ESPINOSA
Mirabeau, dont il nous a laissé les bustes. Il n'eut oas de maître, et il disait lui-même qu il était « élève de ceux qui lui avaient dotloé de bons conseils (*).» S:\ns qu'on puisse le placer au premier mni^, il fut ce|>endant l'un des bons sculpteurs de ce siècle; son dessili eut éonèct, ses eompoâitionâ sont snges, trop snges peut-être, rnr il y manque le génie. Vciiri In liste exacte de celles qu'il a exposées au Louvre: 1795, Ut Pof amjugale , terre cuite , et detix tniilèir. 1796, bustes de Baynal et de Mdar Storff. 1797, la Liberté, plâtre.
Cette figure eut un prix partagé avec M. Dinïiont dans un otfiMiouii's hâtionàl. 1802, la Paix, statue cominnndre, et le buste à& Redouté ^ en pkUre. isotî, Femme grecque eTttrant au bain; Mo- UêtiB H Jtàémé, statues en pied; le Brun, buste. fS08, bns-relief de vingtsix pieds : les clefs de f^'ienne, pour le Corps législatif; quatre bas-reliefs; la fontaitiBlt Sù^USàlpice ; là iDÎetoi^ d' lusferlitz , pour I arc de triomphe du Carrousel; Pierre Corneille, petit modèle. 1810, statue de Vempereurf pour le àénat, et fei bustes de Madame ihëre, de GuiUon de Thière , de MM. Lemercier et .irnaud. 1812, Ulysse reconnu par un chien: buste de madame LemenOér, 18t4, stdtue de yoUaire; VEhbie expirant sur le tombeau de Racine. 1817, P Envie , marbre; Silhj.
1818, Philoctète et Diomède, plâtres.
ISiKi, Pkiioctéte, marbre. 1824', JeUM homme entrant au bain, plâtre. 1831 , le même, en marbre. 1833, Marseille, plâtre; buste de madame Lemercîer, marbre. 1836 , fehime entrant au baih, marbre. Après avoir rempli une laborieuse carrière de quatre-vingt-deux ans, Espercieux est mort à Paris, le 18 mars
Espbbhon. Voyez Épernon.
EspiNETTE , maille d'argent qui valait quinze deniers tournois. • '
EftftiVGOLB on Spinoole, armé à féu portative, dont Moriginfe remoitte ft l'année 1520. C'est la même qui prit plus tard le nom de troniblon. Voyez ce mot. ' * ...
EspiNOSA (bataille d').— L'armée espagnole de r.nîfce, commandée par les gïfiéraux Blacke et la Roniana , manœu-
(*) Livret pour Texpositioa de l'aa vi.
vrait depuis dix jours sur le flanc droit de l'armée fran<^ise, dans l'espoir de couper ses communications avec la Biseày6. La Romana, après avoir été longtemps poursuivi, s'arrêta enfin, le 10 novembre 1808, en avant d'Espinosa, dans le but de couvrir, en cas d'échec» sa retraite, stes parcs , ses hôpitaux et ses magasins. Le général Victor, après avoir attaqué et culbuté l'arrière-garde de ce général , se trouva le même jour, à trois iieures après midi, dëftfnt son front de bataille.
Le général Pacthod , chargé d'enlever, avec deux régiments d'infanterie , un maméloA situe en avant de la Hghe esnnguole, gravit cette position l'arme au bras, et rejeta l'ennemi dans des précipices voisins. La Romana se porta alors en avant pour re|)rendre cette position; mais ses efforts furent inutiles; ses colonnes vinrent échouer contre les baïonnettes françaises. Cependant} pefidant cè tehfips, âoult manceovralt sur Reynosa , afin de couper toute retraite à renneini. Le lendemain, à la pointe du jour, tandi-s que Victor faisait déborder la gauehe des Espagnols par la brigade du général Maison, le général Lefévre venait prendre part à l'action et débordait sa droite. Le général Maison, après avoir gravi des montagnes escarf^éés et presque inaccessibles, culbuta tout ce (pf il reneofitra et se rendit maître des hauteurs. Victor ayant tait alors avancer son centre, l'ennemi, se voyant eotipé ' et cerné de toute part, s'enfuit en jetant ses armes, et en abandonnant ses drapeaux et ses canons. Sébastiani, chargé de poursuivt'e les ftiyardft dans * la direction de ^ illarcayo, les attaqua à la baïonnette, dispersa une division entière et lui enleva son artillerie. Soult en9A compléta la victoire en s'emparant, à Reynosa, des parcs, des bagages et dés magasins de l'ennemi, et en lui fàisant uu grand nombre de prisonniers. ' ' ' '
Ainsi, Blacke et la Rodiana, ^ul avaient compté sur nn succès certain, étaient vaincus sans ressource. Ils se trouvaient non-seulement tourné par Reynosa, mais encore dans la direction de Palaneia, où déjà la cavalerie fran-
Î:aise ocrupnit, à dix mvriamètres sur eurs derrières, tous les débouches qui
KSVOHTOH L'UNIVERS. BSPfttaBVIL
conduisent des montagnes dans la plaine. Les résultats de cette mémorable journée furent immenses. L'ennemi laissa sur le cliamf) de bataille soixante bouches à feu et vingt mille hommes tuéi ou blessés (parmi les derniers se trouvèrent douze généraux); il perdit en outre tous les secours en armes, en habillements et en munitions, que les Anglais avaient débarqués.
EsPLÉCHiN (armistice d'). — Après la funeste bataille de l'Écluse, où fut détruite la flotte française Quin 1340), Édouard m vint assiéger Tournay. Le siège traîna en longueur. Les rois a*Angleterre et de France fmirent par se lasser de la guerre ; ils acceptèrent la médiation de Jeanne de Valois ; et enfin , le 25 septembre 1840, une trêve de six mois fut signée dans la chapelle d'Espléchin. Les principales conditions furent que toute hostilité cesserait immédiatement dans les Pays-Bas, au bout de vingt jours en Aquitaine, et au bout de vinst-cinq jours en Ecosse. Chaque parti devait conserver ce dont il se trouvait en possession au moment de la signature du traité; le commerce était rétabli entre les deux pays, et les prisonniers étaient relâchés sous promesse de rentrer dans leur prison à Texpiracioo de la trêve. Si une ville était assiégée par les troupes de l'un ou de l'autre roi, le siège devait être levé; mais sept commissaires anglais et sept commis* saires français devaient dresser un relevé des vivVes qui se trouvaient dans la place, pour la remettre en même état quand les hostilités recommenceraient.
Après la signature de ce traité, les deux rois liceiic ierent leurs années.
EsPONTON , espèce de demi-pique que
{sortaient les oihciers d'infanterie sous es règnes de Louis XIV et de Louis XV, et dont la longueur avait été fixée à sept pieds et demi, par uiie ordonnance du 10 mai 1090. Les règles pour le maniement de cette arme étaient asses compliquées, et exigeaient de ceux gui les mettaient en pratique une certame habileté et une certaine souplesse. Madame de Sévigné, en parlant dans tfne de ses lettres d'une revue de la maison du foi à laquelle elle avait assisté, ajoute avec une sorte d'enthousiasme : I\ous avons eu le salut de Vespontm.
ESPBEMEML (Jacques Duval d'), na> quit à Pondichéry en 1746, et fut sac-
cessivement revêtu des fonctions d'avocat du roi au Chatelet et de conseiller au parlement de Paris. Il ûgura en téte des membres de cette compagnie qui manifestèrent une si vive opposition aux édits bursaux, et s'attira par sa courageuse conduite l'animadversion de la cour autant que la faveur populaire.
Étant parvenu, en 1788, a se procurer un exemplaire de l'édit qui devait remplacer les cours souveraines par de grands bailliages et créer une cour plélii«re, il courut au parlement pour dénoncer l'attentat préparé contre la magistrature, et lui fit prendre une résolution qui accéléra la crise révolutionnaire. Le parlement exposa solennellement les principes qu'il considérait comme fondamentaux dans la monarchie française , et protesta contre toute atteinte qui pourrait y être portée. Les ministres répondant à ces énergiques démonstrations par des mesures violentes, ordonnèrent l'arrestation des conseillers Goislart-Monsalbert et d'£sprémenil. Ceux-ci se réfugièrent au milieu de leurs collègues, et lorsque les satellites du pouvoir vinrent les chercher, tous les magistrats se levèrent à la fois, en s'écriant : Nous sommes tous (rEsprêmemlet Monsalberl. Cependant un lit deju2»tice, tenu trois jours après,' revêtit les édits de la formalité de l'enregistrcument, et d'Esprémenil fut envoyé en exil dans les îles Sainte-Mai^ guérite.
Il y resta plusieurs mois, au bout desquels la chute du ministre Brienne
le fît rappeler à Paris. A son passage à Lyon, vers le milieu de novembre, il fut couronné au théâtre, et arriva à Moulins tout plein encore des heureuses impressions qu'avait faites sur lui cette ovation. 11 écrivit de là, au comte d'Entraigues, une lettre où Ton ne pressent pas Tes motions contre-révolutionnaires qu*il fit un an après à l'Assemblée constituante, n Oui, oui , disait-il, c'est le 5 a mai, à dix heures du soir, au palais, • dans la grande chambre, que nous «nous sommes séparés pour ne plus « nous revoir que sons les drapeaux de « la liberté ou de la mort.ïiw bien cru « la n)ienne résolue , uioa âme était
HBVRéflEXlL FRANCE. WMliMBfflL fiSl
« toute prête ; j*aurais dit en quittant «cette mtoéralMe enveloppe: Exoriarê
« {Uiquis nostris ex ossious ultor. C'eût « été mon dernier sou[)ir, ma dernière « pensée sur la terre, et par cousequent « ma dernière pensée e(kt été poar toiu • et mon dernier soupir pour la patrie..* « Éclairez , éclairez les notables , mon « sage ami ; quelques-uns en ont besoin. « J*ai pourtant heu de croire que Tévé- « nement sera conforme à vos principes. « Au reste, le parlement p?t décidé a ne « plus juger que des hommes libres dans « leurs personnes, dans leurs pensées, «dans leurs propriétés, c'est un point « résolu. Ln liberté individuelle , la 11- « berté politique et la liberté de la «presse, nous obtiendrons ces trois «irieos pour la nation, ou nous péri- « rons. »
Malgré cette profession de foi, répétéeà tous ceux qui pouvaient l'entendre, il y eut des gens qui , dès cette époque, crurent apercevoir dans Duval d'Esprémenil le futur champion des abus et des
Sriviléges. Peu de jours après sa rentrée ^ ans la capitale , il publia un opuscule intitulé : Réflexions d'un magistrat sur la question du nombre et celle de Copinion par ordres ou par têtes , dans les * états généraux. On y voyait déjà percer assez franchement les ofiinions aristo« crntifjiîps qu'il dévrloppn pins tard.
Considérant comme iiidilterente la double représentation du tiers état, il combattit le vote par têtes, prétendit que la délibération drs ortirps pn commun ne pouvaitétre qu'une exception , ne signala au ressentiment populaire que le despotisme ministériel, et parla de mettre nors atteinte les justes prérogatives de la noblesse et du clergé. Cette sollicitude pour ie privilège le lit nonuner député aux états généraux par la noblesse de la capitale.
Des 1rs premières séances, il justifia complètement les soupçons de ceux qui n*avdient vu dans sa conduite que le résultat de sa haine pour les ministres; et lorsque la minorité passa au tiers état qui venait de se constituer en assemblée nationale, Il s*éeria: «Kous sommes « sur le champ de bataille , les lâches « désertent; mais serrons nos rangs et « nous sommes encore assez forts. »
La noblesse en corps ayant été néan-
moins forcée de se réunir aux représentants de la nation, Duval sembla
vouloir protester d*abord contre toutes les opérations de la Constituante par un silence obstiné. Mais le 20 février 1790, il prit la parole pour représenter l'insurrection populaire comme une simple émeute ou un attroupement de hnndits.
Combattant ensuite l'opinion de Mirabeau lui-même sur la loi martiale, il déclara cette mesure insufBsante pour arrêter les désordres qui se propageaient dans le rov.uMiîe. « Il faut imposer aux « brigands par une grande terreur, dit- «11; quel moyen prendrons-nous 1* Un «seul, et c'est le seul raisonnal)le; il « faut investir le roi de la plénitude du « pouvoir réprimant. »
X'aneîen adversaire dn despotisme ministériel ne s'en tint pas là. Le 29 septeothre suivant, il osa proposer à TAssemblee de renverser tous ses tra- • vaux, de faire une contre-révoliitlon complète. Voîci le projet de décret qu'il lui présenta : « T.'Assemblée nationale, « toujours animée du zèle du bien pu- «blic, avertie par Vexpéneoce qu'elle « n'obtien()ra pas la paix tant qu'une « définncr bien ou mal fondée éloignera « une partie des citoyens de leur patrie, « a décrété et décrète : « 1» lia caisse «d'escompte reprendra ses opérations «orifrinain ' quatre cents millions « d'assignnts décrétés seront rendus à « leur valeur primitive; 2* le clergé sera « rétabli dans la possession de tous les «biens dont il jouissait; 3" les parle- « ments seront rétablis cours souve- « rames , et la justice reprendra son « ancien cours; 4^ tous les citoyens serf ront rél;)blis dans leurs propriétés, « les nobles dans leurs titres et dans « leurs droits; ô"* le décret qui prescrit « l'aliénation des domaines de la cou- « ronne sera regardé comme non avenu ; « 6«» la juridiction prévôtale sera réta- « blie; 7** la maréchaussée sera augmeo- « tée d'un tiers; 8* les princes do sang « seront priés de rentrer dans le royau- « me ; 9** le comité des recherches de « l'Assemblée nationale et tous ceux qui « pourraient être étaUisdansIe royaume « seront abolis; tUT l'Assemblée natio* « nale désirant que le souvenir des ■ « troubles qui ont désolé le royaume « depuis un an soit effacé, suppliera ie
ESPBléaiENIL