FAISANS
attelées , et marcha sur eux. A son approciie, les mameluks se retirèrent, mais lentement, et Ton escarmouciia
f rendant plus de quatn heures. Le soir, es Français bivouaquèrent dans le désert. Le lendemain, ils se remirent en marche avant le jour, et la flottille suivit. On aperçut bientôt rarmée de Mourad placée sur toutes les hauteurs parallèles au Nil. Desaix marcha sur-lechamp pour le déposter, et y réussit après quelque r^ittanoe. Mourad reforma ses troupes dans la plaine en arrière des hauteurs, sur une ligne trèsétendue. Desaix se porta de nouveau vers lui, et au bout ae trois heures ar* riva en présence. Les mameluks n'osèrent pas attendre le rhoe de nos soldats qui s'avançaient au pas de charge, et se replièrent *après avoir reçu plusieurs coups de canon. Le 7, Mourad essaya d'attirer les Français dans le désert, afin de les couper de leur llottillc et de leurs provisions. Desaix avait trop d'expérience pour ne pas pénétrer ce des- • sein. Loin de s'abandonner à la poursuite de l'ennemi , il se rapprocna de ses bâtiments , et fit prendre à ses troupes pour deux jours de vivres. Le 8, Desaix apprit que Mouradse retranchait au village de Sédîman ; qu*il y avait réuni tous ses mameluks et tous les Arabes de son parti , et qu'il se disposait à tenter un dernier effort. Le général français marcha fie nouveau à sa rencontre, l'attaqua des qu'il l'eut rencontré, et remporta une victoire complète; victoire d'autant plus remarquable, que ses troupes étaient six fois moins nombreuses que celles de Mourad. Le résultat de cette brillante action fut que les Arabes abandonnèrent la cause des mameluks, et que les Français s'établirent dans la fertile province du Faïoum. Un mois s'écoula sans qu'ils y fussent inouiétés. Pendant cet intervalle, rétat des routes et des canaux ne permît pas à Desaix de se porter sur Mourad , qui , après la bataille de Sédiman , avait gagné la lisière dn désert, et empêcha égalementcelui-ci de rien entreprendrccqntreles Français; mais, le 9 novembre, cinq cents mameluks, pareil nombre d'Arabes montés et deux mille fellalis a pied , profitant d'une tournée que Desaix nùsait dans le pays pour châtier quel-
ques villages rebelles , se portèrent tout a COUD sur la ville de Faïoum, où il n'avait laissé que deux cent cinquante hommes. Déjà Tennemi, après avoir re-
f)lié nos avant-postes , se précipitait dans a ville avec de grandes clameurs, lorsque le chef de bataillon Eppler, qui commandait la garnison, se présenta devant lui avec tout son monde, l'attaqua impétueusement, le culbuta, et le contraignit à s'enfuir, non sans laisser les rues jonchées de cadavres. Il y eut encore d^utres engagetnents sur divers points, mais d'un intérêt trop faible pour qu'il soit utile d'en jparier ici. L*h{ver verni et la tranquillité de la province assurée, Desaix poursuivit son expédition vers la haute Egypte.
Faisais (île des). — La limite de la France et de la Biscaye passe au milieu de rile des Faisans , située dans la Bi* dassoa, à quatre kilomètres de son embouchure. On appelle encore cette île Vile de la Conférence, Ce dernier nom lui vient peut-être de Tentrevue pour laquelle s'y rendirent, vers la fin d'avril 1463, Louis XI et Henri IV, roi de Castille (voyez Castille); à moins qu'il ne date seulement que du congrès de 1659, entre Mazarin et don Luis de Haro. Ces ministres s'y rendirent au milieu du mois d'août pour jeter les bases de la
f)aix des Pyrénées (voyez ce mot). Sur a limite des deux royaumes, on avait bâti un pavillon avec deux ailes égales, l'une française, l'autre esfiai^nole. Dans le salon oui les réunissait , deux fauteuils avaient été placés Tun à cdté de l'autre, le premier sur la terre de France, le second sur la terre d'Kspagne. C'est là
aue les représentants de Louis XIV et e Philippe lY devaient arriver en même temps , et 8*asseoir en même temps pour
traiter.
La négociation se prolongea fort longtemps; il n'y eut pas moins de vingt-cinq conférences , jusqu'à ce que la paix fût signée, le 7 novembre IG.'iO.
C'est aussi, dans l'île des Faisans qu'eut lieu, le 6 juin 1660, l'entrevue solennelle de Louis XIV et de Philippe IV, roi d'Espagne, qui donnait sa fille pour épouse au roi de France. Les deux princes sassirent l'un à coté de l'autre, mais chacun sur son territoire, avec l'Évangile ouvert devant eux. Ils ,
6641 • wALAm xmnvKRs.
WAhàiSE
écoutèrent la lecture du traité de paiXi rédigé en francaig et en espagnol, et ils
en jurèrent l'ooservation. Mademoiselle de ÎVIontpensier, dans ses Mémoires, nous a laissé la description des fêtes et cérémonies de l*Yle des Faisans.
FAtTAGB , festagium. — On appelait ainsi un droit féodal aiie chaque propriétaire payait annuellement au seigneur pour le faîte de sa maison , c'està-dire, pour la faculté qu'on lui avait accordée de b;Uir. Il est fait mention de ce droit dans les coutumes de Berri , de Dunois, etc. Le roi, au lieu de cens.
' levait en certaines villes un fattage qui était quelquefois de cinq sous par maison. Les comtes de Blois et ceux de Sancerre percevaient aussi uu pareil
. droit.
On nommait encore droit de faUage la faculté qu'avaient les habitants de certaines localités de prendre dans les bois du seigneur une pièce de bois pour servir de faite à leur maison.
Falaise , Falesia, ville de l'iinnienne Normandie, aujourd'hui clief-lieu d'arrondissement du département du Calvados.
Cette ville, qui doit son nom aux rochers sur lesquels elle est bâtie, était déjà, selon la chronique de JNormandie, une localité remarquable en 949* soit comme ville, soit comme château. Robert Wace et Guillaume de Jumiéges la citent pour la première fois à l'occasion des démêlés de Richard m , duc de îiormandie, avec son frère Robert le Libérai , en 1027. Le château était alors - une forteresse importante; il fut souvent assiégé , résista à tous les efforts qu'on fit pour s'en emparer, ou du moins ne se rendit que par capitulation , et fut, jusqu'à la conquête de Philippe- Auguste, le centre de la plupart des opmtions militaires de la guerre contre les Anglais. Ce prince l'assiégea en 1204, et les habitants se soumirent le septième jour. Henri V d'Angleterre prit la ville après un siège dç quatre mois, le 2 janvier 1419; mats le château ne capitula qu'un an après. Xnintrailles y mit le siège le jour même où Charles Vn ftîsait son entrée à Caen , et le roi le rejoignit avec son armée le surlendemain. Henri VI avait donné la seigneurie de Falaise au brave Talbpt,
qui était alors prisonnier; ses lieutenants y commandaient quinze cents
soldats d'élite ; mais comme ils étaient
assurés qu'on ne leur enverrait aucun secours d'Angleterre, ils capitulèrent le 1 0 jui I let , en faisant de la mise en liberté de Talbot une des conditions de la reddition de la place, qui fut remise au roi le 21 du même mois.
Falaise eut beaucoup à souffrir pendant les guerres de religion : les calvinistes la prirent au mois de mai 1562, mais ne la gardèrent que jusqu'à la fin de l'année. Coligny la reprit en 1663.
Les années 1568 et 1574 y virent tour à tour Montgommery et Matignon. Elle embrassa» en 1585, le parti de h ligue, qui y domina jusqu'en lôUO, époque où Henri IV Tassiégea , la prit d*assaut, et en lit démanteler les fortifications.
Le château , dont la tour et une partie du donjon ont résisté jusqu'à présent aux outrages du temps, de la guerre et de la cupidité, est assis, comme l'aire d'un aigle, sur les formidables escarpements de la chaîne des rochers de Noron. Un précipice défendait au nord et à l'ouest rabord de ses remparts, hauts de quinze jusqu'à quarante pieds. Au midi, un vaste étan^ baignait le pied des tours; un large iossé le séparait de la ville. Dans Tépaisseur des murs du donjon , dont l'architecture remonte aux premiers temps de la domination des Plormands, on montre une étroite enceinte où Guillaume P' reçut le joûr.
Non loin de là, une autre pièce pratiqtiée également dans la muraille rappelle la captivité d'Arthur de Bretagne (voyez Bbetagne), assassiné à Rouen en 1202, par Jean sans Terre. La tour, bâtie par les Anglais, est séparée du donjon par un mur de quinze pieds d'épaisseur, et s'élève de cent onze pieds au-dessos du sol.
Avant la révolution , Falaise était un chef lieu d'élection et le siège d'un bailliage. Elle pos.sede aujourd'hui des tribunaux de première instance et de commerce , un collège communal , et u ne . bibliothèque publique de quatre nulle volumes. On y compte environ dix mille iiabitants.
Cest dans le faubourg de Falaise, nommé le faubourg de Guibray, que se tient la foire la piu3 c^èbre de ia JNor-
WàUMWr 'FRANGE. FILCOHBT 067
niandie, celle qui est pour le nord-ouest de la France ce qu'est la foire de Beaucaire pour le sud. Cette foire doit son orif^ine à Guillaume le Conquérant.
Bien qu'elle soit fort déchue, il s'y fait encore annuellement pourprés dequinze millions de franes d*affoires eourantea.
Les opérations par commission ou par voyageur; s'^èvent presque à la même somme.
Falconbt. — Le premier membre connu de la célèbre famille des médecins
de ce nom est Jndré Falco>f.t, qui naquit à Roanne en 1611 , et mourut en 1691 , avec le titre de médecin ordinaire du roi.
Son fds, Nncl Falconet, né à Lyon en 1644, mourut en 1734, après avoir aussi cicquis le titre de médecin consultant du roi.
Enfin, Camille Falconet, Ois de ce dernier, et le membre le plus célèbre de cette famille, naauit à Lyon en 1671, fut reçu docteur a Avignon , puis s'établit da'ns sa ville natale, où sa maison devint bientôt le rendez-vous des savants et des étrangers de distinction.
Les réunions qui s'y tinrent forent Torigine de i'.icndémie de'Lyon. Il vint à Paris en 1707, s'y fit recevoir docteur à la Faculté en 1709, et fut nonuné, en 1716, membre de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres. Il fournit au rfc'iieil des mémoires de cette compagnie un i;rand nombre de s.uaiites (iissertiitiuns, et mourut eii 17G2. Vin^t ans auparavant, il avait fait don à Ta bibliotbcque royale de tous les livres que cet établissement ne posséderait pas, et qui se trouveraient après sa mort dans la oollection qu'il avait luimême formée. On porte à onze mille le non)l)re de volumes dont il eoriebit ainsi la bibliotbèque royale.
Falconet (Etienne-Maurice), statuaire, naquit à Paris en 1716. Ses parents n'ayant pas la fortune nécessaire
f)our lui donner une longue éducation, ui firent apprendre à lire el a écrire, et le mirent en apprentissage chez un mauvais sculpteur en bois , dont la principale occupation était de taire les têtes à perruque. Le Jeune artiste ne pouvait rester longtemps h pareille école; il s'adressa à Lemoyne, qui, satisfait des essaii^uelui présenta falconet, l'admit
dans son atelier. Oblifié de consacrer la
J)lus grande partie de son temps à ses levoirs de praticien , il put cependant terminer, en 1745, une niiure de Milon dp ( rotoiie. Cette belle fii^nre lui valut quelques années plus tai d le titre d'agréé a l'Académie de peinture et sculpture de Paris. Il exécuta cette même figure en marbre, lorsqu'en 1764 on l'élut membre de l'Académie.
Malgré sa pauvreté et ses besoins (il s'était marié très-jeune), Falconet trouva le moyen de réparer sa mauvaise éducation; il apprit le latin, le grec, l'italien, et fit de nombreuses lectures qui lui donnèrent une érudition aussi variée que solide. Cependant il ne négligeait pas son art; depuis 1740 jus-
âu'en 1766, époque de son départ pour I Russie, il exécuta plusieurs morceaux : un Pugmalion, un Jmour menaçant y V Alexandre f la Baigneuse y t Amitié, la Mélancolie^ le Christ agonisant, une Amnondatkm, et les statues de M(Âse et de Da vid pour l'église Saint-Rocli; un sautt .linbroise pour l egiisedes Invalides , etc. Diderot ayant à parler de cette dernière figure, ainsi que du bas-relief d'Alexandre et de la Mélancolie, dans son Salmi do 170.5, disait, en parlant de Falconet et de Pigal : « Ce sont deux grands hommes, « et qui, dans quinze ou vingt siècles, « lorsqu'on retirera des ruines de la « grande ville quelques pieds et quel- « ques têtes de leurs statues , montre- «ront que nous n'étions pas des enci fants, du moins en sculpture. » Mais c'est la Russie qui possède le elief d'œuvre de Falconet , la statue équestre et colossale de Pierre le Grand. Appelé à Saint-Pétersbourg, en 1766, par l'impératrice Catherine 11, il ne voulut écrire dans le contrat qui fut fait avec lui , que deux cent mille francs, quoiqu'on lui en fût offert le double, et
3ue d'autres artistes eussent montré es prétentions beaucoup plus élevées. Il travailla douze ans a ce monument (1766 à 1778), et séjourna pendant tout ce temps en Russie. On sait qu'afin d'exprimer la difficulté et la grandeur des actions du régénérateur de la Russie, l'artiste l'a représenté sur un cheval qui écrase un serpent sous ses pieds, et irancbit au galop un
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roc escarpé. On snit aussi que le pi(^destal est formé d'un énorme bloc de granit de vingt mille pieds cubes. Faire le modèle de la statue, eharrier le bloc, couler le monument m !f;ré le départ du fondeur Ersmann de Paris, réparer les fautes d'ouvriers inhabiles, résister aux tracasseries de la czarine et aux jalousies de ses ministres, créer enfin un chef-d'œuvre qui justifiât l'emploi des artistes français dans toute l'Ëurope pendant cette époque, telles ftirent les principales occupations de Falecnet pendant son absonrede la France. Il trouva le temps cependant de faire une statue de V Hiver, et de composer plusieurs livres fort utiles, fruits de ses études et d'une longue pratique de l'art. Il publia successivement son Commentaire sur les livres de Pline qui traitent de la peinture et de ia sculpture; ses Hé' flexions sur le cheval de Marc-Àvrèle ; SCS Idêffi sur le beau dans Vart; divers morceauxiw;' quelques statuaires grecs; sur la pehUure aes anekne; sur les fontes en bronze, etc. Première édition, 6 vol. in-S", Lausanne, 1781; à Paris en 1785 et 1788, 3 vol. in-8«.
L'auteur a expliqué dans la préface de la dernière les motifs de ses réimpressions si rapprochées de date. « Mon tra- «vail, dit-il, lorsqu'il parut, était si « défectueux, qu'il n'était pas permis de « le laisser subsister dans son premier « état. J'étais tombé, j'ai dû me relever « de mon mieux au moins. Ce n'est a donc pas la démangeaison d'écrire et «d'être Imprimé qui m*a fait mnlti- «plier les éditions de mon ouvrage; « mais chacun se doit à soi-mnne ia ré- « paration de ses fautes; si elles ont été « publiques , cette réparation doit l'être «aussi.» De tous les ouvrages littéraires composés par les artistes, il en est peu qui supposent autant de lecture, de recherches , de connaissances de l'antiquité que ceux de Falconet. Souvent il sn défend d'être homme de lettres, et partout il montre une étendue de littérature qui manque trop souvent à ceux qui en font profession. Son style n'est pas toujours correct, mais aussi ses écrits ne sont pas d'un genre gui exige comme qualité essentielle une élégance rechercnée et continue.
- Faksonet avait voyagé en Hollande et
en Suisse; il se disposait à visiter l'Italie, lorsque, frappé d une hémiplégie, le 3 mai 1783, il nit oblii^é de renoncer à ce dessein. A partir de cette époque, toute occupation sérieuse lui devint impossible. Il mourut le 4 février 1791. II n'avait formé que deux élèves, Bridan le père, et mademoiselle Gollot, sa bru , qui l'accompagna en Russie , ctii laquelle * il confia l'exécution du modèle de la téte de Pierre I*'.
Les oeuvres de Faleonet , importantes pour l'histoire de l'art, ont été plusieurs fois réimprimées (1** 6 vol., 1781; 2° 3 vol., 1785; 3" 3 vol., 1788). L'édition de 1808 est précédée d'une intéressante notioe par Lévêque; il faut lire aussi la notice que Rooin a insérée dans le Recueil de la société des Neuf- Sœurs. iNous ci ion:» avec intention ces deux travaux fort remarquables, parce que le nom de Falconet n'est pas assez connu en France, et que nous nous efforçons, dans ce Dictionnaire, de faire briller toutes les gloires de notre patrie.
Fàlletans, ancienne seigneurie de Franclie-Comté(auj. du dép. de Jura), érigée en marquisat en 1712.
Falset (combat de). — Vers le milieu de novembre 1810, un corps espagrml assez considérable , sons les ordres du iiénéral O'DonncI, viflt occuper la position de Falset, a douze kilomètres de Tortose, place de Catalogne assiégée par Suchet depuis la fin de mai, et se mit à inquiéter les opérations du siège. Le 19, Suchet envoya contre ces troupes le général Abbé avec le 1!5* régiment de ligne, et le général Habert avec le 5* d'infanterie légère et une partie du 116". La colonne Habert manœuvra de manière à déborder l'ennemi par la droite. Les Français se précipitèrent dans les retranchements des Espagnols, enlevèrent successivement tous leurs camps, et entrèrent au pas décharge dans le bourg de Falset. Pendant ce temps , 1,1 colonne Abbé se portait sur la route de Kenss, la seule par laquelle 1 eunenu pût opérer sa retraite.
Elle y arriva avant lui, et acheva de le mettre en déroute. Cent mille cartouches, une grande quantité de riz, de biscuit et de vin, tombèrent en notre pouvoir ; on ramassa plus de douze cents fusils abandonnés sur le etaamp.de ba^
FAMAftS FRAJ
taîRe; enfia cette affaire ooâta à O'Don-
nel près de douze cents hommes tués, blessés on prisonniers. La perte des Français, au contraire, fut tout à fait insigniGante.
FAHàBS , Faninn MartiSf village de cinq cents habitants, situé à quatre kilomètres de Valenciennes, compris autrefois dans le Rainant, diocèse de Cambrai, parlement de Douai, aujourd'hui flans le département du Nord, arrondissement de Valenciennes. Faniars doit son nom à un temple élevé sur son emplacement au dien Mars, par les Bomnins, au trmps où la ville de Bavay (voyez ce, mol) était dans sa splendeur. Jacques de Guise, dans ses Jtmales de Hainaut, prétend que la statue d'or de la divinité ayant été transportée à Reims par César, Octave la fit replacer dans son ancien sanctuaire, et ordonna que Famars serait la métropole de la province. A cette époque, uœ des voies romaines connues sous le nom de chaussées de Crunehaut, et qui se réunissaient à Bavay, passait à Famars.
Lorsque Bavay fut détruite, le temple de Mars s'entoura d'une forteresse, où les Romains entrotennicnt une garnison, et où résidait le ()réjet des Lètes r^erviens de la seconde Belgique. Cette place fut (lès lors nssiégée, prise et saccagée plusieurs fois, tantôt par les Germains, tantôt par les Francs, tantôt par les Huns et les Vandales. Les restes de ses fortifications furent, à ce qu'on prétend, renversés pendant l'invasion iranque du milieu du cinquième siècle.
Attila acheva la ruine de Famars en 450. Quant à son temple, ce fut Valentinien le fils qui en bannit les idoles et le détruisit. Famars a donné son nom à un • canton, le Panomartensis paytis, incorporé dans le Hainaut après Charlema^ne, etqui comprenait Valenciennes, Marolles, Fichau.
Des fouilles ont été opérées à diverses époques sur cet emplacement. On y a surtout travaillé régulièrement dans les années 1823, 1825 et suivantes,
et elles ont fait découvrir plusieurs statuettes de la divinité locale, des thermes , des aqueducs , des fragments considérables d'architecture ou de sculpture, diverses sortes d'instruments de bronze d'atttiw matières, des amphores,
. VAMABS MO
des meules , plus de trente mille mé-
dailles d'argent, et quantité de médailles grand, moyen et petit bronze.
Une grande partie de ces objets se ▼oient au musée de Valenciennes»
En 1340, Famars fut brûlé pat les Fran(jais. Les républicains y avaient forme un camp en 1793 ; le général Dampierre, tué dans une affaire contre les Autrichiens , le 7 mai de cette année, y fut enterré. Un monument érigé tout récemment indique l'endroit où reposent les restes de cet habile capitaine.
Famars (combats du camp de). — Le général Dampierre, appelé au commandement de l'armée du Nord, après la trahison de Dumouriez, assembla ses bataillons dans le camp de Famars.
Aux forces immenses des Impériaux, des Prussiens, des Hollandais, des An-
Îjlais, qui venaient assiéger nos places ortes, il ne pouvait opposer que qua* rantemlUehommes presque entièrement désorganisés par l'indiscipline et la défiance. Ses premiers soins furent de former des camps retranchés à Cassel, près de Saint-Omer, dans la plaine du faubourg de la iMadeleine, devant Lille, à Maubeuge, sous Charleroi, et dans la direction de Phiiippeviile à Givet; il établit encore sur toute cette ligne un cordon de cantonnements liant tous ces corps, dont la direction partait de celui de Famars. Les Autrichiens ayant investi Condé, cette place devint le principal but des opérations militaires de Dampierre et de Cobourg. Deux fois, le général français essaya de secourir la ville assiégée. La première fols , il fut repoussé jusque sur le camp de Famars , perdit dcîix millf hommes [,e résultat de la seconde atlaire l'ut plus funeste. Après quelques tentatives malheureuses, Lamarhère et Dampierreentrepri rent d'ouvrir entre eux une communication. Ce dernier, placé à l'avant- garde de son armée, conduisait i attaque contre la réserve ennemie retranchée dans les bois, lorsqu'il fut blessé mortellement. Ses troupes regagnèrent en desordre leur camp , où les Autrichiens vinrent bientôt les attaquer de tous les cdtés à la fois, depuis Orchies , Saint-Amand et Vicogne, jusqu'au Quesnoy et à Maubeuge.
Latour et Clairfait se portèrent sur le camp de Famars, où les principaux
#A«ltUiS
L'tmiVEttS. VAHILLfi
efforts étaient dirigés; sa prise commandait la retraite de l*armée française, dont les deux ailes étaient coupées. Ce poste, situé entre Valenciennes et Mau- Seuge , avait son flanc droit couvert par l'Escaut; sa gauche s'appuyait sur la rivière de Rouelle; son front était couvert de redoutes; un camp avancé en défendait les abords à Anzin, sur la gauciie de Valenciennes. L'attaque commença le 23 mai 1793, avec le jour, et se prolongea jusqu'à la nuit; enfin la supériorité du- nombre l'emporta sur la valeur. II fallut évacuer le camp de Fan)ars ; on jeta un renfort dans Valenciennes, aont le bombardement commença aussitôt.
Famille. — La famille est l'élément rudimentaire de toute société. <I'est fassodation primitive résultant de la loi naturelle qui pousse les sexes à se rapprocher, et qui les maintient réunis par le lien commun d'uiïection qui les attache à leurs enfants. Sans les soins de la mère pour son enfaiit, sans une
f^rotedion efficace qtii vienne en aide à a faiblesse et à l'iiisuffisance de tous deux, on ne saurait concevoir que l'espèce pût se perpétuer. Pour s*en remettre de ces soins et de cette protection à des étrangers ou à l'État, comme l'a fait Platon, et comme le veulent quelques utopistes, non-seulement il tant supprimer les instincts les plus vifs et les plus irrésistibles de la nattire humaine, mais encore il est besoin de supposer une dTilisatîon si perfectionnée et une organisation politique tellement artificielle, qu'une pareille conception ne pouvait même germer dans Tesprit des hommes, tels que nous les représentent les traditions primitives.
Aussi retrouvons-nous la famille, au moins en ébauche, dans tous les tenips et chez tous les peuples. Partout, les institutions des fondateurs de relision et des législateurs ont eu pour but de la rendre plus stable, en fortifiant par des droits et des obligations civils les liens, naturels qui en unissent les membres.
L'histoire particulière de ces diverses institutions compose en réalité l'histoire de la famille, et c'est aux mots Ma- BiAGE, DivoiicE, État civil, Puissance PATERNELLB, GABBB, TOTBL- Ilt«MAJOBITi, SUCCS&SIOHS, TESTA-
MENT, Retrait ltctNageh, etc., que nous renvoyons nos lecteurs qui veulent avoir une idée exacte et complète des transformations qu'elle a subies. Nous nous bornerons à indiquer ici la cause générale et le caractère particulier de ces ebangemente.
La cause génératrice de toute société est dans la nature même de l'homme, qui lui fait de la vie de relation avec ses semblables une condition de la sienne propre. Biais les notions d*égalité et d'amour sur lesquelles repose toute association durable sont loin d'avoir été reconnues de tout temps. A l'origine de toutes les civilisations , nous trouvons la force comme le lien h peu près unique
aui maintienne les hommes réunis :
ans la famille comme dans la cité, partout la protection du fort à T^rd du faible a aabord été comprise comme un droit de propriété. Ce principe, en vertu duquel la loi des Douze Tables asservissait la fennne à une tutelle perpétuelle, et attribuait aux pères un pouvoir illimité sur la vie et les biens de ses enfants, se retrouve, quoique a des degrés difiérents, dans la famille gauloiseetdans la famille germaine.César (*) nous apprend que de son temps les Gaulois avaient droit de vie et de mort sur leurs enfants et sur leurs épouses. Ce pouvoir exorbitant, véritable droit de propriété, ne suffisait pas cependant n <j;,'irantir la famille de l'instabilité et des dissen>ions dont l'usage de la polygamie entretenait le germe.
La conquête des Romains apporta sur ce point de^ améliorations considérables chez la nation vaincue. La Gaule, comme on sait, fut le pays qui s'assimila le plus vite et le plus complètement les mœurs et les institutions des conquérants du monde. L'edit de Caracalla , en attribuant le droit de citoyen romain à tous les suiets de Tempire , acheva cette oeuvre d'assimilation ; de telle sorte que , quand les Francs envahirent la Gaule au cinquième siècle , on peut conjecturer , sans trop de témérité, qu'ils y trouvèrent partout constituée la famille romaine telle que l'avaient faite la loi Julia et les lois subséquentes.
(*) DtBtU, GoLf VX| 19.
PAMILLB
La famille, chez les Francs, est grossière et incertaine. La propriété du père sur sa flile y est consacrée par la vente que celui-ci fait à riiomme qui veut Pépouser. Il paraît même, par un texte des Capitulaires, que ce droit était absolu , et s'exerçait autrement que par une concession a l*époux. — Sigtdtven^ did( I if filiam svain iii funiilam, non egredietursicut ançillx exireconsueverunt ; is placuerU' domino siw cui vendUa est, dlmittat eam Uberam, et ùd alium populum ?ion licet ipsam ven dere. \Capitul. lib. vi, c. 4.) « Si quelqu'un a a vendu sa ûUe comme esclave, elle ne « softira pas des mains de Tacheteor « comme les esclaves ordinaires ; si cen lui-ci veut s'en défaire , qu'il la ren- « voie libre; mais il ne lui est pas per? « mis de la vendre à des étrangers. » Un certain respect de la femme, Tamour nature! du père pour ses enfants, tempéraient singulièrement chez nos ancêtres la rigueur de cet odieux pouvoir; mais, comme Ta très-judideusement remarqué ^î. Ponrelet , ce qui faisait de la famille bnrijare un milieu où la force, le caprice, ia passion, tous les écarts de la natare, pouvaient impunément commettre leurs abus, c'est que la justice pénale, ne consistant , chez les Francs,
âu'en des compositions , et les compo- Itions ne pouvant avoir lieu qu*avee la vengeance qui naissait entre l'ofTenseur et l'offensé , nulle intervention de la justice pénale n'était possible dans la famille ; car le droit de vengeance ne se levait pas entre ses membres , et partant, la composition ne pouvait jamais avoir lieu. Les institutions barbares contribuaient donc puissamment à entretenir le désordre et l'instabilité dans la famille; aussi, durant les premiers siècles, la répudiation, l'inceste, le ()arricide , l'infanticicie , la vente des enfants , leur renvoi brutal la confusion des épouses et des concubines, celle des enfants légitimes et naturels, étaient chose commune chez les Francs.
C'est aux efforts persévérants de l'Église que Ton doit la répression de ces désordres et la constitution régulière de la famille en France. Les Capillaires sont remplis de préceptes et de prescriptions qui ont rapport à ce sujet. On voit que c'est l'objet particulier