SU
Léopcdd, princesse entièrement dévouée
à la maison d'Autriche, et qui avait su
{rendre un grand empire sur son mari.
I était temps de songer à Théritage du roi d'Espagne.
Depuis 1068, la situation de rFurope était bien changée. Le nonibrti des compétiteurs à la succession d'Espagne 8*était aocra |>ar la naissance du prince électoral de Bavière, petit fils de l'infante Marie-Marpuerite, sœur de la reine de France Marie* Thérèse, et qui n*avait pas, comme cette derniore, été contrainte de signer un acte de renon* dation au trône d'Espagne.
Le système et les vues de l'Empereur 8*élaient aussi considérablement modifiés. Depuis 1668, il avait eu de Fin* fante Marie-Thérèse une fille nommée Marie-Antoinette , qui avait épousé en 1685 rélecteur de Bavière; et de la princesse Éléonore de Neubourg, deux fils, l'archiduc Joseph et l'archiduc Charles. Alors il entra dans le système de la légitimité des renonciations, et ne reconnut aucun droit à Louis XIV du chef d'Anne d'Autriche, et au dauphin du ehcf de [Marie-Thérèse ; de plus , par sa mère Marie-Anne, qui descendait de Philippe m , et n'avait fait non plus .aucune renonciation , il se croyait l'héritier unique et léf^itime de Charles II; mais il comptait abandonner cet héritage à son second iils, l'archiduc Charles.
Charles n fit un testament en faveur du prince électoral de Bavière; mais l' Empereur parvint^ à force de persécutions , à faire déchirer cet acte. Il demanda ensuite <|ue son fils, Tardiidue Charles, fût appelé en Espagne en qualité d'héritier présomptif de la couronne; mais Charles II se révolta contre ces prétentions. Ce fut le moment que Louis XIV choisit pour disposer de la succession du roi d'Espagne sans le consulter. Il s'adressa aux puissances qui s'étaient montrées le plus hostiles envers lui : celles-ci comprirent qu'il valait mieux lui indiquer le lot qu'elles consentaient à lui accorder dans cette succession, que de lui laisser prendre lui-même ce qu*il eo voudrait. .
En conséquence, le 11 octobre 1698, un traité de partage fut signé à la Haye par les plénipotentiaires de la Grande-
Bretagne, des Provinces-Unies et de Louis XIV. Par ce traité , les États de Charles n étaient partagés de la manière suivante : le prince électoral de Bavière devait avoir l'Espagne, les Indes, les Pays-Bas et la Sardaigne; le dauphin de* France , les royaumes de Naples et de Sicile , les ports qui appartenaient aux Espagnols sur la côte de Toscane, le marquisat de Final et le Guipuscoa; enfin 1 archiduc Charles, le Milanais. Ce traité, qui fut loin de convenir à la cour de Vienne,' révolta l'org^iieil espagnol, et Charles II en revint a sa première résolution, et institua, par un testament nouveau, le prince électoral de Bavière pour son héritier nniverael. Mats ce nouvel acte fut inutile , car ce prince mourut le 8 février 1699, si à propos pour la maison d'Autriche, que sa mort lui fut attribuée,
liCS signataires du premier traité de partage en négocièrent alors un second, qui fut signé à Londres le 2.5 mars 1700, et divisa la succession entre les deux puissances qui y étaient seules io« téressées, la France et l'Autriche. L'Espagne, les Indes, les Pays-Bas, la Sardaigne , furent donnés à l'archiduc Charles. Le dauphin , outre les possessions qui lui avaient été précédemment accordées, obtint les duchés de Lorraine et de Bar ; en échange de ses États héréditaires , le duc de Lorraine devait avoir le Milanais. Si ces arrangements ne créaient pas une nouvelle dvnastie française, ils avaient du moins f'incontestable avantage d'étendre les possessions de la France , de placer dans le Milanais un prince isolé , et de donner à deux princes différents de la même maison les monarchies d'Espagne et d'Autriche, primitivement concédées à un seul.
Louis XIV négocia auprès de tous les États de l'Europe pour faire ratifier ce traité. U fit surtout tous ses efforts pour le faire accepter par Charles II , et pour engager l'Empereur à se contenter du lot qui lui avait été attribué.
Mais , comme il s'y attendait, il ne put réussir.
« Quant à Charles II, il avait appris
ce nouvel attentat contre sa succession avec autant de douleur et d'indignation qu'il pouvait en entrer dans son âme
MO ESPAGNE L'UiM\i:RS. ESPAGNE
sans; force. Il espéra remédier à ce nouveau partage par un testament nouveau, fet éviter le oémembrement de sa monarcbie en la transmettant à un successeur unique. Mais quel prince désigner
• pour être ce successeur? Il hésita
quelque temps , mais il se décida enfin pour la résolution la plus nationale. Il y fut poussé par le parti espniznol, à la téte duquel était le eardinal Porto-Carrero. Ce parti ne voulait pas la division de la monarchie, qui Faurait profondément humilié, et qui , de plus, Taurait privé de ces vice-royautes eonsidéraples et de ces nombreux conseils de Flandre , des Indes , dltalie , qui seuls entretenaient encore la grandeur et Tactivité de la noblesse. Il détestait les Autrichiens, parce qu'ils étaient depuis longtemps en Espagne. Il aimait les Français, parce qu'ils n*y étaient pas encore. Les uns n vaient eu le temps de lasser pnr leur doniination , tandis que les autres avaient été servis par leur éioigneqnent même.
« A ces sentiments de haine ou de sympathie , qui jouèrent plus tard un si grand rôle dans la guerre de la succession, se joignaient un attadiement réel pour la loi fondamentale et Topinion arrêtée que la France seule serait en état de défendre Tintégrité de la monarchie........
« Charles II sentant approcher sa fin, excité par le cardinal Porto-Carrero , ayant x<M\r à tour consulte le conseil d'État, le conseil de Castille, les principaux membres du clergé et le pape , qui se prononcèrent tous dans le nicme sens, à l'insu de la cour de France, qui n'y contribua ni par ses démarches ni par ses désirs, ^11 signa, le 3 octobre 1700, cinq mois et demi après le second traite de partage, le fameux testament par lequel il instituait le duc d'Anjou, deuxième fils du dauphin, son héritier universel. A défaut du duc d'Anjou , il appelait au tr/îne d'Espagne le duc de Berry ; à défaut du duc de Berry, l'archiduc Charles , et à défaut de rarchiduc Charles , le duc de Savoie. Vingthuit jours après il mourut.
<v Le testament fut aerueilii en Espagne par une approbation universelle; mais on nW était pas sans inquiétude sur la dédsion que prendrait la oourde
France. On ne savait pas si Louis XIV acceptait tou^ la monarchie pour son petit-fils, ou s*il s'en tiendrait aux provinces ^ue le traité de partage en avait
déta<hées pour lui-même. Ce prince avait eu connaissance du projet de testament par le cardinal Jansun, qui en avait été instruit à Rome, et par les confidences soucieuses' que les j)rincipaux Espa^^nols avaient adressées a M.
de Blécourt, son chargé d'affaires à Ma* drid , en Tabsence du marquis d*Harcourt. Celui-ci, redoutant l'effet du second traité de partage, s'était prudennnent retiré de Madrid, et quelques mois après il avait été envoyé à Bayonne, où il attendait, à ki Uhe d*un corps d'année, l'ouverture de la succession «l'Fspa^ne. Quoique Louis XIV^ connût le fond du testament , dont il ignorait toutefois les substitutions, il était disp )sc .'1 exécuter le traité de partaj^e. Ses aniirt's étaient préparées, et il avait dénia iide au.v états de Hollande et au roi d'Angleterre le secours en vaisseaux et en soldats qui pouvait lui être nécessaire pour se mettre en possession de son lot.
«( Telle était la situation des choses
et des esprits lorsque te testament dé
Charles II arriva , le 9 novembre , à Fontainebleau , où se trouvait eu ce moment la cour de France. Louis XI>^ assembla un conseil pour discuter ce qu'il fallait faire. Quatre personnes seulement y assistèrent avec lui : le dauphin , connue père du duc d'Anjou \ le duc de Beauvilliers , président du conseil des finances et fiouverneur des enfants de France; le marquis de Torcy, minisire des affaires étrangères ; et le chancelier Ponichartrain. n s*a^issait de prendre la plus grande résolution du siècle. Louis XIV avait à choisir entre une couronne pour son petit-Uls, ou un agrandissement de ses État^ soutenu par i'Europe , entre l'extension de son système au delà des Pyrén< t^s et f!es Alpes, par rétablissement d'une branche de sa maison en Espagne et en Ita* lie , et une extension de sa puissance ; entre riionnenr de la royauté et l'avantnîie de son royaume; entre sa famille et |a France. Les deux resolutions pouvaient amener la guerre , mais , dans on cas, courte et d'un succès infaillible i
ESPAGNE
FRANCE
ESPAGITE
dans l'autre , d'une durée et d'une issue également incertaines.
« Tôrc'y, qui prit le premier la parole, se prononça pour l'acceptation du testament..:.. Le duc de Beauvilliers émit un avis contraire ; il fut pour le partage et contre le testament. L'acceptation du testament lui parut être la guerre avec toute l'Europe , et la ç;uerre avec toute l'Europe , la ruine de la France. Le chancelier Pontcliartrain résuma les opinions différentes sans oser en embrasser aucune. Le dauphin, poussé par l'amour paternel et sensible à la gloire d'être fils et père de roi , parla sans hésitation en faveur du testament.
Louis XIV, longtemps silencieux , décida. Sa décision , qui renfermait tant de revers pour lui et de si longues agitations pour rpAirope, resta trois jours secrète ; il la prit avec cette grandeur calme qui lui était naturelle. Il l'annonça en ces termes au duc d'Anjou , en présence du marquis Castel dos Rios , ambassadeur d'Espagne : « Monsieur , le « roi d'Espagne vous a fait roi. Les « grands vous demandent , les peuples « vous souhaitent , et moi j'y consens. « Songez seulement que vous êtes prince n de France. « Il le présenta ensuite à sa cour, en disant : « Messieurs , voilà « le roi d'Espagne. » Tout était décidé.
« Cette résolution causa l'enthousiasme des Espagnols. Ils accueillirent, comme le sauveur de leur monarchie, Philippe V , qui se sépara de son aïeul le 4 décembre , et fit son entrée solennelle à Madrid le 21 avril, au milieu des acclamations populaires. Mais le reste de l'Europe n'apprit pas cet événement saris surprise et sans effroi.
L'Angleterre , la Hollande et la plupart des aiitres États ne virent aucune différence entre la domination du duc d'Anjou et celle de Louis XIV. Quoique cette domination fût distincte, l'intérêt de famille leur parut devoir confondre la politique des deux pays. Louis XIV% dont la puissance leur semblait déjà si redoutable, l'ambition si immodérée, les procédés si hautains... prépara le soulèvement entier de l'Europe contre lui par l'acceptation du testament. Il violait non-seulement son traité avec l'Angleterre et la Uollande, mais encore les paroles données à tous les princes
dont il avait vivement sollicité l'adhésion à ce traité (*). »
Ce fut en vain que Louis XIV essaya de justifier le parti qu'il prenait, et de le présenter comme un sacrifice fait par la France au repos de l'Europe, comme un moyen plus sûr que le traité de partage dfe conserver la paix du monde.
L'Empereur se prépara à la guerre; l'Angleterre et la Hollande assuraient pourtant encore Louis XIV de leurs dispositions pacifiques , quand celui-ci , par la reconnaissance du fils de Jacques II comme roi d'Angleterre , et en aéclarant que Philippe V conservait les siens au trône de France , obligea ces deux puissances à se joindre à ses ennemis. La paix fut enfin rompue en 1701. On sait que la guerre qui commença alors fut terrible et acharnée , et qu'elle ne fut terminée que par le traité d'Utrecht, en 1713 , traité où fut établie , comme l'une des règles fondamentales du droit européen, la séparation perpétuelle des deux monarchies de France et d'Espagne , et par lequel Philippe V fut obligé de renoncer aux Pays-Bas, au royaume de Naples, aux ports de Toscane , au duché de INIilan , a la Sardaigne et à la Sicile, et de céder en outre aux Anglais Gibraltar et Minorque.
« Cet acte final , dit en terminant sa belle introduction l'éminent historien
3ue nous avons déjà cité , cet acte final e la lutte engagée depuis deux siècles entre la France et l'Espagne consacra le triomphe du peuple auquel l'avantage de sa position et I activité permanente de son esprit assuraient la supériorité sur l'autre. Il provint de la toute-puissance des causes générales, quoiqu'il parût amené par des causes secondaires de succession et de dynastie. Le droit de la France sur l'Espagne sembla si naturel, qu'il fut universellement admis. Avant l'ouverture de la succession, l'Europe, malgré ses craintes, lui en décerna une partie ; au moment de cette ouverture, le dernier descendant espagnol de Charles-Quint la lui abandonna tout entière. ^ " • ' « L'établissement d'un prince fran-
(*) Mi^net, Introduction aux négociations relatives a la succeuion d'Espagne, p. loxxv
SIS KPAOHB
Sig dans la Péninsule lui acquit Tainiîflt la mit dans les voies de la France. Le paete de famille fit vivre souç la même politique les deux pays que Louis XIY avait voulu placer un'jour sous la mémeeouronne; il entretint ta sécurité de Tun et contribua à la régénération de l'antre. Sous cette influence, l'Espagne , en moins d'un siècle, améliora son agriculture , rétablit sa marine , réorganisa son armée, doubla sa population. Ce changement ne fut cependant pas complet; il s'arrêta à l:i surface du pays, et ne pénétra pas dans ses entrailles. Mais lorsque la France eut été entièrement for niée par la royauté , lorsque l'unité monarchique l'eut conduite à Tunité nationale, lorsqu'elle fut sortie des ruines du passé avec un esprit nouveau , et qu'elle eut opéré sa grande révolution pour adapter son gouvernement à son état social, elle alla renouveler et étendre en Espagne , par l'action de ses idées, le mouvement qu'elle y avait imprimé un siècle auparavant par i'introductiou de sa dynastie. « •
Mais Philippe V oublia bien vite les leçons de son aïeul. Au lieu de s'attacher de plus en plus fortement à la France pour résister aux projets de rAutriche et de l'Angleterre, il fit de l'opposition au duc d'Orléans , voulut lui enlever la régence , et le força ainsi à se jeter sans reserve dans les bras de 1* Angleterre. Cette conduite iinpolitique et anti nationale des deux cotés favorisa, pendant toute la durée du siècle, l'immense développement que prit la puissance maritime des Anglais.
Albéroni, à peine devenu cardinal et ministre de Philippe V, avait songé à reconstituer l'Espagne telle qu'elle était sous les fils de Gnarles- Quint; pour cela, il fallait d*abord Ôter la régence, au duc d'Orléans , puis rétriblir les Stuarts , humilier l'Autriche et reconquérir l'Italie. Ces vues ambitieuses dé* terminèrent la France, l'Angleterre, l'Empereur, et, quelque temps après , îa Hollande , à former contre l'Espagne la ligue qu'on nomma la quadruple alttance , et par suite de laauelle , le 26 janvier 1719, la France déclara la guerre a l'Espagne. Partout les plans |(igantesques d'Albéroni échouèrent : la
conspiration de Cellamare fut découverte {*) \ la noort de Charles XII le priva de son meilleur appui ; les Anglais
commençant, suivant leur habitude, les hostilités quand leurs ennemis se croyaient en pleine paix , détruisirent la marine de l'Espagne, dont le rétablissement avait coilté plus de cinquante millions; enfin une armée française s'empara de Saint-Sébastien et de Fontarabie. Philippe Y, environné de tant de dangers, disgracia son ministre, le 5 décembre 1719; Albéroni se retira en Italie. Le 17 février suivant, le marquis de Peretti-Landi, ambassadeur d'Espagne, signa à la Ila^e l'accession de son maître à la quadruple alliance, accession qui termina la guerre. Pour cimenter la paix , Philippe fit conduire à Paris l'infante Marie-Anne-.Victoire , sa fille, qui n'avait pas encore quatre ans, et qui était destinée à Louis XV. Dans la même année, mademoiselté de Montpensier, Glle du régent, épousa le prince des Asturies; et I année suivante, mademoiselle de Beaujolais , autre ûUe du même çrince,fut accordée à don Carlos, fils aine de la reine d'Espagne.
Les rapports de la France et de l'Espagne ne présentent rien de remarqua- Lie depuis cette époque jusqu'au second avènement de Philippe V, qui, nyant abdiqué en I7'J4, remonta la même année sur le trône, devenu vacant par la mort de son fils. L'infante Marie- Anne-Vietoire ayant été renvoyée à son père en 1725,* ce procédé insultant amena une rupture dont l'Angleterre sut habilement proUter. Par représailles, Philippe V, de son cdté, renvoya la
f princesse de Beaujolais, donna ordre à 'ambassadeur de France de sortir de ses États , et conclut avec l'Empereur un traité de paix qui causa de vives alarmes aux autres puissances. Mais après quelques hostilités entre l'Espagne et l'Angleterre, le cardinal de Fleury
{>arvint a faire consentir l'Espagne, 'Empire et la Russie d'une part, la France, l'Aneleterre, la Hollande et la Prusse de l'autre, à signer à Paris, le 31 mai 1 7 27 , les préliminaires d'un traité de pacification, et à renvoyer à un congrès, qui devait se réunir à Soîsaons^
(*) Toy. C«M.AIIABK.
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ESPAGNE FRATiCE. ESPAGNE 513
In discussion de leurf^ intérêts respec- 'nenient espagnol avait accordé d^crrinds tifs. Le congrès, ouvert en 1728, fut privilôi^'es , allèrent, en 1767, coloniser rompu Tannée suivante par suite de les déserts de la Sierra-Morena et de iKmvesmx airaDgements , d'après les- TAndaloosie. Ce gouvernement avait à quels l'Kspnirnp, la France et l'Angle- cœur de se venger du désastreux traité terre signèrent à Séville, le 9 novem- de Paris. L'indolence de Louis XV, qui bre, un traité auquel accéda ensuite la craignit qu'une guerre ne vint troubler Hollande^et qui garantissait àPhilippeV ses honteux plaisirs, pnt seule Tempéla souveraineté des duchés de Toscane, clier de donner suite à ses projets contre de Parme et de Plaisance. l'Angleterre, avec laquelle il avait déjà
L'Espagne s'étant ensuite de nouveau commencé , en 1770, des hostilités qu il décidée à rompre avec l'Autriche, re- fut, l'année suivante, obligé de desa* chercha l'appui de la France, et conclut vouer. La France et l'Espagne fixèrent avec elle, le 25 octobre 1733, une ligue par un traité, le 3 juin 1777, les limites
?ui fut bientôt suivie d'hostilités contre de leurs possessions dans l'île Saint- Empereur. La guerre ne fut terminée Domingue. que par le traité de Vienne, dont les Durant la guerre de Pindépendanoe conditions furent imposées par les alliés, américaine , l'Espagne s'effori^a de con- Les résultats les plus importants de server la neutralité, et pendant près de oette'paix furent, pour la France, la buit mois jona le rôle de médiatrice ceisaion delà Lorraine à Stanislas, et entre les parties belligérantes. Mais les celle du royaume de JMaples aux fionr- engagements du pacte de famille, le vœu bons d'Espagne.. général de la nation et les provocations
Quelques années plus tard , lora de la des Anglais , la forcèrent enfin de rom-
guerre pour la succession d'Autriche, pe les négociations et de prendre part Philippe V, désirant acquérir pour un a la guerre. Les deux pays conclurent
autre de ses tils, don Philippe, un éta- à Aranjuez, le 12 avril 1779, une con-
blissement en Italie , se joignit encore à vention par laquelle la France garantit à
la France. Louis XV se trouva alors l'Espagne la restitution de Gibraltar, de
précisément dans la méine position que Minorque, du fort de la Mobile et de
Louis Xrv à la fin de son règne; il sou- Pensacola, et le 16 juin de la même
tint seul , avec l'Espagne, la lutte contre année, Charles III déclara la guerre à
tontes les autres nations européennes. l'Angleterre. P^ant tout le cours de
Le traité d'Aix-la-Chapelle termina enfin la guerre, il nous prêta une vigoureuse
la guerre, en 1748, et remit l'Europe a assistance. Les préliminaires de la paix
peu près au point où elle était avant le furent signés à Versailles, le 20 janvier
commencement des hostilités. Lorsque 1783, et l'île de Minorque resta à l'Es-
commença la guerre si désastreuse pagne, qui obtint en outre la Floride
connue sous le nom de guerre de sept orientale et conserva la Floride ooci- |
anSj le nouveau roi d'Espagne, Char- dentale. ' les in, garda d*abord la neutralité. Il L'assemblée nationale, cherchant à
ne prit part à la guerre qu'après la si- prévenir les craintes que les réformes
gnature du célèbre traité connu sous le opérées en lYance en 1789 pouvaient
nom pacte dejamille (voyez ce mot), inspirer au delà des Pyrénées, décréta.
Par ce traité (15 août 1761) , toutes les le 96 aottt 1790, que le roi serait prié
branches de la maison de Bourbon s'ti- de resserrer avec l'Espagne des liens
nissaient par une étroite alliance pour utiles aux deux nations, et de disposer
contre-balancer la prépondérance de r An- une flotte de quarante- cinq vaisseaux
gleterre. Le 4 janvier 176S, l'Angleterre pour secourir son allié, menacé alors
déclara la guerre à l'Espagne. Le traité par l'Angleterre, en prenant toutefois
de Paris (10 février 176ft) mit fin aux les mesures convenables pour assurer le
hostilités. maintien de la paix. Mais Charles IV
Depuis cette époque , la France fut le craignant pour son pays l'invasion des
pays qui eut sur l'Espagne la plus princi|>es révolutionnaires, établit en
grande influence. De nombreuses fa- 1791 , sur ses frontières, un cordon de:
milles françaises, auxquelles le gouver- troupes destinées à cnapécbei* le passage^
T. VII. 33* lÀvraitim, (Dict. sncycl., btc.) 33
«SPA6NE
L'UNIVKHS.
des Fran<jais dont le nom, la conduite* et les opinions ne seraient pas suffisamment connus; et pour qu'on ue pût mettre en doute ses intentions pacifiques, il fit informer T.ouis XVI OU ¥é^ ritabie but de cette mesure.
• Mais bientôt la démocratie triompha en France; lei relations de notre paya avec TEspagne prirent alors un caractère d'aigreur et d'hostilité; puis cette dernière puissance, conformément à un plan dé coalition «rrélé-à Mantoue te 20 mai, B*engagea à rassenibler vingt mille hommes sur les frontières méridionales de la France. Ënliu, une rixe survenue au mois de juin suivant, entre les Basques et les Espagnolii pour l'exploitation d'une foret, servit de prétexte aux troupes espagnoles pour taire invasion dans les vallées U'Aspe et de Baralon, et dans le pays de Soiile« et
f)Oussa au dernier degré rtrritatîon entra es deux gouvernements.
D'un autre coté, des mesures de plus en plus Tifiioiireasea étaient prises en Espagne à l'égard des étrangers, et surtout des Français. Quelques troubles ayant éclaté le 20 juillet a Barcelone, à l'occasion d'undécâietdu gouTernement, lé consul fran^is fut arrêté sous prétexte de propos indiscrets tenus par lui , et conduit hors des frontières. En même temps , la cour d'Espagne accueillait sur les frontières de la Catalogue les émigrés tV.inrnis (*), suspendait toutes relations politiques avec rnml)assadeur de France, envoyait a son ambassadeur à Paris Tordie de voyager , enfin prohi*
(*) Ils étaient obligés, en entrant en E»pagne , de pràter le s«^rmeat suivant : « Je « jura, foi de geolîlkoaiine, d'être fidèle M
* roi d'Espagne, et je déclare que je |)rofess€ « la reUgion catholique, apostolique et ru- « maioe. Je jure, en outre, que tant que je « serai dent le» ÉteUde S. M. C., je serai « soumis comme ses autres sujets aux fri!)ii- •* naux ordinaires, sans prétendre recourir à « auemi mtn for étranger. Je promets enfin « de n'entretenir, sur les affaires de France , « aucune correspondance directe ou indi- « recte. » On leur assi^'ua d'abord une solde qoi fut l)ienlAtsQppriniéc ; au reste, ila-ftiraill en quelque sorte gardés à vue, et ne commen* cèrent à iouir d'un peu plus de liberté , et ne farertjfak^à ptwidie du aarviee ^bo» Vuv
hait , sous les peines les plus sévères , l'introduction et la circulation dans ses États des journaux français e( des écrite révolutionnaires, < v • <• . ^
L'entrée au ministère du comte d'Aranda, partisan des idées françaises,
Spporta cependant quelques modifîcaons aux menores pféoéiMniQieBt adoptées; déddé à gardw une «nete nei»> tralité , ce ministre ne conserva sur la frontière des Pyrénées qu'un cordon de troupes nécessaires pour faire respecter le territoire espagnol ; les gazettes et les hroehures françaises furent tolérées; les Français en uniforme purent porter I9 cocarcle tricolore; enlin les émigrés coi^ timièrent à être accueillis , mais 8M19 mi'on leur promit de cooibftttre la wse
de la révolution.
Mais, malheureuse;nent, les puissaor ees étrangères et les princes français parvinrent, par leurs intrigues, à faire renvoyer le comte d'Aranda , et dès lors le parti antifrançais l'emporta dans les oonaeils du roi. Ce prince fit les dénuup? ches les plus pressantes pour sauver Louis XVI ; il ouvrit à ce sujet une négociation avec les républicainst^ '\\ autof fisa même son chargé d'affoises -k Paris, le chevalier d'Oeariz, I disposer de trois millions pour corrompre les membres les plus influents de la Convention. On sait quel fut le résultat de ees intrigues. Lorsque Louis XVI eut été exécuté, Charles IV ordonna à sa cour un deuil de trois mois, rappela son charge d aflairei» a Paris, et se disposa à la guerre« Le comte d'Aranda , qui voulut s'y opposer, fut exilé à Jaêo.
Un décret royal, promulgué le l'"; mars de la même auuee , enjoignit à touji les Français, les prêtres et les émigiéf exceptés, de quitter leur résidence sous trois jours et l'Espagne sous vingt jours; et aussitôt tous ceux de nos conipatriotes <|ui se trouvaient alor» m Espagne furent en butte aux plus affreux ses persécutions. Enfin, le 7 mars, la Convention déclara à son tour la guerre à Charles IV, qui, de son cété, publia, le 23 mars, un manifeste contre In France. Un décret du 25 du même mois prohiba , sous les peines les plus sévères , tout commerce avec la répuhlt* que, et la guerre commença le 81 inars par l'eatiée deaFx«liiçais en CMogna.
BlFâttVB kiU
(Voyez Eiviomi [guerres de] et Cai^*
La paix fut enfin »gnée à Baie , le 22 jttUlet 1T06 (voyet Balk [traité de]).
< Ce^traité fat flfielement exécuté, et les meilleures relations s'établirent alors entre les deux gouvernements. Les émigrés français te trouvaient an service de ^Espegne furent envoyés à Cadix ; et dans une discussion qui s'éleva entre les consuls de France et d'Angleterre, relativement à la vente, dans le pett 4e GmIIx , d'un eonvoi anglais de quarante-neuf voiles qui y avait été amené par une escadre française, au pouvoir de laquelle il était tombé, le fd éon» gaio de cause à la France; et le m am 1796, l'ambassadeur de France, Pérignon, et le prince de la Paix signèrent, à Saint-Ildefonse, un traité d'alliance offensive et défensive uniquement dirigé contre l'Angleterre, à laquelle enfin Charles IV déclara la guerre le 5 ortobre suivant.
Depuis cette époque, les mesures les plua menveillantes furent adoptées à l'égard de la France. Ainsi, sur les plaintes des agents de la république, un décret du roi, en date du mois d'avril 1798 , expulsa de la Péninaole tous les émigrés français, prêtres, déportés, réfugiés, etc. Un ordre serret du même prmce enjoignit aux évêques , au mois de juin suivant, de ne pas souffirir qu'on parlât des Français en chaire; enfin , dans le même mois de l'année suivante, le conseil de Castille ordonna de nouveau, sur les représentations du gouvernement français, à tous les émi* grés de s'éloigner sous dix jours des ports et places maritimes de TEspatîne, et de se retirer à quarante lieues de distance dam rlnténeof des terres. Le mauvais état des finances de l'Espagne, les surrès des Anslais, les déclarations de guerre de la Russie et de la Porte ottomane, rien ne put engager Charles Vf à renoncer à l'alliance de la France, à laquelle i! se plaisait à donner les témoij^nages les plus éclatants de son amitié et de ses synipathiei». C'est ainsi que Pou vft arriver a Paris ^ le il novembre 1800, un présent magnifique de vingt chevaux andaloiis, envoyés par lui au premier consul Bonaparte, qui iPaillenra ne Ainiiun pas ùi reste avec
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lui , et profita de sa bienveillance pour lui faire embrasser tous ses projets contre l'Angleterre. Eu effet, au mois de juin 1801 , conformément à on traité conrlu entre les deux L'ouvernements , quarante mille Espagnols entrèrent sur le territoire portugais, et forcèrent la cour de Lisbonne, dont le royaume était devenu non^seulenient une factorerie, mais mênie »in arsenal de l'Angleterre , à fermer ses ports aux vaisseaux de cette puissance.
Nous avons raoooté ailleurs (*) comment Napoléon , entraîné de plus en plus dans les mesures violentes , et sentant que l'Espagne lui échappait, résolut de rendre la Péninsule à jamais française, soit en détrônant sa dynastie, soit en réunissant à la France les provinces de rÈbre, dont le Portugal devait former la compensation. De la Texpédition qui eut pour résultat la conquête du Portugal en 1807, et la fuite nu Brésil de la famille de Braganee et de toute la noblesse de ce rmaume.
Le succès ne fit qu*aoeélérer Kexéootion des projets de Napoléon, qui, profitant des dissensions survenues dans la famille royale, enleva le trône à Charles ty et à son fils Ferdinand Vit, pour le donner à son propre frère Joseph , alors roi de Naples. Cette coupable et impopulaire mesure souleva la nation espal^nole tout entière. Enfin la terrible msurrection qui éclata à Madrid, le 9 mai 1808, fut le signal (rune guerre injuste, impolitique et désastreuse, qui fut une des principales causes de la efattte de Napoléon.
Cependant les idées apportées par les armées françaises pendant cette lutte sanglante germèrent en tspagne et ce fut surtout an parti démocratique (jue Ferdinand VII dut d'être replacé sur le trône. Il avait, en 1^1?. donné h ses ' sujets une constitution presque républicaine; mais quand la Péninsule fut paoiflée, il ne se crut pas plus que ses frères couronnés tenu dexécuter les promesses qu'il avait faites à ses peuples; il abolit la constitution et rétablit toutes les institutions des gouvernements despotiques, juSfyn'è l'inquisition. Une insurrection qui éelata dans
(*) Yoyes Part Empiu.
ESPAGNE
L'UNIVERS
BSPAOITE
rîle de Léon, en 1820, se propagea bientôt dans toute l'Espagne, et la constitution de 1812, proclamée par Farinée , fut de nouveau acceptée et jurée
f)ar le roi. Mais cette révolution effraya es souverains de l'Europe, et fut le motif de la convocation au congrès de Vérone, en 1822.
« La sainte alliance résolut de porter le dernier coup a l'esprit révolutionnaire en faisant renverser la constitution espagnole par la Franee ; c'était discréditer à jamais aux yeux des peuples le foyer de tontes les révolutions, et décider par la guerre la question de vitalité du gouTernem«ut des Bourbons.
Loais XVIII, accablé d'infirmités, ne régnait plus que de nom; le pt)uvoir était tout entier au comte d'Artois ; les jésuites dominaient partout; la majorité de la chambre appartenait au parti rétrograde : on obéit <î rinjonction des puissances réunies en congrès à Vérone.
Quatre-vingt mille hommes furent ras»
semblés aux Pyrénées, sous le commandement du duc d'Angoulême, guidé par Oudinot, et l'on entra en Espagne.
Les moines , dépouillés de leurs biens par les cortès , avaient soulevé le peuple contre la constitution ; les royalistes avaient commencé la guerre civile ; les constitutionnels se montraient sans énergie et sans habileté. Les troupes françaises n'éprouvèrent que de faibles obstacles dans ce pays , oîi les prêtres leur avaient fait jadis une si terrible guerre. Les cortès s'enfuirent à Cadix, et déclarèrent Ferdinand déchu du trône. Les Français arrivèrent sous cette ville, qui, après un siège mal soutenu, capitula. Ferdinano, mis en liberté, annula tous les actes des cortès et commença des supplices. Le duc d'Angouléme essaya vamementde servir de médiateur entre les constitutionnels et les royalistes : nos soldats revinrent avec la triste gloire d'avoir remis la nation espagnole sous le joug de moines barbares et d'un roi inepte et cruel (*). »
Malgré cette honteuse expédition, les nombreux ennemis du despotisme au delà des Pyrénées n'en continuèrent pas moins à mettre en nous leur unique
(*) Th. Lavallée, Mittoin de» Firmfalsp l. IV, ji. 627.
espérance. Comme tous les peuples opprimés, ils suivirent avec le plus vif intérêt la lutte violente qui s'engagea en France entre les libéraux et les royalistes, dans les dernières années de la restauration. Le dernier rapport dipiomatique que les Bourbons de France eurent avec la cour de Madrid eut lieu à roc* casion de la pragynaiiqne sancfînn publiée le 5 avril , pour remettre en vigueur l'ancienne loi de la monarchie espagnole, qui appelait au trône les filles , à défaut de mâles. Cette loi, qui avait pour but d'enlever la couronne à don Carlos, donna lieu à quelaues protestations de la part des autres oranges de la famille ; et l'ambassadeur français, le comte de Saint-Priest , prétendit que le roi de France étant le chef de la maison des Bourbons, le roi d'Espagne n'avait pas le droit de prendre, sans s'être entendu avec Sa Majesté Très -Chrétienne , aucune mesure dont les conséuences pussent atteindre les membres e la famille royale. Ferdinand fit répondre qu'il ne reconnaissait pas plus au roi de France qu'à un autre souverain le droit de s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Espagne. La diplomatie continuait à s'occuper de cette affaire , lopque éclata la révolution de juillet, qui la fit bien vite oublier.
A peine la chute des Bourbons^ eutelle été connue en Espagne qn'elle y e.xcita une agitation universelle; des juntes d'insurrection s'organisèrent immédiatement à Paris; des rassemblements de réfugiés se formèrent sur les frontières, du côté de Bayonne et de Perpignan. Le gouvernement français, qui doutait encore des dispositions de la cour de Madrid , laissa s'organiser une entreprise dont le succès devait innnanquablement donner im allié à la France. Près de trois mille homme», tant réfiiîiiés que volontaires, se disposèrent a entrer en Espagne. Mais bientôt des représentations énergiques furent faitesa Louis-Philippe, et le cabinet espagnol le menaça d user de représailles, en favorisant les rassemblements d'émigrés royalistes, qui eux-mêmes in-
Saiétaient déjà les frontières françaises u Midi. L'effet de ces démarches se fit aussitôt sentir; le ministère français mit des entraves aux préparati£» de i cj(-
FRANGE
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pédition; les enrôlements, les énVoiS prévioyanceimpardoiïii^a^
(l*arnies et de munitions qu'on avait d'abord encouragés, furent prohibés.
Les indemnités de ronte et les passeports (ju On avait accordés furent supprimés ; enlin , la plupart des volontaires français, avertis de la malveillance de l'autorité à leur égard , profitèrenl des offres qu'on leur lit pour revenir dans leurs foyers. Les réfugiés, abandonnés par le gouvernement qui les avait d'abord si chaudement encouragés, se décidèrent alors à tenter un coiu»
de désespoir et entrèrent en Espi»
gne. Cette malheureuse tentative n'aboutit qu'à des revers ; les malheureux qui échappèrent aux supplices se réfugièrent de nouveau sur le territoire nrançais; et il fôllut, pour les sauver, l'intervention courageuse de nos troupes, qui arrêtèrent l'armée royaliste poursuivant les vaincus jusque sur la itsne dé France, en criant : Hve le roi absolu! meurent les rebelles!
L'année 1831 ne fut pas plus heureuse pour les réfugiés; le parti libéral Alt encore écrasé en Espagne par l'horrible despotisme de Ferdinand VII , dont le mauvais vouloir pour la hYance ne se démentit pas un instant. L'année suivante, une maladie de ce prince donna quelques espérances aux amis de la liberté; et la France, qui s'était énergiqiiement opposée à une intervention oerEspagnfrdnns le Portugal , éb ÛéHar de don Miguel, appuya de tout son pouvoir la reine Christine , lorsque Cjd^ ci lit disgracier les apoatoUques, ^'^^
Enfin , Fer(fiiâbér t0''|l|t eniiMNté par une apopletie foudroyante, le 39 septembre i833. La reine, que dans son testament il avait nomince régente-gouvernante, s'empara, au nom de sa fille mineure, do gonvemement, et fut immédiatement reconnue par le cabinet français. Le 22 avril de Tannée suivante, un traité dit de la quadruple alliance filt slffDé^è Londres entre les quatre^Olivernements de FrniKC, d'Angleterre, d'Espagne et de PortuLMi. La France et TAngleterre y autorisaient l'intervention de Tarmée espagnole dans le Portii!:.il. et s'eiiLîaiicaient à coopérer efficacement au rétablissement de dona Maria sur le trune de son père. Eulin, lorsque plus tard, par sitile d'mM im-
gouvernement, la police eut laissé Carlos traverser paisiblement le territoire français pour aller se mettre a la tête de ses partisans, les plénipofHN^ tiaires des quatre puissances signèrent encore à Londres un traité additionnel , dans lequel la France s'engagea a prendre sur sa frontière d'Espagne les mesures les plus efficaces pbur eaméeber qu'aucune espèce de secours ne lut envoyée aux insurgés.
Cependant les revers des partisans de llripir^RlMrent bientôt après le gouvernement de cette princesse et le conseil de régence à réclamer, sous le nom de coopération, l'intervention de la France et de PAngleti^; f ^ f
Le cabinet de Paris, divisé sur cette question, en référa au cabinet de Londres, qui, sans s'expliquer jeiinitivement, déclara que Mntifté«flil«P«*tii semblait pas exigée par les circonstances. Le gouvernement franc iis craignit (le s'engager seul dans une pareille entreprise, et se borna à'CHNlIMiliillra'i Madrid , en l'adoptant comme sienne , la réponse du cabinet de Saint-James.
Cependant, bien que l'intervention directe eût été refusée , quelques menilMI ïhrent prises pour favoriser autant que possible la cause de la reine. Une légion étrangère, qui avait ete formée a Alger, fut mise à la disposition de l'Espagne, à qttf 'dlé ittidlt bientôt les plus uÊOm services. De plus, des croisières anglaises et françaises furent établies sur toutes les côtes de la Péninsule pour empêcher tout MWIui tfiwlwBr à doo Carlos. ' '
Mais ces mesures mixtes étaient plus qu'insuffisantes. D'ailleurs, on accusa, non sansIttilDn , le gottfwnefliient français d'avoir, en plus d'une circonstance , soit par une imprévovance calculée, soit même d'une manière plus efficace , favorisé les parCiaaM'êa idMîCMM , quand le succès semblailt éiroir couronner leur audacieuse entreprise. Cependant ce parti fut enlin écrasé, et la retraite en France de Cabréir«tde aei bandes marqua le terme de la cuerre civile. Marie-Christine songea alors à imiter la conduite que le roi son époux avait suivie en 1815, conduite qui, d'ailleurs, semblait antoriaée à ses yeux par
6tS mWMT VmiYïASî. BSFUÇIHJX
pld8 d'un exemple; elle combattit le Glorieux du drapeau fleur^ie^,.M.
parti démocratique, auquel elle devaj^ Charles VII avait plnntc' sur se^ hîtira,
i le pouvoir ; et le cabinet français , le peti^ castel ne voulait le perdre que
méconnaissant la force de ce parti, spiis ses' i^uinés. Longtemps il brava lé
ne ceiefe de favoriser de son appui les caiioii de la forteresse de Notre-Dame,
tentatives qu'elle faisait pour le corn- située h deux portées d'arbalète au
primer. Elle fut enfin forcée d'abdiquer plus. Enfin, en 1590, Saint-Vidal. ROU?-
la régence; elle quitta l'iiLspague, et se verneur pour là ligue datts lé Velai etW
réfugia ea France, où Paccoeil Impoli- Crénudan, étant revenu au Puy avec
tique qui lui a été fait a.dû nous aliéner une armée de six mille hommes, alla
de plus en plus le cœur des patriotes dès le lendeniain de son arrivée battre
espagnols. Depuis cet^e époque, notre en brèche les murailles d'Espaly. Le àO
gouveraMMOl a 4té plus d^une fois mai,'a'{ji'8Ùitede trois assauts périlleux,
soupçonné el accosépar Toppositioii de tes ligueurs pénétrèrent dans le bourg,
s'être mêlé om intrigues ourdies dans qu'ils incendièrent en entier. Le 3t ,
le but de renverser ^e régent nommé après cinq cents coups de canon échan-
par Its oortè^'i et qui n*ODt eu jusqu'il gés entré lés deux camps, les fortifica-
préseot d'autre résolut que de forcer pfij^ du cbâteâu étant violemment enta-
l'Espagne à se tourner chaque jour dé mées, l'évoque Senneterre et les trounes
S lus en plus du coté de TAngleterre. royales virent au'iis ne pouvaient plus
lais nous sommes trop près de cé^ |eair, et capitulèrent hbnofableméiiT?^
éréneroeiitSf et les document dont nous Cependant', peu de temp^' après , leà
pouvons nous servir sont trop insuffi- royalistes parvinrent à rentrer dans
sants pour que nous nous prononciou^ cette place. Les ligueurs jes yajsiégè-
en connaissance de cause sur ces graves r^t de nouveau; mais Tt W?kÇ^^imlè
et importantes questions^ ^t forcer là garnison à"ir mire, fUi
EsPALY, bourg compris autrefois mois de septembre 1 59t.
dans le Velai , diocèse du Puy, aujour* Espaly gjgnjpjè ^oy^rd'hui 1,150 ba-
d'hui dans le département de la liante- bitants.
Loire, arrondiaeemeot et canton duPuy. ^pabe, espèce de dard à fer re-
On appelle, en Auvergne, orgues cou rlx-, fort usitée au moyen âge.
rfX?pa/y les immenses colonnes de ba- Espabbon, ancienne seieneuriede
Balte au sommet desquelles gisent les Provence (aujourd hui du dépàrlèÉlèol
raines infomiM d*un aotique manoir des Boucbes-du-Rhône), érigée en Vt-
flu'habiU longtemps Charles VU, et où comté en 1379.
il fut salué roi , suivant le témoignage Espencb (Claude d'), I spencxiis,
de Monstrelet. Ce donjon ^tait un des céjèbre Uieologien , docteur de Sor-
plus forte de cette vaste ceinture de bonne, rècieur dé lun1vei%i
chûteaux qui Couronnaient le bassin du né près de Cliâlons-sur-Marne , en 151 1 ,
Puy. Bâti sur un haut rocher, d'un côté mort en 1571. Nous donnerons une idée
défendu par la rivière de Borne, de caracieristi(jue de cet homme, qui fut
l'autre nar d*immeiisis fortitications , il d'ailleurs un dés plus nabilîf défenseurs
semblait imprenable même au canon. de la religion catholique 4ib colloque de
Au mois de janvier 1574, les hugne- Poissy, en disant qu'il amrme positlve-
nots s'en emparèrent par surprise, s'y U)pti(, daus un de ses écrits, qu'il suffît
renforcèrent par des tranchées, et brâlè- de favofr énjâkx te giree ouTMDreu pou r
rentia moitié des maisons pour rendre la étre^eî^l^yf p^tique. On trouve la liste
défense de la place encore plus facile, de ses o|iyi^a| daqs ^jpéron, t».^)}}
Saint-Vidal, le Montluc de ces con- et XX. ' ' ,
trées, les assiégea cependant, et par- Ebi'KBCiEUX (Jean-Joi^eph), le dof^
vint, après une opiniiire résistance, à d» sculpteurs, naquit à Marseille en
les faire capituler. 1758, et ne tarda pas à se distinguer
Comme le château appartenait à l'é- dans la carrière des arts. Lié d'amitié
véque diocésain , il devint penddnt les avec toutes les notabilités artistiques et
guerres de la ligue un des plus |én HU^raires delà r)(yolution. il fut l'ami
lefogee des poMignef de I» fHroyjn^. ({e Ijayid, ^ Rêjrpa), ^ {f