FABRI FRANGE. FABRIQUES B'ÉGMSES
une sévérité partiale, on distingue Vin- dans sa ville épiscopale , ou il attira les trigw épistolaire, comédie en cinq principaux lauteurs des nouvelles docactes et en vers , qui se maintint long- trÎDM , Farel , Géi^rd Roussel , Vatatemps au répertoire; le Philinte ae ble, etc. Fabri publia alors les disser- Molière ou l'Égoïste, les Précepteurs, tatioiis théologiques qui lui valurent les qui fourmillent de beautés et de dé- persécutions de la Sorbonne. Le foutauts, etc. Son nom même rappelle un gueux INoël Beda lui en voulut surtout, triomphe académique qu'il remporta parce quMl avait traduit et commenté dans sa première jeunesse. Ce fut après le Nouveau Testament, crime irréinisavoir obtenu aux jeux floraux de Tou- sible, preuve non équivoque d'heresie. louse le prix de l'églantine, qu'il ajouta 11 ne fallut rien moins que l'interveale nom de cette fleur à celai de sa fa- tion de la duehMse d* Alençon et de son mille. frère auprès du parlement, pour sauver
Fabbe (de l'Hérault) , membre de la le coupable. Cependant, les tracasseries Convention nationale , était avocat à des sorbonistes se reproduisaient sans Montpellier , ' lorsque la révolution cesse. Après avoir terminé Téducation éclata. Envoyé par son département à de Charles, duc d*Angoulême, Fabri se la Convention , en septembre 1792, il réfugia dans la modeste place de biblio- S'y fit d'abord peu remarquer. Dans le thécaire à Blois, loin des dignités ecprocès de Louis XVI, il vota pour la clésiastiques que le roi lui avait offermort sans appel et sans sursis. Après tes. Bientôtaprès, il sollicita son congé, la journée du 31 mai 1793, il fut envoyé par l'entreinist' de !SIari;uerite d'Anen missioq à l'armée des Pyrénées- gouléme, sa protf ( irice, (]ui écrivait en Orientales, où il montra un grand cou- 1531 : « Le bonhonnne Fabry m'a esrage , mais où ses empiétements sur, «cript qu*il s*est trouvé un^; peu mal à l'autorité militaire devinrent un des' « Bloys , avecques ce qu'on l'a voulu principaux motifs auxquels on attribua «fasclier par delà. Et pour changer la défaite de plusieurs généraux , la re- « (Voir y iroit voulentiers veoirung amy traite de Turreàu et Ptnaction de Dop- « tien pour ung tenu , si le plaisir du pet, son successeur. I n décret de la « royestoitluy vouloir donner congié.» Convention venait de cliaiiiier la desti- La visite à un ami n'était qu'un prénation de Fabre. Mais attaqué, le 20 texte; Fabri s'en alla à Nérac, auprès décembre, par le général Lacuesta, sur de la reine de Navarre , et y aeneva les hauteurs qui couvrent les places tranquillement sa vie en I536,àrflge maritimes du Roussillon, le représen- de 91 ans. ïMarf^uerite lui lit l'honneur tant, après s'être battu vaillamment, de suivre son convoi. En la même anfut entraîné dans la déroute de l'armée, née lô3(), Érasme était mort à Bâle, et et périt, près de Port-Vendres, en cher- une comète avait paru dans le ciel. Dochant à rallier les fuyards. Les honneurs let rapprocha ces trois événements dans du Panthéon lui furent décernes. Les une jolie pièce de vers latins (liv. IV, généraux Daoust et Deiâtre périrent sur p. 156). Les principaux ouvrages de le PéchaCsud, comme Auteurs d*une tra- Febvre d*£tapies sont : PsaUerium hison dont il avait été la victime, et, quintuplex galUcum , romanum , keen 1797 , une pension fiit accordée à sa braïcum , vêtus , conciUatum , chez veuve. H. Etienne, lô09 et 1513, avec de pe-
Fabii ( Jacques ) , au.ssi appelé Lb tites notes, in-foL; Commentaires sur
Febvbe, et surnommé d'Étaples , du les Évangiles , Meaux , 1^25 ; sur les
nom du village où il naquit en 1455, fut Épîtres canoniques, ib., 1525 ; yersion
un des plus savants personnages de son de la Bible en français , Anvers , 1534,
siècle, et ligura parmi les plus célèbres 4 vol. in-8° ; de Maria Magdalena et
apôtres de la réforme. Après avoir vi* de 7H6fl(a et wdea Maffda&na, 1616,
sité l'Asie et l'Afrique, il revint à Paris, 1518, I5t9.
et professa la philosophie au collège du Fabriques d'églises. Cesadminis-
eeo vABBiOVBs BnioLiitis lunivers* rAirtsm
parmi les notables d'une paroisse , et appelées marguiUiers (voy. ce mot) ou fabriciem, ayant un président , un sccn-taire et un trésorier. Cette institution, autrefois bien plus importante que de oos jours , puisqu'elle régissait des biens tréB-eonsidérablfS, a étérobjctde divers arrêts de règlement et ordonnances royales. La connaissance des comptes des fabriques fut attribuée tantôt aux évêques et arditdiams, tantôt aux magistrats civils (ordon. de 1385\ tantôt aux élus (édit de juillet 1578.) Mais ces dispositions furent sujettes à de fré(^uentes variations. Avant 1789, cette attribution appartenait aux év^ues, d'après des lettres et des déclarations de 1600, 1619, 1657 et 1666, et un édit de 1G95. Les biens des fabriques étaient alors considérés comme biens ecclésiastiqaes, et jouissaient de tous les privilèges accordés à ces sortes de biens.
Mais à la révolution, plusieurs lois , et notamment celles des 19 août et 8 septembre 1793t ^ déclarèrent biens nationaux.
Les fabriques furent rétablies par le concordat de 1802 (loi du 18 germinal an X.) L'art. 76 porte : « Il sera établi R des fabriques pour veiller à Tentretien « et à la conservation des temples , à « l'administration des aumônes, et des « biens, rentes et perceptions autorisées «■par les lois et règlements. » Le décret du 30 décembre 1809 règle leur composition et leur administration. Elles sont formées d*un conseil et d*nn bureau de marguillîers.
Le conseil est de 9 membres dans les paroisses et succursales de plus de 5,000 Ames , et de 5 membres pour les autres. Le curé et le maire en tontpai^ tie de droit. L'évêque et le préfet nommèrent les conseillers pour la première fois. Depuis, ils se renouvellent partiel* lement tous les 3 ans. Les membres restants choisissent les autres. Le conseil s'assemble 4 fois par an. Le bureau des marguilliers est composé du curé et de S conseillers de fabrique, renouvelés par tiers tous les 3 ans. lis ont un président, un secrétaire et un trésorier. Le bureau s'assemble tous les mois, et même plus souvent dans les cas extraordinaires.
Les ijBd>riques des ^lises métropoli-
taines et cathédrales sont composées conformément aux règlements épiscopaux, et ordinairement d'ecclésiastiques faisant partie du chapitre. Les départements sont tenus envers elles aux mêmes obligations que les communes envers les fabriques paroissiales. Les deux espèces de fabriques ont les mêmes revenus et les mêmes charges.
Fabyiee (Charles - INicolas , bafon), naquit àPont-à-Moussonen 178S. Elève de l'école polytechnique, il entra dans le V régiment d'artillerie en 1804 , lit ses premières armes en Allemagne , et fbt'blessé à raffolredeCrems et Diemstein, ce qui lui valut, h lui si jeune encore, la croix de la Légion d'honneur.
Quelque temps après , il fut envoyé en Italie, chargé d'une mission de conûance, et , au commencement de 1807 , il fut compris au nombre des officiers que l'empereur envoya au sultan Sclim pour défendre sa capitale contre les Anglais. Le général Foy, alors colonel, faisait
f)artie de la même expédition. En 1807, e lieutenant Fabvier obtint de se joindre au général Gardanne, plénipotentiaire près do schah de Perse, que Napoléon voulait dérober à Tinfluence de l'Angleterre et de la Russie. On l'envoya a Ispalian pour y fonder un arsenal et y créer un matériel d'artillerie. Malgré les diflicultés qu'il eut à vaincre^ il s'acquitta de cette mission avec succès, et fut décoré par le schah de Tordre du Soleil. On sait que Gardanne, trop sensible à quelques tracasseries diplo* niatiques, prit sur lui de quitter la Perse avant d'avoir rempli toutes ses instructions. Fabvier rentra alors en Europe par la Russie. A la fin de 1800, il servit comme volontaire à Tarmée polonaise , sous l'illustre Poniatowski.
Arrive u Vienne, il fut nommé capitaine à Tancienneté , et passa dans la garde Impériale. En 1811 , il devint aide de camp du duc de Raguse. Après la bataille de Salamanque, ce maréchal Tei^voya , quoique blessé , en Russie pour rendre compte à Tempereur de cette sanglante journée. Le 6 septembre 1812, il arriva au quartier général, et remplit sa mission. C'était la veille de la bataille de la Moskowa ; le lendemain , il fut grièvement blessé à l'assaut de la grande redoute* Ou l'avait vu, s'arra*
Digui^uu uy i^^C
FABVIEK
FRANCE
PABVIEK
chant au sommeil au bruit du canon, s'armer d'un fusil , combattre au premier rang de nos tirailleurs, remplacer le premier chef qui venait de totnher, et aller recevoir deux balles en s'élanrant au plus fort du danger. LVinpercur récompensa le jeune capitaine de l'armée d'Espegne, en le nommant chef d'escadron au 6" corps; il fit la campagne de Saxe en 1813, fut élevé au grade de colonel d'état-major , et nommé bairon de l'empire, continua de servir avec distinction pendant les campagnes de France , jusqu'à l'abdication de Napoléon, et signa, le 31 mars 1814 , à deux heures du matin, la capitulation de Paris , au nom de Mortier et Marmont.
A[irès le retour de l'empereur, il fit partie, comme volontaire, des corps de nartisans qui se levèrent pour détendre tes frontières enhavies par l'ennemi. En 1817, lorsque le duc de Rai^'iise fut envoyé à Lyon , Fuhvier , dempuré jiisqu alors sans emploi , raccompai'iia en qualité de chef drétat • major, utst de cette époque surtout que aate la réputation de libéralisme qui s'est attacliée au nom du colonel. Indigné de Timpudence des accusations qui l'accueillirent à son retour, il résolut de publier un
f)récis de tout ce qui s'était passé dans e département du Rhône, depuis ie mois de juillet 1816. Méprisant et les menaces et les séductions que l'on employa pour lui faire abandonner cette résolution, il mit au jour son écrit de Lyon en 1817, Paris, 1818, in-S». Les principales autorités du Rhône y étaient uiculpées, excepta le lieutenant de police, M. Saineville , qui , dans une brochure intitulée : Compte rendu des événements de Lycn en 1816 et 1817, ne tarda pas à appuyer les faits dénoncés par Fabvier. L'un et l'autre furent attaqu.és en calomnie par le général Ca- Duel. Les pièces produites ne laissèrent plus aucun doute sur les véritables instigateurs des désordres; rependant le tribunal ne crut pas devoir juger le fond du procès , et mit les parties hors de cour. Sur l'appel interjeté à la COUf royale , le colonel fut défendu avec talent par son frère aîné, avocat à Wancy; mais la cour considéra, d'après uoe loi Tendue sous l'empire, tes pièces fourpies par les parties comme indûment
produites, et MM. Fabvier etSaineville furent condamnes. Après ce jugement, le colonel fut mis à la réforme, et quel* que temps après en disponibilité. Au mois d'août 1820, il fut arrêté comme prévenu d'avoir pris part à la conspiration militaire que jugeait alors lacliaïubre des pairs , et qui avait conduit devant elle un assez grand nombre d'officiers et de sous - officiers de l'armée. Mais il fut bientôt remis en liberté par dé&ut de charji^es. Cité ensuite à la requête du ministère public, comme témoin , il fît une déposition doublement remarquable, et par l'opinion généreuse qu'elle lui donna l'occasion 3e manifester, et par un débat singulier qui s'éleva entre lui et le procureur pénéral M. de Peyronnet. « Si j'éc tais appelé , dit le colonel, avec des «troupes sous mes ordres pour dissi- « per un attroupement, j'emploierais « tous les moyens possibles : la douceur, « la persuasion, la menace, et même la « force de mes bras; mais , après avoir « épuisé toutes ces voies, s'il fallait faire « feu sur le peuple, je briserais mon épée
« et donnerais ma démission Ce fut
en vain que, dans le cours de'son interrogatoire , le procureur général insista vivement pour qu'il eut à faire connaître le nom d'une personne que cette révélation eût compromise; le colonel garda un généreux silence. La cour délibéra sur cet incident, et condamna Fabvier à 100 îr. d'amende.
En 1822 , accusé d'avoir tenté de faciliter l'évésion des quatre sous-ofBeiers de la Rochelle , il fut de nouveau acquitté. Alors, découragé, fatigué, il résolut de quitter la Fra^ice ( 1823. ) Les Grecs combattaient déjà depuis deux ans pour leur indépendance. Le colonel Fabvier ne pouvait rester indifférent à leurs efforts : il alla leur porter le secours de son épé« et de ses conseils.
Débarqué à Navarin, il s'occupa aussitôt d'y établir un moulin à poudre, et d'indiquer les réparations indispensables aux fortifications de la citadelle.
Avant de se rendre à Napoli, où siégeait le pouvoir exrcutif, il fit un voyage en Angleterre pour ranimer l'intérêt attiédi des philhellènes. Il en ramena plusieurt oraeiers français, et revint par la Beigîqae , l'Allemagne et llulie. Dès
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son arrivée dans le Péloponèse, le gouvernement iui oflrit , avec le titre de
Sénéral , le oommandemeot supérieur es troupes régulières. Le colonel refusa ces rhnrîîPS importantes, parée qu'il prévoyait les intrigues qui entravèrent ensuite ses généreux travaux. Seulement il consentit, sans oe titre et comme simple volontaire, à organiser quelques bntiiillons. Il serait trop long de dire ici tous les services qu'il a rendus à la cause de la liberté des Grecs, et pour lesquels il n'a été récompensé que par des dé* godts de toute espèce.
De tant de persévérance, de fatigues et de dangers , il ne recueillit que de lâches calomnies, auxquelles il dut se montrer sensible, bien qu'elles fussent loin de pouvoir Tatteiodre. Il gémit • surtout oe Tingratltude qu*on lui montra après la malheureuse expédition de Chio, et, vers la (in de 1828, il abandonna la Grèce pour rentrer en France.
L'année suivante , le gouvernement le chargea d'accompagner Texpédition de TVlnrée. Dansin soirée du 2(5 juillet 1830, le brave colonel Fabvier revenait à Paris, après un voyage en Italie, et il prit une part importante aux événements des trois jours. D'abord chef d'étatmajor du général Gérard, il tut nommé, le 4 aodt , au commandement de la place de Paris , dont il se démit en 1831. Dès lors , il est rentré en disponibilité , avec le titre de lieutenant général, titre que lui avait . déjà, mais non officiellement, conféré Napoléon.
Factum. — C'était ainsi que l'on apelatt autrefois un mémoire contenant exposé d'une affaire contentieusc ou d'un procès, et par extension tout écrit publie dans un but d'attaque ou de défense. Suivant Loysel , le prenn'er factum imprimé fut fait sous Henri II , contre le président le Maître, par le sieur de la Vergne, son gendre.
Les factums littéraires les plus célèbres sont ceux que Furetière publia contre l'Académie française lorsqu'il fut exclu de ce corps. Il sut mettre les rieurs de son côté.
Les nff'iires du jansénisme firent éclore des centaines de factums; il en fut de même de la fameuse querelle qui eut lieu de 1730 à 1760 entre la Faêutté de médecine et les eÉiiruigièns d« Paris.