‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 55 sur 97 · E8TA1NO · texte numérisé non relu

E8TA1NO

île , et de celle-ci à l'île de fn-der-Lobau. Tous les parcs qui défilaient se trouvaient ainsi retenus sur la rive droite , ainsi qu'une partie de la grosse cavalerie et le corps entier du maréchal Davoust. Ce contre-temps décida l'empereur à arrêter le mouvement en avant. Il ordonna au maréchal Tannes de garder le champ de hatnille qui avait été reconnu , et de prendre position , In gauche appuyée à un rideau qui couvrait Masséna , et la droite à EssIing.

L'armée autrichienne faisait son mouvement de retraite lorsqu'elle apprit la i"upture des ponts. Le mouvement concentré que taisait l'armée française ne lui laissa bientôt aucun doute sur cet événement. Tous ses canons , tous ses équipages d'artillerie, qui étaient en retraite, se représentèrent alors sur la ligne; et, depuis neuf heures du matin jusqu'à sept heures du soir, elle fit des efforts inouïs , secondée par le feu de deux cents pièces de canon , pour culbuter l'armée française; elle tira quarante mille coups de Vanon, tandis que les Français, privés de leurs parcs de réserve , se trouvaient dans la nécessité de ménager leurs munitions pour les circonstances imprévues.

Le soir , l'armée autrichienne reprit les positions qu'elle avait quittées pour l'attaque; l'empereur resta maître du champ de bataille.

La perte de l'ennemi fut immense; il eut 12,000 hommes tués, 24 généraux et les officiers supérieurs tués ou blessés ; on lui fit 15,000 prisonniers, et on lui prit 4 drapeaux. Les pertes de l'armée française furent évaluées à i,100 tués et 3,000 blessés ; mais elle eut à regretter l'un de ses plus habiles généraux , Lannes, qui eut la cuisse emportée par un boulet de cauoo, et mourut neuf jours après, ' „ " • , .

E8sling( prince d*)."Voy. Masséna.

EssoNNK, Exonaj Jœona, bourg de l'ancien llurepoix, aujourd'hui du département de Seine-et-Oise , avec une population de 2,717 bab. Il en est fait mention dans la vie de saint Germain, évêque de Paris, par Fortunat, contemporain de Grégoire de Tours; c'était alors un domaine du roi , et l'on y battait monnaie, avec cette légende : Exona ou AxsQnaJisci. Un titre, daté de la

quinzième année du règne de Popin, confirme la donation que Clotaire III en avait faite à l'abbaye de Saint-Denis.

EssOBiLLEMENT. Ce genre de su^- )lice, qui consistait à couper les oreiles au patient, était surtout en usage contre les serfs. Plusieurs coutumes y condamnaient les larrons {*) ; telles étaient celle d'Anjou (art. 148) ; celle du Loudunois (chnp. 39, art. 12), etc. La coutume de la Marche (art. 337) ordonnait d'essoriller ceux qui , bannis à perpétuité, osaient enfreindre leur ban et reparaître dans le pays. Jean de Doyat (voyez ce mot), ancien favori de Louis XI, fut essorilié et fustigé en 1484.

L'essorillement est encore mentionné dans deux ordonnances, Tune du mois de mars 1498, l'autre du mois de juillet 1531. Enfin une législation cruelle laissa subsister cette peine dans nos colonies jusqu'au dix-huitième siècle. Elle était ordonnée contre les esclaves fugitifs par les édits du mois de mars 1685 (art. 38) et de mars 1724 (art. 32).

" A Paris, au carrefour Guillori (aujourd'hui Gttt/fen), estoit , dit Raoul de Presles , le pilori où l'on roupoit les oreilles, et pour ce, à proprement parler, il est aj)pelé Gnignorcille (*'). »

Essm ou Saii , Gaulois habitants de l'ancien diocèse de Séez. Ils appartenaient <^ la confédération des peuples armoricains.

EsTAGE ou ligkEstaoe. Cesmots, assez usités au moyen âge , servaient à désigner l'obligation où étaient les vassaux de résider un certain temps dans le chAteau du seigneur pour en former • la garnison.

Estai NG, maison nt)ble et ancienne du Rouergue, dont le nom latin, de Stagno , mentionné dans des actes du dixième siè<;le, est traduit chez quelques chroniqueurs par celui de FEsta ni;.

Un chevalier de cette maison , Dieudonné (/'EsTAiNG, contribua, dit-on, à sauver la vie à Philippe-Auguste à Bouvines , et en fut récompensé par la permission de placer dans son écu les ar-

(*) Voy. BiUTDU MILITAIRES, t. H, p. 64.

(•*) Ce carrefour est nommé de la Fie'UU Oreille dans un cartulaire de Saiut-Maur, écrit eu ia84<

4S8 BNTAIIie L*UjNlV£R& laTAIIIO

mes de France, a?ee an chef d*or pour

brisure.

François (f'EsTAiNG, savant et charitable prélat du quinzième siècle, évéque d« Rhodflz , fit construire à ses frais la tour de sa cnthédralp. Joachim, évc^que de Clermont , mort en 1650, eut pour successeur dans son diocèse son Irere Louis, qui fut aumdnier d'Anne d*Autriche. Joachim, comte dT.STAiNG, mort en 1688, avait emploie ses loisirs à composer une histoire généalogique de aa famille, et c'est à lui que fioileau a fnit nllusion dans CCS vers de la satire sur la noblesse :

H mut «m la valear d« te* aïeux mHqmt âlt fanni é» nallêm anx plut vïeillat chroniques , Bt^pMl%in An Capci , pocir lionorcr son nonit Aitd* Iroi* fleura de lis doté son écusson ; mra. Td» ..M «TttM ctoir.r 1«.

' CAarfef-^edbf, comte d'EsTAiiiG,

naquit en 1729 an château de Ruvel , en Auvergne et embrassa de bonne heure l'état militaire. Promu rapidement au grade de brigadier des armées du roi, il alla aux grandes Indes avec le comte de Grasse , et deux fois dans le cours de cette expédition il tomba dans lea mains des Anglais : la première au siège (le iMadrns. en 1759; on le relâcha sur parole, en lui faisant promettre de retourner aussitôt en France. C'était une espèce d'hommage rendu à sa brillante valeur. Lorsfju'il futjn is la seconde fois, il commandait un corps de partisans français , qui avaient l'ait beaucoup de mal aux établissements anglais. Les vainqueurs le traitèrent avec moins d'indulgence : transféré en Angleterre, il fut détenu sévèrement à Portsmouth. Cependant, à la p^ix de 1768, il fut rendu a la liberté; mais il avait voué aux Anglais une haine dont il chercha depuis toutes les occasions de leur donner des preuves. Afin de pouvoir mieux la satisfaire, il quitta le service de terre pour celui de mer. Il venait d'être élevé au rang de vice-amiral , lorsque commença la guerre de l'indépendance américaine, n alla commander , en 1778 , la flotte auxiliaire. Il s'était flatté de surprendre l'amiral Uowe dans les parages de la Delaware; mais les temps contraires liaient retardé. Lorsqu'il rejoignit Howe devant Rhode-lsland , l'escadre de l'amiral Byron s'était jointe à ^le

de cet officier. Après un combat opiniâtre , où une tempête terrible vint en aide aux ennemis, et oii le vaisseau amiral français, complètement démâté et privé de son gouvernail , mao^a d*étre capturé, les escadres se séparèrent sans résultat décisif. Le comte d'Estaing rallia la sienne à Boston , malgré les instances des Américains, qui le pressaient de venir à leur secours et de les aider à conquérir Uluxle-lsland. Peu après, il gagna Sainte-Lucie , où il trouva l'amiral anglais embossé dans une anse et défendu par des batteries de terre. Cette position ne permit pas à l'amiral franis d'attaquer sérieusement du côté de mer; mais avec ses six mille hom»

mes de troupes, il opéra un débarquement sur un point écarté de l'île , et vint chercher les Anglais du côté de la terre. Cette tentative n'eut pas de succès. D'Fstaing revint alors a la Martinique , d'où il repartit bientôt à la tête de vin^t-cinq vaisseaux de premier rang. Au début de cette nouvelle cam pagne « on s*empara de l'île Saint-Vincent et de la Grenade. Dans les assauts donnés à cette dernière île, d'Estaing déploya le courage d'un soldat intrépide , chargeant lui-même à la tête des colonnes qu'il commandait. Cependant rainiral B^Ton survint devant la Grenade avec vingt et un vaisseaux et un convoi de troupes de débarquement, se disposant à la reprendre au comte d'Estaing. Celui-ci l'attaqua avec dix-sept vaisseaux seulement , et le battit complètement.

La victoire aurait été plus aisée, s'il eût été secondé par le comte de Grasse, qui resta simple spectateur du combat, et prétendit ensuite que son inertie n*avait eu d'autre cause que le manque de vent. Les projets que le comte d'Estaing avait sur les côtes de l'Amérique méridionale rempêch^rent de poursuivre l'ennemi , et de tirer de plus grands avantages de sa victoire. Rappelé en 1780, il eut encore deux commandements , l'un , en 1781 , lorsqu'il ramena la flotte française de Cadix à Brest ; l'autre, en 1788, où il devait diriger les flottescombinées de France et d Espagne.

La conduite politique du comte d*Es* taing lors de la révolution a été l'objet de juijements très-divers. On l'a accusé de s'être lait patriote par calcul, sans

wnoiuiio

FRAUCE.

ESTIBlfHI

de Lorraine, les évéques de Toul, la copièrent a renvi. On cite même un cornpromis par lequel Thomas de Bouriemont , évêaue de TouU permit à son monuayer de copier tant qu'il voudrait les deniers esterliriiïs du roi d'Angleterre, niais à condition que les bénéfices seraient partagés par moitié entre eux Le type de Testerling ttprésentait, au droit, une téte de face rouronnée, et en légende le nom du roi edvvabdvs

ou HBNBICYS BKL AHOLIB DNS (domi-

nus) YBKR(niaB) , et au revers une croix coupant la pièce en quatre parties , cantonnée de douze besants, trois à chaque canton, et en légende, le nom de ia ville ou la pièce avait été monnayée : lor.

DON CIVITAS , DOBOVEBNIA GITIXAl

(Londres, Canlorbéry, etc.).

EsTivE (Jean) , troubadour provençal, était attaché à Guillaume , seigneur

de L'^'^'»"" ^ *- P---

d'être courtisaa |wr ijabitude. Ce qui ressort le mieux èofses aetes , c'est qu il eut soin d'attirer le moins posiible l'attention sur lut. I-lu à l'assemblée des notables en 1787, il commandait, depuis le ittois4'aoât 1789, la garde nationale de Versailles, lorsque les événo» ments des 5 et 6 octobre éclatèrent. II y resta étranger , et vint demeurer à Pans, où il servit dans ia garde nationale comme 8imi»ie grenadier U ne prit pas plus de part aux journées des 30 juin et lOaoïU. Cependant, malgré cette prudence, il fut atteint paria loi des suspects, détenu à la prison de Sainte- PéIa^ie , et, peu de temps après, le tribunal révolutionnaire le condamna à mort (28 avril 1794).

ESTAiBis, petite ville de la Flandre maritime, aujourd'hui dudép. du Nord.

Elle était si considérable vers la fin

du onanèine siècle, qu'elle fut divisée en ae Lodéve , qurcômm7n7aTtVn VliïJ'î^ il™ S^H ' la^Lys.formait ia Hotte francale e^oyé^^ par Phi ippe e i5S?± démarcation. Réduite en cen- Hardi contre l'Espagn?, et fut faft iiflSf.' '1 l-ia^^ands en 1347, Estai- sonnier. On a de lui qielqu^ wféSi ï^/^r^lu ^" ^^^4 remarquables par la nâï^ rt la^

!ïJ«]I-*^ ''^"^»^"''P.Ï*î^^P^S°°'s du style. « P"' " ««"^ « «rtee

aK^a7eî:ï„?-?ejt^^^^^^ n EsxEyENA.TS , nom d'une monnaie

' aJïS^^s^ SriSfuZ;?d:;!^ter^

EsrT^^^^^^^^^ Vovez ïî;,.p«c î^^^'f ^"f "'^^^'^ cette monnaie,

Fsta hTp ;„ A^»^ Etampes. dont la valeur était bailleurs la même

^H^ra^J^. .^^^''^'''' / * ^ P^^"^ d« "i«"naie tournois. S

^IT & ch'eftLu é£i? J^l™!; r prenaH" n^

(de™, du Gers^ tlTitA^''^ '

îlarne ) ^o^afiement de la nentbtm, que l'on rencontre si souvent

FsTHRKf {r\ A.. i« c^^« "^"^ ies chartes et dans les anciens ti-

'Jwtoror^m^ L^^^^^ PT'' }'''^ désignent pas autre chose que

y^ Z'\r^l^!'^Â\^i f'^ '"^"^^'^ ^« l'archevêque de BesT

S du Var) Ç""' i?T ^'^ ^'^^'^^ donne-

EsTEniiNr n.n„« A> ronsd*ailleurs plus de détails à Tarticle

fA^^^n^^Tu î "^ ^''S'"^ Fjranche.Comté (monnaie de )

aussi fut-elle sou wSfc'^iwSu * ' Estienne (famille des). Le chef de évéques de ficteT'^î^^^ cette illustre maison, qui, pendanttout

de iuxembour^^dX?^^^^ > semème siècle , a re^n£avec éclat

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