FRANCE. ÉTAMPES
chambellan et conseiller de Charles VII, maréchal et sénéchal de Bourbonnais, mourut en 1453; il avait pour frères trois évéques, dé Ganassonne, <ie Ne^ vers et de Condom. Un de ses (letitsfils, LcmiSf gouverneur de Blois sous François I*^, fonda la branche des marifvis vEÉkanpeé^yéknçai, dont now parlerons frfus bas.
Parmi les membres de la branche aînée , nous remarquons encore : Jac' mtes ^Estampes, marquis de la Ferté- Inibaut, maréchal de France, qui servit avec distinction depuis l'année 1610 jusqu'en 1648, obtint le bûlon de commandement en 1651 , et fut nommé, dans }a même année, conseiller d'honneur dans tous les parlements et cours souveraines du royaume. Il mourut en 1668, âgé de soixante-dix-huit ans.
Son petit -fils, Charles, marquis de Mauni et de la Ferté-lmbnnt , était ra- * pitaine des gardes du due d'Oriéaus, régent.
Un arrîdre- petit -fils dn maréchal
épousa , en 1738, cette fille de madame Geoffrin , qui devint célèbre à la fin du dix'buitième siècle, sous le nom de marquise de la Ferté 'fmbaut. Veuve à vingt et un ans, d'un caractère naturellementsérieux, que la perte d'une fille unique rendit triste et taciturne, elle montra toujours des Idées entièrement opposées àeelles des encyclopédistes que
f)artageait sa mère ; elle adopta une phiosophie toute religieuse , ce qui faisait dire a sa mère : u Quand je la considère, « je suis étonnée comme tine ponle qu4 « a couvé un œuf de cnne. » On sait que, pendant la dernière maladie de madame Geoffrin , la marquise refusa de reoeroir d'Alembert, Marmentel, et tous les anciens amis de la maison ; ce qui titdireà la bonne femme, à son lit de mort : « Ma iille est comme Godefroi « de Bouillon ; elle veut défimdre mon « tombeau contre les infidèles. »
Depuis la mort de sa fille , madame de la Ferté-Imbaut avait reporté toutes ses affections sur deux jeunes cousins de son mari, dont Tun, le marquis d'Estampes, publia, en 1811 et 1813, éespoéiies diverses, et mourut en 181ô.
Le personnage qui a le plus illustré le nom de la branche cadette, Jchille ifEatÂHVBS-VALBRÇAi, gi«od*oroix
de Malte et cardinal, né 5 Tours en 1589, était le quatrième fils de Jean d Estampes, seigneur de Valençai, conseiller d'Etat en 1504. Ce ne flit point «I passant successivement par tous les degrés de la carrière ecclésiastique qu'Achille d'Estampes gagna le chapeau rouge; il enleva, pour ainti dhre, cet insigne du cardinalat à la pointe de son épée, et fut lonjïtemps un vaillant ca-
Sitaine, avant d'être un haut dignitaire e l'Église. Ce ftit sur les galères de Tordre de Malte qu'il trouva les t>remières occasions de signaler sa valeur.
Il assista ensuite , avec ses frères , au siège de Montauban , et y attira l'attention de Louis XIII, qui lui donna une compagnie de cavalerie dans son régiment. Après la réduction de la Rochelle, où il commanda comme vice-amiral , il devint maréchal de camp, et fit , en cette qualité, la campagne du Piémont.
La paix lui ayant ensuite permis de retourner à Malte, il n'y put longtemps rester en repos, fut noiii^mé génml des galères, et alla s'emparer de Ttle de Sainte-Maure, expédition où il fit en-* core admirer sa brillante valeur. Il fut ensuite sollicité, par le pape Urbain ¥11 1, de venir commander^ flous le cardituil Barberini, les troupes pnpnles dans la
guerre que le saint-sieiie soutenait contre \ duc oe Parme. Ce tut pour le récompenser des services qo*il lui avait rendus dans cette guerre, que le faible pontife lui accorda le chapeau de cardinal.
Le nouveau prélat ne montra pas moins de vigueur dans le conseil qu'il n'en avait déployé à la tête des armées. A peine investi de sa charge, il soutint hautement les intérêts de la France contre Tamirante de Castille , ambassadeur d'Espagne. Un écrivain contemporain le désiL;ne ainsi : « Le cardinal de « Valençai, qui dit tout et qui fait tout ; » et l'auteur des Mémoires des ambassadeurs raconte de lui un trait qui confirme bien ce jugement. « Au commencement de l'an I64ô, dit-il, le cardinal étant parti de Rome sans la permission du pape (Innocent X) , pour venir en France, travailler à l'accommodement des Barberini , qui , en ce temps-là , étaient fort mal à la cour, la reine régente envoya un gentilhomme au-devant de Init podr lui dire qu'il eût à s'en fe*
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tourner sur ses pas... Le cardinal, qui se doutait que la cour Teiupéctierait d'aller à Paris , se mit sur la rivière à
Rovnnne , évita par là la rencontre du gentilliomme, et arriva à Paris... » La reine lui fît commander de sortir de la ville avant le soir, et du royaume dans vingt jours. Mais Valenrai n'était pas disposé à obéir. Il fallut le menacer d'arrestation. EnUn il consentit à se retirer à sept lieues de la capitale, à Vil* leroy; et Mazarin étant allé le voir, la réconciliation fut négociée entre le ministre de France et les infdnies Barberini i qui , peu de mois après, se virent nccueillisà Paris, « comme s'ils n'avoient « ronimis aucune offense. » Ce fut le conunencenient de la querelle entre Mazarin et la cour de Rome. Valeoçai mourut à Rome en 1646.
Léonor r/'KsTAMPES-VALENÇ Ai , son frère , successivement évéque de Chartres et ardievêque de Reims, député du clei^é d'Anjou aux états généraux de 161-1, mort à Paris en IG51, a joui de la réputation d'un bon prédicateur. On . a de lui plusieurs écrits, entre autres : un Rituel à l'usage du diocèse de Chartres-, !()27, in-S"; les Statuts synodaux de Reims, ifîlô. et des Ordonnanrcs pour l'administration de ce diocèse, 1648, in-8*.
fleuri, neveu des préeédcnts, chevalier de Malte, né à Paris en 1003, se distingua d'atx)rd au siège de la Rochelle , dans le commandement de Tescadre chargée du blocus, puis à la prise de Sainte- Maure dans rArchipel , et de la Mahomette en Afrique; se montra en toute occasion dévoué au parti de Aidielieu , puis à celui de Mazarin ; fut nommé amnassadeur extraordinaire de France à Rome eu lGô2, grand prieur de Champagne en 1670, et enfin grand prieur de France. La mort Tenleva en IGTS, nu moment où il allait être nommé grand maître de son ordre.
Jean, frère du précédent, conseiller au parlement de Paris , président au grand conseil, conseiller ordinaire du roi, fut ambassadeur chez les Grisons en 16ù7, puis en Hollande, et mourut en 1671.
Au dix-huitième siècle, les membres de cette famille servaient dans l'armée. Us portaient les turcs de seigneurs
d'Happlaincourt, de Guépeau, marquis de Fiennes, etc.
Étape. — Ce mot , devenu , au di-tseptième siècle, exclusivement militaire, a eu très-anciennement une tout autre signilication. Dérivé de staplus ^ qui, en basse latinité , veut dire : lieu ou se vendent des marchandises , il était synonyme de ville, de foire ou de marché. Or, comme le trésor public rejetait sur les fiscs de provinces le soin de pourvoir à la dépense des troupes , en voyat^e, à l'intérieur, on n'assignait, comme lieu de gîte aux régiments, que des Heux dPétapes, des communes où fussent établis des marchés. En termes de commerce, l'estaple n'était autre chose que le magasin général , dans lequel on envoyait les marchandises pour y être vendues en gros aux marchands.
^"!oniines dit, dans ce sens, que les Anglais eurent (depuis Edouard III) l'estaple de leurs laines à Calais ( liv. III , ch. VI).
ftxAPLES, Stapu/x, petite ville maritime de l'ancien Boulonnais , aujourd'hui du département du Pas-de-Calais* arrondissement de Montreuil, popola* tion : 1,800 habitants.
Cette ville, fort ancienne, portait, sous les Romains, le nom de Quantavieut, et son port était assez vaste pour* contenir en station une division de la flotte romaine. Très-commerçante sous les rois de la seconde race, elle fut pillée par les Normands en 643, et ne conserva plus, comme monument de son ancienne splendetir, que les ruines d'un château fort, bâti en 1160.
ÉTAPLES (tmité d*).— -Le roi d'Angleterre, Henri VIII, forcé par ses sujets de continuer les hostilités contre la France, avait rassemblé, à Londres, une nombreuse armée , qu'il mena assiéger Boulogne; mais il avait Isiit tout œ qui était en son pouvoir pour dégoûter ses soldats de la guerre; et il avait si bien réussi , que , lorsque Charles VIII lui fit faire quelques ouvertures de paix,' vingt-quatre de ses capitaines, qu'il consulta, signèrent une requête pour l'engager à les accepter. Le traite fut signé a Étaples le 3 novembre 1492. Charles VIT! faisait un énorme sacrifice d'argent. Il avait reconnu la dette de la reine Aune, sa feinmC} comme duciiessQ