‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 74 sur 97 · EUDON · texte numérisé non relu

EUDON

peut-^tre sur h route romaine qur conduisait de cettç viile à Carcassonne Pour enflammer le courage des siensr, Budon leur distribua, avant de faire

sonner la charge, les parcelles de trois épongea saintes, qu'il prétendait avoir remues en présent du pape Grégoire II , et qui avaient sernà nettoyer la tahie sur laquelle U s souverains pontifes donnaient la coHimunion. Li"5 chrétiens remportèrent une victoire éclatante , et ne perdirent que 1,500 hommes, parmi lesquels, dit Anastase, le biographe des papes, ne se trouva pas un sf^n! de ceux qui s'étaient munis d'un briu des éponges sacrées (**)• > En 725. Ëudon batUt en Aquitaine un autre chéf arabe, nommé Anbessn , auquel il livra encore, quelques mois plus tard, au delà du Rhône, en Pro- Vence^ ane- bataille acbamée où la fortune se prononça de nouveau pour lui.

Fudon conclut néanmoins, vers 729, une alliance avec un chef musulman, ifemmandant de la frontière orientale, et révolté contre le divan de Cordoue; il hii donna même la main de sa tille Lampagie , douée d'une beauté merveilleuse.

Peut-être pensait>il s'assurer ainsi ùn ■ moyen de reconquérir la Septinianiç ; en tout ras, il suscitait aux infidèles de

raves embarras, des dissensions utiles la cause des chféliens. Quoi qu'il' eil soit, son allié rebelle fut preK|Ue aus» aitôt réduit, et lui-même se vit t'^nr h coup trop sérieuse ment OCCUpé ailleurs pour le secourir {***).

En 730, €harles Martel, pressé de rompre le traité conclu dix ans au()aravant avec Eiidon , souverain d'un si riche et si vaste territoire, prétendit que eelui-eî avait manqué à certaines con»

ditions de ce traité, et exigea une répa* ration qui lui fut refusée, — La guerre éclata, au printemps de 731, entre les deux rivaux, entre Théritier der Méro-

Les traditions arabes désignent ce lieu parl<>nom d'FJ-ùa/at (chaussée, route pavée.)

{•*) Ihn-Harnii, liistorien arabe, rap|>orte que celle détaitH était encore de son temps, ^est«è>dire quatre ou cioq siècles après FévéneiiK nt, le sujet d'une comiDémoretioa fttnebre.

(•••) Le musulman eut la tête coupée , et Linuagie , prisonnière , futenvo|ée àMilOMS, an tend du chef dei cfoyants.

vingiens et le Carlovinj:^n ustirpatenr.

Ctiarles Ht deux invasions successives dans le Berri>, où il bHHa et vatagea ( tout, sans ckeppter les lieux les plus saints. D*un autre coté, l'émir d'Rspagne, Abd-ei-Rabmun, vainqueur du gendre d'EudUHi, fMttsa presque en même temps les Pyrénées pour envallbr la Vasconie et T A i i'iaine. Eudon , qui s'élança pour iut barrer ie passage, fut culbuté et repoussé jusqu'à Bordeaux.

Là, il essuya une nouvelle défaite, et la ville fnt prise et pillé* . I r>s musulmans ne (1( valent s'arrêter qu'à Poitiers. Le brave et malheureux Ëudon, sans vtfOM et voyant Ms États à là merd d'un ennemi cruel , surmonta son orgueil, oublia les ressentiments du passé et les craintes de l'avenir, pour recourir au seul lionmw mil j^iSt le refover de sa détresse, à Charies-Nlar^. Le Carlovingien consentit à s'armer contre les Arabes , mais à des eonditious assez dures pour son ancien ennemi. Alors lut livré» IftmémoMMe batnttie-dls tiers.

Charles, vainqueur, ne résista pas à la tentation de garder lès provinces qu'il venait de sauver, et il oeiitraignit Ëudon à lui jurer fidélité et soumission comme sujet. Celui-ci recouvra, toutefois, dés qu il eut repassé la Loire, la poswBSlon de FAquitaine eft de kt Ta»- ' conie. Mais la Provence et les pays entre le Rhône et les funmt dés lors perdus pour lui comnie pour les Garlovingiens.

Ëudon repnnsaa- eneore plusieof» it^

rtjptions du nouvel émir (rEs[ia«;ne ^ Abd-el-Meleck. Knbn, accable par l'âge, et plus encore par les fatigues , les agitations et les demlères traverses de sa vie, il mourut rn J?,', , iîigé de plus de 70 ans. Ses restes Jurent portés dans uu monastère de I ile de Ré. '

Ses Étais passèrent S ses deoi fHil-, Bunald et Atton (Voyez Hunald).-

Eudon n'était certainement pns un homme ordinaire, lui qui, contemporain et adversaire de Charles-Martel, ne fut ni éelipsé, ni subjugué. <(>Rien peutêtre n'atteste si bien aujourd'hui les grandes qualités d'Kudon, ..dit M. Faurîel, dont Teicellente Histoire de la Gaule méridkmaie a jeté un grand jour sur ce personnage, « que rioique et

M EtfCèlfE IfAVOLKOir LOJNIVERS. ECTGillE NAPOLEON

grossière malveillance avec laquelle Pont traité les chrouii^ueurs carlovingf eas , adulateurs serviles de ses ennemis Leurs réticences ne sont rien en

comparaison de leurs calomnies A

les en croire, ce fut par dépit d'avoir été ▼aiocu par Gharles-Martel , dans une guerre où riojuste agression de eelui-d est mieux constatée que sa victoire, qu'b^udon alla ciiercher, au delà des Pyrénées, ces terribles lésions d'Arabîes qui le battirent et pHièrent presque toutes ses villes. Pour pouvoir proférer* uu si absurde mensonge, il fallait taire un fait grave et certain ; il fallait taire que ce fat auxsonicitatîonsd*Eudonque Charles-Martel marcha contre les Arabes : aussi pas uu de ces chroniqueurs ne le dit.

Enoii^j: NàPOLioN, viee-roi d'Ita-

lie, naquit à Paris, le 8 septembre 1781, du général Alexandre de Beauharnais et ae Joséphine Tasdier de la Pagerie, qui fut oiepuis impératrice des Francis (*). Du fond de sa prison , et au moment d'être conduit à Téchafaud , son père le recommanda au général Hoche , (jui avait été son ami , et Eugène alla bientôt après, en Bretagne, faire ses premières armes sous oe grand capitaine.

De retour à Paris, quelque temps après , il se fit connaître avantageusement du général Bonaparte, qui venait d'être chargé du commandement militaire de la capitale. Un décret de la Convention avait ordonné un désarmement générai i madame de fieauharnais avait dû envoyer dans les magasins du

fouvernement les armes de son mari.

;u^ène éprouvait un vif regret d'avoir été forcé de se dessaisir du sabre de son père; il se rendit chez le commandant déplace, et employa tout ce que la piété filiale peut donner d'éloquence, pour en obtenir qu'on lui restituât ce précieux héritage. Le général , ému de la sensibilité du jeune homme, lui accnnia ce qu'il demandait. Joséphine, saisissant cette occasion de donner un protecteur à son fils , aë bâta d'aller le remercier , et cette première entrevue décida de son sort et de celui de sa famille.

Bonaparte fut appelé quelque temps

après an commandement de l'armée d'Italie. Eugène était trop jeune pour suivre son beau -père; il resta a Paris, , pour y compléter son éducation , et ne partit pour l'armée qu'à la fin de 1797. 11 venait d'être nommé sous-lieutenant dan^ les guides.

Apres le traité de Campo-Formio , il fut envoyé en mission à Corfou ; et, à son retour, il faillit périr a Home, dans rémeute populaire qui coûta ia vie au général Duphot.

I/année suivante, il partit pour l'expédition d'Égypte. Débarqué à Malte un des premiers,' il enleva de sa main un drapeau à rennemi. Arrivé en É^ypte , il fit constamment le service le plus actif et se trouva aux actions les plus meurtrières ; à l'assaut d'Alexandrie , à la bataille des Pyramides, à la révolte du Caire, au combat d'EI-Arich, à la prise de Jaffn. an siège de St-Jean d'Acre et à la bataille d'Aboukir; partout il déploya un grand courage et une rare intelligence. Au premier assaut de St- Jean d'Acre , il fût blessé à la tête d'un éclat de bomb;?. et resta longtemps enseveli sous les décombres d'une muraille écroulée.

TI revint en France avec Bonnpnrte, et fut nommé, bientôt après, capitaine de cavalerie. Il se distingua à la célèbre bataille de Marengo , et fut élevé au grade de chef d'escadron sur le champ de bataille; deux ans^ après, il fut fait colonel du régiment des chasseurs de la garde. Au commencement de 1804, Il devint général de brigade.

Napoléon, devenu empereur des Français, donna à son beau-liis le titre de prince français, et il le nomma archichancelier drÉtat et grand officier de la Légion d'honneur. Bientôt après , Eugène fut chargé, en qualité de vice-roi , de l'administration du royaume d'Italie.

Les provinces dont se composait ce nouveau royaume avaient apj)artenu à la maison d'Autriche, au pape, au Piémont, à ta république de Venise, au duc de Modène , à la Suisse et à d'autres [)elits États. Ainsi formé de lambeaux réunis par la conquête, ce pays n*avait encore ni direction politique , ni unité nationale, ni importance militaire : tout, à peu près, y étaità créer.

BUaÉME NAPOLEON FRAI4CE. EUGÈNE NAPOL£ON

Les éléments ne manquaient pas ; Péian patriotique des populations était extrême; mais il fallait une main habile et ane forte voionté pour en tirer parti.

Kuiiène n'avait que viri2;t-quatre ans; mais la justesse de son esprit et la droi> ture de ses hiteotions lui tinrent lieu d'expérience. Il appela auprès de lui les hommes les plus probes et les plus capables du pays, et il eut la sagesse de déférer à leurs conseils.

Il régla successivement toutes les branches de l'administration [lublique avec autant d'ordre que d'économie; il apporta un soin particulier dans Torganisation des cours de justice et des tribtin;ui\- !iif( ritMirs ; en peu (rannôps Tarmee italienne lut mise en état de rivaliser avec l armee Irancaise* L'agriculture, le commerce, hndustrie furent encourn^és; de grands et utiles travaux furent exécutés sur tous les

t oints du royaume. L'instruction pulique fut assise sur des bases convenables; on vit bientôt refleurir les universités de Pavie, de Bologne et de Padoue; de nombreux collèges furent établis dans les grandes villes. La mendicité, cette lèpre de l'Italie, en fut extirpée. î.os établissements de bienfaisance furent augmentes et ramenés au véritable but de leur institution; le régime des prisons reçut des changements dictés par l'humanité ; les vols et les assassinats furent réprimes avec ri-

âueur. Les beaux -arts furent l'objet *une protection spéciale ; le prince les encouragea de toute manière , fonda le beau n)usénm de Biera , établit un conservatoire de musique et de déclamation qui fournit bientôt des sujets aux premiers thé.1tres de Tltalie, et fit revivre l'art de la mosaïque en grand.

Toutes ces améliorations supposent de fortes dépenses; et cependant les peuples ne furent jamais surchargés d'impôts; en effet, une sévère économie présidait a l'administratiou, et nonseulement les revenus ordinaires suffisaient aux dépenses, mais, tous les ans, on mettait douze à quatorze !)iillions en reserve; en 1813, les économies s'élevaient à quatre-vingt-douze millions.

Après la campagne de 1805, le prince Ëugene épousa là princesse Auguste*

Amélie de Bavière, et Napoléon l'investit du titre de prince de f enîse^ et le déclara son/Ua adoptif, et l'héritier présomptif de la couronne d'Italie.

L'Autriche ayant, en 1809, déclaré la guerre à la France, une armée de cent mille hommes se réunit sur les revers des Alpes Garniques et Juliennes, et se prépara à entrer en Italie. Le viceroi pouvait à peine leur en opposer soixante mille. Il les concentra derrière le Tagliamento.

Le début de la campagne ne fut point heureux pour lui; il perdit la bataille de Sacile, et, comme il le disait lui-môme avec une noble franchise : Jamais bataille ne fut plus complètement perdue; mais aussi des lors son génie militaire fut fixé pour toujours. Le revers de Sacile fut bientôt effacé par les brillants eombatsde laPiave, de St-Daniel, de Tarvis et de St-Miehel, qui ouvrirent au prince les routes de l'Autriche; il s'avança rapidement sur Vienne, détruisant tous les corps ennemis qui lui étaient opposés. Cette marche glorieuse fut couronnée par la bataille de Haabj où il battit complètement l'armée autrichienne, et que Napoléon appelait une petite -fdle de Marengo. Après cette victoire, le prince remonta le Danube , vint opérer la jonction avec l'armée française, etprit une part glorieuse à la bataille de Wagraro.

«f MalluMjreiiseinent les succès du prince éveillèrent la jalousie de quel-

aues membres de la famille impénale; s crurent voir en lui un compétiteur dangereux , sur qui les suffrages des Français pouvaient un jour se porter.

« Ces eraintes étaient d*autant plus

vives, que l'empereur n*avait pas a*en-

fant , et qu'aucim de ses frères ne [)3raissait encore en état de le reju placer à la téte des années. Dès lors ils se mirent à l'œuvre pour exciter la' méfiance

dans l'àine de Napoléon.

« Ces manœuvres insidieuses, secondées par un ministre habile à nuire, aboutirent à la dissolution du mariage de Joséphine , dans le but d'éloigner de plus en plus Eugène des marches du trône.

« Ce n^est pas le seul tribut que Tempereur ait payé aux exigences de sa

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