EUDES
pie. Raoul , voulant mettre un terme à leurs brigandages, ordonna à Herbert II, comte de Vermandois , d'aller assiéger la ville d'Eu, où ils tenaient garnison; cette ville fut emportée d'assaut , et le roi, pour récompenser Herbert, donna a son fîis, âgé de â ans, Tarchevéché de Reims (en 925.)
— Le 15 février 1418, Eu se rendit, sans coup férir, à Henri V, roi d'Angleterre, « et se tenoit en cette ville, dit Pierre de Fenin, ung chevallier englez , nommé Messire Phelipe Lis, lequel faisoit forte guerre en Vimeu (*). »
' —Cette ville fut encore prise en 1472, par le duc de Bourgogne. Mais , dès qu'il eut le dos tourné, les troupes du roi y rentrèrent par composition. Il fut stipulé, dit un auteur contemporain, que les chevaliers s'en iraient « chascun sur un petit courtaut; et tous les autres Bourguignons , qui estoient bien cent et plus , s'en allèrent chascun un bâton en leur main , et laissèrent tous leurs habillements, biens et chevaux, et si payèrent dix mille escus. »
Eu CHER. ( Saint }, pieux et savant prélat du cinquième siècle, fut d'abord sénateur, puis, poussé pâr une vocation irrésistible, alla vivre dans une complète solitude dans la petite île de Léru, voisine de Lérins. La réputation de sainteté ^u'il acquit bientôt le fit appeler à l'evêché de Lyon , on ne sait pas précisément à quelle épo(|ue; mais il assista, en cette qualité, au premier con- cile d'Orange, tenu en 441. On présume qu'il mourut sous le règne des empereurs Valentinien III et Marcien.
Il a laissé un assez grand nombre d'ouvrages , tous écrits en latin , et dont le recueil a été publié à Rome en 1564. On y remaroue un Éloge du désert, un Traité au mépris du monde et de la philosophie du siècle^ et les yJctes du martyrede la légion thébaine.
Eudes, duc de France et comte de Paris, était fils de Robert le Fort, homme de race saxonne. C'est, dit M. A. Thierry , le premier auquel notre histoire devrait donner le, titre de roi de France par opposition aux rois des Francs.
A l'époque où parut ce prince, placé (*) Mémoires de PieiTe de Fenin, publics par la Socicléde l'Histoire de France, p. io6.
T. VII. 39*^ Liûraison. (Dict. ency
par sa naissance à la tête d'un des gouvernements héréditaires les plus importants dans la hiérai:chie léodale, les Francs latins étaient lassés de la domination germanique, et partout dans l'empire se manilestait un nouvel esprit de nationalité. Au milieu de la grande dissolution sociale qui anéantit la puissance des Carlovingiens et fit surgir de tous côtés de nouveaux souverains , Eudes reçut la couronne des maina des seigneurs du nord de la Gaule (888 ), et fut sacré à Compiègne par Gauthier, archevêque de Sens. D'autres prétendants s'élevaient en même temps dans la Neustrie et l'Aquitaine; mais Eudes ayant eu le bonheur de remporter une petite victoire sur les Korthmaiis, près de IVlontfaucon , en Argonne , ses partisans eurent soin d'en d'exagérer l'im- . portance , et décidèrent ainsi l'opinion en sa faveur. Son domaine s'étendait de la Meuse à la Loire. Toutefois . Eudes était moins un roi qu^un chef de partisans n'ayant qu'un royaume flottant, ou plutôt qu'une armée. Le Midi n'avait pris aucune part à son élection ; on y comptait quatre grandes seigneuries contre lesquelles le nouveau roi fit la guerre pendant six ans. Mais il trouva de rudes adversaires dans Rainulfe, duc d'Aquitaine , et dans Guillaume le Pieux, comte et duc de Gothie.
Les faits qui remplissent ce règne témoignent des talents et de l'activité du duc de France. Il défit plusieurs fois les INorthmaus, dont il avait déjà préservé Paris en 885 (voyez Paris [sièges de]), et les écarta enfin au prix d'une grosse rançon. Il châtia successivement plusieurs vassaux réfracta i res , et déjoua les projets de quelques compétiteurs.
Il ne crut pourtant la couronne affermie sur sa tête que lorsqu'il se fut reconnu le vassal d'Arnulf, bâtard de Carloman et roi de Germanie, et eut ainsi gagné un puissant protecteur; celui-ci se contenta de cette vaine marque de suprématie. Enfin le comte de Paris réduisit l'Aquitaine, où le comte Rainulfe et ses frères s'étaient érigés en souverains.
En 893, Charles le Simple, dernier rejeton légitime de la famille de Charlemagne, soutenu par Foulques, archevêque de Reims et par un grand