas aux justes ressentiments de la multitude; les désordres recon)mencèrent; le nom de Ferdinand, victime de l'ambition du favori , était dans toutes les bouches, et le 20, Charles IV abdiqua la couronne en faveur du prince.

Vers cette époque. Murât entrait en Espagne pour y prendre le commandement en chef des troupes françaises. A la nouvelle de cesévâiements, il vola vers Madrid, et, par un courrier, informa son beau-frere de la révolution qui venait de s'accomplir. En attendant les instructions qu'il demandait, il eut soin de se tenir sur la réserve, et, dans ses rapports avec le nouveau roi, d'éluder également les qualifications et de prince et de majesté. A la réception des dépêches de Murât, Napoléon jugea nécessaire de se transporter sur les lieux, et partit pour Bayonne, où il arriva le 15 avril, cliemin raisant, il écrivit à Mural d'insinuer au prince des Asturies qua l'empereur des Français serait singuUè*

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rement flatté de le voir venir à sa rencootre , et qufi c'était un sdr moyen de se le rendre fiivorable. Ferdinand VII, à peine monté sur un trône chancelant et entouré de troupes françaises, sentit qu'il avait besoin de la bienveillance de Napoléon pour 8*y maintenir, et, quoique la plupart de ses conseillers intimes combattissent une telle démarche, il se détermina à entreprendre le voyage.

Lui et son frère don Carlos arrivèrent le 20 à Bayonne. Mais leur présence ne suffisait pas pour rexécution des desseins de l'empereur: il avait fait inviter le vieux rui et la reine mère à se rendre également près de lui. Charles IV et son épouse y avaient consenti sans peine.

Ils étaient le 30 à Bayonne, où Godoi les avait précédés de quelques jours.

Lorsque toute la famille fut réunie sur le territoire f^ançais, Napoléon s'arma contre Ferdinand de l'acte authentique par lequel le vieux monarque, avant de quitter Madrid, avait protesté que son dbdication du 20 mars était le résultat de la violence, et déclara qu'en conséquence il la regardait comme non avenue. D*aatre part , Charles IV, ▼ivement sollicité par les agents de Tempereur, auxquels se joiiinirent la reine et le prince de la Paix, se laissa persuader que les intérêts de la nation espagnole exigeaient qu'il déposât sa couronne entre les seules mains qui pourraient en conserver la splendeur. Il signa le 5 mai sa renonciation au trône en faveur de Napoléon ; Ferdinand sévit contraint de la ratifier, et Joseph, frère aîné de l'empereur, fut bientôt proclamé roi des Kspagnes et des Indes.

Selon l'usage, les grands, les hauts dignitaires de l'Étrtt, les fonctionnaires publics, saluèrent par des cris d'allégresse l'aurore du nouveau règne; mais la masse de la nation, le peuple proprement dit, se montra moins accommodante. I.e 2 mai, une émeute avait éclaté à Madrid contre les Français, accueillis jusqu'alors comme des libérateurs, et plusieurs centaines de nos compatriotes avaient péri assassinés. Murât avait promptement réprimé le désordre , énergi^uement puni les assassins, mais le signal était donné. La province des Asturies y répondit la première. La Galice, la province 4e San-

Ander et une partie du royaume de Léon ne tardèrent point à suivre i'impulsion. Dans un grand nombre de villes, telles que Valence, Cuenca, Carthaiïène, Grenade, Cadix. Sévllle, les autorités qu'on suspecta d'être favorables an nouvel ordre de choses furent cl^ussées, emprisonnées, massacrées par les paysans des alentours, que les moines ne cessaient d'exciter au meurtre et au pillage. Partout, ceux de nos soldats qu'on surprenait isolés mouraient sous le poignard. Au 15 juin, le soulèvement était général. Chaque province avait sa junte insurrectionnelle, et sur beaucoup de points des armées s'organisaient. Ce fut à travers ce terrible incendie que le nouveau roi Joseph s'avança vers la car pitale.

Postérieurement à rentrée en Espagne des trois corps dont nous avons parlé [)Ius haut, uu quatrhème, fort d'eaviron dix-neuf mille hommes, çt commandé par le maréchal Bessières, avait encore franchi la Bidassoa. Bessières, dont le quartier général était à Burgos, fut le premier qui dirigea des troupes contre les souièvemeiits. Le général Verdier, aa*il fit mnrdier sur Logrono, trouva, le 5 juin, les rebelles rangés en bataiiie devant cette place, les culbuta sans peine, et leur enleva cinq pièces d'artillerie. Le général Lassalle fut envoyé sur le hour;; de Torquemada, point oij étaient reunis six mille insurgés de la \ ieille-Castille ; il les dispersa, mais après une action des plus vives, qui coma la vie à douze, cents Ks[)ai:nols; reçut ensuite la soumission de Palencia , ville (jue les rebelles avaient occupée , et alla jomdre à Duenas lîne colonne commandée par le g(^néral Merle, pour se porter avec lui sur Valiadolid. Leurs forces combinées battirent un corps de sept raille rebelles (|uMl$ rencontrèrent au village de Cahezon , à trois lieues en avant de la place, qui leur ouvrit ensuite ses portes. De Valiadolid, le général Merle remonta avec sa colonne vers San-Ander, où se portait en même temps le général Ducos avec sa brigade. Merle atteignit les insurgés au village de Lantueno et les culbuta ; Ducos mit en déroute une autre bande à Soucillo, et tous deux, le 21 juia, «ntrèren^presqu'enmâne temps t

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par deux routes opposées, dans San- Ander. Arriva alors ce qui depuis fut le caraetèvt distinotif de cette guerre : les insurgés, battus, se dispersèrent dans les montagnes , d'où , réunis de nouveau et en plus grand nombre, ils 8e disposèrent à meommenotr leurs entreprises.

Pendant ces premières opérations, Tinsurrection avait gagné la INavarre et FAragon. Le géDéral LcfebTre^BesnonetteSt qui étaita Pampelune, marcha,

par ordre du maréchal Bessières, sur Tudela , où un rassemblement de quatre mille honmaes Tenait de prendre posf< tion. Aussitôt dispersés qu^attaqués, les Espagnols, en se retirant, brOlérent le pont sur l'Èbre. Lefebvre le rétablit

f>our marcher sur Malien, où il culbuta es débris de la bande, et balaya ensuite la route jusqu'à Saragosse. Des engagements eurent lieu à Alagon , Épila et ivionte-Torrero, les 14, 23 et 27 juin : partout, les Espagnols battus abandonnèrent leur artillerie. Vers la même époque. une autre colonne, commandée par le général Frère, de la division du généralDupont, marcha sur Ségovie, où venait de s'organiser un corps de cinq mille hommes avec une trentaine de canons. Il fallut emporter la ville de ▼îve Ibroe. Les insurgés ne Tabandonnè* rent qu'après avoir perdu beaucoup de monde, toute leur artillerie, et laissé au pouvoir des Francis six à sept cents prisonnfors. Tbut le royaume de Valence était aussi en armes. Le général Caro y commandait deux mille cinq cents hommes bien disciplinés, parfaitement équipés, et ne négligeait rien de ce qm pouvait augmenter leurs chances de succès. I^e maréchal Moncey, dont les troupes étaient cantonnées dans la province de Tolède, lut envoyé contre eux. Il passa dans celle de Cuença , et se porta vers un point situé sur la rivir i f de Pesqueva , non loin du honru. de même nom , que protégeait Tavant-garde ennemie. Nos soldats enlevèrent le pont à la baïonnette. L'avant-garde ennemie se replia sur un corps intermédiaire posté à Las-Capreras, en avant du vii* lage de Sieto-Agvas, dans le royaume de Valence. Moncey, dans une deuxième rencontre, ftit encore vainqueur, et, coatinuant sa marche vers la capitale

de la province, il suivit la retraite des troupes battues , qui vinrent se joindre au gros des leurs , à une denii-lieue en avant de la ville II attaqua dès qu'il fut en présence, força la ï\\i,nc espagnole sur tous les points, et se porta sur Vaienee le 98. Les faubourgs furent enlevés rapidement; mais les remparts, entourés de fossés pleins d'eau, étaient à l'abri d'un coup de main. Le maré« èhal , obligé , pour les battre en brèebe, d'attlmdre l'arrivée de quelques pièces de grosse artillerie, fit prendre position à ses troupes. Apprenant, deux jours après , qu'un corps de six mille insurgés longeait la rive droite du Xucar et se préparait tà tenter une diversion en faveur de Valence, il marcha aussitôt à la rencontre de l'ennemi, le culbuta, et le mena battant jusqu'au col d'Almanza, sur la frontière du royaume de Murcie.

Il força encore les Espagnols dans cette position, le 3 juillet, et leur prit les canons dont il avait besoin pour attaquer Valence. Mais au moment oij il se disposait à retourner vers cette place, il en tut empêché par les événements qui se passaient alors en Andalousie , et que nous rapporterons tout à l'heure. Vers la même époque, le général de brigade Caulaiocourt jeune partit de Sarrazona, ▼ille d'Aragon, arriva , le 3 juillet, devant Cuença, capitale de la province âe même nom, dont la populace venait d'assassiner uu otticier et plusieurs soldats français. La place était défendue par quatre mille Espagnols. Il les atta^ qua iTiiiïK (liatement, les culbuta, s'emara de leurs canons, et leur tua sept huit cents hommes. Le reste se sauva dans les montagnes.

Vers la fin de mai , le général Dupont , dont le corps se composait de trois divisions d'inCauterie, aux ordres des généraux Barbou , Vedel et Levai , et d'une division de cavalerie commandée par le général Frésia, reçut de Murât Tordre de laisser à Tolède, ou il avait alors son quartier général , la division Vedel , de diriger la division Levai sur TEscurial, et de se porter lui-même sur Cadix avec les- deux autres. 11 se mit en marche dans les premiers jaura da juin , et tra* versa sans obstacles la province de la Manche et la Sierra-More n a ; mais en arit^vant à Anduiiarsur le Giiiûkiquivir,i

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ji apprit que toute l'Andalousie était soulevée, qu'une junte formée à Séville venait de se déclarer junte sufiréme de gouvernement pour toute i'Kspagne, et

3u*une armée régulière qui comptait éjà plus de quarante-cinq mille combattants se préparait à lui barrer le passage. A ces forces redoutables, il ne pouvait opposer qu'un total de sept mille trois cents hommes, formé, outre les divisions Barbou et Frésia , [)nr deux régiments suisses et par un bataillon des mnrif)S de la narde. D'après le plan de Murât , trois autres réginients suisses et quatre mille hommes de l'armée de Portugal (levaient renforcer le général Dupont en Andalousie; mn'is les corps suisses en question avaient dcja passé à i*ennemi, et Junot n'avait pu se dessaisir d'aucune partie de ses forces. Le général Dupont résolut néanmoins de continuer sa marche, et, se portant sur Gordoue, il arriva le 7 Juin devant le pont d'Alcoléa, que gardait un oorps considérable de l'armée ennemie. Les Espagnols, au nombre de vingt-cinq ou trente mille, furent culbutés, égorgés dans leurs retranchements, poursuivis au delà du pont, et le village d'Alcoléa resta au pouvoir des vainqueurs. Passant avec toutes ses troupes sur la rive droiteduGuadalquivir,Dupontretrouva les fuyards ()ostés en avant de Corrloue. A son approche, ils abandonnèrent leur camp et se jetèrent dans la ville. Le général fran^is fit enfoncer les portes à rotips de rnnou , et, après un combat terrible qui s'eimni^ea de rue en rue, demeura maître de la place. Mais il apprit bientôt que la junte suprême, loin d'être abattue par la défaite de ses troupes, s'occupait activement de les réorganiser, et venait de mettre à leur tétele général Gastanos, qui se prépà* rait à s avancer sur Cordoue avec quarante mille hommes. Cette nouvelle suspendit d'abord la marche du corps français sur Séville; puis, comme, au bout de dix jours, les renforts demandés à Murât n'étaient pas arrivés, et que les Espagnols, enhardis par l'inaction de leurs adversaires, prenaient déjà l'offensive, le général Dupont se vit contraint d'aller, le 16, réoccuper ses positions d'Andujar, où la division Vedei le rejoignit «afin. P^ant le même temps,

Castaûos porta toutes ses troupes sur le Guadalquivir. Alors Dupont replia toutes les siennes sur la rive droite du fleuve pour en défendre l'accès; tâche ditliciie, car la sécheresse rendait plusieurs gués praticables. Il y échoua, et, débordé de toutes parts, signa, le 22, cette fatale capitulation (Je Baylen (voir ce mot), qui enleva dix-huit à vingt mille hommes à la cause française dans le midi de l'Espagne.

Dans le roy:iume de Valence , la défaite des insurges au col d'AImnti/.a (3 juillet) fut le ternie des succès du maréchal Moncey. Le surlendemain, les Français, attaqués n i'iinproviste par les baufies du jieneral Caro, ne combattirent

i)oint avec leur résolution habituelle , et aissèrent plus de mille morts sur le champ de bataille. Le maréchal , après avoir rallié ses troupes dans la position de San-Clemente , attendait l'occasion de prendre sa revanche , lorsqu'il reçut ordre de se rapprocher de Madrid. Dans le nord, à la .suite des divers avantages que nous avons vu Bessieres reniporlér, le général espagnol Cuesta, sous la direction de la junte d'Oviédo , était parvenu à organiser une armée régulière d'environ quarante mille soldats. Dans les premiers jours de juillet, il menaçait de se porter sur Valladolid et Burgos, pour couper les communications de Madrid avec la France. Bessières, quoiqu'il n'eût alors que treize ou quatorze mille hommes de troupes disponibles, n'hésita point à marcher au-devant des forces ennenncs, dont il était urgent d'arrêter les progrès. Le 14, au matin, il arriva en présence des Espagnols rangés sur les hauteurs qui dominent la ville de Medina-del-Kio-Secco , les atta-

aua sur-le-champ, et les mit dans une éroote complu , après une action de six heures. Ils laissèrent huit à neuf cents morts sur le terrain, près de six mille prisonniers, leurs bagages, leur artillerie, leurs munitions, et firent leur retraite en désordre sur Villampando, Benevente, Labaneza, Astorga et Léon.

Les Français, dans leur poursuite, trouvèrent un million de cartoucbesà Villampando, et dix mille fusils à Benevente.

Les villes de Zamora, Mayorga et Léoo se soumirent réciproquement.

Cependant le roi Joseph avait firancfai

L'U*NlVKaS.

ESPAGNE

FRANCE

ESPAGNE

les Pyrénées : la victoire de Medina-del- Rio-Secco lui fraya le chemin de sa capitale , où il entra le 20 : mais la noufeileilu désaittre de Bayien parvint à Madrid le 27, et , le jour {Nilrant , on apprît que l'armée victorietjse de Castanos arrivait sur les coulins de la Manche. Joseph , ne se croyant plus en sdreté dans Madrid, en sortit le 1*' août, alla fixer sa cour à Vittoria , et envoya à tous les généraux français l'ordre de se replier sur l'Êbre, mesure qui interrompit les opérations du siège de Sarogosse , commenoé dans les der* niers jours de juin.

Celte première période de la guerre d*Espagne ne dissipa point les illusions que reiiipprpiir s'était fnites sur le caractère d(! la nation à laquelle il voulait imposer sou iouç. Il crut que, pour triompher d>lle , il lui suffirait d'aug> menter le nombre de ses soldats. En conséquence , il dirigea vers les Pyrénées 80,000 hommes de ces vieilles troupes qui avaient vaincu Tltalie et l'Allemagne ; 160,000 conscrits et les contingents de la confédération d i Rhin; puis, dès que l'entrevue d'Erfurt l'eut confirmé dans son espoir de se maintenir en paix avec les puissances du Nord, il nlla lui-même se mettre à la tcte de cette formidable armée. Il était , le 3 novembre , au château de Marrac près Bayonne ; et c'est de ce quartier général qu*il donna les premiers ordres pour la reprise des hostilités sur les bords de rËbre. Depuis deux mois, 180,000 Espagnols , tous disposés à répandre la dernière goutte de leur sanc; , avaient été réunis sous le drapeau national; mais les deux tiers étaient mal armés, et il n'y avait point d'arsenaux , point d'administrations, point de magasins, point de généraux expérimentés, point d'ofliciers capables d'instruire et de discipliner le plus grand nominre des soldats; et, à proprement parler, point d*artillerie, pomt de cavalerie. Enfin les différents chefs, manquant d'une direo* tion suprême, ne pouvaient guère agir avec ensemble. Ils se flattaient néanmoins de cerner une seconde fois l'armée française ; et voici quelles étaient , à la flo d'octobre, leors dispositions.

Trois corps principaux , ou plutôt trois armées distinctas, formaient comme un

arc, qui, partant des côtes des Asturies, s'avançait en pointe vers la Biscaye, suivait ensuite le cours de l'Èbre jusque vers Tudela , remontait un peu dans la Naviirre et l'Aragon , et redescendait encore sur l'Ebre vers Saragosse. Le premier de ces corps, celui de gauche, s'élevait à 50,060 nommes, et était commandé par le général Blacke. Castafios commandait le corps du centre, fort de 40,000 combattants ; et Joseph Palafox celui de droite , qui en comptait 20,000. Deux autres corps séparés, sous la dénomination d'armées de réserve et d'Estramadure , formaient comme une seconde ligne pour couvrir Madrid. Enfin une division de 19,000 hommes , aux ordres du marquis de la Romana, que Charles IV, en 1807, avait envoyée en Allemagne pour y seconder les opérations de son allié Napoléon, mais qui était rentrée eh Espagne au mois ae septembre 1808, occupait les environs de San-Ander. Voici maintenant Tattitade des diffîrents corps français qui avaient repassé TÊbre à la fin d'aortt : les troupes du maréchal Moncev, dont le quartier général était à Tailla, hordMent la rivière Aragon, et formaient ia gauche de ia ligne; celles du maréchal Ney et du maréchal Bessieres, les unes cantonnées aux environs de la Guardia et faisant face à TEbre, les autres occupant Miranda et le défilé de Pancorbo, formaient le centre; à gauche, celles du maréchal Lefebvre, composées de trois divisions aux ordres des généraux Levai , Sébastian! et Villatte, garnissaient les hauteurs de Durango, et couvraient In route de Vittoria à Bayonne. Les alentours métne de Vittoria, où Joseph^vait transporté sa cour, étaient gardés par la division Merlin. Comme on voit, les deux partis étaient en présence sur une ligne étendne. Le S5 octobre, des détachements du corps de Castaiios vinrent s'établir aux bourgs de Vîana et de Lerin. Moncey résolut d'arrêter sans délai ce mouvement offensif des Espagnols, et de reprendre les postes occupés par eux.

L'ennemi, attaqué vigoureusement, fut culbuté et mis en déroute. Vers le même temps, Ney se porta sur Logrono dont les Espagnols étaient maîtres, les en chassa, litaUit le pont de VÈbn qu'ils

BSPA6KB

L'UNIVERS

avaient incondié, et les poursuivit à plusieurs iieues. T,e 31, Lefebvre âttaque les avant- postes de Blacke, <|ui s'était avancé |uqa*àZeroosa, avec l'ior tention de couper l.i £:rnnde route de France à ÎSladrid, le culbuta et le contraignit à se retirer en d^ordre sur BiHmo. Nos troupes entrèrent dans rette ville comme les dernières colonnes esf):)^noies en sortaient. Le 7 du mois suivant, Lefebvre, dont le flanc gaucbfi était couvert par le 1*' oorpe de la grande armée, qui venait d'entrer en Kspacne sous la conduite dti mpréchal Victor, battit encore Blacke sur les hauteurs de Ouênee, où il avait raUié ses troii[)es.

Cependant ISapoléon était arrivé, le 5 novembre, à Vittoria. Sa présence imprima aussitôt une cprande activité aux opérations. Lo 8 , dirigeant lui-même h centre de son armée , qui se composait des corps précédemment aux ordres du maréchal Bessicres, alors commandés par le maréchal Soult , de la réserve de cavalerie, à la tête de laquelle avait été mis Bessières, et de la garde impériale , il porta son quartier général à Miranda, sur rÈbre. Son plan était, tandis que les maréchanxT>pfehvre et Victor, à l'aile droite , pousseraient vigoureusement ] armée ae Blacke, déjà affaiblie par deux défaites^ et que Isï maréebaux Ney et Moncey, à l'aile gauche, tiendraient en échec les troupes des généraux Castanos et Palafox , de fondre sur la réserve espagnole , dite armée d'Estrama»' dure , qui occupait Burgos. Ce plan , habilement conçu , fiit si promptement exécuté, que, le 10, l'armée d'Estramadure était en déroute, et Burgos au pouvoir de Napoléon. Cette ville se trouvant au centre des opérations, il y demeura Jus^'au 22. Des le 11, il envoya des coranmes dans plusieurs dîreeMoBt à la pouiBUÎte de Fennemi battu hk veille, pour achever de l'anéantir. D'autre part, les trois divisions de cavalerie Lassalle , Latour-M^aubourg et MiUiaud, se portèrent rapidement, parLerma, Palencia et Znmora, sur les flancs et les derrières d'un corps de 15,000 Aaglais, venu de Portugal sous la conduite de sir John Moore. £nfin, Soult aaai^ cha à grandes journées sur Reynosa , pour déborder le flapo gauobe de l'as?

mée de BlacJte , dite armée de Galice.

Mais il arriva trop tard : Blacke avait été battu deux jours de suite (les lO et 11) è Espinosa, par le maréehal Victor, st moitié de ses quarante-cinq mille hommes avaient été tués, noyés ou faits prisonuiers; le reste fuyait dans deux directioQS prineipales. La Roauma arait réuni, vers Renedo, dix ou douze mille de ces fuyards, et les conduisait, à travers la chaîne des Asturies, vers ia ville de«LéoiL «acte an avait nWé pinil nombre à Reynosa , et voulait sTy for* tiGer. IVJais Soult ne lui en laissa pas le temps ; il le culbuta de nouveau, et le poussa jusque dans la province de S^n- Ander, où ses derniers bataillons furent exterminés à Cruxillas par le colonel Tascher , aux environs de Sahagan par ie général Franceschi , enfin , près de San-Vincente de la Baïqiiiera, parb général Sarrut.

Restaient les corps de droite , désignés sous les noms d'armées d'Andalousie et d'Aragon , commandés par les généraux Castanos et Palafox , et qui opéraient de concert. Lannes fut chargé par l'empereur de diriger contre eux les corps de gauche de l'armée françaiso , commandés par Ney et Moncey. Le 19, rSey porta une partie de ses troupes vers Soria ; le 21, ie reste partit de Logrono , et fila par la rive droite de fÈbro. Le même jour, celles de Moncey, Lannes à leur tète . franchireut le fleuve à Ladosa, et, le 22, se portèrent successivement sur Calahorra et sut AMavo, que l'ennemi venait d'évacuer. Le lendenaain , elles trouvèrent l'armée espagnole , forte de 4â,000 liommes, rangée en bataille en avant de Tuddn , et ia dkî* firent complètement. Palatbx , avee les débris de l'armée d'Aragon , se jeta dnnsSaragosse, où il fut bientôt assiégé pas les Français , et ne capitule que le M février 1809, après soixante -quatre Jours de siège. Castanos , avec 10,000 nommes de l'armée d'Andalousie, essaya de gagner la capitale ; mais une de ses principales colonnes ftit battue par Ney au détilé de Burviesca; et deux autres, le furent par Bessieres à Gnadalaxara et à Âranjiiez. Lorsque rsapoleou , qui avait quitté Burgos le Ift pour se porter sur Lerma, et de là sur Arunda, apprît la iKiilanle. vîctoii» remporté» piar

ESPACNi; FRANCE. ESPA^Ç 4*5

T nnnes, il résolut de marcher rapidement sur Mfldrid avec le centre de son armée , pendant que les deux ailes achevaient la dispersion des ▼atncu». Le 39, le quartier général fut établi à Bocpqiiillas. Î.e30, les Français trouvèrent au delilû de Somo-Sierro un corps de 13,000 Espagnols, fôrmé des débris de farmée battue à Burgos , et de troupes restées en réserve dans la Vieille-Castillc ; ils le culbutèrent, et poursuivirent les fuyard^i jusqu'au delà de BostragOL Le V décembre, le corps entier de Ney opéra sa jonction avec rnrniée du centre par Guadalaxara et Alcala, et le quartier général fut placé au villa;;e de San-Augustino. LeWdeniaiu , ÎNapoleon porta ses troupes sur les hauteurs d'où l'on découvre Madrid en y arrivant par la route de Gastille. A cette vue , et au flOHvenir que oe jour était le double anniversaire du couronnement et de la bata lle d' \iis!erlitz , les soldats témoiguçrent leur ardeur et leur enthousiasme par des acdamations réitérées.

Le 4, la capitale des Espa^nes leur ouvrit ses portes. Napoléon lui-même n'y voulut pas entrer. 11 cauipa avec sa garde à une lieue de la ville, et continua de diriger les opérations militaires.

Le corps de 20,000 Anglais, commandé par sir John Moore, qui avait passé de Portugal en Espagne dans les derniers jours d'octobre, ^>ourmarcher à la défense de Madrid , devait en ral- Her, à Salauiaui^ue , un autre de 15,000 hommes, venu directement d'Angleterre sous les ordres de sir David Baird, et drbnrfjiié à la Corogne depuis le 15. Moore se porta avec son infanterie par Ciudad-îlodrigo, et n'arriva au point de ralliement que le 18. Son artiJlerie , sa cavalerie et ses convois rillrmit chercher par Badajoz une route praticable, et ne le rejolguirent que dans les premiers jours de décembre. Enfin, il ne rallia les troupes de Baird que le 21 de ce mois. Après tant de lenteurs et bien des hésitations (il avait été plusieurs fois tenté de battre en retraite) , Moore fut saisi tout à coup d'une ardeur téméraire, et, de concert avec la llomana , entreprit de couper les couununicationSk de ]p grande armée en se dirigeant sur Valiadolid. ^lais Napoléon l'épiait. Le- Cebvre 9t Victor priceot j^tion sur le

Tage, de manière à ce que les Anglais, ne pussent ])(nétrer dans les Castilles parles provinces du midi, Soult, d'autre part, descendit de Reynosa avec le double dessein de disperser la Romana et de devancer Moore dans le royaume de Léon. En cette conjoncture, Moore crut pofiToir écraser le maréchsl qui se trouvait isolé, et marcha à lui; tentative funeste à laquelle il renonça bientôt, * en apprenant que Soult venait d'être renforcé par le S* corps, et que l'empereur en personne, avec sa garde, le corps de »y et la cavalerie de Bessières, arrivait à marches forcées. Dès lors, Moore et la Romana ne songèrent plus qu*à la retraite , et ils ne firent qu'une course, l'un jusqu'à Mansilla, l'autre jusqu'à Benevente. Il y eut, le 2G, près de cette ville, au passage de TKsda, une légère action entre les troupes de Lefebvre et Tarrière-parde des Anglais.

L'avanta,iz;e resta à ces derniers, mais fut trop insiguihant pour arrêter leur fuite, et ils se hâtèrent de gagner Astorga. De son coté, Soult atteignit, à ]Mansilla, l'arrière-garde espagnole. In culbuta, fit 1,500 urisonniers, et frappa le corps principal a*une telle épouvante,

3ue la Romana et les siens se Jetèrent ans les montagnes des Asturies. Soult j)oussa sans obstacle jusqu'à Léon, et, le 1*** janvier 1809, rejoignit rempereor à Astorga, où l'ennemi ne s'était point arrêté. Napoléon, que les armements de l'Autriche forçaient de retourner en France, laissa au' maréchal le soin de poursuivre l'armée anglaise dans sa retraite sur la Galice, et d'eirifiéclier, s'il était possible, son embarquement à la Corogne. Le 3, Soult força l'arrière^ garde ennemie au défllé de Cacabellos.

Les Anglais, après cet écliec . parcoururent vintrt-cinq lieues en quarante-huit heures, et ne s arrêlereut qu'à Lugo.

La difficulté des transports retardant les vainqueurs, Moore eut quelque velléité de prendre position en avant de cette ville. iUais, aux preiuieres manœuvres de son adversaire, il plia bagage, et se bâta <le gagner la Corogne, ou il parvint le 12. L'artillerie française n'arriva que le 16 devant la place; Soult ouvrit aussitôt le feu , mais les Anglais se défendirent en désespérés jusqu'à la nuit, et alors 8*einbarqiiçreot. Ç^ttiç e«>

476 B8PA«NB L'UIOYERS. BSPAGliC

traite, la plus désastreuse qu'armée fit Faotre beaucoup plus sérjeux, le S,

jamais, leur coilta près de 15,000 hom- contre une nrmée de 2'). 000 hommes ,

mes, 6,000 chevaux, et tous leurs ba- commandée par la Rornaiia. Vainqueur

gages. Trois jours après , la Corogne dans tes deux affaires , il entra le 7 sur

capitula. Sou It y entra le lendemain, et, le territoire portusais. Victor ne put

avant la lin du mois, acheva la ood^^ quitter TEspagne. L'armée d'Estrama*

de la province. dure, battue le 24 décembre 1808 par

Après les trois défaites qui dispersé- Lefebvre, s'était réorganisée, avait re-

rent les armées d*Estramaaore et d'An- pris roffensive soos les ordres de Oiesta,

dalousie , leurs débris traversèrent par rompu le pont d'Almaras , sur le Tage,

petits détachements cent cinquante et pris position sur la rive gauche,

lieues de pays, et elles se reformèrent Victor fut donc dans la nécessité de

dans le midi de la Péninsule. La pre- combattre pour se frayer la route du

mière, forte de 25,000 hommes et com- Portugal, et pour dégager son flanc

mandée par le tîéncral Galluzzo, occu- droit. La seule chaussée voiturable tra-

pait , au mois de décembre, la rive versant Almaras , il fallait, avant tout,

gauche du Tage ; la seconde, qui en rétablir le pont. On se mit à l'œuvre ,

comptait 30,000, SOUS les ordres du duc pendant quoi deux colonnes françaises

de rinfontado, se porta, au mois de tournèrent l'ennemi par les ponts de

janvier, en avant des frontières de la Talavera et d'Arzobispo, le battirent à

province de Cuença. Galluzzo voulut IVIessa d'Ibor , à Vai de Ramas, au col

disputer les ponts du fleuve au corps de Mira verte, et le forcèrent à rétro*

du maréchal Lefehvre , qui s'avançait grader derrière la Gnadiana. Cuesta,

sur Talavera de la Ilevna; mais celui- après le passage du fleuve, arrêta soa

ci , après une fausse démonstration de mouvement de retraite pour occu|per

passage à Arzobilpo , descendit jusqu'à une position avantageuse dans une plaine

Almarez, où le j^ros de ses troupes qui s'étend sur la rive gauche, en avant

passa le '24. T>es divisions espagnoles , oe la ville de iMedellin. Les Français

disséminées sur une ligne beaucoup trop acceptèrent la bataille le 28 mars, et ne

étendue, furent défaites en détail et furent pas moins heureux que dans les

rioursuivies jusqu'à Mérida. Le duc de rencontres précédentes. Le 27, veille

'Infautado semblait, par ses mouve- de cette victoire , Sébastiani avait rem-

ments, vouloir s'avancer vers Madrid, porté un brillant succès a Ciudad-Réal,

Victor partit le 10 de Tolède , avec dans la Mandie , oîi le duc de rinfon-

16,000 hommes, et marcha à la rencon- tàdo, après les défaites d'Uclea et d*Ai*

tre de l'ennenn'. Il alla d'abord jusqu'à cara , avait rallié 15,000 hommes de

Ocana sans avoir de ses nouvelles ; troupes. La dispersion de ces deux ar-

i)uis , formant ses troupes en deux co- mées régulières semblait ouvrir à Victor

oniies , il les dirigea parallèlement , et la route du Portugal, mais tout le pavs

l'une attaqua à Uclez, l'autre à Alcara, sMnsurgea, et lorsque l'insurrection fut

deux (les principales divisions du duc, enfin comprimée, Soult venait d'éva-

qui furent presque anéanties. Le duc cuer Oporto pour se replier sur la Ga-

nii*m^ne se rejeta dans le royaume de lice.

Valence, avec celles de ses troupes qui Soult arriva le 22 mai, sans avoir

n'avaient pas combattu. A la suite de combattu , sous les murs de Lugo ,

ce double succès, Joseph rentra le 22 qu'assiégeaient 18 ou 20,000 hommes,

dans Madrid. tant soldats réguliers du corps de la

Les armées espagnoles se trouvant à Romana que paysans galiciens. A l*ap«

peu près hors de combat, deux des prin- proche du maréchal , les Espagnols s'é-

cipaux corps français, ceux de Soult et loignèrent, et la division française prit

de Victor f reçurent ordre de passer -en enfin quelque repos après sa pénible et

Portugal. Soult commença son mouve- glorieuse retraite. La Romana lui-

ment le 17 février, et soutint deux même s'était reporté dans les Asturies,

combats avant d'atteindre la frontière, vers le 20 avril; Ney l'y avait suivi, et

Pun le 4 mars , près du village de Mau- le générai Kellermann , qui se trouvât

r^Q, contre l.aoo paysans galiciens , dans le nord du royaume de Léon, s*é>

B8»A«HË FRAliCB. BS»A«Vft 477

tait hâté de rejoindre Ney. Leurs troupes réunies battirent, en plusieurs rencontres, celles de In Romrina, qui fut contraint d'évacuer ses positions nulour d*Oviedo, et de se retirer a Gijon, avec les débris de son corps, pour retourner en Galice. Keliermnnn rrsta dans les Astiiries, pour contenir les insurgés de cette ()rovince. ?iev rejoignit Soult le 90 mal, à Lugo. Peu après leur réunion , l'un se chargea de réduire l*insurrectlon galicienne , l'autre de poursuivre la Romana , qui parcourait de nouveau le paj^s à la téîe de 15 ou 18,000 hommes, mais tous deçw échouèi«nt.

Soult , après avoir poursuivi son adversaire durant trois semaines, sans presque en venir aux mains, s*ennnya d'un

f;enre de guerre si peu profitable, résout de quitter la Galice , et se dirigea vers Zamora ; Ney , battu au pont de Payo, sur le Soto-Mayor, ût sa retraite sur le royaume de Léon.

Ici la lutte prend un caractère nouveau. L'Espagne se couvre de guérillas, et devient une Vendée nationale. Dans les provinces où les armées régulières ont disparu, ces bandes audacieuses inquiètent et affaiblissent sans cesse les vainqueurs. D'autre part , l'absence de Napoléon eommenee à porter de tristes fruits. Plus d'accord entre ses lieutenants , plus d'opérations combinées ; chacun d'eux semble faire la guerre pour son compte , et dans l'intérêt de sa gloire personnelle; chacun remporte encore des victoires, mais partielles, insignifiantes , et souvent aussi contraires au succès définitif que Teussent été des défaites. Après avoir poursuivi Soult jusqu'aux frontières de la Galice, le général anglais sir Arthur Wellesley (plus tard duc de Wellington) repassa le Duero, pénétra le 17 Juin dans l'Estrainndure espagnole, et se diris^eant sur Placencia, où Victor avait pris position, opéra, le 20 juillet, sa jonction avec l'armée de Cuesta. Son plan était de culbuter Victor, de rallier à Tolède le général patriote Venegas, qui se portait vers la Manche avec 20,000 liounnes, et de marcher alors vers Madrid. Mais Joseph, qui devina ce projet, envoya dès le 22 , à Soult , l'ordre de réuiiir

Ëromptement à sa division celles de lortier et de Ney » <l de ie porter à

marches forcées sur Talavera, où luimême allait se rendre avec sa garde et le corps de Dessolles , et où il comptait trouver Victor et Séhasiiani. Bien exécuté, ce mouvement, dont le but était de couper la ligne de communication de l'armée an^lo-espns^nole , pouvait être décisif. Soult, iNey et Mortier s'ébranlèrent sur-le-champ, mais leur marche à travers un pays ruiné et infesté de. partisans fut moins rapide qu'il n'aurait fallu. Pour Josepti, i\ rejoignit Victor et Sébastiani le 25 , çrès de Tolède, et leur Ht prendre position sur la rive gauche de la Goadarama. Les trou> pps françaises , ainsi concentrées , ne s'élevaient qu'à un peu plus de 40,000 hommes. Le major général, JodMan, voulait rester sur la défensive, pour donnera Soult le temps d'opérer sa diversion; Joseph préféra marcher en avant. T^s Français passèrent donc la rivière dans la matinée du S6, culbutèrent, près d'Aleabon, les avant-postes de Cuesta, et, le surlendemain soir, arrivèrent eu présence des Anglo-Espagnols. Wellesley, dans la prévision qu'on allait lui livrer bataille, s'était retranché dès la veille sur une ligne dont la droite s'appuyait à Talavera, et la gauche à un mamelon que des ravins séparaient de montagnes inaccessibles.

Les Espagnols tenaient la droite, vers le Tage, les Anglais la gauche. L'armée française attaqua le soir même du 38, et fut repoussée. Cet échec conseillait la prudence : on n'en tint nul compte, et l'on tenta le jour suivant une nouvelle atttaaue , qui ne fut pas plus iieu« reuse que la première. La victoire, toutefois, ne se déclara ni d'un côté ni de l'autre, car les deux armées, après avoir perdu chacune 10,000 hommes environ, restèrent maîtresse de leur champ de bataille. Joseph , convaincu qu'il était impossible de forcer la ligne ennemie, alarmé d'ailleurs d'apprendre que Venegas menaçait Tolède, et que la l^ion anglaise de vVilson était à sept lieues de Madrid, crut devoir se rapprocher de la capitale, et ordonna la retraite dans la nuit du 38 au 39. Laissant Victor sur l'Alberche, il marcha au secours de Tolède, où il jeta une division d'infanterie, et, le 1'' août, gagna Illescas» d*oà 11 pourrait, au besoin f renforcer.

UU^sIVERS.

feSjl>ÀG\É

Viètor, arrêter les progrès de Wilson , jet inainteuir les babitauts de Madrid.

Weltesley , au lieu de poursuivre farinée française et de prouver ainsi qu*i) avait vaincu à Talavera, comme ses rapports l'annoncèreiit pompeusement, resta immobile jusqu'au 2, jour où il apprit l'occupation de Placencia par Soult. Ce fut pour lui un coup de foudre. Coupé de sa réserve, il renonça à son plan de campagne « et alla prendre bosition derrière le Tage. On ne lui laissa point le temps de s'affermir. Soult accourut, opéra sa jonction ;ivec Yirtor à Oropeza, et, le 8, iît attaquer le pont d*Arzoblspo, que défendaient les troupes èspagooles. Il en demeura maître après line mêlée si terrible, qu'un moment il avait hésité s'il ne ferait pas tirer à mitï'aitle sur le tourbillon de poussière qui èDveloppait les combattants. A la suite de cet échec, "Wellesley se mit en retraite sur Badaioz, et rentra en Portugal dans les derniers jours du mois.

Restait à réduire le duc d*el^ Parque en Castille, et Venegas, qui, avons-nous dit , menaçait Tolède. Ney se porta par Salamanque contre le preniier; chemin faisant, u se l^urta, le 12, au eol de lîanos, contre b légion de Wilson, qui 8*était montré aux portes de Madrid, le battit, et l'obligea de ciu-rcher 6ou salut dans les rodiers de Monte-Mayor et de la Calzada. Il continua ensuite sa marche Seins diniculté, et força le duc de se réfugier sous le canon de Ciudad-Rodrigo, dans le royaume de Léon. Quant a Venegas , rencontré et battu à Almonacid par Séba^t^ani , il perdit 4,000 liommes, et se sauva d'une traite jusqu'à la Sierra-Morena.

Ces diverses expéditions eurent pour résultat de décourager pendant quelques mois les Espagnols et leurs alliés. Septembre et octobre furent tranquilles.

IMais au commencement de novembre « la junte de Séville résolut de tenter encore une fois le sort des armes, sans le secours des Anglais. Une armce de 60,000 hommes, formée en Andalousie par ses soins, avec les débris de Cuesta et de V enegas, et commandée par Arcizaga , traversa rapidement la Sierra- Morena, et s'avança dans la direction d'Aranjucz, pour se porter ensuite sur la capitale. Mais Soult , qui était alors

major général des armées françaises, prit les mesures nécessitées par l imminence du péril , et remporta , le 18 , la célèbre victoire d'Ocana, qui coûta 12,000 morts à l'ennemi. Le duc d'el Parque, battu en octobre, près Ciudad- Rodrigo, par le général Marchand , s'était rallié le mois suivant autour de S ilamanqtip, et avait pris possession de cette ville. Kellermann marcha à sa rencontre des environs de Yalladolid, et, huit jours après la bataille d'Ocaâa, remporta sur lui, près Alba de Tormès, uu avantage non moins décisif. Après la reddition de Saragosse (18 février 1809), Suchet , chargé de contenir TAragon, avait disséminé ses troupes sur un grand nombre de points. Vers la fin de mars, un tel état de choses parut opportun au général Blacke pour péné« trer dans la province, dont 11 avait déjà envahi la lisière, et pousser mène jusqu'à la capitale. li avait rassemblé dans ce but une armée régulière d'environ 20,000 hommes , et de nombreuses bandes de miquelets qui devaient protéger ses flancs et inquiéter les troupes de son adversaire. Le 15 avril, il s'avança avec le gros de ses forces vers le bourg de Maria, sur la Huerba, où Suchet était posté avec 6,000 hommes, seules troupes qu'il avait pu réunir, Blacke , vigoureusement attaqué , fut mis en déroute. Saragosse était sauvée; mais, loin de s'endormir ^ur sa victoire, 3uchet pensa qu'il fallait déployer toute Tactivité possible pour expulser entièrement d'Aragon une armée encore bien redoutable, quoique vaincue. Il se mit sur-le-cbamp à la poursuite de Blacke, €t le poussa jusqu'à Belchite , oà il te défit ae nouveau le 18. A partir des premiers jours de Juillet jusqti'à la On de l'année , Suchet guerroya sur une multitude de points contre les bandes de miquelets. Sa patience et Tinfatigable ardeur de ses soldats le rendirent partout victorieux.

Au commencement de 1810. la paix conclue entre la France et l'Autriche permit à Napoléon d'augmenter considérablement l'effectif de ses troupes en ]!^spagne, et d'y pousser la guerre avec iiae novvelle vigueur. Bientôt, l'armée du Midi, forte de 55,000 hommes (elle se composait des troiis corps victorieux

FRANGÉ

à Ocaftâ et de la réserve) , se prépara à envahir fAndalousie sous la cooduite ée Sôiitt. De son e6té, la nraté de Sé^HIft avait réuni deux corps, l'un de 12,000 honfimes , sous Areizaîta, l'autre de 25,000 , sous le duc d'Alfouquerque , pour dâSeMftre les débooehés de la 'Sie^' ra-Morena, chaîne qui ferme l'entrée dé la province. Soult forma trois colonnes : Mortier, au centre, fut chargé de franehir le défilé de' Despefia-Pen^s , qui était la aeole h>ute directe et voiturable , mais que les ingénieurs es[)agnols avaient retranché, coupé, miné aux points les plus étroits , et où Areizaga avait établi le fort de la défense. Lesè janvier, on l'aborda de front, en même temps qu'on le tourna par le Puertodd-Rey, où passait autrefois la route.

L*attaque fut si vive, que l'ennemi ent à peine le temps de faire Jouer ses mines, qui produisirent peu d'effet. On prit les canons, on dispersa la troupe, et, dès le lendemain, le quartier général s'établit à Ba\ len , de fatale mrmoire. Victor, qui, avec la colonne de droite, avait suivi une communication latérale, évita le corps d'Albuquerque; puis, J)rirt.-uit d' A 1 ni nd on, traversa des cols in:iccessil)les a l'artillerie, et parvint h Montoro. Sébastiani , avec la colonne tB gaacbe, fM-it le chemin de la Poebla del Principe, et toujours combattant, toujours faisant des prisonniers et prenant du canon, poussa jusqu'à Ubeda, d*où il ae mit en communication areé les autres oorpt. Rien n'empéehaft de marcher en avant : on occupa Cordoue, iaén; puis, pendant que Sébastiani pointait sur Grenade, Yletor et Mortier se disposèrent à prendre possession de Sévifle et à écraser Albuquerqne, qui venait d'arriver sur le Guadalquivir.

Ils culbutèrent le 28 ses avant-postes près d'Ecija , le jour même où Sébastiani entrait sans obstacle à Grenado, et, franchissant le Xenil, se déployèrent par la grande route et par le chemin de Moron qui mène directement à Cadix. Cette manœuvre, dont le but était de couper Séville de la mer, n'écha|)|)a point au général espagnol. Il eboisit habilement entre les ueux Tilles à défendre, et, par sa promptitude à se jeter sur Cadix , assura un refuge inexpugnable à la cause de l'indépendance.

Séville , abandonné à ses propres ressources, se rendit et livra aux vain- ^Mort un iilimenM matériel; A pHne

les Français éprouvaient-iU quelque résistance Sébastiani , à la suite d'une escarmouche , s'empara de Malaga , et Vieior poussa jusqu^à Cadix. Toutefois, il arriva trop tard. Albuqoerque, qui aVait sur lui douze hfures d'avance, en profita pour rompre le pont qui seul donne accès dans la Tille du coté de la mer. Cette mesoire arrêta les Fonçais et donna aux F/îpniinols le temps de préparer des moyens de défense que rien ne put surmonter. Pendant que Victor établissait les lignes du blocus, Mortiei se dirigea à droite vers la basse Fstramadure, se rendit maître de Zafrr?, et alla se présenter devant Badajoz. Apres avoir inutilement sommé la place, il 8*éloisna faute d'artillerie de siècle , cantonna ses troupes entre les deux petites villes de Lier* na et d'Almandra* fejo, et batailla jusqu'à la fin de Pété contre la Romana. En janvier, dans la haute Estramndtire, le grnFr;d Foy avait battu au village d'Arroyo dei Puerco On corps de S,000 Espagnols ; en mars, le général Gazan y culbuta Ballesteros à ei Ronquillo. Les mois qui suivirent, on resta presc|ue stationnaire en Andalousie. Tandis qne Sonit padflait le midi de la province , et que Vtictor J)oursuivait le siège de Cadix avec le gros de l'armée , il n'y eut sur les ailes que des marches , des contre-marches et des escarmouches de peu d^mpor^* tance. En juin, des ras<îeinblements sérieux appelèrent Sébastiani dans le royaume de Murcie. Les troupes qu'il avait battues dans la Sierra , à Jaên , à Grenade, s'y étaient réorganisées sous les ordres ae Freire, et montaient à environ 15,000 hommes. 11 marcha à leur rencontre, mais, à son approche, elles se dispersèrent dans les niontairncs, et les Français entrèrent dans Murcie sans avoir brûlé une cartouche. Peu Satisfaits de n'aroir pu joindre Tennemi et de s'être aventurés si loin de leur base, ils évacuèrent bientôt la place et revinrent sur leurs pas. A la ûn d'août. Macke Tint prendre le commandement de Tannée de Murde , et Sébastiani lit une nouvelleexcursion dans ce royaume, sans plus de résultat que la première

fois. En novembre , 2 à 3,000 Anglais tentèreot une descente sur la eôte de

Malaga, mais ils furent presque tous exterminés. D'un . utre côte, filacke, cherchant à |>éuéirer dans le royaume de Grenade, «e heurta, près de Baxa, contre une division française, et épiouva Techec le plus complet.

Ën Aragon, Suciiet, dont le rôle, dans IVnsefflble des opérations de Tannée 1810, était d'envahir Valence pour dégager la gauche de Soult, n'agit d'abord qu'avec lenteur. Avant de prendre roffensive , il eut à assurer ses derrières, puis ses flancs. Il emplojra donc janvier et février, d'une part, à réprimer les audacieuses tentatives de Mina ; de Tautre , à refouler les débris de Tancienne arniiée d* Aragon, commandés par Villacampj ; après quoi i! entra en campagne avec 14 ou 15,000 hommes. Ces troupes, formées en deux corps, s'avan»

oèrent, l*un par Sar.igosse, l'autre par Barcelone, et se rejoignirent le 3 mars à Murviedro, sans avoir rencontré l'ennemi. On n'était plus qu'à quelques lieues de Valence. La place , devant la* quelle on arriva le 5, était défondiie par une nombreuse garnison ; mais Suchet espérai l lircr parti des haines que la tyrannie du capitaine général Caro avait excitées pnntii les iKibitaiits. II se trompait. Après une sommation mutde, il manœuvra non moins inutilement pendant six jours autour des roursi pour provoquer un soulèvement intérieur,, puis rétrograda, rappelé par les efforts que Mina et Villacampa tentaient de nou?eau. A Terruel, il combattît pour se frayer le passage. Rentré à Saragosse le 17, il (it poursuivre Mina à outrance, et la capture de ce chef, qui eut lieu p<:u après, avança merveilleusement la pacilication de la province.

Pour l'achever , il ne restait |)lus qu'à s'emparer de la ligne de places fortes qui séparent l'Aragon de la Catalogue.

Buchet eut ordre de les réduire et de commencer par Lerida, où viennent se réunir les principales communications entre Barcelone et Saragosse. 11 s'ébranla par Alcubières, occu{)a Balaguer le 4 avril sans coup fei ir, investit Lerida neuf jours après , repoussa un corps de 7 a 8,000 liommes qu'O'- Donoell amenait au secours de la ville,

et , au bout de quatorze jours de tranchée ouverte, y entra par un assaut.

Mequinenza, aussitôt entourée, se rendit le 8 juin. Morella fut enlevée le 13, Maître de ces trois places, Suchet pouvait à son gré opérer contre Valence ou contre Tortose et Saragosse. Aussi Caro n'avait pas vu sans inç^uiétude les progrès de i armée française. A deux reprises, ses lieutenants essayèrent sans succès de reprendre Miorella; lui-même, au milieu d noiU , se mit en campagne avec 10,000 honwnes, dans le de^isein de couvrir Tortose; mais aux premières manœuvres de Suchet, il se hâta da fuir. Toutefois, les difficultés du pays et l'état de nos affaires en Catalogne retinrent le général firam^ls en Aragon jusqu^au mois de décembre. Ce tableau des opérations de l'année 1810 serait incomplet, si nous ne disions que l'armée française qui , sous les ordres de Masséna, passa la même année d'Espagne en Portugal, dut, avant d'atteindre le territoire portugais , envahir les Asturies (mars), et réduire les places d'Astor^a et de Ciudad-Rodrigo (10 avril, 10 juillet).

Dans les j)remiers jours de janvier 1811 , tandis que Victor continuait le blocus de Cadix, toujours couvert par Sébastiani et par la réserve, Soult, avec 27,000 hommes, lit un mouvement sur sa droite pour appuyer l'expédition de Portugal. Il replia le 8, à Magre, une armée ennemie d'environ 10,000 combattants , commandée par ISIendizabad et la Carrera, successeurs de la Romana, et vint, le 11, mettre le siège devant ^ petite ville portugaise d'Olivenza,qu*il prit après dix jours de traFichée ouverte. Le 28, rentrant sur le territoire espagnol, il investit Badajoz par la rive gau* che de la Guadiana. La place était dé> fendue par une forte garnison qui , du 2 au 11 lévrier, lit trois sorties. Sur ces entrefaites , Mendizabad et la Carrera, pour tenter une diversion , vinrent s'établir sur les hauteurs qui dominent la rive droite , où ils étaient protégés par les canons du fort San-Cristobal. Ils croyaient leur position inexpugnable; mais Soult passa le fleuve le 19, les attaqua et les mit en déroute. Badajoz fut dès lors investi par les deux rives, et se rendit le 11 mars. Soult s'oecopa

BSPA6KÈ FRANCK. BMfillB 4U

ensuite de la réduetion des places por- nèreat le duc de Ragiue et le eomte

tugaises d'Elvas et de Campo-Mayor, d'Erlon, s'avancer de nouveau pour seoù s'étaient jetés les débris ae l'armée courir Badajoz. Wellington, qui était vaincue. Pendant ce temps , oo ne ces- alors devant la place, jugea peu prudent sait de guerroyer sur les confins du d'attendre le maréchal , et repassa le Portugal et du royaume de Murcie. En Tage. Soult lui-même , vers la fîn du février , les eiïorts pour rompre le blo- itiois, regagna Sévilie, où il était rappelé eus de Cadix redoublèrent. Le 28 de ce par les mouvements de Blacke sur sa a)ois, le général Pena , avec une armée gattche, et de Ballesteros sur sa droite, angio - espagnole de 17,000 hommes, De ce côté surtout, les insurgés de la dont une partie avait débarqué n A l^'e- Sierra Ronda , que la présence d*un si ras, le reste à Tarifa, se porta de celte corps régulier encourageait , devinrent ville par Barbate et Vejer, dans le des- si inquiétants, qu'il fallut, en aodt , disein aattaquer à revers le corps assié- riger contre eux un corps de 18,000 géant. Le 5 iiuirs , Victor , à In tête de lioinines. Selon l'habitude, l'ennemi ref 0,000 hommes, sortit de ses lignes par fusa la bataille , et se retira sous le ca- Chiclana, et tenta une manœuvre dont non de Gibraltar. Les Français, après le but était de jeter la colonne ennemie avoir infructueusement tenté de sur^ dans la mer. Mais les Anglais firent à prendre Tarifa , rétroijrndèrent faute propos face à ses deux ailes, et soutin- de vivres. Les Espagnols recommencèrent contre nous un glorieux combat, rent aussitôt leurs excursions ; on les où ils eurent S,000 mmrts. Ils auraient replia encore , et on assiégea Tarifo en peut-être remporté une victoire corn- décembre, mais il fallut en lever lesiége plète s'ils eussent été soutenus par les le 4 janvier 1812. Espagnols; heureusement, ils ne le fu- Après avoir réduit Tortose (1*"^ janrent point, et, grâce à la mésinteUfgence vier 181 1), Suchet, au lieu de se porter qui en résulta entre les alliés , Victor immédiatement sur Saragosse ou sur put rentrer dans ses lignes qu'ils n'in- Valence, rentra en Aragon et y m^nœuquiétèient pas. Soult prit prétexte de vra jusqu'au moi.s de mars, pour purger ces événements ; peu jaloux de contri* cette prorince des bandes de r£mpeci* buer au succès de Bfasséna, qui mena- nado, de Villacampa et de Mina. Lorsçait alors Lisbonne, il suspendit ses qu'il eut enfin rejeté les deux premiers opérations offensives et regagna Sé- de ces chefs dans les montagnes de ville. Mais son armée . faute d'avoir Cuenca, et le troisiàme en Navarre , il franchement secondé rexpédition de retourna dans le nord de la Catalogne, Portugal , fut elle-même assaillie dès où de nouveaux succès l'élevèrent a la

ue Wellington eut fait reculer Masséna- dignité de maréchal. Puis, en septembre, es alliés reprirent Oliyenza le lâ avril, lorsqu'il ne craignit plus de diversion et assiégèrent Badajoz le 4 mai. Soutt, près de la frontière, il se dirigea sur en volant au secours de la place avec Valence avec 22,000 hommes. Le nou- 18,000 hommes , se heurta , le 16, au veau gouverneur de la ville , Palacîo, village d'Albutieracontre l'armée anglo- avait cru la rendre imprenable en proportugaise, que Blacke et Qistanos menant autour des remparts l'imafte avaient rejointe la veille avec 12,000 de Notre-Dame de Eos Desemparados ; Esp3£:noIs. Ces troupes formaient un mais, au premier bruit des préparatifs total de ai,ûOO combattants , sous les de Suchet, la régence de Cadix dirigea ordres du général anglais Béresford. Blacke sur Valence , avec 8 ou 10,000 Les Francjais, après une des plus san- soldats. Ces troupes, jointes à celles de glantes batailles qui aient été livrées en la province et au corps de Villacampa, Espagne (il y eut de part et d'autre près présentaient un effectif bien supérieur de 6,000 mortsou blessés), se re|>lièrent a celui de Suchet. Blacke commença au pied des monta(];nes , et le siège de par mettre les forteresses de Peniscolà, Badajoz continua d'être pressé avec vi- Oropeza et Sagonte, en étal de défense, gueur. Dans le courant de juin , après puis voulut donner à ses troupes une deux mois d'inaction forcée , Soult put attitude militabre , mais le temps loi enfin, grâi^ aui renforts que lui ame- manqua. Yen la fin du mois, avant que

T. Tii. 81* lÂoraison, (Dict. bngycl., btgJ SI

L'UNIVERS

les forces espagnoles ftiSMDt concentrées, Tarmée française parut sous les murs de Murviedro. Elle entra facilement dans la ville ; mais la citadelle de Sagonte qui en dépend avait une garnison de 3.000 hommes, et ne put ékra prise d'emblée. La néf^liger était impossible; on procéda donc aux opérations du siège, tandis que deux colonnes aU lèrent. Tune s'emparer d*Oropeza, Tau* tre observer Pemscola. Le 1 8 octobre, une brèche fut pratiquée dans les murs de Sagonte , et les Français tentèrent rawaot, mais ils se virent tepousség.

Le 24, nouvelle tentative, nouvel échec, et le 35 , Blacke, dont l'arrivée n'était nullement prévue , se montra avec »,000 soldats sur les derrières des as« siégeants. Suchet , placé dans l'alternative d'abandonner le sipc;e, ses travaux, son matériel, ou de livrer bataille malgré son infériorité numérique, n'hésita point. Il remporta line virtoire signalée. Blacke, affaibli d'une perte de plus de ô,U00 hommes , se retira en désordre au ûe\k du Guadalaviar. Sagonte sa rendit le lendemnin. Pendant ce temps, Mina et l'Empecinado s'étaieut mis à harceler les troupes restées en Aragon : Sachet fit batte , se couvrit de retranchements , et demanda des renforts.

Blacke, au reste, n'était pas en état de revenir à la charge^ et tous ses soins s'attachèrent à fortifier Valenee. Au bout de six semaines , les Français, renforcés par un corps de 14,000 hommes , et soutenus par la cavalerie de Monwmn, détaebéo de l'armée de Portugal sur Alicante , n'hésitèrent plus à marcher en avant. Ils franchirent le Guadalaviar sans obstacle, puis, tournant ia gaudw de rennemi, ils atteignis rent le Xucar par une suite de combats. Le but que se proposait le maréchal était d'enfermer aans Valence toutes les troupes espagnoles, mais il n'y put par* vanir: lo,ooo hommes s'échappèrent et cnsrnèrent le royaume de Murcie.

]ilacke eut moins de bonheur ; il tenta vainement de se firayer un passage , et fut contraint de subir les oonséquencei du siège. L'investissement de la place commença dans les derniers Jours de décembre. Suchet y eut bientôt un parti, et, dès que les bombes eurent incendié quelques édifices, eUa capitula. Black»

et les siens, au nombre de 18 mille, furent faits prisonniers.

En juin, Wellington, forcé par Soult d'abandonner le siège de Badajoz, était rentré en Portugal. Il gagna lentement Castelbranoo, puis les rives de la Coa. Marmont côtoya ses mouvements, dans la crainte qu'il ne voulût assiéger Ciudad -Rodrigo ou seconder les opérations des Galiciens. De ce cdté, en effet, une armée de 20,000 hommes , commandée par Adabia, avait envahi le royaume de Léon, repris Astorga, et , flanquée par lés Asturiens de Santo-Cildès, qui n'avaient pas cessé de batailler avec le général Bonnet, s'était déployée surl'Orbigo. En août, le général Dorsenne, qui avait remplacé Bessières dans le commandement de l'armée du !Vord, réunit sur l'EsIa, à deux divisions de la jeune garde, celle de Bonnet , et marcha sur rennemi en trois colonnes , soutenues par une réserve de la vieille îjarde. Il se jiroposait de l'acculer à Astorga , et de le torcer à en venir aux mains. Mais Adabia n*osa Tattendre; Il évacua la place, et se jeta dans les montagnes d'Orenze. Une arrière-garde de 5,000 hommes fut seule atteinte à Yillafraoca, et taillée en* pièces. A la fin de septembre , Wellington investit Ciudad - Rodrigo. Marmont, qui ne l'avait pas perdu de vue, appela à son aide Dorsenne, qui le rejoignit h Tamamès, et força le général anglais à lever précipitamment le siège. Il le poursuivit avec succès jusqu'au mois de novembre ; après quoi les deux armées entrèrent en quartiers de rafraîchissements, les Français autour de Salamanque, les Anglais autour d'Almeida.

Pendant les premiers mois de 1813, Suehet, paisible possesseur de P Andalousie , n'eut qu'à surveiller les opérations du siège de Cadix ; mais, sur d'autres points de l'Espagne , se passaient des événements auxquels il devait bientôt prendre part. Le premier qui attira son attention , fut l'mvestissement de Badajoz par l'année de Wellington, vers la fin de mars. Soult s'ébranla aussitôt pour secourir la place ; mais on vit un nouvel exemple du défaut de concert entre les maréchaux français. Badajoz, qui pouvait étrepcolégé par Soult et par MarâaoDt, sncoesseiifs deMasséna dana

BMttini FRANGE. WABUm m

le commandement de l'armée de Por- qui semblaient disposéf à traiter avec

tugal, ne le fut ni par l un, ni par Tau- Suchet. Après le départ de Montbrun,

tre. Marmont , comme nous le verrons ifui fut bientôt rappelé vers Madrid, le

tout à l'heure, tenta une diversion mal- maréchal tenta, pour dégager Alicante, adroite. Souit n'eut réuni en Estramn- de grands efforts qui furent couronnés dure les iforees nécessaires pour re- de succès, mais dont le cours des évépousser le général anglais qu*au mo- Aemrnts ne devait pas lui permettre de ment oij la ville assiégée venait, nprès profiter. Il s'occupa d'abord de saisir une glorieuse résistance, de succomber les points fortifiés du littoral; toiis, enûn à un terrible assaut (6 avril).Souit excepté Peniscola , qui ne se rendit offrit , il est ml , la bataille à son ad* qu'après quatre jours de trancbée , oé> versa i re ; mais Wellington , qui avait aèrent sans coup fr ri r. Mais , avant de d'autres desseins, sut l'éluder, et le se porter sur Alicante avec les forces némaréchal regagna l'Andalousie, où, cessaires pour en entreprendre le siège,

rallumé l*audaoe des bandes qui ne ces- gue ligne que formait son armée. Les

saient d'escarmoucher contre ses ailes, débris échappés de Valence, réunis aux Il y eut, le 11 , près Llerena , entre la troupes de Murcie, en proiitèrent pour cavalerie anglaise et Parrière-garde des rentrer en campagne. Diantre part , les Firançais , un léger engagement , où Anglais partant de Sicile , vinrent se ceux-ci gardèrent l'avantage. Une partie montrer sur plusieurs points de la côto, de nos troupes reprit ses anciennes po- et paralysèrent i'activile du maréchal, sitions sur la frontière de l'Estrama- Une moitié de Tannée s'écoula ainsi dure ; le retour des autres vers Séville sans mouvements d*un Côté ni de l'auéloigna les pnrtisnns. Par deux fois, tre. Enlin , d tns les premiers jours de cependant , Hallesteros sortit des Marnes juillet, un eorps de 9,000 Espagnols de Saint-Roch, et se porta sur la roule débouclia sur l'avant-garde française, de Aonda : il fut chaque fois contenu tandis 4|u*une autre colonne ennemie la et refoulé vers sou camp; mais le voisi- tournait par In îrntiche. Delort , qui la nage de Gibraltar l'y rendait inattaqua- commandait, prc vint cette double attable; puis, bientôt, de tristes nouvelles que. Le 10, avec ses 1,500 hommes, il ▼furent changer la face des affaires. On margea brusquement, près de Gastalla, apprit que les Anglais occupaient Ma- le corps qui l'attaquait de front, le batdrid, et que le roi Joseph, avec l'armée tit, et se rolourna vers l'autre, qu'il mit du centre, se repliait sur Suchet. Soult également dans la plus complète dén^avait |iolnt à hésiter : il dut abandon- route. Cette victoire imposa aui trouner le siège de Cadix, évacuer TAnda- pes anglaises, qui venaient de dâ>arlousie et se rapprocher du Tage. Il ef- quer à Alicante. Suchet poursuivait les fectua sa retraite sur le royaume de vaincus lorsqu'il apprit l'évacuation de Valence, sans que ni fiallesteros ni TAndalousie par Soult, et Poccopation Wellington sussent y mettre obstacle, de Madrid par Wellington. Il lâcha traversa Grenade, la province de Mur- prise pour courir à Almansa attHlevant cie , et rallia l'armée d'Aragon. Saisis- de Joseph.

sant alors la ehausséed* Alicante, il fit Au commencement de 1812, tandis sa jonction avec Joseph et se prépara • que Dorsenne et Montbrun s*teîent

à rentrer dans la Manche. " éloignés, l'un pour contenir la Navarre,

Suchet, avons-nous dit, s'était rendu l'autre pour coopérer à la sou mission de

mettre de Valencele 4 janvier 1813. La Valence, Wellington était sorti soudain

chute de cette importante place eût deses cantonnements d'Almeida, et était

amené probablement la soumission de venuinvestirCiiidad-Rodrigo, qui tomba

toute la province. Par malheur, Mont- le 20janvier en son pouvoir. Après cette

brun, dont le renfort n'arriva qu'après heureuse expédition, le général anglais,

la capitulation , voulut , an lien de re- comme pour défier l'armée française,

tourner simplement sur ses pas, s'em- rentra dans son camp et y demeura

parer d'Alicante. Il échoua, et cet échec jusqu'en mars. Il repassa alors le Tage,

réveillal'ardeur des généraux espagnols, et, conmie nous l'ayons tu, s'empara

Sucbet jugea prudent d'affermir la lon-

■SPAttNB

rumvEES.

de Badajoz. Vainement IMarmont avait' il tenté une diversion en Portugal; son adversaire ne s'en était pas ému , avait continué le siépe, et, nprès la capitiilntioa de ia place, avait reioule nos troupes sur la Tormès. Les deux colonnes françaises qui avaient tenté l'invasion du Portugal , se trouvant arrêtées en téte par les remparts de Badajoz et de Giudad-Rodrigo, il suffisait dès lors, pour décider la campagne, de rompre entre elles toule communication , et ce but devait être atteint dès qu'on aurait détruit le pont d*Almaroz, le seul qu'on eût conservé sur TÈbre. Tandis que Wellington lui-même maintenait Mar* mont en le menaçant de déboucher par l'A^ueda , Hill , un de ses lientenants, obhqua à gauche en arrière avecTaile droite (le l'armée anglo-espagnole, passa la Guadiana poes de Medellin, et parut inopinément, le 12 mai, devant le pont qu*il détruisit. Libre alors de se porter contre Soult ou contre Marmont, Wellington ne balança point. II conçut le projet de délivrer l'Espagna d'un coup, et, franchissant TAgueda , parvint en quatre jours, avec 50,000 hommes, aux environs de Salnmanquc. A l'approche des Anglais , Marmout se replia sur ia rive droite de la Tormès , et tenta de défendre trois couvents fortifiés qui protégeaient le pont de la ville. Riais, rédiiit à 22,000 hommes, il ne put em* pécher Wellington de s*en rendre mat»

tre le 20 juin. Il recula le 2 juillet jusqu'au Duero, prit possession sur la rive droite , entre Tordesilias et Palos, et appela à son aide, outre Tarmée du centre , la division du général Bonnet, depuis longtemps rentrée dans les Asturies. Lorsque ce générai Teut rejoint avec 8,000 liommesi il crut pouvoir reprendre l'offensive. Le 17, trompant les alliés par une fausse démonstration sur ïoro, il se concentra soudain vers Tordesilias , et déboucha sur l'extrême droite de l'ennemi , qu'il culbuta vivement. T es deux armées passèrent les quatre jours qui suivirent a manœuvrer et à s'observer. Pendant presque tout ce teinps, elles furent à portée de canon l'une de l'autre, sans que les deux chefs vinssent engager l'action. Le 22, pourtant, on en vmt aux mains à deux ou trois lieues de Saiamanque , près d*an

groupe de mamelons appelé les Arapiles. L'aile gauche de 1 armée française

fut entièrement défaite, et le centre profondément ébranlé; la droite seule resta intacte. Marmont, puis Bonnet, avaient été mis hors de combat ; Clausel prit le commandement , rallia les corps vainons sur l'aile droite, et se dirigea vers Aiba. Atteindre le Duero devenait impossible; on ne pouvait plus que se retirer vers Arrevalo pour gacner Valladolid par un long détour. Le lendemain de la bataille, on rencontra les avant-postes de Tarmée du centre; mais l'ennemi était encore trop près pour que Clausel et Joseph pussent opérer leur jonction ; ils se séparèrent donc, Tun pour couvrir Madrid, Tautre pour protéger la routede France. Clausel s'avança jusqu'à Burgos; Wellington , après avoir occupé Valladolid, porta son aile gauche sur le Duero , et se dirigea à marches forcées vers la capitale. Joseph céda le terrain ; il évacua successivement Ségovie , Madrid, Aranjuez, et s'alla jeter dans les rangs de Sudiet. Wellington prit, le 13 août, possession de Madrid, et porta son aile droite sur le Tage. Clausel , revenant alors sur ses pas , rentra dans Yalladolld , et replia l'aile gauche anglaise à Arrevalo. Le général ennemi , stupéfait , vola avec sou centre , battit de nouveau les Français , et , renforcé de 13,000 Galiciens aux ordres de Santo^ Cildès , les repoussa jusqu'à la Sierra d'Occa. En septembre , Clausel , qui avait aussi été blessé à la bataille des Arapiles, fut forcé de remettre lecom* mandement en chef à Souham. Celui-ci continua la retraite vers Burgos, et, laissant une garnison de 1,S00 hommes dans le château de cette ville, que les Anglais vinrent bientôt assiéger , alla établir son quartier général à Briviesca. CeperTdant, l'armée du centre et Tarmée d'Andalousie avaient opéré leur jonction dans le royaume de Valence ; le roi Joseph avait aussitôt repris l'offensive , et s'était porté dans le bassia du ïage. En moins d'un mois on avait atteint Aranjuez , qu'occupait l'aile* droite anglaise ; Ilill , qui la commandait, ne résista point, et se retira sur la Sierra de Guadarama. Les Français passèrent le Tag» le IS i rétablirent ]Fo- .

ESPAGNE

FRANCE

ESjPAGlfE

seph dans sa capitale, et se mirent à la poursuite des alliés. Wellington avait réuni 30,000 homines autour du difl* teau de Bargos, et, depuis trente-cinq

jours, il en poussait le siège avec une extrême vigueur , lorsque les mouvements combinés de Souham et de Soult le forcèrent enfin de lâcher prise. Souham arriva . le 22 octobrp , romniR les Anglais effrrtuaient leur retraite. Il déborda leur gauche et les mena , l'épée dans les reins , jusqu'à Tordesillas, où il fit halte pour attendre les armées du midi et du centre que Soult amenait.

Soult , après s'être attaché aux pas de Bill, et avoir traversé rapidement Valdemora, Puentc-Tosnmo , Arevnllo , se mit, vers le 10 novembre , en communication avec Souham, par Medina-del- Cam po, poussa des avant-postes j u squ*à la Tormès , et reconnut 1 ennemi posté sur la rive droite , depuis Alba jusque vers Salamanmte. Décide à en venir aux mains, il coinbina l*attaque générale de manière à tourner Wellington par la droite , et à engager l'action sur le champ de bataille des Arapiles. Ces manœuvres, exécutées au milieu d*an épais brouillard , employèrent presque toute la journée (lu lf>. Vers le soir, le feu allait commencer, lorsqu'un violent orn<:e éclata, dont les Anglais profitèrent pour battre en retraite. On les poursuivit durant trois jours sans pouvoir les obliger à faire volte-face; ils regagnèrent ieùr camp entre TAqueda et la Coa;

fmis on entra , de part et d'autre , dans es quartiers d'hiver. Après le départ de Joseph, les troupes françaises qui occupaient le royaume de Valence se concentrèrent en avant de San Felipe, et se tinrent sur la défensive. Les Anglais, alors campés sous Alicante , crurent la circonstance favorable pour s*émparer de Dénia, et vinrent dâ^irp quer, dans la nuit du 4 au .'i octobre, au nouibre de 1,200 près de ce fort; mais le commandant français, par une sortie audacieuse, repoussa les assaillants jusqu'à leurs vaisseaux. Irrité de cette tentative, Suchetse porta lui-même, le 8, vers Alicante, pour offrir la bataille.

Elle ne fut point acceptée, et il rentra dans ses cantonnements, après quelques escarmouches de cavalerie, ou il eut toujours Tavantage.

Au comaienrement de l'année 1813, Tarmée française d'Espagne , par suite des désastres de Moscou gui obligèrent l'empereur à rappeler différents corps près de lui, se trouva réduite à 80,000 hommes. Wellington , au contraire , en avait plus de 190,000 , outre des nuées de guérillas. IVous n'avions pas eu,' en 1808, de motifs aussi graves pour nous retirer sur l'Iibre; mais le vain désir de conserver Madrid porta Joseph à étendre la ligne de ses troupes de{)uis les Pyrénées jusqu'au Taj^e. C'était faciliter à Wellington les moyens de terminer brusquement cette dernière campagne. Vers le 20 mai, quand la longue inaction des Français lui eut démontré

3u'ils étaient réduits à la défensive , il éboucha par Salamanque en même temps que son aile gauche , passant le Duero près de la frontière, ouvrait la communication avec les Galiciens, et se portait versZamora. L'effet de ce grand mouvement offensif fîit que Joseph fit évacuer successivement Madrid et Valladolid, et concentra ses forces sur la route de Burgos ; mais Wellington, continuant de manoeuvrer à sa gauche, passa le Carrion a Palencia , le 7 Juin, et, les jours suivants, prit position sur les deux rives de la Piucerga. On craignit d'être prévenu sur TÈbre; on détruisit le château de Burgos, et l'armée française rétrograda. L'aile droite , commandée par Foy , se porta en Biscaye; le centre, aux ordres de Joseph,, alla s'établir de Miranda à Pancorvo,et Clausel descendit jusqu'à Lo^roiio avec la gauche. Cette ligne offrait un point vulnérable que Wellington aperçut aussitôt. Il fit suivre, par son aile droite, le gros de l'armée française; lui-même, avec son centre et saf;'auche, se jeta au delà de l'Èbre par Saint - Martin et Ftientès-de-Arena , et pénétra dans le vide que Joseph et Foy laissaient entre eux. Il fallut reculer encore; mais , au lieu de gagner tout de suite les hauteurs de Salinas et de Mondragon ,' un aima mieux s'arrêter en avant de Vittoria, dans l'espoir de couvrir les trois grandes routes qui viennent^ aboutir, cd»

les de Logrono, de Madrid et de Bilbao. C'était , comme on voit , s'exposer à perdre la retraite sur Bayonne.

Dans la soirée du 20 , Wellington fît

L'UNIVERS. WFAClfE

reconnaître le front de la ligne française et résolut d'attaquer le lendemain.

11 attaqua, en effet, le SI , et fat viotorieux. Les Français ne furent que faiblement poursuivis dans leur retraite sur Pampelune ; néanmoins, ils ne cliercbèrent point à se rallier sous les murs de la place , et continuèrent leur route vers les Pyrénées. Joseph atteignit les

' gorges de Roncevaux et la vallée du Bastar ; Foy rentra ett France parirun et Tolosa ; Clausel , dont le corps n'était arrivé sous Vittoria que le soir de la bataille, voyant cette ville au pouvoir des Anglais, se retira précipitam> ment sur Saragosse , d'où il gagna le territoire français. Dans les derniers jours de juin, les allies prirent le fort de Pancorvo , assiégèrent Suint-Sébastien , et bloquèrent Pampelune. Napoléon était à Dresde lorsqu'il reçut la foudroyante nouvelle de l'évacuation de TËspagne. Sans perdre un instant , il envoya Soult, alors employé près de lui, prendre le commandement en chef des troupes de la frontière. Soult arriva le

12 Juillet à Rayonne, et prépara aussitôt un grand mouvement onensif, dont le but était de tourner la ligne delaBidassoa , et de dégager les deux places assiégées. Mais il se lit battre le 27 à Cubiry; il échoua à la fin d'août, dans an nouvel effort qu'il tenta pour secourir directement Saint-Sébastien, eut la douleur de voir cette place capituler le 8 octobre, puis celle de Pampeluue ie IS, et perdit en novembre et oéoem* bre, à la suite des sanglants combats d'irun et de Saint- Pierre d'Irube, les lignes de la Bida^soa et de la iNive. A la ii de Tannée, notre frontière des Pyrénées-Occidentales était envahie jusqu'à l'Adour par 100,000 soldats anglais, portugais et espagnols. Dans le toyaume de Valence , on resta inaettf iosqn'au mois d'avril, époque à laquelle les alliés y reprirent l'offensive comme sur les autres points de l'Espagne. Il n'y eut toutefois que de légers engagements à lécia , Biar , Castalla. Le 31 mai, les Anglais s'embarquèrent à Alicantc pour venir aborder sur les côtes de Catalogne , où , dès le 2 juin , ils insultaient la place de TarraRone. Ils furent remplacés pnr 15,000 Espagnols jque le duc d'Ll Parque amena de l'inté-

rieur, et que les lieutenants de Suchet parvinrent à repousser des bords de xuear, tandis que lui-même secowvit Tarragone. Après avoir dégagé cette place, le maréchal rentra dans le royaume de Valence pour y tenir téte à rarmée espagnole; mais, au milieu d'août, il l'évacua , en laissantgamison dans les places de la frontière, pour retourner en Catalogne (voyez ce mot), OÙ il était rappelé par de nouvelles entreprises des Anglais.

—En 1823, les Français franchirent de nouveau les Pyrénées, non plus avec des projets de conquête , mais pour relever le trône et l'autel, c'est-à-dire, pourdtiivrer le roi Ferdinand VII que lescortès retenaient prisonnier depuis la révolution de 1820. L'armée française, aux ordres du due d' Angouléme , 'forte d'environ 90,000 hommes , et divisée en cinq corps , commandés , le premier par le duc de Reggio , le second par le comte Molltor, le troisième pu* le prince de Hoheniohe, le quatrième par le maréchal Moncey , et le cinquième par le comte Rordesoulle, passa, le 7 avril, la Bidassoa. Pendant que les divisions Bourk et Concby se portèrent. Tune vers Saint-Sébastien , 1 antre vers Pampelune, Qu'on espérait surprendre, mais qu'il fallut assiéger régulièrement) le centre de l'armée, composé des premier, deuxième et cinquième corps, se dirigea sans obstacle vers Madrid. On trouvait partout des vivres , un accueil fraternel , la poputation dans rivresse, les villes ouverte*., les campagnes paisibles; et les défilés, jadis si redoutables à nos troupes, n'offraient plus que le spectacle des belles horreurs de leurs sites. Ce fut ainsi qu'on arriva successivenient à Tolosa le 10, à Villa-Réal le 11 , à Vittoria le 17. La il fut résolu de laisser le troisième corps pour assurer les derrl^s ; le reste des troupes formant deux colonnes, l'une sous le duc de Reggio , l'autre commandée par le prince généralissime en personne , continua à marcher vers la capitale, la première par Burgos et Valladolid , la seconde par Aranda et Buitrago. Les Français entrèrent à Madrid le S4 mai.

Pendant ce temps , le corps du maré* chnl >loncev avait pénétré en Catalogne par le port de Pertbus et par le col de

ESPAGNE

FRANCE. KHPAOlfE

Cortaja : on n'avait rencontré de résistance sur aucun point. Le fameux Mina B*étett replié au plus vite entre Caiter-

follit et Besnlo , sur la rive gauehe de

la Fltivia ; INIonrey , nprès avoir pris Roses, Figuieres, et investi le fort San- F ernaodo , s'était porté à sa rencontre, mais n'avait pa l*amener à une action.

Envoyant à sa poursuite les divisions Donnadieu , d'Éroles et Curini , il s'était lui-même dirigé vers Girone. La population était venue le recevoir à rentrée de la vilin, et il y nvait établi son quartier (général le 2 niai. On prit, sans plus d'opposition, possession de Paiamoi, de vidi, et de toutes les

fïlaces de la haute Catalogne. Partout es Fran(;,ais étaient nrfueillis à bras ouverts , partout la joie populaire éclatait de même, c'est-à-dire qu'on brisait en mille pièces les pierres de la constitution, qu'on insultait aux libéraux, et que la présence seule des troupes française empêchait qu'on n'en vtnt des in^ suites aux actes de la plus odieuse cruauté. Sous ce rapport , la Biscaye , l'Aragon et la Castiile offraient le même tableau que la Catalogne. Bientôt com^ mença, dans cette province, une guerre de partisans dont il est impossible de suivre les marches et les contre- marches. Quelques actions particulières ) oomme celles de Borrada et de Gastel* torsol , qui se font remnrqiipr dans la confusion des récits , furent plus brillantes que décisives. Mina , le principal chef des bandes, autour de qui nos gë* néraux manœuvraient continuellement, et qu'on disait toujours près de tomber entre les mains des Français ou des Espagnols royalistes, échappait aux uns, liattaitles autres, les fiittguait tons fmr des mouvements imprévus , et réussissait a les tenir en échec pendant que ses lieutenants faisaient d^audacieuses diversions sur la côte de Barcelone.

Lorsque le duc d'Angoulême entra à Madrid, les cortes en étaient sorties depuis près d'un mois, et avaient emmené «▼ee eux Ferdinand VU à Séville.

Sans perdre de temps , le prince généralissime foruia deux colonnes mobiles :

l'une , de 7,000 hommes , comn>andée par le comte Bordesoulle, eut ordre de se porter sur la capitale de l'Andalousie par Arai^juez, la Manche et Cor-

doue; l'autre , de 8,000 hommes , sous le comte de Bourmont, devait se diriger par Truxilio sttr l'Bstramadure, et, opérant ensuite selon les circonstances, soit :narcher sur Badajoz (si les cortès V faisaient transporter le roi ), soit re« joindra la première eolomie sont Sdville. Ces deux corps eommenoèrent leur mouvement le 1 " juin , et n'éprouvèrent d'autre contrariété que celle de ne pouvoir joindre assez souvent l'ennemi , dont toute la tactique consistait à éviter les actions; mais le joindre c'était le vaincre. Dans l'intervalle, les cortès ne jugeant plus le roi en sûreté à Séville, l'avaient conduit à Cadix ; oe fut donc vers cette place que les [généraux Bordesoulle et Bourmont dirigèrent leurs colonnes. Ils arrivèrent, du 94 au 37, en vue de ses remparts, et l'investirent sur-le-champ. Le siège, toutefois, ne fut mené avec vigueur que dans la secoude quinzaine d'août, après l'arrivée du due d'Angoulême, car, dès lors, l'effectif des troupes, jusquelà insuffisant, monta à environ 30.000 hommes. Pendant ce temps , on pénétra dans les Asturies , puis en Galice , et l'on s'empara du Ferrol et de la Coro« gne. On continua le blocus des places laissées en arrière, Pampelune, Saint- Sebastien , Santona , San-Ander, San- Femando, Hostalrich. En Catalogne, Mina , avec des colonnes de dru\ , trois, guatre mille hommes, ne cessait de faire des excursions hardies, aventureuses, entre Tarragone, Lérida, la Seu-d'Urgel et Figuières. Ces villes forment un quadrilatéral où il échappait à toutes les combinaisons tentées par les lieutenants de Monoey pour l'envelopper et le réduire au comnat. Il ravitaillait les places qui tenaient pour lui, mettait les autres à contribution, inquiétait toutes tes divisions à sa poursuite , allait répandre Talarme jusque sur le territoire français , et venait , à la lin de juin , se jeter dans Barcelone. Après l'investissement de cette place (8 juillet) , on marcha contre les corps de INlilans et de Llobera qui occupaient la rive droite du Bezos. A l'approche des troupes françaises , ils se replièrent sur Molins del ney et Murtoreil , d'où ils furent chassés avec de grandes pertes; après quoi on les poussa successh

veinent sur Villa Franca , Igualada , Castel Oli , Jorba , Cervera , et eniin Tanragone. Pendant que le quatrième corps raUait une guerre si pénible et si

peu df^cisive , le deuxième avait établi ses communications avec lui , débloqué MeqainehEa , laissé des troupes' pour observer ou bloquer les places de Le-

rida, Mouzon et Tortose; puis, entrant clans le royaume de Valence au commencement de juin , Jl n*y trouva guère plus de résistance qu'ir n*en avait éprouvé en Aragon. Rallestems, qui s'y était rendu avec 15,000 hommes, pressait alors le siège de Sagonte, citadelle de Murviedro. A Tarrivée des Français if se retira préci{)itnrninent sur Valence, puis sur Alcira, Murcie, Lebrilla, Grenade, Huelma , entin dans les montagnes escarpées de Campillo d*Arenas , oà il essuya, le 27 juillet, un grave échec, à la suite duquel il négocia sa soumission. Dès qu'on apprit à Cadix la défection de Ballesteros , le célèbre et infortuné Riégo, qui était commandant en second des troupes de ce chef, reçut l'ordre de se rendre à son poste, et, s'il ne pouvait ramener Ballesteros lui-même à la cause constitutionnelle, d'entraîner du moins ses soldats ; puis, les réunissant aux corps épars dans l'Estramadure , d'opérer sur les derrières de l'armée française de façon à faire lever le siège de Cadix. Riégo , qui était fians cette ville, échappa sur un petit l)à liment à la surveillance de l'escadre française , passa à Gibraltar, et de là à INlalaga , où il débaruua le 17 août. Il en partit le 3 septembre avec près de 3,000 hommes dont Zayas lui céda le commandement, et longea la côte jusqu'à Nerja. Franchissant ensuite les Alpujaras, montagnes qui semblaient inaccessibles, il gagna la ville de Grenade , aux portes de laquelle il eut un léger engagement avec le 20*" de chasseurs français, n'en poursuivit pas moins sa route, et atteignit le 10, près de Priego, les cantonnements de Ballesteros. Il ne put rien obtenir du chef

ni des soldats Alors, voulant sans

doute gagner la Sierra-Morcna , puis la route de Gatalop;ne , il se porta sur Jaên. Arrivé le 12 , il en sortit le 18, à rapproche du général Bonnemaiu, pour prendre position sur des hauteurs der-

ESPAGNE

rière la ville; mais le jour môme il fut chassé l'épée dans les reins jusqu'au delà de mandia-Réal. Le lendemain

Biégo se porta sur Jodar, et y essuya

une déroute complète; le soir, il fuyait déguise , quand des paysans le reconnurent et I arrêtèrent. Mené à Andujar, au quartier général du duc d'Angou-

leme, puis h Madrid , il y fut supplicié le 3 octobre, quelques jours avant que Ferdinand VII y rentrât triomphalement.

I,a révolution espagnole paraissait vaincue avec celui qui en avait donné le signal et dans qui elle avait été pour ainsi dire personnifiée. Il ne lui restait de ce coté que deux pinces, Alicante et Carthagène. iVIais la Catalogne offrait toujours une résistance et des ressources qui dépassaient toute prévision.

Non-seulement Barcelone, Figuières, la Seu-d'Urgel , Hostalrich, I.érida et Tarragone continuaient à tenir bon, mais £es nimisons de tontes ces places faisaient de continuelles sorties qui ne laissaient pas un instant de repos aux troupes françaises. Toutefois les combats de LIado et de Lters , dans le courant de septembre, portèrent de terribles coups à Tennemi. Pendant le même mois, en Psavarre et en Biscaye, les affaires prirentaussi une tournure favorable.

Santona, Pampelune, Saint-Sébastien capitulèrent ; tout le nord de l'Espagne fut soumis , et le cinquième corps put passer en A ragon où il devait assiéger Lérîda et appuyer les opérations de Catalogne. Mais il n'en eut pas le temps; les affaires de Cadix allaient avec une rapidité qui termina bientôt toutes les autres. L arrivée du duc d'Angouléme , avons-nous dit , imprima ime grande vigueur aux travaux de siège. Le 31 août, nos troupes, avec un courage sans égal, enlevèrent le Trocadéro, position des plus importantes en ce qu'elle défendait l'entrée du port intérieur. Le 23 septembre, le contre-amiral Dupcrré, qui bloquait la place du côté de la mer, y jeta 300 bombes ou obus qui mirent le feu à quelques maisons. I^e 28, tout était prêt pour un assaut général qui devait être donné le lendemain; mais k» Gortès, perdant l'espoir de résister davantai;e , rendirent au roi le pouvoir absolu et la liberté, et se déclarèrent

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