‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 76 sur 97 · EUSTACHE LE. MOINE L'UNIVERS. CVAUX · texte numérisé non relu

EUSTACHE LE. MOINE L'UNIVERS. CVAUX

louange venait le chercher, il la repoussait avec simplicité : « Ce n'est pas pour les hommes, disait-il, que j'ai l'ait toiU eda, e^est pour le mattre ^oi 6it 1^ baut. » L'Académie française lui décerna, en 1832, le premier prix de vertu fonde par Montyon. ^

EUSTACHB DBS Ghaicps, dit MoTel, bailli de Sentis , fut un des poètes les plus féconds et les plus estimes du quatorzième sièi'Ie. Christine de Pisan, dans une lettre qu'elle lui adresse, à la date du 10 février 1403 , l'appelle son chier maistre et amis. Eustache des Champs fut, suivant un historien éminent, le licranger Uu gidnziéme siè^ ek{*). Il représente, en effe^, le poêle moderne par ses côtés patriotique, satirique et sensuel. Sa haine contre l'Anglais éclate surtout dans un grand nombre de ses pièees, parmi lesquellas on peut citer celle qui oomniènoe ainsi e

Paix n'aurez jà, ne mitent Calais, etc.

et !a hrili ule siiivnnte, où r.nitfur S*é-, lève à une hauteur remarquable :

Selon |p Rriil , ilrs l'islc dfs (tcaiis <)iii depuis fut A I i)ion apprièe Peuple maudit, lar dis en Dieu-créâM»

Srra l'isie de tous points diisoléc t*m> leur or^jurii vient lâ'dure Joaniëe Boot leur prophète Merlin Priiiioslica liMir dolcrenit* fin, Qiiaitd il escripi : ^ ^tr perdrti et terre. l/ors monslri-ront estrarijjipi pt voisins J j4u lempt jadis tttoit t/ jimgi^tn*.

V'oMfgt d'Mfi panes {Ân^, ««^O* mii biFMséa De diable est en tous toa dis sortlssins

A Lucifer

Oeatruia serra; Grecs diroBt et Lalina : Au umptjuitu ntmt ^ùtfUun».

On trouve la hioirrnphie d'Fusîache des (:lh'iui[)s en téte de poésies morales et satiriques , publiées eu lg22 , par M. Crapelet.

CusTACHB BB Sairt-Pibbu. Voy.

Saïnt-Piebre.

ËusTACUfi LE Moine, fameux aventurier boulonnais du treizième siède* Ainsi que Pindique son surnom , il fut d'abord moine , puis jeta le froc aux orties et devint sénéchal et favori de sou maitre , le comte de Boulogne;

Chis tard il lui lit la guerre, et « tant ; guerroya que il alla puis au service le roi d'£ngletierre, parce fue le comte

Ç) Micbdet, BuÊoèn 4ê rmtùê, t IT*

estoit devers le roi de France. Si le servit tant que le roi li donna les ylles de Oenuvsée » Cependant il ne tarda pas à se bvomller avee Jean , et passa dans Tarmée que rassemblait Louis, ils de Philippe -Auguste, appelé par les barons anglais. C'était lui que le jeune prinee consultait pour «es opérations navales. Le 24 août 1217, on lui confia la flotte française, levée par le roi de France, afin' qu'il la conduisit sans malencontre à Londres , et la remit en boa état au prince Louis. Nous avons raconté, dans notre article Doi vrks (bataille navale de), comment les corsaires anglais attaquèrent et délirent nos vaisseaux. Après la bataille on trouva à fond de cale, et dans la sentine d'un navire, Eustache le Moine, que l'on désirait fort trouver. Se voyant , pris, il offirit une somme énorme pour racheter sa vie et ses membres , et promit une fidélité inviolable au roi d'Angleterre ; mais Richard , bâtard de Jean isns Terre , le saisit et loi dît : « Tral^ n Ire pervers , tu ne décevras plus dé* « sormais qui que ce soit par tes pro- « messes menteuses. » Il tira son glaive et lui coupa la téte {**). « Et la tieste « Wistasse le Moine fu fichie en vne « lance ; si fu portée à Cantorhire et « par le pais por tiionstrer. » Tous les détails connus jusqu'à présent sur cet homme extraordinaire , qui sut se faire craindre tour à tour die deux rois, ont été rassembles par M. Francisque Michel, dans sa Notice sur le roman sFeuttaehê k MoUne; Paris, Sthestre, 1 684 , et dans ses Rtipporêt au miMMtm de Cimtruciim pi(h/î(}ue, syr les anciens monuments de L'histoire et de la Ititéraêure 4e la France , qui sê tmnt^ vmU dans les^ fMMkèqves de i* Angleterre et de r Ecosse : Paris, imprimerie royale, 1838, iu-4", p. 10.

Eustache (maître). Voy. Wace.

ÉVADX Evahonium , petit* Tfllt tiès- ancienne du département de la

(•) Hisinire (les duos de Norninndie et des roiii d'Angleterre, d'après deux nianiiscritâ de ta bibU de roi. (CMl«ction de 1i Société de rhisloîre de Kranre.)

(") Chronique de Matihieii Péris, p, 198 , bgiie 49. Il existe un grasd nombre d'autres rdatioii* de «t èvénmm. VtqFttt l!8iil«ro dat de» de Nennsnriie piéniés» p. tue nofi»

FRANCE

ÛKuse, arroodi^ement d'AubusscNi « tfe

autrefois chef- lieu du pays de Cornbrailles en Auvergne, iiatie sur un plateau eltve de àOi) mètres , elle a un étaliiiaBeMMC 4*fltox thermales alimenté

par (les sotirrps dont la découverte fiembte remonter à une haute antiquité.

ftatttel les

autres choses que la conquête faisait tomber entre leurs mains. Cependant ils con^rireut lacilejneut que ces ûïf^' léa élaieM accesaiblee à eeux-I^ aeiile-

ment qui faisaient profession de la religion clirelienne ; et celte considération

C'est ce que prouvent la lorme de quel- ^ ne fut peut-être pas sans inilueuce sur ques Mm, les iiialér&auii les e«»> ' laoonvenioad'uDfraiiéiionibred*eatre

posent, un reste de voie romaine qui eux (*).

conduisait d'Évaux à Felletin , enfin plusieurs monuments romains découverts à diverses époques daM les envirens.

Non loin d'Évaux sont les ruines du fameux château de la Hoche- Ay mon.

La popuiaiiM aftueUe de oette petite ville est de 3,4à0 habitants.

ÉvÉCHÉs (les Trois) , ancien pays de Lorraine doot le£ villes principales étaient : MMi (Woeeile), Tout (Mew^ the), et / erdun (Meuse) , conquises tm 1052 par Henri II.

ÉVÊCUES. Voyez AfiCU£V£GHÉS.

É V ÈQUES. — Dans les premiers tmps du christianisine, les evéques étaient élus par le peuple du diocèse qu'ils étaient appelés a diriger; leur elet'tion était ensuite consacrée par Je suffrage du clergé et des evéques de la province , qui les sacraient et leur imposaient les mains.

Mous avons montré , à Tarticle Cleufté , quelle était la composition de réfMS* copat (h s Gaules, à l'époque du démembrement (le Teinpire romain, ('omposé, ei) général, des hommes les plus considères du pays, soit par leur savoir et leurs vertus, soit par la noblesse de leur ot if^me et par la puissanee de leurs fainilles, il formait a peu près le seul corps qui eût, dans la décomposition générale, conservé une puissante organisation. Cette organisation était même deveattc d'autant plus forte , que la décadence de Pautorité civile avait été plus rapide. Bientôt les évéques devinrent les véritables chefs des villes, et tout^ les branches du jpouvoir séculier furent, dans leurs mams, réunies au pouvoir ébolésiastique et sacerdotal.

De cette confusion des deux pouvoirs, il résulta que, lors de l'invasion des itarbares, eeui[<ci , considérant les dignités ecclésiastiques comme des magiatratuifli «dîMUMii J vinotHA ol^et

De leur côté, les rois, lorsque cette religion fut généralement pratiquée par les Francs, emreiit pouvoir dis|Hoer, es faveur de leurs leudes, des évéchés, qui

se trouvèrent dès lors à peu près assimilés aux bénéUces féodaux (voyez BbwÉFiCBS). HaroBlfe nous a «Ane conservé la formule par laquelle le ffoâ ordonnait au métropolitain de 8a<»erle candidat qu'il lui adressait ('*).

Le dixième canon du concile tenu k Or^joans «n 549 établit comme règle

7ue la confirmation des éiertions par autorité royale pouvait seule les légir timer. Le^clergé Ut, à la vérité, quel* ques tentaftives pour rétablir ie Uo^rté des suffrafies. T e huitième canon du synode tenu a i'aris en 557. et ceux du synode tenu dans la même ville en Glo, 4Kfenéirent à la puissance séculière dè se mêler des élections , et le roi Clotaire il confirma cette défense. \éanmoms, Pusage des électioos tomba tout à fait en désuétude sous les derniers Mérovingiens, on fliitéCiouf les mairaf du palais.

(*) Le iak «uvtnt pourra d'ailleurs dMi««r

une idée de la ron-tidéiatioii doni Irs évéques jouifisaittot parmi Les Ij^b^res. £q 1$ concile de TliioiiviUe^ renouvelant et MRSnvant les diqpotîtîontdes aiu iens codes saîique et npuaire qui prfjféj^pjiitMit îa vie de.s clercs

f)ar une composiuon considérable, condamna e meurtrier d'un prêtre i douze ans de péliiteure et à neuf cents .sons d'amende. Une blessure ou un ou liage fait à la personne d'un évéqae entraînait une amende de dûi^ huit cm is •xiiif ; si révèque en mourait, le nieurtrier devait, lont le temps de .sa vie, s'afaiteuir de chair e( de vin; le mariage et le tenvice militaire M étaient interdits. Ea B*;^, le roiieilc de TroT« s, présidé par le pape Jean VIU , lit une oUÎigatioa à cbacun d'ho' Bover 4ea évéques «I de m t*( présence qu'av«c leiw permission C*) Msrowli», lif, 1. Iwp^.^.

630 BVÉQVES . L'Ur

Charlemaffoe ne changea rien d'abord

à cet état de choses; il choi5;it aussi lui-même les évêques : le moine deSaint- Gall raconte, dans sa chronique d amusante et ai curieuse , de singuliers choix faits pnr ce. prince.» L'empereur, dit-il, fit l'un de ces pauvres jeunes gens qu'il faisait élever, chef suprême et écrivain de sa chapelle; les rois des Francs appelaient ainsi les choses saintes qu'ils possédaient, à cause de In ehope de saint iMartiu qu'ils avaient coutume de porter dans toutes leurs guerres, comme un gage de sOreté pour eux et de triomphe sur l'ennemi. Un jour qu'on annonça la mort d'un certain évéque au très-prudent Charles , il demanda si ce prélat avait envoyé devant lui, dans l'autre monde , quelque portion de ses biens et du fruit de ses travaux : « Pas « plus dedeux livres d'argent, seigneur, » répondit le messager. Le jeune homme dont il s'agit, ne pouvant contenir dans son sein la vivacité de son esprit, 8*écria .malgré lui , en présence du roi : « Voilà un bien léger viatique pour un « voyage si grand et de si lonuue durée. » Après avoir délibéré quelques instants en lui*méme , Charles , le plus prudent des hommes, dit au jeune clerc: « Qu'en « penseS-tu ? Si je te donnais cet évê- «ché, aurais-tu- soin de faire de plus « considérables provisions pour ce long « voyage? » L'autre, sft hâtant de d^ vorer ces sages paroles, comme des raisins milrs avant le terme , et qui seraient tombés dans sa bouche entr'ou- ▼erte, se précipita aux pieds -de son' maître, et répondit: « Seigneur , c'est « à la volonté de Dieu et à votre puis- « sance à en décider. — Cache - toi , re- « prit le roi , sous le rideau tiré derrière « moi , et tu apprendras combien tu as « de rivaux pour ce poste honorable. » Dès oue la mort de Tevéque fut connue, les officiers du palais, toujours prêts à désirer les malnwrs ou tout au moins le trépas d'autrui, impatients de tout retard , et s'enviant les uns les autres , firent agir, pour obtenir révéché, les fimiliers de rempereur. Mais celui-ci, ferme dans son dessein, les refusa tous, disant qu'il ne voulait pas mantfuer de parole à son jeune homme. A la fin , la reine Hildegarde envoya d'abord let grand» du royaume « et vint ensuite

IV£RS. EVÉQVBS

dlMnéme solliciter cet évéeiié pour ton

propre clerc. Le roi reçut sa demande de l'air le plus gracieux , l'assura qu'il ne pouvait ni .ne voulait lui rien refuser, mais ajouta qu*il ne se pardonnerait pas de tromper son jeune clerc. A la manière de toutes les femmes, quand elles prétendent faire prédominer leurs désirs et leurs idées sur la volonté de leurs maris, Ja reine , dissimulant sa colère, adoucissant sa voix naturellement forte, et s'efforçant d'amollir, par des manières caressantes, Pâme inébranlable de Charles, lui dit: » Cher « prince, mon seigneur, pourquoi per- « dre cet évéché , en le donnant à un « tel enfant? Je vous en conjure, mon «aimable maître, vous ma gloire et n mon appui, accordez-le à mon clerc, « votre serviteur dévoué. » Alors le jeune homme , à qui Charles avait enjoint de se placer derrière le rideau, auprès duquel lui-même était assis, et d'écouter les prières que chacun ferait, s'écria d*un ton lamentable , mais eans quitter le rideau qui Tenveloppait : « Sei- «gneur-roi, tiens ferme; ne souffre « pas que personne arrache de tes mains « la puissance que Dieu t*a donnée. »

Alors le prince, ami courageux de la vérité, ordonna à son clerc de se montrer , et lui dit : « Reçois cet évéché , « mais apporte tes soins les plus em- (t pressés à envoyer devant moi et de- « vant toi-même, dans l'antre monde, «de grandes aumônes, et un bon via- « tique pour le long voyage dont on ne « revient pas. >*

Du reste , dnns ses rapports avec les évêijues, comme dans ses rapports avec l'assemblée générale du clergé , Charles avait toujomrs soin de présenter ses ordres comme de simples conseils. «Je vous envoie, écrit-il aux « évéques assemblés , des commissaires « qui , en mon nom , concourront avec « vous à corriger les abus qui méritent « d'être réformés. Je les ai chargés de « vous communiquer quelques projets « de règlement que je crois néoessal- « res. Mais , de grâce, ne prrâez point « en mauvaise part des conseils qui ne « sout que le iruit de mon zèle pour « tout ce qui vous touche. J'ai lu dans « récriture que Jonas, ce prince re- « commandable par sa piété, ne né-

FRAKGE.

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